Physiologie du parapluie par deux cochers de fiacre

De
Publié par

BnF collection ebooks - "L'origine du parapluie se perd dans la nuit des temps. Le voile de l'oubli s'est étendu sur le nom de son inventeur, et tous nos efforts, pour le soulever, n'ont abouti qu'à nous convaincre de l'ingratitude de l'humanité envers ses bienfaiteurs."


Publié le : mercredi 25 février 2015
Lecture(s) : 2
Tags :
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782346002283
Nombre de pages : 107
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
etc/frontcover.jpg
À propos de BnF collection ebooks

 

BnF collection ebooks est éditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bibliothèque nationale de France.

Fruit d’une sélection fine réalisée au sein des prestigieux fonds de la BnF par un comité éditorial composé de ses plus grands experts et d’éditeurs, BnF collection ebooks a pour vocation de faire découvrir des textes classiques essentiels dans leur édition la plus remarquable, des perles méconnues de la littérature ou des auteurs souvent injustement oubliés.

Morceaux choisis de la littérature, y compris romans policiers, romans noirs mais aussi livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou sélections pour la jeunesse, tous les genres y sont représentés.

Éditée dans la meilleure qualité possible eu égard au caractère patrimonial de ces fonds, conservés depuis de nombreuses années par la BnF, les ebooks de BnF collection sont proposés dans le format ePub, un format ouvert standardisé, pour rendre les livres accessibles au plus grand nombre sur tous les supports de lecture.

Monodie en style elegiaco-latartinien

À mon parapluie

Sunt lacrymæ rerum…

Dans la nuit du passé lorsque mon regard plonge,
Lorsque le souvenir des jours qui ne sont plus
Sur mon esprit en deuil, comme un spectre, s’allonge,
Et que mon cœur se fond en regrets superflus,
Alors je me souviens qu’un océan de joie
Vint inonder mon âme et troubler tous mes sens,
Quand ma main rencontra, sous ton dôme de soie,
La blanche main d’une ange aux regards languissants.
 Oh ! le premier baiser ! La première caresse !
Oh ! cet enivrement d’aimer et d’être aimé !
Oh ! ce tressaillement d’une main que l’on presse !
Oh ! cet amour plus doux qu’un doux soleil de mai !
Oh ! ce bonheur qu’on sent à vivre ! Oh ! cette joie
De presser dans ses bras une ange aux blonds cheveux.
Tout cela je le dois à ton dôme de soie.
Je ne suis pas ingrat, non, Messieurs ; car je veux
 Ceindre aujourd’hui mon front de verveine et de lierre,
Et, penché sur ma lyre aux sons harmonieux,
Chanter mon parapluie à l’ombre hospitalière.
Hélas ! ce meuble ami, comme moi, se fait vieux ;
L’inexorable temps, dont nous sommes la proie,
Vieillard au pied agile, en passant l’a heurté.
Ô douleur ! il a fait, à son dôme de soie.
Plus de trous qu’à l’habit du fameux député
 Sauzet. N’était-ce pas, ô vorace Saturne,
Assez des ossements qui jonchent tes charniers ?
N’était-ce pas assez, qu’à mon front taciturne,
Ta main eût imprimé des rides ? Mes derniers
Cheveux tombent, ainsi que tombent sur la voie
Les feuilles que le vent d’automne sème au loin ;
Ne pouvais-tu passer sans érailler la soie
Du parapluie, hélas ! dont j’ai si grand besoin.
 Ma jeune et pâle amour où donc est-elle allée ?
Est-il bien vrai, mon Dieu ! qu’elle soit morte aussi,
Que d’elle je n’ai plus rien qu’un froid mausolée
Où le pâtre vient lire : Elle repose ici ;
Priez pour elle. – Et moi, comme dit Millevoie,
Vers le terme fatal je chemine à pas lents ;
À mon dernier soupir je baiserai la soie
Du parapluie, hélas ! cher à mes premiers ans.
CHAPITRE I
Éminemment archéologique

L’origine du parapluie se perd dans la nuit des temps. Le voile de l’oubli s’est étendu sur le nom de son inventeur, et tous nos efforts, pour le soulever, n’ont abouti qu’à nous convaincre de l’ingratitude de l’humanité envers ses bienfaiteurs.

Ô toi ! dont j’ignore le nom, mais que dans mon estime j’ai placé bien au-dessus de Zoroastre et de Mercure-Trimégiste ; toi, Monthyon des temps passés, dont la noble philanthropie a voulu que les générations s’abritassent sous le parapluie protecteur, sois béni pour les nombreuses averses que tu as épargnées à mon chapeau ; sois béni !

Je me suis arrêté devant ce Panthéon de la mort, au front duquel une main fatale a écrit : Diis ignotis, et je...

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi

L'ART D'AIMER

de philosophie-pratique

Les bleus sonores

de indirectement

Le Christianisme Ésotérique

de bnf-collection-ebooks

Les Mémoires

de bnf-collection-ebooks

suivant