Rattrapé par son destin

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On se croit maître de son destin, il se révèle notre souverain. C’est le genre de cataclysme que doit affronter notre héros. Un brave type, un peu prétentieux, qui va se retrouver précipité dans une situation complètement inédite où il perdra tous ses repères. Sa mère et sa sœur disparaissent mystérieusement et, dans le même laps de temps, une femme et une fille qui se prétendent siennes, s’installent dans sa vie… Un rien déstabilisé, il va tenter de comprendre ce qui s’est passé. S’en sortira-t-il enrichi ? Il ne tient qu’à lui pour qu’il en soit ainsi !
Publié le : vendredi 17 juin 2011
Lecture(s) : 268
EAN13 : 9782748136227
Nombre de pages : 157
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Rattrapé par son destin
Viviane Egger
Rattrapé par son destin
Le Manuscrit www.manuscrit.com
Éditions Le Manuscrit, 2004 5bis, rue de lAsile Popincourt 75011 Paris Téléphone : 01 48 07 50 00 Télécopie : 01 48 07 50 10 www.manuscrit.com contact@manuscrit.comISBN :2748136233(fichier numérique) ISBN :2748136225(livre imprimé)
Par Viviane Egger Es Saugettes 1483 Montet (Suisse)
1/ TOUT COMMENÇA BIEN POURTANTRien, je ne bougeai pas, je laissai faire et regardai ! Comme si cela ne me concernait pas. Secoué ; soudain insensible ; paralysé par la terreur ; anesthésié. Il n’y avait plus rien à faire et l’habitude me manquait pour réagir correctement dans ce genre de situation. Et puis, un peu plus tard, chez moi : « Papa, papa ! » une petite voix plaintive et lancinante m’appela avec insistance. Je ne l’identifiai pas et la compris d’autant moins que je ne me connaissais aucune paternité. Pourtant j’en étais sûr, cette voix s’adressait à moi… » Tout commença bien pourtant. Le ciel du matin était bien un peu chagrin, mais quoi d’anormal pour un matin d’avril ? La douche chaude et revigorante acheva de m’installer dans la bonne humeur malgré les roucoulades sinistres diffusées par la radio locale. L’odeur du café qui se percolait seul, selon les volontés même de ma pré-programmation, m’invitait à une dégustation suave ainsi qu’à la lecture immuable des quotidiens, tâche indispensable à mon travail. Ma mère, cet ange, avait glissé dans mon four quelques croissants qui se doraient doucement, attendant ma vorace venue. Accompagnant cet alléchant appel, la lessive parfumée rapportée par elle et soigneusement disposée dans mes armoires répandait dans mon appartement une odeur de soigné et de propret que j’aimais à humer. Autonome certes, j’appréciais cependant particulièrement me faire seconder par « mes femmes »
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que je savais inféodées à ma cause à tout jamais. Sûr de leur amour, je ne doutais de rien. Ma mère, quoi d’anormal, me vénère. Quand à ma sœur, bien que je l’irrite régulièrement par des remarques qu’elle qualifie de misogynes ou phallocrates, auxquelles j’adhère totalement, m’adore. Elle sait bien que, j’y croie fermement ou non, je reste le maître de la maison. Je m’amuse souvent gentiment de ses colères et de ses revendications en évitant toutefois, de temps à autres, de trop l’afficher. Au vu de son jeune âge, elle dispose d’encore un peu de temps pour comprendre les réalités de la vie… Moi j’essaie simplement, et parfois contre elle, de la protéger de tout et du reste aussi. Mon père, trop souvent absent pour des raisons de double foyer – alors que son acuité visuelle ne lui posa jamais problème - finit par en choisir un et m’abandonna ainsi une place que je convoitais depuis longtemps. Non que je n’eusse pas encore réglé mon oedipe, mais bien plutôt, pour tous les avantages qu’un homme – même très jeune - seul dans une maison, pourrait trouver s’il savait y faire et, je m’y connaissais. Voilà plusieurs années maintenant que j’exerce mon pouvoir sans partage. En commençant tôt, ma mère m’abandonna rapidement et avec bonheur toutes les tâches qu’elle ne savait ou ne goûtait accomplir ainsi que les responsabilités trop lourdes à porter. De jour en jour, leurs poids s’alourdirent et je me sentais trop heureux et fier de les vaincre une à une. Concentré à ne pas me laisser déborder, je veillais souvent tard, appelant parfois mon père à la rescousse. Bien qu’il ne le fît pas de bonne grâce, il répondait toujours présent à mon appel, se sentant vaguement coupable et redevable aussi de mes
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