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" Essayer de ne pas couler"

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Après la confirmation par le tribunal administratif de Grenoble le 8 août dernier de la relégation de Bourgoin en Fédérale 1, l'expérimenté deuxième ligne évoque les ressources du club et revient sur un énorme gâchis.
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" Essayer de ne pas couler"

Quel est votre état d'esprit après la décision du Tribunal administratif de Grenoble ? Ça a été un coup de massue sur la tête. On avait essayé de mobiliser toutes les énergies pour pouvoir espérer jusqu'au bout présenter un projet viable en Pro D2. Le scénario de tout l'été a défilé dans les têtes. Cela va être très compliqué pour la suite avec ceux qui vont pouvoir rester et qui vont quitter le monde du rugby professionnel pour intégrer la Fédérale 1.

Le CSBJ peut-il nourrir l'ambition de retrouver la Pro D2 dès la fin de cette saison ? Le club aura forcément des ambitions car Bourgoin est une grosse identité rugbystique. Aujourd'hui, après avoir accusé le coup, il y aura des réponses à trouver sur les questions que l'on se pose sur la gestion du club depuis des années et les raisons pour lesquelles on en est arrivé là (le club a depuis décidé de déposer le bilan au niveau de sa SASP, Ndlr).

A Bourgoin depuis 2008, vous avez connu cette lente descente. N'avezvous jamais rien vu venir ? Je ne parviens pas à comprendre comment Bourgoin s'est retrouvé dans cette situation. On a trouvé des forces vives ces dernières semaines alors que le club était en difficulté et pourquoi cela n'a-t-il pas été possible pendant des années... On a appauvri toute la richesse de ce club qui a joué en 2009 la finale du Challenge Européen contre Nottingham. C'était il n'y a pas très longtemps ! Trois ans plus tard, Bourgoin est en Fédérale 1. C'est surtout la gestion financière et la gestion générale du club qui est incompréhensible aujourd'hui.

Bourgoin qui a connu un véritable exode de joueurs qui ont décidé de partir ne risque-t-il pas de se retrouver en difficulté ? Il y a eu des départs avant la décision du tribunal et d'autres après. Mais tout le monde va se mobiliser au moment où les joueurs paient les pots cassés de cette situation. Il faut se restructurer. L'important, c'est d'assurer la survie du club et on verra bien. L'enjeu est essentiel.

Béziers et Colomiers ont réussi à revenir en Pro D2. Ce n'est donc pas une mission impossible ? Oui, mais en ce moment, c'est quand même un énorme gâchis pour Bourgoin. J'ai toujours plein de questions sans réponses dans ma tête. L'équipe qui avait été mise en place au départ pour la saison à venir avait un excellent état d'esprit. C'est une vraie injustice. On n'a pas laissé de chance à ce projet de pouvoir s'exprimer. Il y a une cinquantaine de salariés qui vont se retrouver en difficulté. Il faut essayer de ne pas couler et de reconstruire.

"J'ai toujours plein de questions sans réponse dans ma tête"

Les joueurs qui restent seront-ils prêts à entrer dans la compétition malgré toutes ces péripéties ? Bien sûr. Dans l'esprit, le groupe, je le répète, a été irréprochable. C'est tout à l'honneur des joueurs de Bourgoin et de l'encadrement. Le groupe s'était battu la saison passée pour se maintenir sportivement en Pro D2. Pendant deux mois, tout le monde s'est encore battu.

Réussissez-vous à vous projeter sur la première journée de Fédérale 1 qui aura lieu le 16 septembre avec la réception de la Seyne ? Nous étions prêts pour reprendre la Pro D2 à la fin août. J'espère que nous arriverons à avoir un groupe performant pour vivre une bonne saison en Fédérale 1.

" C'est un énorme gâchis."

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