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Le coaching de haut niveau doit-il intégrer le monde de l'entreprise

De
194 pages
Les sciences de l'entraînement ont prouvé leur efficacité et sont utilisées dans le sport afin de devenir le meilleur de sa discipline. On parle aujourd'hui de performance et de réussite dans l'entreprise et il n'est pas rare que le coaching y intervienne de façon ponctuelle. La question est donc logique : les principes de la préparation du sportif de haut niveau doivent-ils être appliqués, une fois adaptés, dans l'entreprise sous la forme de coaching ?
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Gabriel R R m R
Le monde de l’entreprise va
aujourd’hui de plus en plus
vite et ne laisse place à aucun
relâchement. La performance
dans le sport de haut niveau se prépare de façon systémique
et non plus à l’instinct comme il y a de nombreuses décennies.
Les sciences de l’entraînement ont prouvé leur efcacité et
sont utilisées dans le sport afn de devenir le meilleur de
sa discipline. On parle aujourd’hui de performance et de
réussite dans l’entreprise et il n’est pas rare que le coaching y
intervienne de façon ponctuelle.
La question est donc logique : les principes de la préparation
du sportif de haut niveau doivent-ils être appliqués, une fois
adaptés, dans l’entreprise sous la forme de coaching ? Quels
sont les intérêts pour l’entreprise d’adopter le coaching avec
cette valence du sport de haut niveau ? Nous répondons dans Le coaching
cet ouvrage à ces questions.
de haut niveau
doit-il intégrer
Après des années dans le sport de haut niveau en tant que le monde sportif, entraîneur et formateur de cadres, Gabriel R R
m R devient coach professionnel pour cadres, managers
et dirigeants. Il est convaincu par l’analogie du sport de haut de l’entreprise ?
niveau et l’entreprise.
Oui
et pourquoi !
ISBN : 978-2-343-06453-6
20 € 9 782343 064536
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Le coaching de haut niveau doit-il intégrer
Gabriel R R m R
le monde de l’entreprise ?





LE COACHING DE HAUT NIVEAU
DOIT-IL INTÉGRER
LE MONDE DE L’ENTREPRISE ?




















© L’Harmattan, 2015
5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris
www.harmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-06453-6
EAN : 9782343064536Gabriel RAMIREZ MORALES
Le coaching de haut niveau
doit-il intégrer
le monde de l’entreprise ?
Oui et pourquoi ! Du même auteur
Chez le même éditeur

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Juillet 2005




Remerciements
A Rosario Morales, Justo Ramirez Morarir, Sara.








Sommaire


Introduction p.9

Chapitre 1. Le coaching p.13
Histoire, évolution
Rôle, fonctionnement

Chapitre 2. L’entreprise p.25
Généralités
Les structures

Chapitre 3. Sport de haut niveau et entreprises p.35
Points communs, analogie

Chapitre 4. Le sportif de haut niveau, le manager
dans leur domaine p.53

Chapitre 5. La programmation neurolinguistique p.63

Chapitre 6. Les valeurs, croyance, états internes
et la motivation p.69

Chapitre 7. Un objectif p.79
C’est quoi ?
L’atteinte, les niveaux logiques

Chapitre 8. Gestion des conflits par le coaching p.87

Chapitre 9. Moyens de réussites dans le sport et les
premiers ponts p.93
Comprendre l’entraînement du sport de
haut niveau
Les axes de développement du sportif
Chapitre 10. Les liens entre le coaching et
l’application de l’entraînement du sportif
de haut niveau p.105
Chapitre 11. La retraite, l’évolution du salarié p.109
Chapitre 12. Le manager, l’employé doivent être de
haut niveau p.113
Chapitre 13. La communication interpersonnelle en
entreprise p.127
Chapitre 14. Différents managers p.133
Chapitre 15. Manager coach p.139
Chapitre 16. Coaching du sport de haut niveau dans
l’entreprise p.147
Pourquoi
Place du coach
Point de vue
Chapitre 17. La gestion du temps p.157
Chapitre 18. L’intelligence du sport de haut niveau au
service de l’entreprise p.165
Chapitre 19 Le coaching du chef d’entreprise p.175
Chapitre 20. Conclusion. p.183Introduction

Ce soir le comité de direction réunissant tous les
actionnaires où je vais présenter le bilan de l’année,
comment vais-je m’y prendre ? Demain, le repas pour
fêter le diplôme du dernier. Je dois absolument réussir ce
dîner ! Pour cette occasion, je m’habille comment ? Ah
oui, je dois absolument avoir une discussion cette semaine
avec notre adolescente qui se comporte mal au lycée…

Heureusement, ou pas, nous ne sommes plus seuls
aujourd’hui pour répondre à ces exemples de questions qui
peuvent nous concerner. Un terme est aujourd’hui présent
dans presque chaque domaine de notre vie. Il se définit
comme un mot, un verbe, une fonction, un métier : le
coaching. Nous le trouvons dans chaque secteur qui va
occuper notre quotidien. Que ce soit l’aspect social,
familial, personnel, professionnel, chacun d’eux peut un
jour avoir besoin de l’intervention d’un coach.
L’apparition de cette nouvelle fonction dans notre société
fait émerger des dérives et des exagérations, mais nous ne
nous attarderons pas sur ces dernières. La fonction réelle
du coaching en entreprise sera notre thème principal, avec
la valeur ajoutée qui sera l’analogie de l’entraînement du
sportif de haut niveau en rapport au monde de l’entreprise.
Nous n’analyserons que très peu le coaching dans sa
technicité, ses étapes et ses plans d’action, mais nous
accentuerons l’étude des ponts présents entre la
préparation sportive de haut niveau et le monde de
l’entreprise.

Le lien entre la préparation sportive de haut niveau et
l’entreprise semble bien présent dans sa structuration, car
tant dans le monde du sport que dans le monde de
l’entreprise, la recherche du facteur « performance » est
9
inévitable. Qui dit performance, dit comportement. Qui dit
comportement, dit préparation, qui dit préparation dit
analyse... Il nous est possible de décliner encore et
encore…
Chacun, chacune, a eu à un moment de notre vie
l’occasion d’être admiratif face à un exploit sportif.
Quelles que soient nos cultures, croyances, convictions, il
nous est arrivé de rêver à ce moment où nous sommes le
champion qui réaliste le geste parfait, remporte un grand
tournoi ou bat un record. La réussite existe également dans
le monde professionnel et demande de mettre en œuvre
tout ce qui est utile à cette fin. L’activité professionnelle
sera moins porteuse de rêve, mais la réussite y est tout
aussi valorisante et épanouissante. Dans ce cas nous ne
rêvons pas, mais nous permettons un accroissement de
l’estime de soi et un gain motivationnel.
Notre objectif est de parler du monde de l’entreprise, du
monde du sport de haut niveau et des interventions de
coaching dans une entreprise. En quoi la préparation
sportive de haut niveau peut aider une entreprise dans une
recherche du fonctionnement optimal, à l’image de la
préparation du champion. Comment, le coach peut amener
par son accompagnement un changement de vision
invitant à cette recherche du comportement de vainqueur.
La scission ne sera pas automatique entre le rôle du
manager, du cadre, du dirigeant et la place du salarié dans
l’entreprise. Chaque univers sera visité à tour de rôle ou
simultanément. Nous proposerons une approche directe
entre les spécificités du sportif et un employé. Bien
entendu une entreprise ne doit pas être considérée comme
un terrain de jeu ou va se dérouler une partie de tennis...
On ne joue pas dans une entreprise, on y travaille. On y
développe son expertise et honore la confiance qui a été
10 instaurée à la signature de notre contrat. Pensez-vous
vraiment que le sportif de haut niveau dans sa préparation
quotidienne s’amuse ? Ne pouvons-nous dire que son
activité, certes ludique il y a quelques années, est devenue
son métier ? Le quotidien du sportif de haut niveau n’est
pas composé uniquement de moments plaisants et
ludiques, il y a également des moments de souffrances, de
doutes, de remise en cause, etc.

Des points communs existent et c’est ce que nous allons
tenter de dévoiler. Nous serons aidés dans cette
application par l’intervention du coach en entreprise qui
tiendra son rôle d’accompagnateur vers le changement
désiré, vers la performance, au même titre que le coach
sportif.

Managers, dirigeants et employés sont dans la même
position que l’athlète de haut niveau qui doit être le
meilleur de sa discipline mais également dans la même
position, selon le rôle dans l’entreprise, que le coach
sportif qui doit tout mettre en œuvre afin que son équipe
soit la meilleure. Donc, la question que nous posons est :
« pourquoi le coaching du sportif de haut niveau ne
rentrerait-il pas dans le monde de l’entreprise ? ».

Répondre à cette question va être l’objectif de cet ouvrage.
Pour nous, la réponse est claire, il est nécessaire qu’un
regard attentif soit porté sur la transposition de la
préparation sportive de haut niveau envers les acteurs
présents dans une entreprise et ce au plus tôt. Cependant,
cet ouvrage ne propose pas une formation aux thèmes qui
vont être analysés. Chacun sera détaillé à divers niveaux
de technicité et de fonctionnement mais des éléments
aidant à leur mise en œuvre seront absents, une formation
n’étant pas notre volonté au travers de cet ouvrage. Libre à
11
chacun d’aller creuser les thèmes qui lui semblent
pertinents et judicieux dans la mise en application en
entreprise. Nous voulons montrer l’évidence de
l’importance du transfert et de l’adaptation de la
préparation du sportif de haut niveau envers le monde de
l’entreprise. Quel que soit le niveau de poste, cadre,
dirigeant, manager, employé, chacun doit en bénéficier
pour être réellement efficient et épanoui en trouvant du
sens à son activité.
12 CHAPITRE 1
LE COACHING
Histoire
Evolution
Rôle
Fonctionnement
Le coaching

Histoire

Du point de vue étymologique le mot coach est ancien,
très ancien. Ancien car nous l’attribuons à tort à la langue
anglaise et même si ce mot est anglais, il vient du mot
français « Coche » qui lui-même provient du hongrois
« Kocsi », qui définit une voiture transportant des
voyageurs. Le cocher accompagne un voyageur vers une
destination choisie par ce voyageur.

Egalement très ancien car Socrate pratiquait à son époque
le coaching. En effet, la maïeutique de Socrate consistait à
proposer un questionnement feignant de ne pas connaître
la réponse. Par ce biais il plaçait son interlocuteur face à
une ignorance non identifiée et de là nous vient le fameux
« je sais que je ne sais rien ». Cette maïeutique consiste à
faire émerger un savoir inconnu en soi et que l’on ne peut
trouver qu’en soi. Cela permet également de trouver ses
propres solutions. Pour refermer cette page très ancienne
mais néanmoins significative de l’origine du coaching,
plutôt de l’accompagnement, précisons que le père de
Socrate était un ouvrier sculpteur et sa mère une
sagefemme...

Il faut vraiment considérer le coaching comme
l’accompagnement d’une personne dans un processus de
changement au travers de l’atteinte de son objectif. Il vient
d’Amérique du Nord et apparaît en France de façon
significative dans les années 1980. Avant cela, dans les
années 1950, nous le trouvons notamment dans le domaine
théâtral et lyrique se définissant comme
l’accompagnement d’artistes. Sont présents ci et là de
15
nombreux conseillers et mentors de stars américaines. Très
utilisé dans le monde du sport, il prend dès lors toute son
importance et rentre dans le vocabulaire commun. Il se
différencie de l’entraîneur sportif par sa forte valence
psychologique, en plus de l’aspect technique et physique.

Apparition plus discrète mais directe dans le monde de
l’entreprise, sa naissance remonte vers 1930 où Elton
Mayo (1880 - 1949), psychologue et sociologue australien,
remet en cause par ses expériences, les théories d’Henri
Fayol (1841 - 1925) et Frederick Taylor (1856 - 1915). De
cette remise en cause sont posées les premières bases du
coaching en entreprise. Elton Mayo par ses expériences
met en avant le climat psychologique comme déclencheur
de performances dans les entreprises. Notamment à l’issue
d’une expérience à l’usine d’Hawthorne (Etats-Unis
d’Amérique) démontrant que l’accroissement de la
productivité des ouvrières ne dépend pas des conditions de
travail mais plutôt de l’intérêt porté aux employées. Par ce
biais, Elton Mayo marque une rupture avec le modèle de
l’époque, le modèle taylorien, en favorisant au détriment
de l’intérêt individuel, l’esprit d’équipe, la
communication, l’écoute hiérarchique. Le taylorisme
devait apporter l’émancipation. Le travail à la chaine,
l’époque des grandes masses ouvrières en a été tout autre
et ne porte en rien quelque trace de libération. Le courant
humaniste d’Elton Mayo s’oppose ainsi au management
directif du taylorisme. Afin de mieux comprendre ce
changement et par là les prémices du coaching
d’entreprise que nous connaissons aujourd’hui, il faut
revenir sur le phénomène de l’usine d’Hawthorne.

Dans son étude, Mayo émet l’hypothèse que les
employées ont pu se rendre compte qu’elles n’étaient pas
de simples rouages techniques isolés et anonymes mais de
16
vrais individus formant des équipes solidaires. Etant
impliquées directement par leur participation à une
recherche en collaborant avec des universitaires, elles se
sont senties valorisées, responsables de leurs performances
car on leur demandait leur avis avant d’introduire le
moindre changement. Mayo en conclut que l’affectif et les
émotions dans le travail sont importantes et ne doivent pas
être négligées. C’est ce qu’il appellera « la logique des
sentiments ». L’objectif de Mayo n’est pas de détruire et
faire disparaitre en totalité le taylorisme. Il tente
simplement d’amener des facteurs de progrès. Il avance
l’existence d’organisations informelles à l’intérieur
d’organisation formelle et que l’amélioration de la
productivité passe par l’acceptation et la prise en compte
de ces organisations informelles. Une piste principale sera
l’importance à ce que la hiérarchie témoigne et porte de
l’intérêt, en plus du respect, aux individus composant les
équipes. Nous sentons ici l’importance que va avoir
dorénavant l’aspect de la prise en compte de l’humain
dans la gestion des entreprises. Il n’y a plus scission entre
direction et les équipes. Les directions doivent maintenir
et développer la cohésion des équipes, favoriser la
motivation ainsi que l’implication personnelle dans les
objectifs de l’entreprise. Pour résumer ce concept
novateur, une bonne ambiance doit être maintenue dans
l’entreprise pour son bon fonctionnement. Après cette
étude, la divergence entre Mayo et Taylor est réelle.
Taylor prône une motivation matérielle et un intérêt
personnel en premier lieu pour un individu. Mayo, à
l’inverse, met en avant que les ouvriers accordent de
l’importance à la coopération et aux relations dans une
équipe. Il préconise une implication des équipes dans
l’organisation et avance fermement que le facteur
organisationnel n’est plus prioritaire car il dépend du
facteur humain.
17

Mayo réfute-t-il complètement le taylorisme, ou se veut-il
simplement comme un levier opposé à ce dernier sans être
fondamentalement contre ? Il ne remet pas en cause que la
raison au travail n’est que d’ordre technique, il soumet le
bienfondé d’un fonctionnement permettant également aux
gens de parler afin de se sentir reconnus.

Pourquoi Taylor aurait oublié l’aspect humain ? Et
comment Mayo a tenté de faire comprendre les bénéfices
et l’importance de la prise en compte de l’humain dans le
monde du travail ?
Notre objectif n’est pas de répondre à ces questions mais
afin de vous inviter à y réfléchir, revenons un court instant
sur ces deux courants de pensée.

Pour Taylor, l’homme est inclus dans les données
techniques de production, ce qui fait de lui un objet
technique. La pensée tayloriste ne considère de l’homme
que ce qui se rapporte à la production. Quand la pensée
tayloriste analyse les gestes liés au travail, elle ne retient
que les gestes utiles et calcule une allure qui par sa
cadence éliminera tout autre geste. L’homme n’existe
plus, il est un outil de montage, serrage ou distributeur de
pièces, faiseur de cartons. Le propre de la pensée
technique est de regarder les choses en tant que moyens et
non dans leur être. Ainsi, seul l’objet à fabriquer est connu
de cette pensée, et ce car c’est elle qui la conçut tout en
ignorant les choses et les hommes dans leur être. C’est
pour cette raison que la pensée technique est étrangère à la
réflexion morale. La technique ne peut se légitimer du seul
fait de son efficacité. Elle ne trouve pas en elle-même sa
propre finalité et doit rester soumise au jugement moral.

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