Physiologie du chicard

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BnF collection ebooks - "Fut-il un peuple qui n'ait eu et qui n'ait encore sa danse à lui, comme il a son langage à lui, ses manières à lui, ses ridicules, ses vices, ses habitudes, son costume, ses allures, – tout cela à lui et pas à d'autres. c'est surtout la danse qui le caractérise, qui le peint, et le rend grotesque ou léger, lourd ou aimable, empesé ou plein de grâces."


Publié le : jeudi 23 avril 2015
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EAN13 : 9782346005413
Nombre de pages : 152
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Fruit d’une sélection fine réalisée au sein des prestigieux fonds de la BnF par un comité éditorial composé de ses plus grands experts et d’éditeurs, BnF collection ebooks a pour vocation de faire découvrir des textes classiques essentiels dans leur édition la plus remarquable, des perles méconnues de la littérature ou des auteurs souvent injustement oubliés.

Morceaux choisis de la littérature, y compris romans policiers, romans noirs mais aussi livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou sélections pour la jeunesse, tous les genres y sont représentés.

Éditée dans la meilleure qualité possible eu égard au caractère patrimonial de ces fonds, conservés depuis de nombreuses années par la BnF, les ebooks de BnF collection sont proposés dans le format ePub, un format ouvert standardisé, pour rendre les livres accessibles au plus grand nombre sur tous les supports de lecture.

CHAPITRE PREMIER
De la danse dans les pays barbares et civilisés, considérée sous ses plus aimables points de vue

Fut-il un peuple qui n’ait eu et qui n’ait encore sa danse à lui, comme il a son langage à lui, ses manières à lui, ses ridicules, ses vices, ses habitudes, son costume, ses allures, – tout cela à lui et pas à d’autres.

C’est surtout la danse qui le caractérise, qui le peint, et le rend grotesque ou léger, lourd ou aimable, empesé ou plein de grâces.

Les uns, – ceux du midi, les peuples aux traits hardiment accentués professent les danses vives, voluptueuses, souples, gracieuses. –

Les autres, les peuples du nord, blonds, aux yeux bleu-faïence, aux traits roses, – s’adonnent aux danses sans caractère, froides quoique simples, naïves cependant, – mais sans attrait, sans ardeur, sans expression, sans vivacité.

Mais dans tous les pays, la danse est exploitée de père en fils par la jeunesse si vive partout, partout si gaie, si joyeuse, si ennemie du repos et de l’esclavage !

C’est ici le cas d’avouer sans rougir que plusieurs danseurs se sont souvent battus et disputés pour un pas, pour une pirouette, pour un mot jeté en l’air, pour un sarcasme, pour un paradoxe, pour un éclat de rire, – tout cela à propos de la danse folle et rieuse, de la danse que les jeunes filles aiment tant !

Danseurs, mes amis, vous vous coupez la gorge pour des causes bien futiles !

En vérité, vous m’affligez !

Ô Terpsiehore, c’est à présent que j’éprouve le besoin de t’invoquer, – ô Muse plus muse que toutes les autres, plus légère que toutes les Sylphides, plus diaphane que toutes les bougies du soleil, plus élégante que tes filles chéries, – Taglioni, Grisi, Elssler.

Ô Muse ! soutiens mon courage, – et ne rejette pas loin de ton sein brûlant le joyeux Chicard, ton enfant, ton élève, la créature ; car si ses gestes sont indécents, si sa tournure est grotesque, ses intentions sont pures et bonnes.

Il a parfois de l’esprit, toujours de l’entrain, il sait boire, fumer, crier, être aimable, –

Il a de la dignité, de la grandeur, de la majesté, – et il n’a qu’un tort, c’est de rentrer, ou plutôt de sortir trop tard, – ce qui mécontente sa portière.

Le grand dommage !

Ah ! oui, je dis qu’il sort tard et non pas qu’il rentre, –

Car une de ses faiblesses, – et la plus prononcée, – consiste à rentrer de trop bonne heure, – sans compter quand il lui arrive de ne pas rentrer du tout. –

Ils dansaient donc, les peuples anciens si graves, si purs de mœurs, si gourmands, si enclins à la paresse, au sommeil, et à une foule d’autres occupations du même genre, – fort sages, quand on a quelques mille francs de rente.

CHAPITRE II
De la danse considérée sous sa physionomie morale

Giselle et M. Théophile Gautier

Et d’abord c’est la danse qui améliore les mœurs, qui rend aimable ; – la danse est, comme l’amour, un bien, une chaîne dont les anneaux mystérieux et invincibles...

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