Physiologie de l'usurier

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BnF collection ebooks - "Que vous dirai-je maintenant ? ou plutôt que ne vous dirai-je pas? Ah ! c'est une dure nécessité que celle qui me force à vous révéler les brigandages de ce type, nécessité horrible, hideuse, comme celle qui conduit à sa porte. En pensant à lui, les oreilles me tintent. Des bruits discordants et railleurs me poursuivent. Je ne suis plus moi, je suis un autre, je passe à l'état de mouton, de veau ; Il semble qu'il va m'égorger."


Publié le : mercredi 25 février 2015
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EAN13 : 9782346002498
Nombre de pages : 117
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Morceaux choisis de la littérature, y compris romans policiers, romans noirs mais aussi livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou sélections pour la jeunesse, tous les genres y sont représentés.

Éditée dans la meilleure qualité possible eu égard au caractère patrimonial de ces fonds, conservés depuis de nombreuses années par la BnF, les ebooks de BnF collection sont proposés dans le format ePub, un format ouvert standardisé, pour rendre les livres accessibles au plus grand nombre sur tous les supports de lecture.

Préface

Approchez, c’est lui, le voilà ! – Approchez, Messieurs, – sans crainte et sans rien payer. –

Voyez cette brune et sotte figure, fine cependant, astucieuse et vile.

Cela s’appelle un usurier.

Usurier, soit.

Nous allons le combattre, le dévoiler, le disséquer.

Il nous appartient, – comme nous appartenons nous-mêmes au cimetière.

Il est à nous, nous pouvons le parquer et le tuer comme il a fait de tant d’autres, lui l’oiseau de proie et de malheur.

Car c’est une plaie, une nécessité malheureuse ; c’est une lèpre, une peste, un choléra, une prostitution.

Rien n’est plus tyran, plus roi, plus despote, plus enclin à devenir croque-mort de l’intelligence et des belles pensées.

I
Généralité

Que vous dirai-je maintenant ? – ou plutôt que ne vous dirai-je pas ?…

Ah ! c’est une dure nécessité que celle qui me force à vous révéler les brigandages de ce type, – nécessité horrible, hideuse, comme celle qui conduit à sa porte.

En pensant à lui, les oreilles me tintent.

Des bruits discordants et railleurs me poursuivent.

Je ne suis plus moi, –

Je suis un autre, –

Je passe à l’état de mouton, de veau ;

Il semble qu’il va m’égorger.

Ô misère ! pourquoi ai-je entrepris cette tâche !…

En général comme en particulier, l’usurier est vil ; son abord est repoussant, quoique ses yeux attirent.

Ce qui fascine chez lui, c’est l’appât de son or.

Ce qui fait qu’on accepte ses conditions onéreuses, c’est la nécessité, –

C’est la misère, –

C’est la gêne, –

C’est quelquefois la faim !

Et comment n’irait-on pas le trouver ?

Comment ne lui ferait-on pas les plus horribles concessions ?

Oh ! jeunes gens, si votre mère avait faim, si votre amante, – si votre famille n’avait pas de quoi subsister, – vous iriez vous traîner aux pieds de cet homme, la poitrine gonflée de soupirs, le cœur plein de larmes, le front couvert d’humiliation ; vous l’imploreriez, – vous lui donneriez votre dernier gilet, et il aurait encore l’adresse de s’en faire un manteau.

Pour satisfaire le moindre désir, la plus folle fantaisie de la femme que j’aime, j’irais moi-même frapper à sa porte, je lui vendrais mon âme, si elle valait quelque chose en ce monde ; – je lui céderais toutes les chances de mon avenir, – pour un bijou, – oui, pour un bijou qui vous fût agréable, – Madame que j’aime tant !

Il n’a pitié de rien cet homme, car il n’a pas d’âme !

Affreuse misère ! pas de cœur !

Non, il ne sent rien que, l’or, il ne vit que pour l’intérêt et par l’intérêt.

Il achète les marchandises la moitié de leur valeur, –

Il fait tous les commerces, –

Il prête sur les montres, les tabatières, les vases de toutes formes, les châles, les vins, les cuirasses, les nouveautés, les antiquités, sur tout, enfin.

Il pousse le raffinement jusqu’à acheter les reconnaissances du Mont-de-Piété ; – vous savez, ce lieu qui fait pleurer, ce lieu tant visité par le pauvre, où viennent se croiser tant de misères, tant d’appétits, tant de cris mal étouffés, de douleurs cuisantes !

Une victime va chez un usurier lui proposer de...

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