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Waow. Ta langue elle est trop nikée !

De
192 pages

Fier Français, fière Française, tu défends ardemment ta région, ta gastronomie et ton équipe de football. Mais ta langue ? Celle qui te sert à longueur de journée pour exprimer tes désirs et tes idées, sais-tu dans quel état elle est ? Non, bien sûr. Et tu t’en fiches, pas vrai ? Pourtant, tu parles et tu écris comme un pévéreux et un galefretier. Et tu as de l’anglomerdique qui te dégouline de partout...

Alors, si tu as un peu de curiosité pour ton mode de communication quotidien, quitte le désert sémantique où ta langue va sécher comme une vieille semelle et ta culture avec. Goûte ces quelques pages « à l’emportegueule ». Au bout, il y a la promesse d’un jardin délicieux et aussi de quoi te marrer !


Philippe Skolle est né en france d’un père tunisien et d’une mère américaine. Il a été traducteur spécialisé et professeur d’anglais dans l’enseignement supérieur pendant 25 ans. Il est aussi auteur de fiction, scénariste et photographe. Par ailleurs, il est responsable développement durable et enseigne la RSE et la critique économique dans une école de commerce (et non une “business school”). Il constate autour de lui la même désinvolture pour la défense du français que pour celle de la planète. C’est pour ça qu’il est souvent de mauvais poil.

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MAUVAISE LANGUE Ta langue Tu as peur (…) Tu ne peux même pas parler Ta propre putain de langue Tu ne sais plus lire Tu ne sais plus écrire Ta langue L’avenir de ta langue. Frank Zappa, The Blue Light AOW ! Telle est la nouvelle manière  Wdont les Français s’expriment, tout entière résumée dans cette interjection bâtardisée du « Wow ! » américain (sans A) : néant lexical proche de celui du chien et imitation du parler angloïde. Elle dit l’étonnement, voire l’admiration, souvent suivie d’un silence : celui de l’incapacité à élaborer davantage. La langue dans sa plus simple manifestation. De nos lèvres émane une novlangue racornie et sans saveur. Bref, le français dépérit et aucun médecin
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à son chevet. Voilà, c’est dit. Brutal constat après examen de la situation. J’entends déjà les réactions habituelles des aveugles et des je-m’en-foutistes: Ah, encore un bassineur alarmiste doublé d'un décliniste qui râle contre les «évolutions» de la langue ! Chaque nouvelle décennie sont publiés des cris de détresse sur la dérive du français. C’est encore une croisade perdue d’avance. Et gna-gna-gna….  À toute époque, des cris d’alarme ont été 1 lancés. En 1912, Albert Dauzat craignait l’avè-nement de l’espéranto, langue internationale artificielle, et affirmait que le français était menacé par les programmes scolaires, l’argot et le parler populaire, le «jargon sportif anglicisé», qui bousculaient le vocabulaire et la syntaxe. Et déjà un constat très actuel :les lycéens« Comment d’aujourd’hui pourraient-ils écrire correctement une langue qui, à leurs yeux, est déjà archaïque ? Ils ne saisissent plus la valeur des termes, ni la finesse d’une syntaxe qu’ils sont accoutumés à disloquer et à violenter chaque jour. Bientôt les jeunes élèves ne comprendront plus les auteurs classiques. (…) Le mouvement est si rapide qu’à quinze ou vingt ans de distance les anciens ne reconnaissent plus leurs cadets. »:Il ajoutait « L’indifférence du grand public est regrettable. »Il prônait la défense des humanités (philo, Lettres, latin/grec), la rénovation des méthodes grammaticales désuètes, la réforme de notre 1 DansLa défense de la langue française.
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orthographe illogique, regrettait la moindre importance accordée à la dictée et l’enseignement gaspillé en règles compliquées, arbitraires et arti-ficielles.  C’est la chienlit permanente, alors ? On croirait entendre une complainte d’aujourd’hui !  Cet aujourd’hui où l’on étiquette «déclinistes» les lanceurs d’alertes (Alain Borer, Claude Hagège, François Taillandier, Bernard Lecherbonnier,…) et de «réalistes» les optimistes (Alain Rey, Frédéric Martel, Henriette Walter, …).  Que ce soit net : je ne suis d’aucun bord. Je ne crois pas à la mort du français, mais je ne flotte pas non plus dans la béatitude des linguistes myopes. Je constate, c’est tout. Et je trouve que le français va de la gueule. En 1912, c’était du pipi de rossignol en comparaison ! De quoi se plaignait Dauzat, je me demande… Vision subjective à chaque époque ou observation objective ?  Le français châtié n’a peut-être jamais eu cours en dehors des cénacles d’élites. C’est ainsi que l’on confondévolution et régression. Donc, quelle différence aujourd’hui ? Elle réside dans la déperdition générale chez l’ensemble d’un peuple supposé bien instruit. Voilà. Et ce ne sont pas les « sentinelles de la langue » qui la menacent, c’est l’indifférence générale. En effet, presque tout le monde se satisfait de la médiocrité ambiante sans percevoir combien l’érosion est pernicieuse. Quant à imaginer un sursaut général, n’y comptons pas. Je suis toujours étonné de la ferveur qui anime les Français lors d’un enjeu sportif
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majeur, mais les valeurs culturelles, pfffft ! Pour la liberté d’expression des idées, tout le monde est Charlie. Très bien. Grand élan de patriotisme après les massacres de novembre 2015 à Paris. Bravo. Mais pour préserver la qualité de l’expression linguistique et résister à l’anglouille qui s’immisce partout, où sont les gens pour brandir les couleurs nationales ? Il est vrai que la cause linguistique est peu spectaculaire et l’ennemi insidieux : l’érosion culturelle avance sans éclats. Dommage. Parce que promouvoir le bien parler et le bien écrire est néanmoins un combat d’avenir, garant d’une culture vitaminée. Un français pourri d’erreurs, d’impro-priétés, d’anglicismes, c’est comme une musique gâchée par les fausses notes : ça grince. Or, la langue est une musique. Et actuellement, tout le monde joue faux. Attention, je ne prêche pas pour l’aca-démisme, et encore moins pour une quelconque «pureté» du français, qui n’existe pas. Une langue figée sous une couche de poussière où elle crève, non merci. Malherbe, ce rigide maniaque des mots et des règles qui ronchonnait et corrigeait ses contemporains (un peu comme je le fais ici), a mis la langue dans un carcan d’académisme amidonné. Il a confiné le français dans une rigueur étouffante, mais pas toujours injustifiée. Il avait raison sur un point : une langue claire et structurée est accessible à tous. À cet égard, Malherbe était moderne, démocrate et révolutionnaire. « Faudrait savoir ! », allez-vous dire.
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