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La voie du sabre ou l'art de bouger

De
110 pages
Le budo est beaucoup plus qu'un art martial. C'est une manière d'agir et de penser qui nous apprend qui nous sommes et ce que nous voulons vraiment. Michel Piédoue professeur d'arts martiaux depuis de longues années nous livre la philosophie de cet art du combat. car le budo, l'aïkido, ne répondent pas à l'agression par l'agression, mais nous initient à vivre sans violence dans un environnement qui trop souvent ne l'entend pas ainsi.
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La voie du sabre Michel Piédoue ou l’art de bouger
Aïkido une philosophiedu combat
LA VOIE DU SABRE OU L’ART DE BOUGER
Aïkidoune philosophie du combat
Michel Piédoue
LA VOIE DU SABRE OU L’ART DE BOUGER
Aïkido une philosophie du combat
Du même auteur Aïkido ou la peur vaincue, l’Originel-Chiron, 1984. Aïkido et violence : l’énergie libérée, L'Agora-Chiron, 1996. Zoé des Ténèbres suivi de La Révolution de Gaston Dubois, Gallimard, 1967.
Les fronts silencieux, Gallimard, 1968. La ronde des aveugles, Gallimard, 1972. Hurler avec personne, Gallimard, 1978. La menace, Mercure de France, 1970. Les soleils(nouvelles), Mercure de France, 1971. Les profs de gym. Apprendre à vivre (essai), Mercure de France, 1972. La gare, Editions du Tremplin, 2006. Michel Piédoue, professeur d’aïkido et créateur d’une école de wabudo à Poissy et à Triel-sur-Seine.
© L’Harmattan, 2013 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-01313-8 EAN : 9782343013138
Introduction Les sociétés modernes ont perdu le sens du mouvement. Elles aspirent à l’immobilité, au confort, au sommeil, et choisissent de ne pas voir le danger lorsqu’il se présente, ce qui les rend particulièrement vulnérables. L’accroissement des agressions urbaines est la conséquence d’un monde qui refuse, quoi qu’il advienne, de se réveiller et dire : « Je suis là, je suis devant vous, et je suis vivant. » L’aïkido nous aide à ouvrir les yeux sur notre environnement : s’il y a danger, je l’accepte, et en bougeant dans ma tête et dans mon corps, je me familiarise avec ce danger. L’aïkidoka ne cherche pas à être plus fort que l’adversaire, ni à le vaincre, mais à lui faire prendre conscience, en détournant son attaque, de l’inutilité de poursuivre dans cette voie, tout en lui offrant la possibilité d’établir un rapport d’amitié. En entraînant notre corps à bouger, en l’initiant à des postures, des techniques défensives non-violentes, en l’incitant à évoluer librement dans l’espace, on éduque notre esprit à voir, à penser, à se situer autrement, aussi bien dans la rue que dans notre quotidien, bureau, usine, là où les provocations verbales, physiques, tacites ont tendance à se développer. Bouger nous offre la possibilité de retrouver la dignité et l’indépendance que les prises en charge et les protections sociales nous ont fait perdre. Bouger est un art, un état d’esprit. Un professionnel, ouvrier, inventeur, chef d’entreprise, qui se replie dans l’immobilité verra son activité péricliter. Bouger permet de s’affirmer, de construire et de se construire, mais aussi, de n’être jamais là où l’agresseur nous attend, où il nous voudrait sans réaction, à sa merci.
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La rencontre Dans le Japon féodal, le futur samouraï qui se sentait poussé vers le métier des armes était souvent un jeune sauvage immature, désemparé et bourré d’énergie qui, comme tous les garçons de son âge ayant trop tôt acquis leur indépendance, doutait de lui-même et de sa valeur guerrière. Pour se convaincre qu’il n’est pas un combattant médiocre, il cèdera au besoin obsessionnel de provoquer ceux qui lui apparaîtront comme un peu trop sûrs d’eux. Leurs attitudes arrogantes, même si elles ne sont pas dirigées contre lui, lui seront comme autant de défis et de remises en question. Ces hommes, par leur simple existence, par leur confiance en eux, souligneront sans le vouloir la piètre idée que ce jeune homme a de lui-même. Ne pouvant laisser vivants de tels témoins derrière lui, il s’engagera dans la voie de la folie et du meurtre. Peut-être est-il doué pour le combat ? Peut-être, au prix de nombreuses blessures, survivra-t-il ? Quoi qu’il en soit, il retiendra de cette expérience de jeunesse que la société des hommes est infinie en nombre et en qualité, et que vaincre un guerrier, aussi redoutable soit-il, ne veut pas dire qu’on a mis l’humanité tout entière à genoux. Plus ce jeune homme cédera à cette violence aveugle, plus il entrera malgré lui dans le monde de l’humilité. Il apprendra à admirer et à respecter ces hommes qui ont connu bien avant lui cette même expérience, et un jour, très modestement, il demandera à être admis dans une école d’experts pour faire de son combat un art véritable. C’est là qu’un maître, devant cette fougue désordonnée et impatiente, lui dira : « Apprendre à tuer, c’est apprendre à ne pas avoir à le faire. » Tuer, dans le langage du Budo, ne veut pas nécessairement dire détruire la vie, mais refuser de plier devant l’existence et le danger physique que représente un adversaire belliqueux. Pour y parvenir, il faut en effet être capable de tuer, capacité qui nous donne la confiance en nous-mêmes et la possibilité de passer au stade suivant : éliminer, non pas l’homme qui nous agresse, mais la colère qui est en lui.
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