Le football africain

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Dans le football moderne, les Africains contribuent de plus en plus efficacement aux résultats des grands clubs professionnels du monde. Cette contribution a toujours existé mais a été peu médiatisée. Ce livre vise à immortaliser les exploits de ces athlètes, condamnés pour certains à l'oubli par l'absence d'archives sur le football africain, au travers de 176 biographies. Il retrace l'histoire de ce football, dresse son bilan et évalue ses perspectives dans le contexte de la coupe du monde 2010 en Afrique du Sud.
Publié le : mardi 1 juin 2010
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EAN13 : 9782296259195
Nombre de pages : 329
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LE FOOTBALL AFRICAIN
Biographies, histoire, bilan et perspectives

Radouane BNOU-NOUÇAIR

LE FOOTBALL AFRICAIN
Biographies, histoire, bilan et perspectives

L’Harmattan

Du même auteur

La lutte mondiale contre la corruption. De l’Empire romain à l’ère de la mondialisation, 2007. La gestion des ressources humaines. Un pilier de la compétitivité pour l’entreprise, 2008. Atouts et faiblesses de l’immigration au Québec, 2009.

© L'HARMATTAN, 2010 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-12161-4 EAN : 9782296121614

À feu mon père qui m’a fait aimer la culture. À ma mère qui m’a appris la patience, À ma femme, pour son soutien, À mon fils, qui a hérité ma passion du football et qui m’a aidé de ses conseils, À ma fille qui a égayé ma vie.

« Le football est un royaume de la liberté humaine exercée au grand air » Antonio GRAMSCI

« Chaque confrontation fournit aux spectateurs un support à la symbolisation d’une des facettes (locale, professionnelle, régionale) de leur identité » Christian BROMBERGER

« Tout ce que je sais de la morale des hommes, c’est au football que je le dois » Albert CAMUS

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INTRODUCTION
Le football est un des sports qui ont le plus évolué grâce à un énorme engouement mais aussi grâce aux rapports de plus en plus étroits avec l’argent, via l’apport des importants sponsors et la contribution des chaînes de télévisions omniprésentes. Si le statut du football a changé, ce n’est pas systématiquement en mal. En effet, tout en restant un spectacle avec son aspect de loisir et ses relents passionnels, le football est devenu une activité économique qui fait vivre des millions de gens dans le monde. Et, en tant que tel, le football offre des possibilités incontestables d’ascension sociale avec, inévitablement de nombreux laissez pourcompte, à l’image de tous ces jeunes qui abandonnent leurs études voire leur pays pour une carrière chimérique ou éphémère. Mais bon an, mal an, le spectacle football s’est amélioré grâce à l’évolution technologique qui permet des retransmissions de grande qualité et aussi grâce à de belles infrastructures et à l’amélioration des techniques de jeu qui occasionnent d’extraordinaires performances. L’Afrique, terre de football, a également suivi le mouvement même si c’est plus lentement. Les joueurs africains, jadis connus pour leur énorme potentiel technique et leur physique de gladiateur, sont devenus, via les centres de formation et grâce au contact avec l’occident, des athlètes complets que s’arrachent à prix d’or les grands clubs. Bien sûr, le revers de la médaille, c’est que la pauvreté du continent donne des idées à de nombreux intermédiaires véreux qui cherchent à s’enrichir en faisant le commerce des footballeurs africains, dès leur tout jeune âge. Mais, malgré cela, le football africain est devenu très compétitif et dispose actuellement d’un palmarès digne d’éloges. L’objectif fixé à ce livre, c’est de devenir LA RÉFÉRENCE en matière de documentation sur le football en Afrique.

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PLAN DE L’OUVRAGE
INTRODUCTION : Le football, d’hier à aujourd’hui ; I. L’Afrique, terre de football ; II. La coupe d’Afrique des Nations (CAN) : l’histoire d’une grande compétition africaine ; III. Les grands joueurs qui ont fait le football africain : 1) Les ballons d’or africain ; 2) Les critères de choix des meilleurs joueurs ; 3) Les buteurs de la CAN ; 4) Les biographies des 20 légendes africaines; 5) Les biographies des 156 vedettes du football africain ; 6) Hommage à l’arbitre BELKOLA. IV. La traite des joueurs africains V. CONCLUSION : le perspectives VI. LES ANNEXES : Annexe-1 : l’histoire du football Annexe-2 : l’histoire de la FIFA Annexe-3 : le football africain et la coupe du monde Annexe-4 : Itinéraire de la CAN de 1957 à nos jours football africain, bilan et

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I- L'AFRIQUE : TERRE DE FOOTBALL
Lorsqu'on cherche à analyser de près le football africain, on ne peut empêcher notre mémoire de nous imposer un certain nombre de clichés : un terrain vague brûlé par le soleil (ou envahi par la pluie), jouxtant des bidonvilles avec, en arrière plan, de grands buildings et des enfants, à l'allure frêle, souvent pieds nus, tapant dans un ballon rapiécé ou dégonflé. Leur passion disproportionnée les aidant à oublier momentanément leur pauvreté criarde et les scandaleuses inégalités sociales.
Gettysimages Pour les enfants africains, l’amour du ballon rond naît très tôt et tous les moyens sont bons pour pratiquer.

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Et c'est là, un des miracles, et non des moindres du football. Personne n'aurait pu prévoir un tel essor de ce sport en Afrique. C'est au début du vingtième siècle que le football a été introduit, en Afrique, par des marins anglais qui le pratiquaient sur les ports des pays africains colonisés. Mais ce sport ne prendra son véritable essor qu'en Égypte, au début du vingtième siècle lorsque les footballeurs égyptiens participèrent aux jeux olympiques d'Anvers en 1920. À partir de cette époque, dans la plupart des colonies ou protectorats, vont naître des clubs de football, à vocation nationaliste qui participeront, le plus naturellement du monde, à la lutte contre le colonialisme. C'est dans ce climat emprunt de patriotisme que naîtront des clubs prestigieux comme l'Espérance sportive de Tunis (EST), le Mouloudia Club d'Alger (MCA) ou encore le Wydad de Casablanca (WAC). Les pays du Maghreb, grâce à leur proximité de l'Europe, ont été les premiers à faire sortir le football africain de l'anonymat international. Ils le feront grâce à d'illustres ambassadeurs dont les plus prestigieux furent : les marocains Larbi BEN BAREK ("la perle noire"), Abderrahmane BELMAHJOUB («le prince du parc") et l'algérien Rachid MEKHLOUFI. La création de la Confédération Africaine de Football (CAF) en 1956 fut un tournant dans la jeune histoire du football africain car la plupart des pays, qu'ils soient indépendants ou encore colonisés, n'hésitèrent pas à s'y affilier. Le nationalisme africain ambitieux focalisera sur la coupe d'Afrique des nations qui verra le jour, l'année suivante, soit le 10 Février 1957.

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II- COUPE D’AFRIQUE DES NATIONS (CAN)
L’HISTOIRE D'UNE GRANDE COMPETITION AFRICAINE
Sept hommes se réunissent le jeudi 7 juin 1956 dans un hôtel à Lisbonne. Il s'agit des représentants du football égyptien, soudanais et sud-africain. Ils sont les délégués de leurs pays respectifs au congrès de la Fédération Internationale de Football Association (FIFA).Mais s'ils se réunissent, c'est pour mettre en place deux projets ambitieux : 1) La création d'un organisme africain pour gérer le football dans le continent; 2) Le lancement d'une compétition à l'échelle africaine. Ils se séparent le 8 juin 1956, en décidant de se retrouver l'année suivante, en 1957, à Khartoum, pour finaliser les deux projets. C'est ainsi que , le 8 Février 1957, à Khartoum (Soudan), Messieurs : Abdelaziz Abdellah SALEM (Égypte), Mourad FAHMI (Égypte) , Mustapha Kamal MANSOUR (Égypte ) , Galal KOREITEM (Égypte) , Le docteur Abdelhamid Mohamed ( Soudan ) , Abderrahim SHADDAD ( Soudan ) , Ahmed Mohamed EL SINGAWI (Soudan) , F.X. FELL (Afrique du Sud) , Le général Aman ANDOM ( Éthiopie), Le lieutenant Guebeyehu DOUBÉ (Éthiopie) et Ydnekatchew TESSEMA (Éthiopie) signent l'acte de naissance de la Confédération Africaine de Football (CAF) . Ils se consacrent à l'élaboration des règlements d'une compétition dénommée "Coupe d'Afrique des Nations" (CAN). Émanation de la CAF. L'épreuve est dotée d'un trophée ciselé par un orfèvre de Khan El Khalili (Le Caire) et offert par l'ingénieur Abdelaziz Abdallah Salem, le premier président de la CAF.

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La compétition est ouverte à toutes les fédérations nationales moyennant un droit d'engagement modique et
symbolique. La formule choisie est l'élimination directe. Mais lorsque le nombre de participants est inférieur à quatre, c'est la formule de championnat avec addition de points qui sera appliquée. Le "goal avérage" (écart entre les buts marqués et encaissés) départagera les ex-aequo ; en cas de nouvelle égalité, il sera disputé un test-match. Le premier conflit : la participation de l'Afrique du Sud. Pour la première édition, programmée du 10 au 15 Février 1957, l'Afrique du Sud, par le biais de F.W. FELL, annonce qu'elle présentera une équipe. Le comité exige qu'elle soit multiraciale. Comme Pretoria refuse, l'Afrique du Sud sera déclarée forfait. Égyptiens et soudanais avaient proposé de renoncer à la formule initiale du tirage au sort qui prévoyait deux demi-finales : Égypte Soudan et Éthiopie -Afrique du Sud. Mais Y. TESSEMA s’y opposa ; pour lui, l'Éthiopie est d'ores et déjà qualifiée pour la finale. Sa thèse prévaudra. C'est ainsi que s'achève le premier conflit politico sportif de l'histoire de la coupe d'Afrique des nations.

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III. LES GRANDS JOUEURS QUI ONT FAIT LE FOOTBALL AFRICAIN

Photo KHIAT

1) Les ballons d’or africain ; 2) Les critères de choix des meilleurs joueurs ; 3) Les buteurs de la CAN ; 4) Les biographies des 20 légendes africaines; 5) Les biographies des 156 vedettes du football africain ; 6) Hommage à l’arbitre BELKOLA.

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1. TOUS LES BALLONS D’OR AFRICAINS
ANNÉE 1970 1971 1972 1973 1974 1975 1976 1977 1978 1979 1980 1981 1982 1983 1984 1985 1986 1987 1988 1989 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 JOUEUR SALIF KEITA IBRAHIM SUNDAY CHERIF SOULEYMANE TSHIMEN BWANGA PAUL MOUKILA AHMED FARAS ROGER MILLA TARAK DHIAB KARIM ABDUL RAZAK THOMAS NKONO JEAN MANGA ONGUENE LAKHDAR BELLOUMI THOMAS NKONO MAHMOUD AL-KHATIB THÉOPHILE ABEGA MOHAMED TIMOUMI BADOU ZAKI RABAH MADJER KALUSHA BWALYA GEORGE WEAH ROGER MILLA ABEDI PELÉ ABEDI PELÉ ABEDI PELÉ GEORGE WEAH ET EMMANUEL AMUNIKE GEORGE WEAH NWANKWO KANU PAYS Mali Ghana Guinée Zaïre Congo Maroc Cameroun Tunisie Ghana Cameroun Cameroun Algérie Cameroun Égypte Cameroun Maroc Maroc Algérie Zambie Libéria Cameroun Ghana Ghana Ghana Libéria et Nigeria Libéria Nigeria

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TOUS LES BALLONS D’OR AFRICAINS

ANNÉE 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008

JOUEUR VICTOR IKPEDA MUSTAPHA HADJI NWANKWO KANU PATRICK MBOMA EL HADJI DIOUF EL HADJI DIOUF SAMUEL ETO'O SAMUEL ETO'O SAMUEL ETO'O DIDIER DROGBA FREDERIC KANOUTE EMMANUEL ADEBAYOR

PAYS Nigeria Maroc Nigeria Cameroun Sénégal Sénégal Cameroun Cameroun Cameroun Côte d'Ivoire Mali Togo

2. LES CRITÈRES DE CHOIX DES MEILLEURS JOUEURS 1. Longévité; 2. Nombre de sélections avec l’équipe nationale ; 3. Titularisation dans de grands clubs; 4. Qualités techniques supérieures aux joueurs de leur époque; 5. Participation à de grandes compétitions.

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3. COUPE D’AFRIQUE DES NATIONS
LES MEILLEURS BUTEURS DE TOUS LES TEMPS

JOUEURS
SAMUEL ETO'O LAURENT POKOU RASHIDI YEKINI HASSAN EL CHAZLI PATRICK MBOMA HOSSAM HASSAN JOEL TIEHI MULAMBA N'DAYE KALUSHA BWALYA

PAYS Cameroun Côte-D'Ivoire Nigeria Égypte Cameroun Égypte Côte-D'Ivoire RD Congo Zambia

ANNÉES
2000, 2002, 2004, 2006, 2008 et 2010

BUT S

18 14 13 12 11 10 10 10 10

1968, 1970 1988, 1990, 1992, 1994 1963, 1970, 1974 2000, 2002, 2004 1998, 2000 1992, 1994, 1996, 1998 1974, 1976 1986, 1992, 1994,1996, 1998, 2000

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LES MEILLEURS BUTEURS DE CHAQUE ÉDITION Les meilleurs buteurs de chaque CAN de 1957 à nos jours: Éditions Joueurs Pays Buts

1957 1959 1962 1962 1963 1965 1965 1965 1968 1970 1972 1974 1976 1978 1980 1980 1982 1984 1986 1988 1988

EL DIBA EL GOHARY BADAWI EL CHAZLI KOFI

Égypte Égypte Égypte Égypte Ghana

5 3 3 3 6 3 3 3 6 8 5 9 4 4 3 3 4 4 4 2 2

MENGUISTOU Éthiopie

ACHEAMPONG Ghana MANGLE Côte d'Ivoire POKOU POKOU KEITA NDAYE NJO LÉA OMONDI ODEGABAMI LABIED AL HASSAN ABOU ZIED MILLA MILLA OKWARAJI Côte d'Ivoire Côte d'Ivoire Mali Zaïre Guinée Ouganda Nigeria Maroc Ghana Égypte Cameroun Cameroun Nigeria

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Éditions

Joueurs

Pays
Côte d'Ivoire

Buts

1988 1988 1988 1990 1992 1994 1996 1998 1998 2000 2002 2002 2002 2004 2004 2004 2004 2004 2006 2008 2010

A.TRAORÉ BELLOUMI MENAD YEKINI YEKINI BWALYA H.HASSAN
MAC CARTHY

2 2 2 4 4 5 5 7 7 5 3 3 3 4 4 4 4 4 5 5 5

ABDELHAMID Égypte Algérie Algérie Nigeria Nigeria Zambie Égypte
Afrique du Sud Afrique du Sud

BARTLETT MBOMA OLEMBE MBOMA KANOUTE MOKHTARI OKOCHA SANTOS ETO'O ETO'O
NAGUY Mohamed

Cameroun Cameroun Cameroun Mali Maroc Nigeria Tunisie Cameroun Cameroun Égypte

AGHAHOWA Nigeria

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Photo VEGA

Lors d’un match amical, à Casablanca, les pro marocains ont joué contre les pro français; on reconnaît plusieurs stars marocco françaises.

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20 LÉGENDES
1. LARBI BEN BAREK (MAROC) 2. ROGER MILLA (CAMEROUN) 3. ABÉDI PELÉ (GHANA)
4.

MALUMBA N’DYAYE (RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO)

5. CHERIF SOULEYMANE (GUINÉE) 6. KALUSHA BWALYA (ZAMBIE) 7. EUSÉBIO (MOZAMBIQUE) 8. WORKU MANGUISTOU (ÉTHIOPIE) 9. TAREK DHIAB (TUNISIE) 10. LAURENT POKOU (CÔTE D’IVOIRE) 11. ABDELMAJID DOLMY (MAROC) 12. RABAH MADJER (ALGÉRIE) 13. RACHID MEKHLOUFI (ALGÉRIE) 14. JAY- JAY OKOCHA (NIGÉRIA) 15. THOMAS N’KONO (CAMEROUN) 16. BRUCE GROBELAAR (ZIMBABWE) 17. SALIF KEITA (MALI) 18. HOSSAM HASSAN (ÉGYPTE) 19. BÉNÉDICT MAC CARTHY (AFRIQUE DU SUD) 20. GEORGES WEAH (LIBÉRIA)

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LARBI BEN BAREK « La perle noire »
Le 16 septembre 1992, Larbi Ben Barek est trouvé mort dans son petit appartement à Ben Jdia (Casablanca) au milieu de ses nombreux trophées et ses innombrables photos et écrits sur lui. Son décès remonte à 3 jours. Sa carrière s’échelonna de 1938 à 1954 et se déroula, essentiellement, en France et en Espagne. Il joua au stade français, à Marseille et à l’Atlético de Madrid en tant que professionnel et fit un crochet par Bel Abbès avant de regagner la mère patrie. Homme droit et pieux, Hadj Larbi a entretenu une hygiène de vie qui lui permit de garder, à plus de cinquante ans, une carrure de footballeur pratiquant. Né le 16 juin 1919, Larbi Ben Barek, fils d’un ouvrier spécialisé dans les réparations de bateaux, est très vite orphelin. Il sera élevé par son frère aîné, Ali. Â BENBAREK en action sur le terrain qui porte aujourd’hui son nom 14 ans, l’adolescent mince, solide et musclé est capable de gagner sa vie. Il est menuisier, fait du vélo, de la course à pied. Mais comme tous les adolescents marocains de son âge, il ne rêve que de ballon rond. À 17 ans, il rejoint l’IDÉAL, un club modeste de deuxième division. Il se fera remarquer par l’USM (Union Sportive Marocaine) qui l’engage en 1935 et lui propose même un travail de pompiste. En avril 1937, au cours d’un match contre la sélection française « B », il va se révéler le meilleur des 22 joueurs sur le terrain. L’Olympique de Marseille commence à s’intéresser à lui.
Photo USM

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Après les premières négociations, en 1937-38, qui n’aboutissent pas ; il reste à l’USM avec qui il va remporter la même saison, le championnat local et le championnat d’Afrique du Nord. L’Olympique de Marseille revient à la charge et finit par l’engager, en juin 1938. Le 24 novembre 1938, il fait ses débuts officiels au stade Fernand-Bouissan devant le Racing de Paris. Ben Barek marque deux buts et en fait marquer deux autres.

BENBAREK (4) a entraîné le FUS de Rabat, le Stade marocain puis il entraîna la Renaissance de Settat (RSS) des ALAOUI (3), SLIMANI (2) et MAÂTI(1). Avec eux, il obtint le titre de champion du Maroc, en 1961, qui est resté l’ unique titre de ce club jusqu’à aujourd’hui.

Le coup d’essai est un véritable coup de maître. Sa réputation se construit petit à petit pour atteindre son apogée au cours de sa première sélection en équipe de France contre l’Italie, à Naples, le 4 Décembre 1938 (Italie - France 1-0). Le 22 janvier 1939, au Parc des Princes, il obtient le plus grand succès de sa carrière : ovationné par le public, Larbi venait de marquer trois buts sur les quatre qui permirent à la France de battre la Pologne. Le 16 Mars, la France fait match nul (2-2) avec la Hongrie puis le 18 mai, à Bruxelles, il contribue au succès de la France face à la Belgique (3-1).

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Avec l’ OM, il perdra le championnat, de justesse, face à Sète. Dès le début de la deuxième guerre mondiale , Larbi rejoint le Maroc et l’USM avec qui, il remporte 4 fois consécutives, le championnat et, en 1942, la coupe d’Afrique du Nord. La même année, BEN BAREK et KHAMIRI, la vedette du Racing de Casablanca, forment le duo d’attaque de la sélection d’Afrique du Nord. Après la guerre, en novembre 1945, il rejoint le Stade Français, après avoir exigé et obtenu de solides garanties financières. Que ce soit à Paris ou hors de Paris, Larbi fait stade comble. Le Stade Français échoue, in extremis, face au RED STAR, en quart de finale de la coupe de France ; en 1946-1947, le STADE est parmi l’élite. Mais, en division I, le niveau est trop élevé, malgré les exploits de Larbi et du hongrois NYERS. De plus, Larbi devient l’homme à abattre ; il va connaître une période de vaches maigres qui se termine par un divorce avec le Stade de Paris et un transfert à l’Athletico de Madrid où, rapidement, il devient une vedette du football espagnol. Avec Larbi, l’Athlético remporte deux titres consécutifs de champion d’Espagne. Ses deux vedettes, le Suédois CARLSON et le marocain, Larbi BEN BAREK, totalisent, à eux seuls 158 buts, en deux saisons. En France, l’OM qui piétine dans le championnat, rachète son contrat en 1953, redevient compétitive et se qualifie pour la finale de la coupe de France contre REIMS, battue 3-2 (le but de la victoire est signé Ben Barek). Son coéquipier, le canonnier ANDERSSON, remis en selle, ne tarit pas d’éloges sur le marocain. Le 24 Mai 1954, l’OM affronte NICE, en finale de la coupe de France. Les Aiglons de NICE, où évolue une autre étoile marocaine, Abderrahmane BELMAHJOUB, empêche Larbi de réaliser son dernier rêve : remporter un titre en France. Le 7 octobre 1954, au Parc des Princes, une sélection d’Afrique du Nord, conduite par BENBAREK et BELMAHJOUB, affronte et bat les tricolores (3-2).

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Photo VEGA Échange de maillots entre deux légendes du football : Pelé et le marocain Larbi BEN BAREK

Larbi, plébiscité par la foule, revient en équipe de France mais à 37 ans et demi, cette nouvelle consécration a constitué le crépuscule d’une riche carrière. François THEBAUD qui l’a très bien connu et apprécié dira de lui, dans la revue « Le miroir des champions (1947) », « …Jamais footballeur n’a été fêté par le public comme BEN BAREK. Car il plait à tous, à ceux qui « pensent » le jeu comme à ceux qui le « sentent ». Son style est extraordinairement spectaculaire…son contrôle et sa frappe de balle sont du plus pur classicisme. Mais son élégance féline, son tempérament, sa fraîcheur d’âme le font volontiers enjoliver le geste. Si l’adversaire lui permet de « s’échauffer » , de réussir ce qu’il entreprend, l’art de Larbi tient à la jonglerie. C’est l’aspect à la fois mystérieux et surnaturel de ses acrobaties qui fait la joie des néophytes et irrite les pseudo connaisseurs (…) Constructeur d’offensives hors classe, par son art de démarquer le partenaire, la précision et la clairvoyance de ses ouvertures, Ben Barek est capable de tout réaliser lui-même.

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Balle de volée ou dans sa foulée, il tire au but avec une puissance et une aisance déconcertantes. Sa souplesse lui permet souvent d’éviter les charges désespérées des défenseurs. De la tête, il n’est pas facile de lui prendre la balle ; sa détente et son coup d’œil, la sûreté de ses réflexes, on les prend rarement au dépourvu dans ce compartiment du jeu. Attaquant de tempérament, il sait se replier dans les moments difficiles, intercepter les balles, les sortir des pieds de l’adversaire avec subtilité(….) Grand , élancé, sans un pouce de graisse, extrêmement musclé des jambes et du torse, c’est un athlète dans toute l’application du terme (…) . BEN BAREK est tout instinct…» Quand à l’homme, foncièrement bon, sensible, il ajoute à une gaieté naturelle, le plaisir de jouer. BENBAREK, un champion qui a donné ses premières lettres de noblesse au football africain.

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ROGER MILLA
Fils de cheminot, Roger MILLA est né le 20 Mai 1952. Il est amené à suivre son père au gré des mutations mais, partout où il se trouve, sa principale occupation était le football. Surnommé « Pelé », sa carrière va commencer à DOUALA où il signe sa première licence de footballeur avec l’ÉCLAIR local. L’idole des championnats inter quartiers va confirmer au fil des années sa réputation de dribbleur rusé et de buteur au coup d’œil précis. En 1970, il est recruté par les léopards de DOUALA qui sont sacrés champion du CAMEROUN en 1972 et participe la même année à la coupe d’Afrique des clubs champions. Ils atteindront les demi-finales et seront éliminés par le VITA CLUB de Kinshasa.
Gettyimages
Roger MILLA, ici , contre la Colombie, a marqué 4 buts en coupe du monde 1990 dont il fut un des meilleurs joueurs ; Il fit du Cameroun, la première nation africaine à atteindre les quarts de finale d’une coupe du monde.

En 1973, il rejoint le Canon de YAOUNDE avec qui il remporte la coupe du Cameroun et la première coupe des vainqueurs de coupe. En 1975, il est sacré ballon d’or au Cameroun et ballon d’argent par le journal « France Football ». Mais, tout en jouant, il continue de travailler dans une entreprise commerciale et on ne sait plus s’il est amateur ou professionnel.

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La réponse viendra en 1976 quand il est recruté par Valenciennes, club français qui lui promet monts et merveilles mais avec qui , il ne touchera finalement que 3000 F / mois avec un contrat d’amateur. Au bout de deux saisons ternes au Nord de la France, il signe à MONACO, en 1979, où il est remplaçant ; pourtant, à chaque fois qu’il rentre, il marque des buts décisifs. En 1980, il quitte ce club ingrat et rejoint BASTIA, le club corse où, enfin, il va faire valoir ses qualités. Patron de l’attaque, il marque, à lui seul, 9 buts et joue la finale de la coupe de France, en 1981. En 1982, il est recruté par St Etienne qui espère monter en première division. La première année, l’équipe ne montera pas, se classera deuxième et MILLA marquera 22 buts. Il faudra attendre la saison 1985-1986 pour que St Etienne retrouve la première division. Entre-temps, Roger MILLA participe avec la sélection nationale de son pays à la CAN. Finaliste en 1986, le CAMEROUN est battu aux penaltys par l’ÉGYPTE, pays organisateur ; MILLA est sacré meilleur buteur avec 4 réalisations. En 1987, il fait ses adieux à l’équipe nationale après avoir organisé son jubilé à YAOUNDE. En 1986, il quitte St –Étienne pour Montpellier, club de division II où il restera jusqu’au 31 Mai 1989. MILLA aurait pu terminer sa carrière, dans le plus total des anonymats, dans un club de l’Île de la Réunion si le destin n’en avait pas décidé autrement. En effet, sur décision présidentielle, il est rappelé en 1990, pour jouer avec le CAMEROUN, la coupe du monde, en Italie. Et c’est dans ce pays que le « vieux lion », âgé de 38 ans, non seulement guidera son pays jusqu’en quart de finale de la coupe du monde (défaite 3-2 contre l’Angleterre) mais se permettra aussi le luxe de marquer quatre buts. Malgré ces résultats extraordinaires, le lion n’avait pas fini de rugir et il sera encore présent, à la coupe du monde 1994, aux Étatsunis. Le CAMEROUN y fera une pâle participation ; MILLA trouvera le moyen de marquer un but contre la Russie. Il obtiendra, en 1990, 16 ans après son premier, un deuxième ballon d’or africain.

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Ayew ABEDI « PELE »
Né le 5 Novembre 1964 à Accra, Ayew ABEDI dit « Pelé » est le plus jeune international à participer à la CAN 1982 avec le GHANA. Il aura la lourde tâche de remplacer la célèbre vedette KOFI. Auparavant, sa carrière commencera dans le club ghanéen du Réal Tamele United (1978-1981) ;
Photo ENNAIMI

Échange de fanions entre deux stars du football africain : le marocain NAYBAT et le ghanéen Abédi PELÉ

Il rejoint ensuite le club qatari « Nadi al Sad » où il passera trois saisons. Avant de devenir professionnel en France avec les Chamois Niortais (1986-1987), il jouera encore deux saisons en Afrique, avec successivement, les « Dragons de l’Ouémé » (BENIN), en 1984-1985 et avec le réal Tamale

United du Ghana, en 1985-1986. Mais c’est à l’Olympique de Marseille qu’il va acquérir ses lettres de noblesse et réaliser son rêve : devenir une star internationale. Il rejoint l’OM en 1987, après avoir passé un court séjour à Mulhouse (1987) où il ne terminera pas la saison. Les débuts à Marseille ne sont pas brillants et il se retrouve à Lille (1988-1989) avec qui il va marquer 16 buts (7 en 88-89 et 9 buts en 89-90). Cette efficacité retrouvée le ramènera à Marseille. Mais cette fois, ayant plus de maturité, il va réaliser un parcours fantastique comme l’atteste la multitude de titres qu’il va collectionner : 3 fois champion de France (1989-91-92), champion d’Europe des clubs (1993). Au cours de son deuxième séjour à Marseille (1989-1993), en plus des titres glanés il va régulièrement marquer des buts : 5 buts en 1990-91, 12 buts en 1991-92 et 6 buts en 1992-93.

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