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La course en ligne des JO préfigure-t-elle du cyclisme demain ?

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La course en ligne des JO préfigure-t-elle du cyclisme demain ? A cinq, les Anglais n'ont pas réussi à cadenasser la course. Tant mieux ! Alexandre Vinokourov a remporté la course en ligne des JO de Londres. Avec un titre de champion olympique en poche, et même s'il n'avait plus les jambes de ses vingt ans, son expérience a payé. Afin d'obtenir ce couronnement, "Vino" a eu le nez creux en se joignant à la principale échappée du jour, avec les Gilbert, Cancellara, Valverde, Sanchez, Gesink, Kolovnev, Kreuziger, van Garderen, Menchov et Nibali. Le Kazakh a profité d'une légère hésitation des hommes de tête pour attaquer Uran à moins de dix kilomètres de l'arrivée. Timing parfait. Les deux hommes n'ont pas été repris et le Kazakh a abusé de toute sa malice pour piéger le Colombien à environ 200 mètres de l'arrivée pour s'offrir une seconde médaille olympique (sa première en or) après celle obtenue en 2000 (vice-champion olympique). Ce dernier a pu redorer son blason après ses affaires de dopage et des blessures à répétition : "Cette victoire prouve que je ne suis pas venu pour rien. Après ma chute, c'était beaucoup de souffrance. Ma famille, mes parents étaient toujours là. J'avais dit que je reviendrais, que je referais le Tour. Au Tour, je n'ai pas gagné d'étape, mais je suis arrivé pour la médaille. Mon rêve s'est réalisé. C'est décidé, cette fois, j'arrête. Je pense que c'est une belle récompense pour finir ma carrière.
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La course en ligne des JO préfigure-t-elle du cyclisme demain ?
A cinq, les Anglais n'ont pas réussi à cadenasser la course. Tant mieux !

Alexandre Vinokourov a remporté la course en ligne des JO de Londres. Avec un titre de champion olympique en poche, et même s'il n'avait plus les jambes de ses vingt ans, son expérience a payé. Afin d'obtenir ce couronnement, "Vino" a eu le nez creux en se joignant à la principale échappée du jour, avec les Gilbert, Cancellara, Valverde, Sanchez, Gesink, Kolovnev, Kreuziger, van Garderen, Menchov et Nibali. Le Kazakh a profité d'une légère hésitation des hommes de tête pour attaquer Uran à moins de dix kilomètres de l'arrivée. Timing parfait. Les deux hommes n'ont pas été repris et le Kazakh a abusé de toute sa malice pour piéger le Colombien à environ 200 mètres de l'arrivée pour s'offrir une seconde médaille olympique (sa première en or) après celle obtenue en 2000 (vice-champion olympique). Ce dernier a pu redorer son blason après ses affaires de dopage et des blessures à répétition : "Cette victoire prouve que je ne suis pas venu pour rien. Après ma chute, c'était beaucoup de souffrance. Ma famille, mes parents étaient toujours là. J'avais dit que je reviendrais, que je referais le Tour. Au Tour, je n'ai pas gagné d'étape, mais je suis arrivé pour la médaille.

Mon rêve s'est réalisé. C'est décidé, cette fois, j'arrête. Je pense que c'est une belle récompense pour finir ma carrière. Les grands champions comme Virenque et Jalabert ont arrêté après une belle sortie". Sauf que Vinokourov a une nouvelle fois pris tout le monde à contre-pied en décidant de s'aligner sur la Classic de San Sebastien. Mais revenons à la spécificité de la course en ligne masculine des JO. Il faut savoir que cette épreuve présente certaines particularités. En fait, les dix pays les mieux classés au classement UCI World Tour 2011 ont pu aligner cinq coureurs pour représenter leur nation comme l'Espagne, la Belgique, l'Italie, l'Australie, la Grande-Bretagne, l'Allemagne, les Pays-Bas, les Etats-Unis et la Suisse. Le Luxembourg qui s'est classé 9ème n'a pu aligner qu'un seul coureur. Parmi les autres nations classées, la France et le Danemark ont aligné quatre coureurs, l'Irlande et la Norvège trois, le Kazakhstan et la Slovaquie deux, le Costa Rica et la Lettonie, un seul. Ce type de configuration de course avec un quota de coureurs bien défini et sans l'utilisation des oreillettes, pourrait-il constituer le cyclisme de demain ?

"Les JO, c'est une course assez spéciale. Il n'y a déjà pas spécialement de grosses équipes. Cela fait une sacrée différence par rapport aux grands tours quand de grosses cylindrées débloquent la situation. Ce n'est pas du tout la même chose", précise le coureur Sébastien Hinault. Même son de cloche chez Roger Legeay qui estime que l'épreuve des JO est une épreuve bien spécifique, bien à part, et qui ne peut-être adaptable au cyclisme dans sa configuration actuelle : "Je ne pense pas que cela puisse être le cyclisme de demain. L'épreuve olympique se déroule comme cela. Il y a des équipes qui comprennent six coureurs, cinq coureurs, trois coureurs. C'est la philosophie des JO avec tous les pays représentés. La victoire de Vinokourov, que ce soit avec, ou sans oreillette, il avait le droit de remporter cette épreuve. Je suis de toute façon pour les oreillettes et je ne m'en suis jamais caché. On donne trop d'importance à ce problème à l'extérieur par rapport à ce qui se passe à l'intérieur. Dans toutes les courses, il y a un vainqueur.

Les oreillettes font partie de la stratégie des coureurs et du manager. Aux championnats du monde, l'an dernier, il y a eu une arrivée au sprint (victoire de Cavendish). Les JO, c'est différent. Il n'y a pas vraiment de stratégie de course. Dans le schéma qui s'est déroulé à Londres, les garçons opportunistes, les attaquants nés, se sont retrouvés dans leur registre. On l'a vu avec les Anglais qui avaient pourtant une tactique bien définie, mais à la sortie, ils ont vu que c'était ingérable de tenir la course pendant 250 km. La course olympique est fatalement très débridée. On peut tout faire. Le cyclisme est régi par des équipes de neuf coureurs dans le Tour de France. C'est un gabarit qui va bien. Dans ce cas pourquoi ne pas faire jouer le football à 9 ? Pourquoi ne pas mettre le basket à 6 ou 7 joueurs ? Dans le cyclisme, il existe une stratégie qui est mise en place avec un leader. Il doit être entouré par des équipiers. Telle est la philosophie de notre sport. Il faut tout de même de la main-d'oeuvre (sic). Je trouve que les canons de la compétition demeurent historiques et valables". Un point de vue qui se défend, mais le spectateur ne serait pas contre voir des courses moins cadenassées et plus débridées.

"Pourquoi ne pas jouer au football à 9 ?"

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