Le Golf au cœur

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Témoignage autobiographique d'une expérience de joueur et de dirigeant pour donner envie de jouer à ceux qui hésitent encore.

Le golf est une école de vie, un art martial occidental. Sport ou loisir ? Une philosophie à choisir. Quelques conseils pour s'initier à la technique avec lucidité. Conseils pratiques pour progresser et maîtriser ce jeu plus complexe qu'il n'y paraît. Comment aborder la compétition, l'affrontement au parcours ? Pour y accéder, entraînement, stratégie, exercices de travail mental et de gestion des émotions. De ceux qui le découvrent, ce sport universel peut transformer la vie. Avec quelques efforts, le plaisir est au bout du chemin.


Publié le : jeudi 17 mars 2016
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EAN13 : 9782334101721
Nombre de pages : 268
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intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-334-10170-7

 

© Edilivre, 2016

Dédicace

 

 

Àceux qui m’ont fait aimer le sport
et converti au golf

 

 

Le golf c’est la vie, n’en doutez pas !

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Avertissement

En 1948, je suis né dans un village des Pyrénées où dès la maternelle des moniteurs municipaux nous ont inculqué la joie de pratiquer la gymnastique et le sport. Depuis, j’ai toujours pensé que l’éducation physique des enfants étaient partie intégrante de leur éducation tout court. Bien des générations de sportifs ont pâti du dédain et des critiques acerbes de ceux qui ne pensent qu’Art et Culture. Nous savons mieux aujourd’hui qu’il y a plusieurs types d’intelligences et faire des différences entre elles ne sert qu’à créer des catégories ou étiquettes inutiles. J’ai essayé de me servir de toutes les capacités qui m’ont été offertes pour conduire ma vie.

Mon éducation s’est faite autour des Techniques. Bien que bon élève au collège, j’ai par choix personnel intégré le Lycée Technique de Bagnères de Bigorre. L’environnement du lycée était aussi sportif et des professeurs nous ont appris à respirer, lancer le poids, courir pendant que d’autres nous distillaient les rudiments de mathématiques et de technologie…

J’ai fait du sport tout au long de ma vie, ce fut un plaisir immense et parfois un… exutoire. Athlétisme, basket, handball, volley et rugby à 8 à l’école en même temps que le foot au village. Puis vers l’âge de 16 ans, rugby à 15 durant 12 ans, tennis sur le tard et enfin golf. Le tout pour un sportif de niveau régional attentif et sincère à défaut d’être brillant.

Le sport a ainsi accompagné toutes mes études et mon parcours professionnel. D’apprenti mécanicien, j’ai pris un ascenseur dans l’industrie de la métallurgie. J’ai complété ma panoplie par des études d’ergonome, puis avec l’arrivée de la robotique, je suis entré dans un système informatique « temps réel », un signe prémonitoire sans doute. Pour devenir ergonome, j’ai travaillé avec les chercheurs de toutes les universités de Toulouse. Physiologie et psychologie du travail m’ont beaucoup intéressé. Sur le terrain professionnel j’ai abordé l’ingénierie pour mettre « dans » les robots le savoir-faire des professionnels de la mécanique et de la peinture par exemple. Conjointement les systèmes modernes de qualité et de sûreté de fonctionnement sont venues compléter (voire encadrer) les méthodes de management des hommes et des sociétés, m’apportant des connaissances dont je me suis servi dans ce jeu.

Dans tous les sports que j’ai pratiqués ou suivis à la télévision ou au bord des terrains, la stratégie m’a toujours attirée. Je l’ai fortement développée en jouant au tennis et en y devenant entraîneur dans mon petit club. Un moment passionné par ce sport et pour ma formation, j’ai eu la chance alors de voir travailler Georges Deniau et ses entraîneurs nationaux pour préparer les joueurs de haut niveau capables de jouer en Coupe Davis. J’ai abordé alors des techniques de développement personnel pour améliorer mon niveau de performance : zen, sophrologie… puis PNL pour mon évolution professionnelle. Bien plus tard des techniques de gestion des émotions.

Le golf, j’y suis venu en 1987 sur les recommandations d’un conseiller de la CCI de Tarbes quand j’ai pris des renseignements pour créer ma première société : « Dans votre métier pour faire des affaires et nouer des contacts, jouer au golf sera un plus ». Alibi en or que j’ai très largement utilisé pour convaincre toute la famille de m’accompagner et qui ma foi, au final s’est avéré un judicieux conseil. Devenu bon joueur, cela m’a ouvert des portes dans tous les pays que j’ai visité depuis et fait gagner quelques contrats intéressants. Qu’il en soit ici remercié.

En commençant à jouer, je n’ai fait aucun plan contrairement à mes habitudes. Mais sans m’en douter je suis rentré en… religion. J’ai découvert un jeu fabuleux aux multiples facettes, avec plusieurs nuances… de vert. La possibilité d’exercer mon talent sans réserve et sans limite. Ma progression a pris un peu de temps. Mon chemin d’accès a été un peu tortueux, m’ouvrant des horizons que je n’y attendais pas. J’ai attendu mes progrès pour avoir le plaisir de jouer. J’ai parlé avec beaucoup de joueurs et de joueuses de leurs difficultés. J’ai pratiqué avec raison ce sport qui m’attirait et pour lequel je ne me sentais pas élu.

C’est ce chemin que je vous présenterai tout au long de ces pages. Je l’ai emprunté avec des hommes clés et mon exigence personnelle, insoupçonnée, mais que j’ai découverte peu à peu pour arriver à battre un parcours encore aujourd’hui (moins souvent tout de même) avec un grand plaisir. Mesdames, je vous dois une parenthèse avant de poursuivre. Chaque fois que dans mon propos, vous verrez le mot « joueur » vous y êtes incluses. Nous sommes à égalité face à ce jeu, il ne fait pas de différence entre homme et femme. Il ne fait pas de cadeau…

Ma joie de jouer m’a fait changer de swing il y a peu aux Etats-Unis, en côtoyant de nouveau celui qui m’avait donné de très sérieux conseils avec un groupe d’amis au Golf de La Forteresse. Je ne remercierai jamais assez Michaël Wolseley de nous avoir si amicalement accompagnés. Je vous décrirai cette expérience fabuleuse afin de retrouver une plus grande longueur de jeu et augmenter, s’il en était encore besoin, mon plaisir de jouer.

Enfin et c’est sans doute le plus important, j’ai fait une grande analogie personnelle entre la pratique de ce magnifique sport et mes connaissances professionnelle en complément. J’y ai trouvé au final la sagesse de jouer « ici et maintenant ». Ce pouvoir du moment présent je l’ai porté dans ma vie de tous les jours et je peux vous dire que cela m’a fait un bien fou. En parler c’est peu tellement chaque jour qui passe est rempli de joie. Le mieux est de venir jouer avec moi.

Je ne suis pas professeur de golf, j’en ai connu beaucoup et travaillé avec peu. Les méthodes académiques françaises initiales n’ont pas permis de faire de grands champions encore. J’ai mon opinion sur le sujet, pas le lieu d’en parler. Les académies d’aujourd’hui semblent nous apporter de plus grandes certitudes. Surtout les moyens technologiques modernes à la disposition de chacun sont un recours remarquable pour compléter individuellement les conseils d’un professionnel.

Ce message est important. Au tennis, vous pourrez atteindre seul un bon niveau de jeu mais en golf, il vous faut commencer et poursuivre votre travail avec un enseignant. A vous de le choisir à votre image. Ce n’est pas facile, mais il existe, cherchez le et il vous aidera à chaque stade de votre évolution de joueur.

Le golf est un sport fabuleux à plusieurs titres. Beaucoup de joueurs se racontent des fables, cela meuble toutes leurs rencontres et gênent parfois bien des convives. Mais en cherchant à bien jouer pour soi et son plaisir de chaque instant, vous trouverez les trésors de votre vie. La fable que je vais vous conter plus loin est un miracle de ce jeu. En cherchant mon meilleur JEU, j’ai eu la grande joie d’y trouver mon JE.

Jouer au golf, c’est du sport n’en doutez pas mais pour bien le pratiquer pensez toujours à jouer. Jouer partout, au practice comme sur le parcours c’est rechercher le plaisir, comme savent le faire les enfants. Ayez un vrai projet de jeu, vous serez souvent récompensé. Ce plaisir vous donnera la force de chercher au fond de vous toutes vos vertus. Vous en découvrirez de bien cachées. Etonnez-vous, le plaisir sera encore plus grand !

Michel Prieu

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Introduction

J’ouvre ces quelques pages pour tenter de mettre en ordre ce que je pense de ce jeu formidable. Je l’ai découvert trop tard mais je continuerai de faire tous les efforts nécessaires pour me maintenir à un bon niveau. Je veux vous donner envie de me suivre aussi.

Je ne suis pas un perdreau de l’année, j’ai plus de 65 ans, mais cela ne justifie pas, à mes yeux, une baisse de performance sensible. Il y a toujours moyen de s’adapter pour rester à un bon niveau. « Pour s’améliorer il n’y a pas de limite », tous les grands coaches le disent. Le temps à passer pour progresser est fonction de notre volonté, ensuite de la qualité de concentration et de l’amour que l’on porte au jeu. Il est toujours temps de changer quelque chose qui ne nous satisfait pas.

Ce niveau n’est fonction que de ma propre perception de la performance sportive : mon intention permanente d’être performant pour conserver une image positive de moi-même. Etre et rester en bonne santé physique et mentale le plus longtemps possible et ne rien regretter de la vie, c’est ce que me permet le golf.

Je cherche à me donner les moyens d’aller plus loin dans ma propre performance en appliquant au jeu ce que mon éducation m’a enseignée. Mieux que de jouer essentiellement pour gagner, je cherche a bien me préparer à jouer au golf pour pouvoir espérer atteindre mon meilleur niveau de jeu. Mon intention première est de trouver du plaisir à jouer chaque coup. Nulle arrogance dans cette attitude, juste la confrontation à moi-même et au parcours.

Dans cet objectif, il est donc important de savoir faire le diagnostic de sa propre prestation pour établir la liste des lacunes à combler dans tous les compartiments du jeu pour espérer l’améliorer.

Si son amour, sa passion, pour le jeu de golf le réclame, alors il sera temps pour chacun de se tracer des lignes de conduite et les objectifs associés afin d’établir sa progression.

Quand on regarde à la télévision jouer les professionnels de plus de 50 ans, quand on voit le niveau de jeu atteint malgré l’âge, il n’est pas utopique de penser jouer mieux demain. Essayons de nous en donner les moyens comme le font les professionnels, même si avant tout il y aura des heures de travail. Après plus de 25 ans de jeu, j’ai la chance de savoir que le golf ne nous rend que ce que nous lui offrons. Mais me direz-vous : un paysan a-t-il l’idée de récolter avant d’avoir semé ?

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Ma philosophie du jeu

J’ai découvert ce jeu si exigeant à travers les articles de Denis Lalanne relatant les exploits des joueurs lors des tournois majeurs du Grand Chelem. J’avais la sensation que ce sport était plus passionnant que le tennis et le rugby réunis. La Ryder Cup était ma « Chanson de Roland », le Master d’Augusta un autre poème épique…

A peine les clubs en main, j’ai vite compris que ce jeu était un sport aux exigences extrêmes. En cours d’apprentissage, j’ai eu la chance de rencontrer des gens dont le souvenir m’est cher, même si je les ai perdus de vue. Ce sport a contribué à m’aider à grandir dans ma vie d’homme par toutes les rencontres que j’ai pu y faire.

Si j’avais appris à me préparer pour les sports collectifs comme il m’a été enseigné de le faire dans le golf, je suis sûr que j’aurais apporté beaucoup plus à mes amis de TOULOUSE et de SEMEAC en jouant au rugby et au football.

Ainsi, je considère le golf comme une école de vie où la recherche du dépassement de soi et la rencontre avec les autres vont de pair. Rester dans une juste mesure et trouver au fond de soi les ressources qui nous permettront de toujours vivre en bonne intelligence avec nous-mêmes auprès des autres est mon approche de tous les jours…

A ce jeu pourtant, il paraît plus facile de s’intéresser au voisin que de garder un œil critique sur soi sans détruire sa propre image. Nous voyons très facilement les défauts des autres. Combien de fois nous serons nous jugés nuls alors que nous n’avons rien fait pour améliorer notre maîtrise du jeu ?

Ce sport, comme beaucoup d’activités humaines, ne nous rend que ce qu’on lui donne. Ce n’est pas une question de quantité, mais de qualité d’attention. On ne peut s’élever dans le golf qu’en faisant un travail sur soi-même. Ainsi pratiqué, le golf peut devenir une école d’apprentissage de soi.

Tout emportement, tout manque d’humilité, toute faute contre l’esprit du jeu se retourne contre le joueur. La pratique du golf réclame à chaque instant une attitude créative face à la situation de jeu. Pas facile à obtenir à en croire nos plaintes dominicales. La conduite d’une partie de golf de compétition réclame une rigueur extrême de la part du joueur. La télévision ne nous montre pas bien la « souffrance » des joueurs professionnels. Mais sur le terrain, auprès d’eux, quand ils rament pour passer le cut ou quand ils sont derniers du champ et que tout est joué, tout faire pour « ne pas perdre un coup » est d’une dureté mentale insondable.

Pour arriver au maximum de ses possibilités, le jour donné, il faudra non seulement disposer de tous les ingrédients sportifs : technique, physique, mental, mais aussi contrôler ses émotions. Dans le même élan volontaire, toujours entretenir l’intention de jouer et conserver l’attention ouverte sur l’environnement afin de rester lucide tout au long de chaque partie du tournoi.

Ma philosophie du jeu ne peut se développer qu’en acceptant la COMPETITION. Elle seule fournit les exigences des règles à respecter et contribue à durcir le cadre de vie. On ne progresse pas sans adversité. C’est l’affrontement aux références, le « benchmarking », qui fournit les éléments objectifs, comptables, des bases du progrès futur. Qui que l’on soit, la compétition change les vibrations du combat entre le parcours et soi. Le comprendre et l’admettre puis jouer avec un peu plus de stress que dans une partie entre amis, donne du sel à la performance…

Le parcours reste toujours l’adversaire principal du golfeur, mais c’est en comparant sa performance relativement aux autres joueurs du tournoi que l’on peut déceler en soi les pistes d’amélioration de son propre jeu. Progresser sera difficile dans l’absolu, aussi, l’orgueil, l’envie de gagner face aux autres seront des moteurs secondaires pour nous soutenir au moment d’aller s’entraîner, dans les passages de moindre réussite.

Notons tout de suite que les phases d’amélioration seront toutes, de fait, lancées pour atteindre le plus facilement et le plus régulièrement possible, un score bas sur n’importe quel parcours. N’oublions pas que le golf réclame de faire le moins de coups. L’ensemble des actions qui sont présentes dans ce document ne sont inspirées que par cela. L’académisme du style ne sera recherché que pour atteindre le par d’un parcours, voire le battre.

Il sera aussi question de technique du swing. Les malheurs des grands professionnels comme Duval, Woods aujourd’hui, posent des questions. Nous disposons de tous les outils scientifiques pour connaître la mécanique d’un swing performant. Les professionnels de l’enseignement nous donnent-ils les bonnes clés ? Certains oui, mais pas tous. Pourquoi est-il si difficile de changer, voire de modifier un swing ? Il y a moyen de nous faire une opinion personnelle quant à notre swing avec les outils modernes, nous verrons comment. Notre swing est notre marque, il nous rend reconnaissable entre mille joueurs. Comment la trouver ?

L’approche psychologique est sans doute la plus difficile, mais sans aller chercher très loin, des lectures, des conseils pourront nous apporter des solutions, afin de rester notre meilleur ami pendant toute une partie. Il ne sert à rien de s’insulter, lorsqu’un coup est raté, la colère n’est jamais la meilleure des conseillères.

Ne pas réussir tout ce que l’on souhaite dans ce magnifique jeu, nous condamne-t-il à la frustration à perpétuité ? Non, seulement à aiguiser notre sens critique et ne pas se contenter d’une performance moyenne. Le plaisir est au bout du chemin, pas au commencement ! Mais chacun est libre de jouer à sa façon. Il faut juste raison garder en toute circonstance et ne pas rendre un autre responsable de ses mauvais scores. L’humilité est à ce jeu une vertu.

4
Le golf :
apprentissage et formation

Si un sport est complexe, c’est bien le golf. A la précision de la technique nécessaire à chaque coup à exécuter, à la stabilité physique et mentale du joueur, il réclame en permanence composer la réalité de l’instant à la stratégie de jeu établie au départ de chaque trou de chaque parcours. Dans une partie de golf aucun élément du jeu n’est stable.

Pour limiter les incertitudes provenant de l’environnement, le joueur doit chercher à acquérir une maîtrise des éléments simples du jeu : la régularité de son swing, les routines face au parcours, la composition de son sac, le respect des règles, son alimentation…

L’apprentissage du swing est un peu long, voire fastidieux. Le chemin du club est simple, mécanique Le corps met un peu de temps à s’y adapter moins chez les enfants que chez les adultes. Je reste persuadé qu’il ne sert à rien d’aller trop tôt sur le parcours. Même si cela se télescope avec le besoin commercial affiché par les clubs de golf qui veulent rentabiliser leur investissement. L’enseignement devrait être encore mieux adapté pour ne pas envoyer des joueurs en galère sur un parcours… un autre débat pour certains. Je crois une réflexion cruciale tout de même aujourd’hui, car les pertes de temps et la cherté des green-fees pour des parcours – pas toujours bien préparés – découragent plus d’un joueur débutant. Les professionnels du golf y gagneraient vraiment. J’évoquerai cela sans doute un jour prochain sur le blog du même nom que ce recueil.

Je remercie mon premier professeur de golf, JEAN-PIERRE HARISMENDY de m’avoir demandé de ne pas aller sur le parcours avant de savoir maîtriser mon swing au practice. Je lui sais gré de m’avoir précisé que pour moins fatiguer et ne pas saturer à répéter mes coups sur le tapis, il me fallait inventer des jeux personnels. Je trouve qu’il a fait preuve d’une pédagogie avancée en me disant qu’il valait mieux travailler un quart d’heure par jour que deux heures en fin de semaine, une sorte de méthode ASSIMIL ! Il m’aiguillait vers la qualité du swing.

Pour le reste, je remercie mon second professeur, PHILIPPE HEUGAS d’avoir accepté de me laisser jouer en gaucher et pour cela d’écouter ce que mon éducation sportive avait à lui dire. Je ne suis pas un gaucher contrarié mais contrariant. Tenir mon club de gaucher de la main droite m’a ouvert le champ des possibles. En jouant à droite au début – comme la plupart des enseignants de golf le pratiquaient – je ne fis pas de progrès sensibles. Je crois toujours aujourd’hui que certains joueurs gauchers voient leur progression au golf limitée parce qu’ils sont bridés par leur apprentissage…

Le golfeur en devenir est pénible à éduquer : il est rare qu’un apprenti vienne découvrir un métier en ayant déjà plein de certitudes. Paradoxalement l’apprenti golfeur vient souvent, lui, en ayant des connaissances profondes :

– Il a un métier.

– Il a souvent un passé sportif.

– Il a un ego et parfois un peu d’arrogance.

– Il a de l’argent qui permet tout ou presque.

– Il a vu que le golf était facile… à la télévision.

– Il est meilleur que son ami Jean,… au tennis ou mieux, à la belote !

Dans un tel contexte le professeur de golf ne peut avoir que des difficultés en cherchant à développer son affaire commerciale. Avec toutes ses certitudes, le client n’est pas vraiment facile à « déformer », puis à éduquer à nouveau ! L’enseignant de golf doit faire preuve de beaucoup de psychologie.

Pour jouer au golf, l’apprentissage est en lui-même un jeu de construction, une école de patience dans laquelle, l’apprenant sera averti au plus tôt par son instructeur. Il aura des paliers dans sa progression et de nombreuses… régressions. Aussi le plus grand service que l’on puisse rendre à son ami le plus cher c’est de l’adresser à un professeur agréé (agrégé ?) de golf. Mieux que d’offrir des fleurs à son amie, sera de lui payer quelques leçons particulières avec un Pro, après qu’elle aura aussi, elle-même, ouvert son porte-monnaie. Cela permettra de voir si elle est fidèle et… reconnaissante !

Choisir un Pro de golf, c’est choisir une méthode de travail et un peu de technologie en assistance. La méthode pédagogique en golf est très importante pour intégrer la technique du swing. Elle doit être simple et s’appuyer sur le chemin du club pour décrire correctement le mouvement du corps associé. Certains Pros auront la mauvaise manie de vous présenter des méthodes personnelles et vous engager sur une copie de leur travers de joueur. Aujourd’hui des écoles fédérales forment les professionnels enseignant le golf dans tous les pays. Demandez la méthode au cours d’une journée découverte et voyez si elle vous convient. Ce n’est pas banal comme attitude, mais vous gagnerez plus vite en confiance si vous avez les bons points de repère dès le début.

Un Pro va nous apprendre son vécu du jeu, éclairé par sa méthode pédagogique. Tous les Pros ont été à l’origine de bons artisans du jeu. Il va nous passer des messages que nous aurons parfois du mal à comprendre. Ils avaient du talent et peuvent penser que tout le monde en a. C’est vrai, mais pas toujours dans ce secteur. Aussi l’appui de la vidéo s’il s’en sert, sera un puissant allié pour la totale compréhension de notre geste dans les moments de doute.

Je crois que la vidéo est un outil essentiel de l’apprentissage. Elle permettra, en complément des indications orales et sensorielles données par le Pro, à l’élève de se faire une représentation personnelle des forces et faiblesses de son attitude. Je le dis nettement, le professeur qui ne l’emploie pas, dans la période de formation initiale puis dans l’évolution du joueur n’est pas digne de confiance. Le passage au révélateur logiciel du swing sera une autre étape principale de l’apprentissage à ne pas négliger non plus pour ceux qui pousseront leurs exigences plus loin encore.

Le Pro de golf est aussi variable que le swing, donc mieux vaut ne pas en changer trop souvent. Ceux qui prennent des leçons au gré de leurs voyages sont souvent perdus dans leur swing. Il faut imaginer dès le début de l’apprentissage d’en avoir 2 ou 3 pour accompagner sa progression vers son propre maximum.

Un directeur de golf attentif à ses clients pourrait ainsi veiller à la complémentarité de son équipe de professeurs, avec un bon pédagogue pour le début, puis un autre plus orienté vers le jeu sur le terrain, préparation à la compétition…

Ce Graal de swing que nous cherchons tous, mieux vaut être accompagné au début pour le trouver. L’attention permanente du Pro sur soi peut-être lourde pour certains apprentis golfeurs. Un petit groupe familial ou un cercle d’amis au sein d’un club pourra créer de l’émulation lors de l’apprentissage. Pas nombreux, mais un groupe efficace, qui s’entraide, c’est bon pour le moral.

Tant que nous sommes dans les références culturelles, j’aime assez la référence « auswing authentique » du film « La Légende de Bagger Vance ». Cela veut dire que le swing que nous cherchons n’est rien moins que le nôtre. Celui que nous avons au fond de nous, enfoui sous nos qualités et nos défauts. Evidemment nous n’en sommes pas conscients au moment où nous débutons dans ce sport, mais c’est là qu’il faut faire appel à notre humilité, notre lucidité, car nous ne pourrons « singer » indéfiniment tel ou tel joueur. Certes, nous aurons peut-être à un moment besoin d’un modèle pour visualiser la présentation correcte du club dans les différentes parties du swing que nous voulons construire. Notre histoire personnelle donnera sa signature à notre swing. Il est unique et évoluera dans le temps avec nos seules qualités.

Le swing se construit avec patience en cherchant une régularité dans son expression, son déroulement. Ce lancer souple et délié sera une sécurité essentielle dans notre futur jeu. C’est donc un effort sur soi que réclame l’apprentissage du swing, pour gommer petit à petit les imperfections de notre histoire personnelle. Le swing est une expression artistique de soi-même, donc il faut que nous puissions nous sentir bien dans l’espace et le temps pour progresser normalement.

Les bases du swing qui va nous servir sur tous les coups que réclame le jeu futur, reposent sur des principes de mécanique et de biomécanique bien connus aujourd’hui. La difficulté viendra de notre capacité à les comprendre et les exécuter avec la plus grande régularité.

La méthode pédagogique du Pro doit nous aider à maîtriser les premiers rudiments mécaniques du geste : le chemin du club est très précis. Le corps va se mettre en mouvement pour le dessiner et la vidéo nous donner les moyens d’adapter nous-mêmes l’enchaînement des mouvements. Il est très difficile d’avoir une bonne perception de notre position de corps dans l’espace lors du swing, aussi, il faut accepter une aide (brutale et sans concession) vidéo pour progresser plus vite. C’est au Pro (toujours ambitieux pour son ou ses élèves) à imposer la méthode. La vidéo supprime « l’illusion » chère à mon ami Michaël Wolseley. Avec la vidéo on a l’image du moment présent, sa vérité. Plus tard, il sera important de jouer dans « l’ici et maintenant ». La vidéo nous renvoie aussi à la notion d’imitation. Après quelques séances d’entraînement notre cerveau élabore un swing virtuel que nous voudrions reproduire. Il déterminera notre swing futur. Enfin, les images vidéo de notre geste réel peuvent se comparer avec celles du swing des grands professionnels hommes et dames, pour une évolution plus rapide vers notre propre swing. Notre subconscient nous y aidera.

L’apprentissage du swing, je l’ai déjà souligné, est un jeu de construction. Le chemin du club idéal est le même pour tous mais chaque joueur est unique. L’acquisition en est individuelle. Pour celui qui connaît déjà une trajectoire, un vol de balle ou ballon, la gestuelle sera plus facile à assimiler qu’un apprenti qui découvre le sport sur le tard. Le Pro devrait être attentif à la personnalité globale de son élève et parler par analogie aux connaissances de son “patient”. Pour faire simple, parler géométrie à un professeur de mathématiques, toucher de balle à un joueur de tennis chevronné et tango à une danseuse… Un jeune joueur sera (peut-être) plus ouvert qu’un joueur d’âge mûr. A un âge avancé, l’apprentissage, la remise en cause des acquis est parfois difficile, rebute et décourage. Le métier d’enseignant de golf est sûrement très difficile. A lui de faire naître la passion et à entretenir le goût de l’effort chez ses clients. Je regrette d’entendre parfois des apprentis golfeurs se plaindre de leur Pro. Le swing est un geste global et certains Pros n’en donnent pas toutes les règles. N’imposent pas toutes les clés qui en facilitent la compréhension. Ils gardent leurs élèves sous tutelle. Je pense que c’est un mauvais calcul. Le joueur qui a confiance en son Pro pour progresser, va le revoir plus souvent, en confiance.

Pourquoi veux-je faire une différence entre apprentissage et formation ? Simplement pour stigmatiser deux phases que je crois distinctes dans la découverte du jeu de golf.

La première est une découverte du swing dans des circonstances de jeu conventionnelles, grand jeu, petit jeu, putting, coups spéciaux, où nous allons être assistés, surveillés par le Pro sur le practice ou le terrain.

La seconde va s’étaler sur toute une tranche de vie en fonction du choix que nous aurons fait au moment de la découverte du jeu. Nous serons seuls alors et cette nouvelle période commencera avec la réponse à la question : Que veux-je faire de mon swing ? Le golf est un sport et un loisir. Chaque joueur exercera son libre arbitre et jouera selon son envie.

Si la passion pour ce formidable jeu nous est révélée en cours d’apprentissage, alors s’ouvre un champ de formation qui n’a pas de limites : plan d’entraînement, plan de jeu, stratégie, règles, compétitions, observation des champions, cours de perfectionnement, préparation physique, mentale, évolution du matériel en analogie directe avec ce que nous avons su faire pour devenir des professionnels responsables dans notre métier…, de la vraie vie.

La formation va donc prendre des formes spécifiques en fonction des personnes. En corollaire, comprendre dès maintenant que la maîtrise du jeu ne viendra que par un travail volontaire, parfois important. Le bon swing ne suffit pas pour bien scorer sur un parcours. Chaque joueur apportera d’autres éléments plus personnels, où l’enseignant, l’ami, n’ont aucun pouvoir. Nous vérifions avec le golf que nous sommes bien responsables de tout ce qui nous arrive.

La formation était très longue autrefois, pour la bonne raison que tous les joueurs apprenaient sur le terrain et capitalisaient leurs diverses expériences. Chaque partie, chaque tournoi, chaque saison étant une occasion de faire un bilan et de réorienter, d’adapter ses forces et faiblesses. Les joueurs progressaient ainsi petit à petit.

Aujourd’hui les progressions des joueurs sont plus rapides. Les écoles de golf forment les enfants et les adultes. Pour les plus mordus des apprentis, avec l’architecte du swing, viennent coopérer, le médecin, le psychologue, le préparateur physique, le nutritionniste… Cela n’empêche pas que des joueurs ont des traversées du désert très difficiles à contrôler. Au cours de notre progression des remises en causes profondes seront nécessaires pour franchir les étapes qui nous amèneront à la maîtrise de ce sport. Alors ne nous attendons pas à avoir des progressions linéaires et surtout ne soyons pas jaloux de notre voisin, ce qui ne pourrait qu’augmenter la frustration et cacher nos qualités. Nous resterons toujours l’artisan qui façonne notre jeu en commençant logiquement par le swing. Ce n’est pas le plus facile mais le reste est passionnant.

Une remarque avant de conclure sur ce chapitre : quand se former ? En fonction de son objectif, chacun pourra choisir de prendre des leçons tout au long de l’année. Mais personnellement, je pense qu’en cours de saison existe un temps pour se former et un temps pour jouer. Pendant la période des compétitions, il n’y a pas lieu d’entreprendre les grandes modifications du swing, mieux vaut choisir l’hiver où nous aurons du temps pour assimiler les changements ou adaptations pour renforcer nos acquis.

Normalement, notre enseignant favori saura nous conseiller, mais à chacun de rester vigilant face à ses petits défauts. Vous devez lui fixer un objectif, s’il ne prend pas soin de vous en proposer un. Son sens commercial aiguisé lui fera accomplir la tâche qui lui est demandée avec zèle. Mais attention ne soyez pas trop dépendant de lui, décidez de la fréquence de vos cours, essayez d’être lucide sur votre progression en respectant les programmes d’exercices qu’il vous donnera. Le golf est un sport de décision, prenez en tout de suite pour gérer adroitement votre formation.

Pour atteindre votre objectif, notez pour principe, par exemple, que quand vous prenez une heure de cours avec un Pro, vous aurez au moins deux heures de travail personnel à prévoir dans votre emploi du temps futur. La route est longue mais combien enrichissante, c’est un jeu formidable.

La formation du swing faite, reste à penser à la formation du joueur. Dans ce domaine l’intervention des Pros est bien plus légère (ou alors très chère). Un joueur attentif pourra s’appuyer sur les pages qui suivent pour sa formation. Le joueur de golf doit se prendre ne charge et le support que je vous propose est un exemple dans lequel vous pouvez avoir confiance. Il est bâti sur non pas une mais des expériences. C’est le fruit de plusieurs années d’observation et de pratique assidue.

Des lectures, images ou rencontres avec d’autres golfeurs ou un coaching vous permettront d’aller parfois un peu plus vite encore pour prendre confiance, progresser dans sa maîtrise et entamer le dialogue avec un parcours. Jouer au golf, c’est rechercher un plaisir, des sensations qui nous feront vibrer, sensuellement, disons-le tout net. Mais pour cela il faut passer sur le parcours, fixer un objectif et alors pour l’atteindre : imaginer une stratégie, apprendre à décider et à exécuter des coups dans le moment présent. Les Pros qui ont joué des tournois importants peuvent vous apporter cela mais pas tous. Vous devrez, pour continuer à progresser dans votre jeu, passer par des chemins détournés. Au golf, l’apprentissage du swing fait, la formation est continue. Si vous aimez ce jeu elle pourra durer toute votre vie.

5
Swing :
une préparation athlétique

La préparation physique du golfeur vous l’avez déjà compris est une préparation spécifique. Elle doit surtout être athlétique, dynamique et en lien avec l’évolution du joueur.

Sport de précision, le golf réclame une assise sur les jambes très solide, une relative indépendance du haut du corps par rapport au bas, une rotation des épaules la plus souple possible, des bras solides et biens coordonnés, des mains fortes et sensibles.

La culture physique des mains, sera adaptée aux différentes situations de jeu. Un toucher de pianiste sur un putt ou une approche courte et une tenue de bûcheron pour se dégager d’un rough. La main, pour un golfeur, c’est l’archer du violoniste.

La préparation physique du golfeur sera donc un mélange des travaux des muscles développés au fur et à mesure que le swing se construit, complétée d’exercices spécifiques pour renforcer ou détendre les jambes, le dos, les épaules, les mains.

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