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ÉTUDE DU PREMIER TRAITÉ D'ÉQUITATION PORTUGAIS

De
192 pages
En écrivant son traité d'équitation, Dom Duarte, Roi du Portugal et de l'Algarve, a signé la première page de l'Histoire de la psychologie appliquée aux sports équestres et vraisemblablement de la pédagogie du sport en général. Ce manuscrit du XVè siècle, copié en 1830 et publié à Paris en 1842, apparaît comme une œuvre équestre originale d'une valeur historique inestimable. Dom Duarte y présente l'art d'enseigner l'Equitation, la préparation mentale du cavalier et la typologie des équitations à l'aube de la Renaissance, période qui marque la naissance des Académies d'Art Equestre en Europe.
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Étude du premier traité d'équitation portugais
Livro da ensinença de hem cavaIgar foda sela
du roi Dom Duarte

Du même auteur: Le cheval au Moyen Age au Portugal,
« Revue Latitude» décembre 1999,

«

Le management stratégique des activités équestres, Revue de l'Ecole Nationale d'Equitation» novembre 2000,

Cheval, art et littérature équestre portugaise au Moyen Age, « Actes du XVème Congrès de la Société Internationale Rencesvals pour l'étude des épopées romanes» A paraître en 2002 L'équitation portugaise :Une pratique mal connue, « Cheval Loisir» déco2000 Le cheval dans un conte de Trancoso,
« CREPAL, Universitéde la SorbonneNouvelle»

A paraître 2001 De l'art de toréer à cheval à l'art de prendre les taureaux par les comes.. . Petite histoire de la tauromachie Portugaise,
« Revue Latitude» A paraître en 2001

Carlos Henriques Pereira

,

Etude du premier traité d'équitation portugais
Livra da ensinança de hem cavalgar toda sela
du roi Dom Duarte

L'Harmattan 5-7, rue de l'Ecole Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) CANADA H2Y IK9

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3
1026 Budapest

HONGRIE

L'Harmattan ItaUa Via Bava, 37 10214 Torino ITALIE

@ L'Harmattan, 2001

ISBN: 2-7475-0678-9

Nous adressons nos sincères remerciements à : Monsieur Michel Henriquet, écuyer; Dr. Guilherme Borba, Directeur de l'Ecole Portugaise d'Art Equestre; Monsieur Patrice Franchet d'Esperey, Responsable du centre de documentation de l'Ecole Nationale d'Equitation - Saumur; Monsieur Jean Pierre Digard, Directeur au CNRS; Madame Isabel BWTeno, Responsable de la Coordination de l'Enseignement du Portugais; Monsieur Nuno Judice, Directeur de l'Institut Camoes à Paris; Madame Olivia Lenoir, Vétérinaire et spécialiste du cheval lusitanien ; Monsieur François Stey, ancien directeur des Haras Nationaux; Monsieur J.M. Denoix, Professeur à l'Ecole Nationale Vétérinaire d'Alfort ; Monsieur Philippe Gaertner, ancien Président de l'Association Française du Cheval Lusitanien; Madame Nathalie Pawlak, Vice - Présidente de l'Association du Cheval Lusitanien; Madame Teresa Salgado, Responsable du centre de documentation de l'Institut Gulbenkian ; Monsieur Vasco Rebello de Andrade; Dr. Joao Costa Ferreira, Directeur du Haras de Alter do Chao; Dom Lourenço de Almada Madame Sara Gonçalves; Et mille mercis à ma femme qui a parcouru de nombreux kilomètres pour m'aider à repérer le moindre document ou indice sur l' histoire de l'équitation portugaise. ..

À mon frère Jorge et à mon père

Donnes-lU au cheval la bravoure. Revêts-tu son cou d'une crinière? Son hennissement altier répand la terreur. 1\ piaffe de joie dans le vallon. A vec vigueur il s'élance au-devant des armes. Il se moque de la peur et ne craint rien. Il ne recule pas devant l'épée. Sur lui résonne le carquois, La lance étincelante et le javelot. Frémissant d'impatience, il dévore l'espace; Il ne se tient plus quand sonne la trompette: Chaque coup de trompette. il crie: Héah ! Il flaire de loin la bataille. La voix tonnante des chefs et des cris. Job. Chapitre XXXIX

Préface

Il est banal de constater que l'histoire de l'humanité est liée à celle du cheval. Il est moins commun de découvrir le long cheminement de son utilisation qui commence par la captation empirique de sa force motrice 3 000 ans avant J.e. et qui se poursuit les moyens de perfectionnement successifs apportés aux modes d'attelage et aux organes essentiels du harnachement : le mors, la selle, les étriers et les fers, Dès le Vème siècle de notre ère, ces éléments indispensables au développement complet de l'équitation permettaient d'utiliser toutes les ressources du cheval pour les déplacements, la chasse, les combats et les jeux. Les techniques équestres de l'Antiquité sont peu connues. Les tablettes hittites de Kikuli (1 490 avole.) traitent de l'entraînement des chevaux de chars de combat. Vers 424 avant J.e. un hipparque grec, Simon d'Athènes, consacre un ouvrage à l'Art équestre, Son disciple Xénophon rédige vers 370

le traité De l'équitation, la première œuvre magistrale écrite sur ce sujet parmi celles qui sont parvenues jusqu'à nous. C'est entre le IXème siècle et le XIIème siècle que les plus grands progrès s'accomplissent dans les harnachements et par la ferrure. Grâce à eux l'énergie animale va être utilisée au mieux gaspillée qu'elle était là par des cavaliers instables. C'est gràce à ces inventions que progresseront, à partir du XlIIème siècle, les méthodes d'équitation de l'Occident latin; le cheval devient jusqu'au XIXème siècle le premier élément du combat. La genèse de l'équitation guerrière résultera du choc de l'équitation musulmane au VIIlème siècle avec celle des chevaliers Espagnols et Portugais montés sur leurs extraordinaires chevaux. La tradition équestre des Arabes, héritiers des Numides, tirait sa force de sa légèreté et de sa technique de harcèlement. Les chrétiens y opposèrent la fabuleuse virtuosité de leurs genets de combat. Sept siècles d'escarmouches et de batailles contre les Maures vont générer une forme d'équitation qui du sud de la péninsule ibérique à l'Italie de la Renaissance, du Royaume de France aux multiples principautés et empires de l'Europe du centre et jusqu'au Nord, ne cessera d'évoluer vers un art qui, martial, deviendra chorégraphique au XVIIIème siècle. Le genet d'Espagne naturellement rassemblé, «né dressé» sera durant cinq siècle l'acteur principal de cette nouvelle habileté. Le cavalier (ginete) et son art deviennent une spécialité ibérique qui va donner naissance à une littérature dont le 10

premier ouvrage sera l'œuvre du roi Dom Duarte (1391-1438) qui fait l'objet de la passionnante étude que nous offre Carlos Pereira. Le traité de Dom Duarte Le livre qui enseigne à bien monter sur toutes les selles est le premier connu depuis celui de Xénophon et précède celui de Grisone paru en 1550 en Italie. Le roi parle de ce qu'il a lui-même pratiqué et de ce sur quoi il a réfléchi. Il nous renseigne assez peu sur les techniques équestres au sens académique du terme mais par contre il est remarquable par ses conceptions philosophiques et éducatives. Carlos Pereira a su mettre en valeur ce qu'avait d'exceptionnel pour cette époque une méthodologie pédagogique qui n'a rien à envier aux conceptions actuelles de la pédagogie sportive. Cette première étape de l'évolution de l'art équestre, entièrement conçue dans la péninsule ibérique, va se poursuivre avec la reconquête de l'Italie du sud par Ferdinand d'Aragon où l'agilité de la cavalerie espagnole va triompher de la lourdeur cuirassée des chevaliers français. Elle va servir de modèle aux maîtres écuyers de la Renaissance italienne pour rebondir en une troisième phase dans le royaume de France, puis dans toute l'Europe. C'est pour notre bonheur que Salomon de La Broue futur écuyer d'Henri III et Antoine de Pluvinel futur écuyer de Louis XIII recueilleront l'enseignement des maîtres italiens et de

retour au pays natal « rempliront la France d' escuyers françois
qui estait auparanvant pleine d'Italiens ». En 1682, l'équitation va passer avec Louis XIV luila même du manège des Tuileries au Palais des chevaux: Il

Grande Ecurie de Versailles où les fondements de l'art classique qui nous régissent encore vont être coulés. Il faut souligner que l' œuvre du sympathique humaniste que fut Dom Duarte sera poursuivie en 1678 par Galvam de Andrade auteur de l'Art de la cavalerie et Antonio Pereyra Rego de l'Instruction de la cavalerie avec l'emploi de la bride en 1679 et surtout le très important ouvrage de Mancel Carlos de Andrade Lumière de l'Art Libéral et Noble de la Cavalerie en 1790 dans lequel il expose les procédés appliqués par le marquis de Marialva exécutant exceptionnel dans le style et d'après les enseignements de l'Ecole Française de Versailles. Ainsi l'héritage des maîtres portugais, enrichi au cours de son cheminement de quatre siècles à travers l'Europe méridionale, revenait-il aux écuyers du manège royal de Lisbonne. Michel Henriquet Octobre 2000

12

Du gouvernement des chevaux au gouvernement d'un royaume

Dom Duarte ou Edouard 1er, roi du Portugal et des
Algarves, seigneur de Ceuta: un personnage fascinant et pourtant peu connu hors de son pays. Héritier d'un trône que son père avait dû âprement disputer à la Castille voisine, tendrement aimé par sa mère, une princesse anglaise, il fut l'aîné d'une fratrie (<< l'illustre génération ») qui se distingua en ce début du XVème siècle par l'élévation de l'esprit, la curiosité intellectuelle et le courage physique. Il ne régna que cinq ans, de 1433 à 1438, mais ayant été associé au gouvernement dès 1418, il prit part aux décisions de la couronne concernant les voyages de son cadet l'Infant Dom Pedro, ou les entreprises de

découverte et de commerce en Afrique de son autre frère, l'Infant Dom Henrique, plus connu sous le nom d'Henri le Navigateur. Dom Duarte, l'aîné, destiné dès l'enfance à diriger le royaume, homme intelligent et sensible, nous a laissé deux ouvrages qui sont des témoignages inestimables: l'un Loyal

Conseiller, nous renseigne sur la personnalité de l'auteur et sur la vie et la culture de la cour dans le Portugal du XVème siècle; l'autre est un traité d'équitation remarquable à divers égards, ne serait-ce que parce que c'est le premier traité d'art équestre 13

européen inachevé.

post-antique,

mais

malheureusement

demeuré

Il faut donc se féliciter que ce traité soit désormais signalé à l'attention du public français. Pour en mettre en lumière les aspects essentiels, il fallait un bon connaisseur de la langue portugaise ancienne et un amateur d'équitation et de littérature équestre. Telles sont les compétences de M. Carlos Pereira, qui nous donne ici une analyse claire et détaillée de l'ouvrage de Dom Duarte. On y voit à quel point le prince s'y montre à la fois modeste-il s'appuie sur des textes plus anciens et les cite- et sûr de lui - chevalier, cavalier accompli, il n'hésite pas à faire appel à son expérience. S'adressant aux écuyers chargés d'instruire les jeunes nobles, il préconise une pédagogie à coup sûr novatrice pour son siècle: il insiste sur la nécessité de tenir compte, d'une part, du tempérament des chevaux, qu'on doit maîtriser par la douceur, et d'autre part, de la psychologie de l'apprenti

- cavalier et de ses craintes initiales:

il faut, dit-il,

« louer plus et culpabiliser moins» l'élève. Il donne aussi de précieuses informations sur les pratiques équestres médiévales au Portugal, et on peut en dégager des caractères spécifiques de ce qui deviendra « l'école portugaise », en particulier en ce qui concerne l'art de toréer à cheval. Enfin, il livre des

renseignements, souvent d'une rare précision, sur l'équipement des chevaux à son époque. Les termes équestres qu'il utilise ont été rassemblés par M. Pereira dans un glossaire, qui en donne 14

non seulement l'étymologie

et la signification, mais aussi

l'équivalent, en portugais actuel et en français. Une abondante bibliographie commentée complète l'étude. On ne peut que se réjouir de la publication de ce travail qui montre l'intérêt d'un texte ancien injustement ignoré. On espère qu'une traduction du Livre qui enseigne à bien monter à cheval verra bientôt le jour, rendant ainsi accessible aux cavaliers français et au public curieux le traité d'un roi

-

philosophe, convaincu que l'art équestre, école de maîtrise de soi, pouvait devenir une école de gouvernement. Anne Marie Quint

15

Étude d'un traité d'équitation portugais du XVème siècle: Livro da ensinança de hem cavalgar toda sela du roi Dom Duarte PREFACE
SOMMAIRE INTRODUCTION

PREMIERE PARTIE

Préliminaires

I. L'état des connaissances équestres avant Dom Duarte II. Le roi Dom Duarte et son œuvre
DEUXIEME PARTIE

25 39

Le premier traité d'équitation portugais I. Psychologie et pédagogie 1) La préparation mentale du cavalier 2) Apologie de la connaissance et de la raison 3) La préparation physique du cavalier 4) La méthode pédagogique de l'écuyer II. L'équitation médiévale portugaise 1) Principes élémentaires d'équitation 49 51 57 61 65 77

79 89 3) Les jeux équestres: joutes, jeux de cannes et tournois 95 4) Des origines de l'équitation tauromachique 99 5) Le modèle de cheval 115 6) L'influence de l'équitation médiévale française 119

2) Equitation à la « gineta » et Equitation à la « brida»

16

III. L'équipement du cheval 1) Les selles 2) Les étriers 3) Les éperons 4) Les mors 5) La bride
CONCLUSION TROISIEME PARTIE

127 129 135 137 141 143

Lexique des termes équestres
BmLIOGRAPHIE ANNEXES

17

INTRODUCTION
otre recherche sur l'histoire de l'équitation portugaise a commencé il y a une dizaine d'années.

La lecture d'une série d'articles sur l'équitation au Portugal publiés dans Cheval Magazine et rédigés par Michel Henriquet, spécialiste français du cheval portugais, a été l'événement qui a déclenché notre intérêt pour le sujet. Notre curiosité nous amena naturellement à le rencontrer. Les différentes discussions entretenues depuis notre première rencontre nous ont fait prendre conscience de la valeur du patrimoine équestre portugais unique au monde. Le Portugal possède la plus ancienne race de chevaux de selle d'Europe, dont les qualités étaient appréciées par les grands écuyers du XVIIIème; Lisbonne a l'orgueil d'avoir l'un des plus beaux manèges royaux au monde; les Portugais ont défini les règles de la tauromachie équestre et ont écrit les premiers traités d'équitation post-antiques. Enfin, le Portugal a une académie d'art équestre. Créée en 1979 par décret, l'Ecole portugaise d'Art équestre a pour mission de pratiquer et de montrer l'équitation classique, sur des chevaux lusitaniens de race Alter Real, dont elle doit contribuer à améliorer la sélection. Elle reprend ainsi la tradition de la Pic aria Real qui s'éteignit au XIXème siècle. Les différentes personnes de l'univers équestre portugais que nous avons rencontrées (éleveurs, journalistes, associations du cheval lusitanien, cavaliers) nous ont permis de constituer 19

N