Oxymores

De
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« Oxymore ou oxymoron : n m. Rhét. Figure de style qui réunit deux mots en apparence contradictoires. »
(Le Petit Larousse illustré.)

Ce livre rassemble :



  • Des nouvelles anciennes qui peuvent être d’actualité.

  • Des chansons silencieuses qui peuvent faire du bruit.

  • Des plaisanteries sérieuses qui peuvent faire rire.

  • Des oxymores qui peuvent être des objets de collection.


Publié le : mercredi 2 mars 2016
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EAN13 : 9782334106856
Nombre de pages : 102
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175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-334-10683-2

 

© Edilivre, 2016

Du même auteur

 

Du même auteur :

• Phiphi Brèves d’enfance, témoignage, Edilivre 2011.

• Ticket noir pour Taxi boy, policier, Edilivre 2012.

• Il était une fois… à Bains les Bains, Edilivre 2013.

• Monsieur Iceberg, Edilivre 2015.

Dédicaces

 

 

À Minouche, mon amour.

À Blandine et David.

À Rodolphe.

À Geneviève.

À la mémoire de mon ami Josy Perrier.

Citation

 

 

Une seconde balle du même tireur l’arrêta court
cette fois il s’abattit la face contre le pavé et ne remua plus.
Cette petite grande âme venait de s’envoler.

Victor Hugo.
Les misérables V, I 15.La mort de Gavroche.

 

Nouvelles anciennes

Ultime festival pour Suzy.

Une affaire de spécialistes.

Le vol des bernaches.

Rave-party mortelle.

Soleil noir sur la falaise.

La meilleure ouvrière de l’atelier d’écriture.

Monsieur Quidam.

Une fois n’a pas suffi.

Une dame de cœur.

Ultime Festival pour Suzy

Avignon juillet 1994. Vacances actives et originales. Soleil brûlant. Nos journées sont minutées : distribution de tracts pour promouvoir le spectacle, billetterie le soir… Dans un ancien entrepôt, le Théâtre des roues, rue des teinturiers. Les roues des moulins ne tournent plus et les teinturiers sont remplacés par ces aventuriers du Festival d’Avignon OFF qui essaient de trouver un tourneur. « Accrochages ». Ce spectacle est composé d’une suite de sketches où les deux partenaires se disputent, se déchirent, s’étripent, se réconcilient, se haïssent en s’aimant follement. Un spectacle fin et spirituel joué par d’excellents comédiens qui pourtant s’inquiètent du remplissage de la salle à 19 heures. Pléthore. Quatre cents troupes dans la ville des papes !

Suzy ne dort pas. Elle se lève à trois heures du matin pour regarder la télévision. Toutes les nuits elle revoit la même série des années 80 « Sous le soleilde St Tropez » dans l’attente de l’apparition de son idole masculine sur le petit écran. Elle est là présente, dans le fauteuil de l’entrée. Elle est gardienne de nuit dans un hôtel de passage ou de passe, peu lui importe, l’essentiel pour elle se trouve dans cette apparition cathodique et magique. Le matin elle rentre chez elle, dort un peu, prie beaucoup. Vers midi, elle déjeune au restaurant. L’après midi elle se promène avec ses amis : un retraité empathique et un handicapé hydrocéphale qu’elle protège en leur prodiguant des cadeaux et des repas au restaurant. Sa générosité lui procure un immense bonheur. Suzy fait le bien, pratique la compassion. Le jour elle s’intéresse aux autres mais la nuit une seule personne compte : le jeune premier de la série télé ! Le premier jour du Festival à dix-huit heures, suivie de ses compagnons, Suzy fait le tour des spectacles du coté de la maison de Jean-Henri Fabre ou de la chapelle des pénitents. Les comédiens viennent d’arriver au théâtre des roues. Je suis déjà installé à la caisse face à l’entrée. La Sorgue m’apporte un peu de fraîcheur. J’attends les clients : les spectateurs ou mieux encore les producteurs qui pourraient assurer la promotion du spectacle en tournée, voire à Paris. Pendant que la comédienne se maquille, le comédien vient me voir pour vérifier si ce soir il y aura suffisamment de spectateurs pour jouer. Je le rassure, j’ai vendu dix entrées et quelques amis comédiens sont invités. Le comédien sourit et espère. Il n’est que 18 heures quinze ! Suzy passe devant le théâtre des roues. Soudain elle pâlit. Elle l’a reconnu tout de suite et elle reste là devant nous pétrifiée et fascinée comme devant une apparition de la vierge Marie à Lourdes… Le jeune premier de « Sous le soleil de St Tropez » est là en chair et en os comme une matérialisation de son rêve télévisuel ! Il est certes un peu moins jeune mais c’est lui ! C’est lui crie-t-elle à ses protégés comme s’ils pouvaient comprendre son émoi ! Elle s’immobilise devant l’acteur qui est là devant elle, avec sa partenaire qui vient d’arriver, jolie, maquillée et qu’elle reconnaît aussitôt. Pour la première représentation, je lui offre un billet d’entrée. Elle le refuse. Elle tient à payer et m’achète trois places ! Elle revient à 19 heures avec ses gardes du corps improbables qui lui tiennent compagnie pour ne pas être seuls au monde…

Tous les jours sans exception durant le festival, elle vient assister au spectacle en refusant toute invitation gratuite. Tous les soirs elle me donne un cadeau pour ses acteurs préférés. Suzy nous invite même un soir à dîner à côté du palais des papes chez Christian Etienne le grand chef de la demeure du Bailly où elle semble être très connue par le maître des lieux. Nous sommes sur la terrasse qui surplombe la grande place à la table centrale des personnalités. On nous sert le « menu confiance », menu somptueux composé de plusieurs plats parmi les spécialités le tout accompagné de vins fins. Suzy est heureuse que son acteur préféré bien réel soit assis à côté d’elle.

Aujourd’hui, c’est la fin du festival. Avignon se vide. Les deux acteurs vont partir chargés de cadeaux : objets précieux, bague ancienne, bijoux de famille, chemises de luxe, bouteilles de grand cru de Châteauneuf du pape, pots de miel de cinq kilos. Démesure. Elle donne comme ça pour rien peut-être par excès ou manque d’amour. Elle donne parce qu’elle a rencontré des personnes qui l’écoutent, qui l’aiment… Elle donne !

Le lendemain comme tous les matins, dans sa maisonnette de la rue du bon Martinet Suzy s’agenouille sur la première marche de l’escalier de l’entrée. Elle va le gravir à genoux marche après marche malgré ses rhumatismes, en récitant sur chaque marche une prière pour la rémission de ses pêchés. Ses yeux ne quittent pas le grand crucifix de deux mètres de haut accroché sur le mur du premier étage. Le visage du christ incliné vers elle semble lui dire « n’aie pas peur de monter avec moi ». Elle reçoit le message. Pense-t-elle à tous les hommes avec qui elle est montée ? A-t-elle été prostituée à Paris puis tenancière dans ce midi où elle possède un très beau domaine ? Très riche, pourquoi vit-elle la plupart du temps dans ce petit pavillon qui semble inhabité mais très bien tenu et d’une propreté insolite ? Vient-elle seulement là pour prier dieu. ? Rédemption ?

Cet après-midi à 16 heures. Suzy a rendez-vous chez le dentiste. Elle a attendu la fin du festival pour le consulter. Dans la salle d’attente elle est relaxée, repentie, en paix. Le dentiste l’aide à monter sur le fauteuil. Elle se rince la bouche. Elle appuie sa tête, ouvrez, fermez, ouvrez, c’est bien. Le dentiste approche la roulette. Les yeux de Suzy sont grands ouverts. Elle ne bouge plus. Sans vie. À cinquante-sept ans, elle a traversé le miroir sans vraiment s’en rendre compte. Décrochage. Rupture d’anévrisme. Ultime festival pour Suzy.

Une affaire de spécialistes

À vingt-deux ans, Marguerite n’était pas très sexy et au bal elle faisait souvent tapisserie. Elle avait fait de brillantes études commerciales et tout naturellement elle avait rejoint le giron familial pour assurer auprès de sa mère, veuve depuis peu, la gestion et la production du fameux Blanc de blancs. Elle était née dans le champagne, ce vin grisant, potion magique de l’amour… et puis sa mère avait été emportée par une mauvaise tumeur au cerveau. Fille unique, elle s’était retrouvée seule face aux problèmes de l’entreprise et de la gestion d’un pouvoir souvent pris en charge par les hommes.

Elle était devenue une célibattante féministe mais pas trop, surtout féminine et séduisante après une rectification esthétique réalisée par un brillant dermatologue dont elle était tombée amoureuse. Elle avait évité de coiffer sainte Catherine dont elle se foutait royalement puisqu’elle avait pour le mariage une aversion profonde. Avec le dermato, ce qui lui plaisait c’était le contact de leurs deux épidermes doux, veloutés et sensibles. Il arrivait tous les lundis, le soir pour dîner aux chandelles, les bulles dans leurs deux flutes s’élevaient lentement. Le temps semblait suspendu, leurs doigts se croisaient et de longs baisers profonds s’échangeaient, les langues tournoyaient, les lèvres mordillaient et leurs salives se diluaient en un flot unique et savoureux… et puis bien sûr, les caresses, le lit en désordre. Le ciment du couple unissait les corps qui après l’explosion d’un orgasme synchrone retrouvaient pour un temps le calme de la petite mort. Il repartait toujours vers minuit et regagnait la ville universitaire où il exerçait. Dans l’année qui suivit, Marguerite accoucha de Guillaume un beau bébé de 3,950 kg.

Le gynécologue qui l’avait accouchée avait trouvé son champagne excellent. Il avait 28 ans comme elle.

– Je viendrai en chercher pour le prochain tonus de l’hôpital.

– Avec plaisir vous serez toujours le bienvenu. Venez donc la semaine prochaine lundi si vous voulez, vous ferez connaissance du père de Guillaume.

– Je ne voudrais pas vous déranger.

– Pensez donc le géniteur de Guillaume sera...

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