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Karaté Perfectionnement

De
128 pages

Spécialement destiné au karatéka avancé (trois à cinq ans de pratique), ce livre remarquablement illustré est conçu pour être le compagnon de sa préparation aux examens de ceintures bleue, marron et noire. Il répond à toutes les questions que l'élève peut se poser et présente toutes les techniques qu'il devra maîtriser pour obtenir ses grades. Un chapitre, conforme aux règlements de la Fédération française de karaté, est entièrement dédié à l'examen de la ceinture noire. Un guide vers la réussite ! Vous trouverez dans ce livre : - Une brève histoire du karaté au Japon - Le karaté et les autres arts martiaux japonais - Les principes du karaté - La frappe et la casse - Les points vitaux - Apprendre les techniques pas à pas - Les katas et leurs applications - Les passages de grades - Conseils pour l'examen de la ceinture noire - La préparation physique - La préparation mentale - Le combat et la stratégie.

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Un art martial japonais
Le karaté débarque au Japon ! Lorsqu’il pose le pied dans le port de Tokyo, début 1922, Gichin Funakoshi vient y présenter le karaté lors d’une démonstration d’arts martiaux anciens, à l’école normale de filles d’Ochanomizu (quartier de Tokyo). Il se présente seul, en tant que président de l’association des arts guerriers okinawaïens. Pour favoriser la compréhension des spectateurs, il a fait tirer des photos présentant des applications avec un adversaire des techniques contenues dans les katas qu’il propose au public. Cette démonstration n’est pas la seule raison de sa venue dans la capitale nip-pone. D’autres projets lui tiennent à cœur. Bien qu’il s’en défende, il veut tenter, pour la deuxième fois, de prendre pied au Japon et de vivre de l’enseigne-ment du karaté. Son fils aîné, Giei, est déjà installé à Tokyo. Mais il compte faire venir le reste de sa famille auprès de lui, surtout son plus jeune fils Gigo (Yoshitaka en japonais) qui souffre de la tuberculose. Il espère qu’à Tokyo il pourra être soigné par les meilleurs médecins. Gichin Funakoshi est enseignant. Il est l’un des rares experts en karaté à parler et à écrire le japonais. En observant la société okinawaïenne, il est peu à peu convaincu que le royaume des Ryû Kyû est définitivement une préfecture du Japon. Son premier professeur, Yasutsune Azato, conseiller auprès du dernier roi d’Okinawa y était déjà favorable, trente ans auparavant. Alors, si les Ryû Kyû sont une province japonaise, le karaté doit intégrer les budô, les arts martiaux japonais.
Début des années 30, Gichin Funakoshi a invité à dîner quelques maîtres. De gauche à droite : Kanken Tôyama, Hironori Otsuka, Takeshi Shimoda, Gichin Funakoshi, Choki Motobu, Kenwa Mabuni, Genwa Nakasone, Shinken Taira.
• K. Tôyama, enseignant, crée le dojo Shudôkan à Tokyo en 1930. En 1946, il fonde la fédération japo-naise de karaté. • H. Otsuka crée l’école Wadô-ryû en 1934. • T. Shimoda est le premier assistant à Tokyo, de Funakoshisensei. • C. Motobu est le premier maître okinawaïen ayant ouvert undôjôau Japon, à Osaka en 1921. • K. Mabuni fonde l’école Shitô-ryû et s’installe lui aussi à Osaka en 1929. G. Nakasone est éditeur et historien du karaté. • Shinken Taira est un élève de Funakoshi, puis de Mabuni, avant de fonder lesRyûkyû kobudô.
Le karaté devient un budô
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Être accepté n’est pas chose facile. Les représentants des arts martiaux tradi-tionnels ne voient pas d’un bon œil la venue de cette discipline un peu trop exotique à leur goût. La démonstration de Funakoshisensei, composée uni-quement de katas ne les convainc pas.
Aussi, pour arriver à ses fins, Gichin Funakoshi va transformer letôdeokinawaïen enkarate-dô. Il adopte une tenue d’entraînement très proche de celle utilisée dans le judo du très influent Jigorô Kanô, baron, membre du Comité International Olympique. Il remplace les idéogrammestôdepar ceux dekarate. Il y accole l’idéogrammeprésent dans les noms budô, jûdô,kyûdô,aikidô, kendô…Le karaté, méthode de combat guerrier, devient un moyen éducatif ayantpour vocation de développer les qualités humaines des pratiquants à travers l’étude de techniques de défense personnelle.
Gichin Funakoshi dans les années 20. Article tiré duKingu magazinede septem-bre 1925. Il relate la victoire de Motobu sur un boxeur, mais est illustré par des dessins reprenant les traits de Funakoshi.
GichinFunakoshirenomme la plupart des katas pour en masquer les origines 1 chinoises. Il adopte le systèmekyûdanmis en place par Jigorô Kanô. Il publie en 1922 un livre pour y exposer, en japonais, les principes dukarate-dô. Il se présente cette même année devant l’organisme qui délivre les titres hono-1 rables , le Butôkukai et essuie un refus. En 1931, il fait éditer un nouveau livre plus completKarate-dô Kyôhan(les prin-cipes du karaté). Il y relate l’intérêt porté au karaté par l’empereur Hiro Hito qui l’avait invité pour une démonstration au palais impérial le 20 mars 1928. Il se présente à nouveau devant le Butôkukai en 1938. Cette fois, il peut comp-ter sur l’appui au sein de l’organisme de Yasuhiro Konishi, l’un de ses tout pre-miers élèves.Le Butôkukai reconnaît le Funakoshikarate-dôcomme un budô, un art martial japonais en 1938. Mais ce succès a un goût amer : il ne lui 1 accorde que le titre derenshi(homme qui a la maîtrise). En 1943, il accédera à celui dekyôshi. Son fils Gigo obtiendra aussi le titre de kyôshi, puis, l’un de ses premiers élèves japonais, Hironori Otsuka celui dehanshi puis demeijin.
1 . Voir page 19
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Shôtôkan
Le premierdôjô Peu après son arrivée au Japon, Gichin Funakoshi donne ses premiers cours dans une petite pièce du Meisu juku, la pension pour étudiants okinawaïens où il loge, puis chez le maître de sabre Hakudo Nakayama. Le karaté se déve-loppe dans les universités de Keio, Waseda, Takushoku et Tôdai.Les pratiquants se retrouvent dans les dojos dekendôou dejûdôexistants. En 1938, le karaté n’a toujours pas de dojo, à l’image du Kôdôkan de Jigorô Kanô. Aussi, à l’initiative d’élèves de l’association Shôtôkai, un dojo est construit à Zoshigaya, dans le quartier tokyoïte de Toshima. Il est inauguré le 29 janvier 1 1939. Les élèves le baptisent Shôtô Kan, littéralementla maison de Shôtô. Gichin Funakoshi est le directeur technique. Il y assure les cours, assisté par son fils Gigo, et quelques-uns de ses premiers élèves, Motonobu Hironishi, Isao Obata, Shigeru Egami. Le 9 mars 1945, lors d’un raid, l’aviation américaine largue 700 000 bombes sur Tokyo. Un incendie ravage près de la moitié de la ville. Le Shôtôkan est détruit (pour certains il brûla le 29 avril).
1939 - Tokyo. Entraînements à l’université de Takushoku.
Le dojo Shôtôkan L’association Nihon karate-dô Shôtôkai (association de Shôtô de karaté japonais) construit en 1978 un nouveau Hombu dôjô (dojo principal) qu’elle nomme comme le précédent,Shôtôkan. Après plusieurs déménagements, il se situe depuis août 2003 dans une petite rue du quartier de Sumida à Tokyo. Il se trouve dans un immeu-ble moderne et climatisé. Depuis 2001, Shôtôkai est une mar-que commerciale déposée !
1 . Tiré du chapitre « Aux sources de l’art », page 16 dans l’ouvrageKaraté - Initiation
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Shôtôkai Dès 1929, Funakoshisenseiregroupe ses élèves au sein d’une association qu’il 1 nomme Shôtôkai . À l’aide de cette structure, il développe le karaté dans la région de Tokyo. Les membres de l’association sont à l’origine de la construction du Shôtôkan, le premier dojo dédié au karaté. Au décès de maître Funakoshi, des désaccords profonds éclatent entre la 2 Shôtôkai et la J.K.A. Ces désaccords portent sur la technique, sur l’évolution du karaté vers une forme sportive soutenue par la J.K.A. Pourtant, ces deux groupes pratiquent le karaté Shôtôkan. La rupture est totale lorsque l’associationShôtôkaiorganise les funérailles du maître. Les membres de la J.K.A n’y participent pas. Après le décès de son père, en 1957, Giei, le fils aîné de Gichin Funakoshi est nommé responsable technique. Puis la charge est assurée par Motonobu Hironishi à partir de 1961. La pratique du karaté se poursuit sous sa direction. Certains élèves, tel Tsutomu Ohshima transmettent scrupuleusement l’ensei-gnement reçu de Funakoshisenseimais dans leur propre organisation. Puis peu à peu, le terme de Shôtôkai est associé à une évolution du karaté de Funakoshisenseivers un style long et fluide, développé par Shigeru Egami.
Shôtôkan Nihon karate-dô Shôtôkai Hombu dôjô
(traduction) Shôtôkan Association de Shôtô de karaté japonais Dojo principal
Shigeru Egamidécouvre le karatéen 1931 et crée un dojo à l’université de Waseda. Il devient un partenaire d’entraî-nement de Gigo Funakoshi et l’assiste au dojo Shôtôkan. Photo : G. Funakoshi engyaku zukiet S. Egami enempi.
1 .Shôtôkai- L’association deShôtô 2 . voir page 10
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J.K.A.
Nihon karate-dô kyôkai er Le 1 mai 1949 la Nihon karate-dô kyôkai est créée. Elle est appelée Japan Karate Association en anglais. Mais c’est sous l’acronyme J.K.A que cette orga-nisation est principalement connue. La J.K.A. a pour objectif de départ de fédérer tous les pratiquants de karaté du Japon. Mais très rapidement des dissensions apparaissent et seuls les prati-quants de style Shôtôkan adhèrent. Les mois passent et certains des premiers élèves de Funakoshi (Hironishi, Obata) ne se reconnaissent pas dans l’évolution de la pratique. Ils quittent l’association. Sous l’impulsion de Masatoshi Nakayama, un élève de Funakoshisensei, des cours pour les meilleurs pratiquants ainsi qu’une formation d’enseignant se mettent en place au dojo principal ( Hombu dôjô ). L’entraînement y est très dur, les blessures fréquentes. L’idée d’organiser des compétitions s’impose peu à peu. M. Nakayama met en place un système d’arbitrage qui est approuvé par Funakoshisensei. En juin 1957, deux mois après le décès de maître Funakoshi, l’association organise les premiers championnats J.K.A. du Japon. H. Kanazawa est le vainqueur en kumiteet H. Shoji en kata. Après la réussite de cette première manifestation de nombreuses rencontres sportives sont organisées. Elles sont remportées dans leur grande majorité par les compétiteurs de la J.K.A. Ces succès lui assurent une excellente réputation.
Masatoshi Nakayama dans les années 50.
Bien implantée dans les universités, bien structurée, la J.K.A. draine à elle seule de nombreux karatékas de valeur. Mais au-delà de cette réussite sportive, M. Nakayama propose aussi un avenir professionnel et la possibi-lité de vivre pleinement leur passion du karaté aux plus talentueux, grâce à ses cours de formation d’ensei-gnants. Ce sont ces jeunes compéti-teurs qui partiront à travers le monde, dès les années 60, pour propager le karaté. Peu à peu, des étrangers viennent au Japon chercher une connaissance plus profonde du karaté et de l’esprit particulier des budô japonais. Ceux qui s’entraînent au Hombu dôjô de la J.K.A. doivent y faire leurs preuves.
KatasHeian
Transmission dukarate-dô À l’origine, les cinq katasHeians’appelaientPinan(grande paix). C’est sous cette dénomination qu’ils sont encore enseignés en Shitô-ryû et en Wadô-ryû. 1 e Ils ont été créés par Y. Itosu au tout début du XX siècle pour faciliter l’appren-tissage du karaté dans les écoles, auprès des adolescents. En arrivant au Japon, Gichin Funakoshi qui fut l’élève de Y. Itosu et de Y. Azato base son ensei-gnement sur l’apprentissage de ces katas. Outre leur intérêt éducatif, les katas étaient à cette époque, un moyen de transmettre le karaté. Cependant, l’apprentissage dePinan shodanest ardu sur les plans techniques, des applications et de l’enchaînement. Aussi, G. Funakoshi le renomme en Heian nidanet le place en deuxième position dans sa progression. Il enseigne en premier un kata plus accessible aux néophytes,Heian shodan. En chan-geant le nom des katasPinanpourHeian, Funakoshisenseiconserve le même sens (grande paix). Cependant, il introduit avecHeianune référence à une période de l’histoire du Japon (794 - 1185). Cette époque fut particulièrement favorable au développement des arts littéraires. Elle vit aussi la naissance des premiers arts martiaux japonais (bujûtsu). L’opération de séduction de G. 2 Funakoshi en direction du Butokukai est lancée !
( À gauche) G. Funakoshi enseigneHeian nidan() au dojode l’université de Waseda.
( À droite) Statuette représentant Gichin Funakoshi enjôdan shuuke.Notez la position de la main enhikite.
Dans ses livres, dans son discours et dans son enseignement, Gichin Funakoshi accorde beaucoup d’importance aux katas. Sous l’impulsion de son fils Yoshitaka, les katasHeianvont énormément évoluer. Les positions vont s’agran-dir, certaines vont disparaître (shiko dachi). Les techniques aussi vont être modi-fiées, transformées (yoko keage).
Si Gichin Funakoshi s’est attaché à définir les katas, il n’a pas dénommé vérita-blement les techniques qui les composent. Le maître les définit dans ses livres par leur fonction, leur application face à un adversaire. Aussi, les noms des techniques utilisées lors des entraînements et dans ce livre, ont été définis et dif-fusés par ses élèves après son décès.
1 . Tiré du chapitre « Aux sources de l’art », page 11 de l’ouvrageKaraté - Initiation 2 . Voir page 7
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Les styles
Il existe plusieurs styles ou écoles en karaté. Ils sont l’expression des différentes sensibilités et perceptions qui existent entre les maîtres fondateurs de ces écoles. Leur enseignement et la forme technique varient. Cette dernière peut évoluer légèrement, ou même devenir très éloignée de la forme originelle. De même, chaque école enseigne ses propres katas. C’est dans ce domaine que les styles sont les plus caractérisés. Certains katas sont enseignés dans plu-sieurs styles avec des variations dues à l’interprétation des différents maîtres.
Les quatre principales écoles de karaté, en nombre de pratiquants, sont le 1 Shôtôkan , le Wadô-ryû, le Shitô-ryû et le Gojû-ryû. Viennent ensuite le Kyoku-shinkai et une école okinawaïenne le Shôrin-ryû. L’école Shôtôkai a été présen-tée dans les pages précédentes de ce livre. Entre ces différentes écoles, seule la méthode diffère. Les principes contenus dans le combat restent les mêmes. D’ailleurs, il est très difficile de déterminer le style d’un pratiquant lors d’un combat. Enfin, il n’y a pas de mauvais style, il n’y a que de mauvais pratiquants !
Shôrin-ryû Ce style se caractérise par la pré-pondérance des techniques directes sur les techniques circulaires. Cette linéarité a été introduite par Y. e Matsumura au XIX siècle. Son disci-ple, Y. Itosu, usa de son influence pour faire admettre le karaté dans les programmes scolaires au début e du XX siècle. Itosu est aussi l’expert 1 qui donna l’appellation Shôrin-ryû aux différentes écolesshuriteissues de l’enseignement de Matsumura. Shôrinest la manière de prononcer en okinawaïen le mot chinoisshaolin, la petite forêt en référence au kung-fu chinois. Écrit différemment, shôrinfait référence au maître Matsumura ou se traduit par la forêt claire, lumineuse ou brillante.
1 L’école Shôtôkan n’existe pas à Okinawa. Le courantshuri-tey est représenté par les différentes écoles Shôrin.
e Hiroyuki Fuse, 8danShôrinji-ryû dans son dojo.
1 . Tiré du chapitre « Aux sources de l’art » de l’ouvrageKaraté - Initiation