Souriez...Vous êtes viré !!!

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Une réunion d'actionnaires qui tourne au carnage et déclenche une loufoque et incontrôlable pandémie… Des chômeurs radio(non)actifs en pleine mutation… Des conseillers extralucides qui condamnent la valisophilie organique et éradiquent les demandeurs d'emploi au sens le plus noble du terme… Une homérique bataille de clones quémandeurs de job lors d'un entretien collectif particulièrement déjanté et saignant… Un fantastique concept télévisuel qui devrait faire fureur… Au moins sept techniques absolument absurdes mais parfaitement éprouvées pour enfin inverser la courbe…
Non, vous ne rêvez pas ! Et le pire est à l'intérieur…
La version courte de ce roman a été élue grand prix du livre inédit'é sur Monbestseller.com en avril 2014.
Publié le : vendredi 11 avril 2014
Lecture(s) : 13
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9791026200154
Nombre de pages : non-communiqué
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Eddard Mingwe

Souriez...Vous êtes

viré !!!

Le titre initial était cinquante nuances de chômage grises

 


 

© Eddard Mingwe, 2015

ISBN numérique : 979-10-262-0015-4

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Courriel : contact@librinova.com

Internet : www.librinova.com


 

Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.

 

 

 

 

 

« La meilleure façon de résoudre le chômage, c’est de travailler. »

Raymond Barre-1997

Prix de l’humour politique (bien mérité)

 

AVANT-PROPOS

 

Un de mes nombreux amis virtuels, pour qui j’ai curieusement une estime bien réelle, a lu le manuscrit de cette histoire rocambolesque et m’a mis en garde au vu de son contenu.

Est-ce de la fiction ?

Ne dois-tu pas dissiper et lever toute ambiguïté dans tes propos qui pourraient prêter à confusion et irriter au final ton potentiel lecteur ?

Comme je suis un être compréhensif et posé, j’ai réfléchi longuement trente secondes durant. Et de cette intense période de remise en question et de plongée dans le néant de mon for intérieur se sont échappées quelques questions existentielles…

Et s’il avait finalement raison ?

Ne suis-je pas en train de scier la branche sur laquelle je suis assis, risquant d’entraîner dans ma chute la tourterelle survivante posée à mes côtés et qui pleure sa sœur écrasée sous le poids de mes fesses ?

Dans un monde où tout est sujet à interprétation, au sein d’une société dans laquelle on ne sait toujours pas si l’on peut rire de tout, de rien, ou de rien du tout, prémunissons-nous et prévenons notre public afin d’éviter tout quiproquo à venir…

 

AVERTISSEMENT :

Ce roman est une œuvre de semi-fiction à moins que ce ne soit une semi-œuvre de fiction. Toute ressemblance ou similitude avec des personnages et des faits existants ou ayant existé, ne saurait être que coïncidence fortuite. Ou pas !

 

AVERTISSEMENT 2 :

La trame principale et 50% des idées qui composent le manuscrit sont issus des billets d’un blog dédié exclusivement à la recherche d’emploi tenu entre 2002 et 2003 dans lequel je relatais quotidiennement ma quête du Saint Graal…D’où cet aspect déstructuré et sans fil conducteur apparent comme il est d’usage en parcourant les lignes d’une histoire classique. Il n’était absolument pas prévu que tout ce joyeux bordel soit compilé et donne naissance à mon premier roman. Les 50 % restants ont été ajoutés entre 2014 et 2015.

 

AVERTISSEMENT 3 :

Je vous aurai prévenu ! Vous êtes d’ores et déjà tous complices !

 

Voilà c’est fait. Bonne lecture… Enfin, j’espère !

 

 

PROLOGUE

 

Il existe cinq choses absolument abominables qui peuvent durablement marquer la vie d’un homme et la détruire en un temps record.

La première, égarer par inadvertance la majorité de sa masse capillaire avant ses dix-huit ans et ressembler à une improbable version rajeunie et remasterisée de Sim.

La seconde, naître roux, ne pas s’en apercevoir et le rester.

La troisième, se voir contraint de porter des chaussettes blanches sous des sandalettes en plein été par des parents retors et être malencontreusement confondu avec un touriste scandinave alors que rien ne vous a préparé à un tel choc psychologique et vestimentaire.

La quatrième, reconstituer minutieusement le dernier relevé du compte-joint passé par inadvertance par sa vile compagne dans la broyeuse à papiers en pleine période de soldes, et faire une syncope en arrivant à la dernière ligne en découvrant que cette menteuse manipulatrice n’a pas fait « l’affaire du siècle » en achetant sa trentième paire d’escarpins, mais plusieurs.

La cinquième, la moins pire après réflexion, se faire licencier du jour au lendemain sans ménagement comme un malpropre par une hiérarchie sur le papier empathique et reconnaissante.

Le reste, c’est de la littérature ou de la science-fiction…

 

I THE CHOMING DEAD

 

Selon des témoignages très crédibles mais malheureusement non authentifiés de rares survivants qui ont traversé cette sombre époque, le foyer épidémique initial du virus « Chômas 1 », c’est son nom scientifique très original, serait apparu il y a quelques décennies à l’intérieur d’un building cossu, propriété d’une énorme multinationale.

Pour être absolument clair et précis, c’était quelque part au cent-vingt-huitième étage d’un complexe de quatre-vingt-douze immeubles situé dans un vaste parc arboré de trente-mille hectares contenant à la louche quatre-vingt banques d’affaires, cinquante-huit piscines à débordement, quarante hôtels de luxe, trente-neuf parcours de golf, vingt-sept restaurants gastronomiques où l’on peut manger trois fois rien pour vingt fois plus, et entres autres choses particulièrement indispensables, quinze centres de traitement des (vieilles) peaux usées.

 

Tout a basculé lors de la grande convention des actionnaires majoritaires.

L’unique réunion qui importait vraiment.

La seule digne d’intérêt où même le plus mystérieux des Numéro 1 en personne daigne se montrer à ses coactionnaires.

La grande messe du bilan comptable annuel tant attendue avec son apothéose divine et mystique : la sainte annonce de la distribution des dividendes sacrés.

Ce matin-là, le mal sournois et profond s’est invité sans prévenir telle une diarrhée insidieuse et soudaine qui viendrait lâchement vous chatouiller et martyriser vos intestins laissant sa trace indélébile se répandre en un seul souffle dévastateur durablement sur l’arrière de votre pantalon.

Personne n’aurait pu prévoir les terribles événements qui allaient se dérouler au sein de l’immeuble et leurs conséquences inimaginables sur le monde extérieur.

Nous étions déjà tous morts mais nous ne nous en doutions pas encore…

 

La traditionnelle présentation indigeste de type Powerpoint servie sur un petit lit de diagrammes insipides accompagnée de ses petits camemberts sans saveur avait débuté avec quinze minutes de retard et autant de pauses café préalables dans l’indifférence générale, uniquement rythmée par le brouhaha des richissimes convives hystériques, déjà affairés à disserter et plaisanter sur ce qu’ils allaient bien pouvoir faire de leurs futures rentrées d’argent.

Dans moins de dix minutes, ils sauraient enfin et pourraient s’adonner avec plaisir à comparer leurs émoluments respectifs, et le reste pour les plus exhibitionnistes.

L’excitation montait encore d’un cran.

Au beau milieu de ce grand bordel irrespectueux mais néanmoins bon enfant, des chiffres honteusement indécents flirtant avec le néant furent alors murmurés.

Les discussions superficielles continuèrent pourtant dans l’insouciance générale.

Les tympans d’ordinaire formatés au doux son des nouvelles d’opulence garantie et non préparés à ce type d’annonce n’avaient pas du tout réagi.

Un micro fut alors branché et le directeur financier, qui venait discrètement d’enfiler un casque et un gilet pare-balles par pur principe de précaution, se mit à répéter en boucle d’abominables montants d’une voix plutôt fébrile…

 

Les soi-disant témoins qui auraient échappé miraculeusement au massacre rapportent dans les diverses dépositions retrouvées qu’à cet instant précis un pesant silence de mort a immédiatement envahi la pièce rendant l’air presque irrespirable…

Les membres du Board se sont regardés l’air dubitatif et grave et leurs oreilles ont alors doublé de volume par un curieux effet mécanique comme s’ils cherchaient à mieux entendre la terrible déclaration.

Pourtant, quelques rumeurs alarmistes qualifiées de « sans fondement » couraient depuis quelque temps déjà, mais certains bruits ne semblent décidément pas faits pour être écoutés.

Apparemment certains traîtres étrangement absents en ce moment décisif, comme Numéro 3 ou Numéro 7, étaient déjà au courant du désastre mais personne n’avait eu le cran suffisant pour oser vendre la mèche.

Et naturellement, une fois vérifiée et confirmée, la nouvelle détonante s’est répandue comme une trainée de poudre entre les fauteuils de cuir de la salle de réunion.

La bombe venait d’exploser désintégrant en une fraction de secondes tout ce qui était espéré : la part variable pour cette année se monterait seulement à environ deux cents fois un salaire de base par actionnaire.

Stupeur et horreur absolues dans les rangs. Une misère. L’année avait donc été si difficile…

 

La crise venait de faire une entrée fracassante dans la grande pièce de conférence flambant neuf du conseil d’administration pour la toute première fois. Et sans invitation.

Les teints halés entretenus toute l’année sont progressivement devenus plus ternes.

D’autres se sont décomposés à une vitesse hallucinante offrant désormais des aspects effrayants à la limite du cadavérique.

Accablés de douleur, acculés par la détresse, minés par un sentiment d’injustice et d’incompréhension, les yeux imprégnés et humectés d’une tristesse profonde et infinie, les dirigeants inconsolables venaient de comprendre qu’à cause de leurs paresseux subalternes, l’achat d’une nouvelle résidence secondaire supplémentaire payée cash devrait être probablement repoussé de quelques mois.

Une éternité pour des êtres habitués jusqu’ici à tout posséder dans l’instant…

 

La suite des évènements tragiques qui sont relatés n’a malheureusement pu être vérifiée en totalité et a été extrapolée à partir des croquis mal dessinés et des rapides notes bourrées de fautes d’orthographe prises par un des actionnaires (Numéro 13) avant de rendre l’âme depuis le cahier de coloriage type Mandalas qu’il aimait remplir en cachette pour s’occuper pendant les interminables réunions…

Voici son récit restitué au plus proche de la réalité, dans l’ordre chronologique et sans les fautes.

 

« 11H04 : Des premiers maux de tête particulièrement violents viennent d’apparaître. Je suis touché à mon tour. Il y a aussi plusieurs malaises. Les gens s’écroulent. Et les Pierre. Et les Paul. Même sur le point de mourir, j’ose faire des jeux de mots pathétiques. Je resterai décidément un gros naze jusqu’au bout. Bref, c’est la panique… »

« 11H12 : Une commande expresse d’aspirine a été passée par l’assistante de direction. Ça hurle et ça dégueule partout ! C’est immonde ! Ça pue ! L’assistante semble désemparée et horrifiée. Elle cherche à s’enfermer dans l’armoire à fournitures, armée d’un cutter, d’une paire de ciseaux et d’un large morceau de scotch. Quelle conne, celle-là ! Autant dire ce que je ressens vu que je vais crever ! J’espère qu’elle va s’appliquer l’adhésif sur la bouche et fermer sa gueule une bonne fois pour toutes, cette grosse suceuse… »

« 11H20 : Je referme délicatement ma braguette, tente d’effacer les marques de rouge-à-lèvres et j’applique l’adhésif fermement sur la bouche de l’assistante avant de l’assommer pour ne pas qu’elle me dénonce. »

« 11H22 : Pour la toute première fois, nous sommes confrontés à une sensation étrange et incommodante. Apparemment ça s’appelle migraine. J’ai peur… Je viens de faire dans mon froc Cerruti en lin. Je croyais que j’avais franchi un cap et que j’étais enfin propre. Ça ne m’était plus arrivé depuis la semaine dernière à la fête d’anniversaire pour mes trente-cinq ans. C’est la merde, au moins cent-cinquante dollars de pressing pour enlever l’urine… »

« 11H23 : Je regarde ma montre, il est 11H23…Il ne s’est rien passé de notable entre 11H23 et 11H26… »

« 11H27 : Les cachets antimigraine viennent d’être livrés par un coursier qui a préféré ne pas ôter son casque et qui est reparti en courant sans même prendre son pourboire. C’est quoi, ce bordel ? Le sort s’acharne sur nous. Nous vivons une épreuve absolument terrible : pas de notice explicative, posologie inexistante, mode d’emploi inconnu. Nous sommes seuls et livrés à nous-mêmes… »

« 11H28 : Mais comment prendre ces foutues pilules ? Par voie orale ou voie anale ? Faut-il les avaler ou les mâcher ? Les sniffer avec une paille comme lors des soirées endiablées sept fois par semaine ? Les tremper dans du café ou du thé ? Sont-elles compatibles avec des activités telles qu’un golf, un gala de charité ou tout simplement composer un code de carte bancaire ? »

« 11H30 : Pour solutionner au plus vite cet insurmontable nouveau problème, nous décidons de faire appel à un coach hors de prix spécialiste en « prise de médicaments imprévue pour personnes très riches ne connaissant même pas la définition du mot souci et ne sachant pas écrire le mot stress »

« 11H34 : J’ai des sueurs froides. Je constate avec effroi que j’ai oublié de programmer l’enregistrement de l’épisode d’Amour, Gloire et Beauté avant de partir ce matin…Je risque de mourir sans connaître la fin, je frôle la crise cardiaque à cet instant… »

« 11H36 : Je sens un sentiment de fureur puissant monter en moi. En proie à un profond vague à l’âme, je dois affronter un véritable tsunami intérieur. Comme mes camarades d’ailleurs.

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