Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 18,38 € Lire un extrait

Lecture en ligne (cet ouvrage ne se télécharge pas)

Jeunesse & Sports

De
246 pages
Le ministère de la Jeunesse et des Sports, une construction historique fondée sur la conjonction de deux objets complexes a, entre 1936 et 1986, mis en œuvre des politiques de transformation sociétale portées par un collectif de fonctionnaires issus pour la plupart de la militance associative. Au long de cet essai sociopolitique, l'auteur s'est efforcé de montrer l'importance du fait humain dans la constitution et les réalisations de cette "task force", considérée par certain comme une "folie administrative".
Voir plus Voir moins
Jeunesse & Sports19361986 : du militant au fonctionnaire
Du même auteur Jeunesse & Sports : des espérances contrariées, des marginalités récupérées. Propos sur une utopie abandonnée. Préface de JeanPierre Augustin. Paris. L’Harmattan 2002. Sports sans Jeunesse. Préface de Edwige Avice. Paris. L’Harmattan 2003. Pour l’Education Populaire. Préface de Michel Rocard. Paris. L’Harmattan 2005.
Michel HELUWAERT
Jeunesse & Sports 19361986 : du militant au fonctionnaire Préfacé par JeanPierre Augustin et Michel Miaille L’Harmattan
Nous sommes conscients que quelques scories subsistent dans cet ouvrage. Le contenu étant nécessaire aux études, nous prenons le risque de l'éditer ainsi et comptons sur votre compréhension. © L’Harmattan, 2010 57, rue de l’Ecole polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 9782296126374 EAN : 9782296126374
Il peut paraître prétentieux de proposer une double préface à un ouvrage mais l’objet «Jeunesse & Sports» traité sous la diversité de ses aspects historiques, humains et factuels me semblait mériter une double analyse universitaire. JeanPierre Augustin apporte donc la vision du spécialiste de l’animation des territoires et Michel Miaille celle de l’épistémologue et du politiste. Qu’ils en soient tous deux profondément remerciés. « Michel Héluwaert propose ici un nouvel ouvrage résultant d’une réflexion de plus de dix ans et complétant une vie d’engagement au service de l’administration de la Jeunesse et des Sports. Cet ouvrage est le quatrième d’une série proposée par l’auteur et publiée aux éditions de l’Harmattan depuis 2002, mais il a une connotation particulière puisqu’il fait suite à une brillante thèse de science politique soutenue à l’Université de Montpellier en 2009. Il s’agit d’une thèse particulière car sur le demisiècle étudié (19361986), l’auteur a été, durant la deuxième partie de cette période, un acteur engagé dans cette histoire. Son investissement se situe à partir du milieu des années 1950, peu avant que se précise et se renforce la connivence entre l’État, les fédérations d’éducation populaire et le mouvement sportif, et où les instances de réflexion et consultation se multiplient, notamment celles d’un type nouveau autour de la cogestion. C’est le temps des grandes orientations avec le renforcement de l’intervention de l’État qui apparaît notamment dans la planification des équipements sportifs et socioéducatifs après 1961. Puis, la crise aidant, de nouveaux dispositifs impulsés par le pouvoir central voient le jour alors que les lois de décentralisation de 1982 en donnant de nouveaux pouvoirs aux collectivités locales favorisent la création d’instances locales d’animation. Des formations nouvelles s’instaurent autour de l’animation socioculturelle et sportive ; aux militants et bénévoles s’ajoutent des milliers d’animateurs professionnels détenteurs de diplômes d’État. Cette histoire, à la fois riche et complexe, est une histoire francofrançaise qui méritait d’être revisitée. Michel Héluwaert a réussi à transférer trois points forts caractérisant sa thèse dans cet ouvrage : la recherche minutieuse de documents d’archives inédits, de témoignages ou d’analyses diverses ; la prise en compte de divers éléments de contextes ; enfin, dernier point, la qualité des informations et des documents rassemblés et notamment des fiches synthétiques ou encarts qui accompagnent le texte. Il faut, bien sûr, ajouter à ces trois points la connaissance vécue par l’auteur, pendant plus d’un quart de siècle, de cette administration de mission qui donne un sens particulier à l’ouvrage. Michel Héluwaert souhaite stimuler la réflexion, déclencher des réactions, faire avancer les savoirs et surtout les débats. Là encore, n’en doutons pas, ses prises de positions, ses expressions vont susciter des réactions : l’auteur est resté fidèle à sa démarche de réflexion et d’analyse critique. Cet essai va donc jouer un rôle utile de stimulation à un moment de notre histoire où les dernières décisions gouvernementales ont mis fin à une utopie sexagénaire qui combinait, dans un département ministériel unique à vocation éducative, les deux paradigmes de jeunesse et de sport ». JeanPierre AUGUSTIN. Université Michel de MontaigneBordeaux3 UMR ADES du CNRS
« Du militant au fonctionnaire », le titre même de l’ouvrage donne le ton. Le lecteur sait donc, par avance, quelle démonstration sera développée. L’appartenance de l’auteur au corps des fonctionnaires du Ministère de la Jeunesse & des Sports conforte le sentiment qu’il s’agit, pas seulement d’une étude issue d’une thèse de doctorat, mais aussi d’un témoignage. Cette approche signale clairement quels problèmes cette étude a rencontrés qui sont autant de questions vives dans le champ des sciences sociales. La première question est, bien sûr, celle de la distance entre l’auteur et le champ étudié. Longtemps il a été admis au nom d’une épistémologie de la « rupture épistémologique » que la neutralité du chercheur était indispensable et qu’elle supposait sa complète extranéité par rapport à l’objet de recherche. Aujourd’hui cette position n’est plus dominante : on admet qu’il n’y a pas de solution générale et abstraite à cette question et que, cas par cas, une réponse à « la bonne distance » peut être trouvée. C’est bien ce qui se passe ici. Michel Héluwaert avec la longue expérience « de l’intérieur » du monde complexe de la Jeunesse & des Sports pouvait décoder certains propos, donner du sens à des textes apparemment anodins, révéler des histoires significatives sous des mécanismes ordinaires. Qu’il puisse, à l’occasion, prendre parti ne nuit pas à l’architecture d’ensemble lorsque celleci a été analysée avec le souci de l’impartialité. La deuxième question concerne l’explication qui, du militant, conduit au fonctionnaire. Evidemment, ce sont autant d’idéaltypes selon la sociologie de Max Weber et non la description d’individus réels qui jamais ne concentreraient toutes les caractéristiques de l’un ou de l’autre. Michel Héluwaert ne nous dit pas exactement comment il a construit ces deux idéaltypes : on pourrait croire alors qu’ils s’imposeraient par leur seule description. Or, il faut comprendre qu’ils ne sont pas dérivés de l’observation mais, bien au contraire, de la construction méthodologique. En d’autres termes, « l’histoire » des années 1930 aux années 1980 ne nous « montre » pas le passage du militant au fonctionnaire : c’est la construction préalable de ces deux idéaltypes qui rend compréhensible une histoire qui reste complexe et touffue. Ce renversement est important car il met en lumière la méthode même du chercheur qui se différencie fondamentalement du travail du journaliste ou du simple observateur. En ce domaine, on voit que plusieurs questions peuvent être posées à ces types d’agents sociaux. La figure du « militant » a inévitablement une charge émotionnelle réelle et renvoie à une mise en valeur héroïque de l’action qui mériterait d’être discutée : on sait, dans les travaux contemporains de science politique que cette figure est souvent plus de l’ordre de la justification que de l’application du fonctionnement des individus et des groupes. Aussi, elle charrie une nostalgie certaine pour un monde de valeurs et ce faisant occulte souvent des formes d’exercice du pouvoir aussi fortes que celles qu’elle critique. L’appel au militantisme n’est pas nécessairement une alternative à la pratique gestionnaire : le militantisme est une forme particulière de gestion qui a aussi des aspects plus critiquables qu’on ne voit pas au premier abord. En notre domaine, ce « militantisme » est inséparable d’une forme d’organisation de l’Etat, d’un état de la société et d’un mode de fonctionnement des groupes en présence. On ne saurait donc le mythifier en tant que tel, sauf à reprendre un discours à forte tonalité idéologique.
Parallèlement la figure du « fonctionnaire » peut n’être que l’expression critique d’une vision courtelinesque de l’appareil administratif. A l’inverse de la précédente, c’est une figure assez décriée et négative qui sert dans le vocabulaire politique à identifier la cause de bien des maux ! On serait étonné d’observer alors que la figure des « associatifs », appartenant la dite société civile a une tendance réelle à se rapprocher de celle des fonctionnaires, alors même que leur statut est incomparable. Le terme, là encore, sert plus à stigmatiser qu’à expliquer. La démonstration qui paraissait évidente devient donc plus problématique, si l’on veut éviter le vieux schéma d’une dégradation du lien social, passant de l’effervescence du projet à celui abstrait de la routine. Cette représentation de l’histoire mérite donc beaucoup de précautions car elle fait partie de nombreux discours obligés sur la décadence française ou la perte des valeurs. Reste une dernière question : comment « la jeunesse » et « les sports » sontils concernés par cette recherche ? Il est clair que l’addition de ces deux mots reste encore problématique qui, malgré toutes les habitudes, ne vont pas nécessairement ensemble. Pour preuve, les balbutiements des débuts jusqu’à une date tardive montrent bien la difficulté de donner une cohérence à cet attelage ! Cette unité constituée de la jeunesse et du sport –on aurait envie d’écrire au pluriel : les jeunesses et les sports est le résultat d’une combinaison complexe de forces et de situations, de patrimoine et de projets, de volontés… et de hasards. Ainsi, la naissance et l’existence d’une administration, même de mission, avec ce double objectif ne sont compréhensibles qu’à partir de la spécificité d’un monde et d’un siècle : le rappel des autres formes de gestion dans d’autres Etats européens au même moment en est la preuve expérimentale. Et cette observation se redouble du fait que l’apparent équilibre entre jeunesse et sports cache, en réalité, une forte inégalité dans l’importance reconnue à l’une ou à l’autre. Toutes ces différences et toutes ces particularités n’ont de sens que rapportées au champ dans lequel elles se déploient et qui est le déploiement des formes de l’Etat. On comprend qu’il faudrait les mettre en rapport avec les remaniements incessants qui les affectent : ainsi l’existence d’un ministère du « social », aux contours variables ou le jeu des scissions ou des regroupements de ministères divers  la santé, la recherche, mais aussi l’industrie ou le commerce – permettent de comprendre la place de la jeunesse et des sports dans la structure de décision et de gestion de l’Etat. Toutes ces questions naissent à la lecture de l’ouvrage de Michel Héluwaert et c’est le réel intérêt de cette étude. On peut souhaiter que cette recherche puisse contribuer, non simplement à une meilleure connaissance de l’appareil et du fonctionnement étatique, mais peutêtre aussi à son amélioration. Michel Miaille Professeur honoraire de Science Politique Faculté de droit de Montpellier
Ils voulaient changer l’école,
Ils voulaient changer la vie,
Ils voulaient changer le monde.
Aux militants de l’Utopie...
 Mes remerciements pour leur accueil, leurs témoignages, leurs écrits et leur soutien vont à :  Henri Alexandre, Catherine Audic, JeanPierre Augustin, Joel Balavoine, Gilbert Barrillon, Denise Barriolade, Eva Beccaria, Gérard Bessières, Roger Bilbille, Serge Blancart, JeanPierre Bouchout, François Bonnet, Roger Bonnenfant, Pierre Bourgenot, André Bourguignon, Alain Brisse, Henri Carrière, Raymond Coiral, Claude Célérier, Patrick Colmann, Hubert Comis, Henri Cordreaux, Thierry Crespon, Jacques Deletang, Joel Delplanque, Rober de Somer d’Assenoy, JeanMarie Despinette, Roland Devisy, Jacques Donzel, Jacques Duquesne, JeanPierre Duport, Jean Durry, Robert Fassolette, Fernando Fontainha, Jacques Fontaine, Jean Forestier, Véronique Fréville, JeanClaude Gillet, Max Gombert, Jean et Sylvie Golgevit, André Gontier, Jacques Griffon, Renée et Hubert Grillat, JeanBaptiste Grosborne, Jacques Grospeillet, André Henry, Robert Hess, Henri Hutin, Patrick Jacquot, René Jauneau, Paul Jansen, Alain Jourda, Albert Kérivel, Pierre Lambin, Fabrice Landry, Jacques Lastennet, Alain Lavigne, Claude Le Marchand, Jean Le Veugle, JeanPierre LoustauCarrère, Robert Louvet, Raymond Malesset, Marc Malet, JeanPierre Malhaire, Frédéric Mansuy, Lucien Margoulet, Michel Miaille, Paul Michel, Philippe Michel, Gabriel Monnet, Jean Moquel, André Moulin, Jean Pachot, Gérard Peltey, Théo Platel, Edwy Pleinel, JeanPierre Poivet, François Rabuel, Jacques Rangeard, Claude Rigaud, Gilbert Romieu, JeanClaude Roure, Hervé Savy, JeanClaude Simon, Edouard Solal, Paul Sonnendrücker, Joel Thomine, Rémy Viénot, Patrice Vergriete, Jacques Yché.