Les Boxeurs et les Dieux

De
Publié par

La boxe est peut-être le sport le plus décrié aujourd'hui. Il a semblé opportun de relever le défi en lisant autrement l'histoire et la réalité de ce sport rude et ascétique, mais aussi exaltant et fraternel. La boxe n'est pas seulement un assaut ou un spectacle. Elle est aussi une inépuisable source d'inspiration littéraire et artistique. Homère chantait déjà les combats livrés à la mémoire de Patrocle. Mais, le sait-on, nombre d'autres écrivains et artistes ont fait l'éloge du Noble Art. D'Achille à Mermoz, ce vibrant plaidoyer répond aux préjugés en montrant que la boxe exprime la sève humaine et répond à la violence aveugle.
Publié le : jeudi 1 janvier 1998
Lecture(s) : 302
Tags :
EAN13 : 9782296369368
Nombre de pages : 160
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

Les Boxeurs et les Dieux

Collection Espaces et Temps du sport dirigée par Pierre Arnaud
Le phénomène sportif a envahi la planète. Il participe de tous les problèmes de société qu'ils soient politiques, éducatifs, économiques, sociaux, culturels, juridiques, ou démographiques. Mais l'unité apparente du sport cache mal une diversité aussi réelle que troublante: si le sport s'est diffusé dans le temps et dans l'espace, s'il est devenu un instrument d'acculturation des peuples, il est aussi marqué par des singularités locales, régionales, nationales. Le sport n'est pas éternel ni d'une essence transhistorique, il porte la marque des temps et des lieux de sa pratique. C'est bien ce que suggèrent les nombreuses analyses dont il est l'objet dans cette collection qui ouvre un nouveau terrain d'aventures pour les sciences sociales.

Dernières parutions
Michel FODIMBI, ascal CHANTELAT, P Jean CAMY,Sports de la Cité, 1996. Jean-Pierre ESCRIVA,Henri VAUGRAND, L'opium sportif La critique radicale du sport de l'extrême gauche à Quel Corps, 1997. Bernadette DEVILLE DANTU, sport en noir et blanc. Du sport colonial Le au sport africain dans les anciens territoires français d'Afrique occidentale (1920-1965), 1997. Pierre-Alban LEBECQ, Paschal Grousset et la ligue nationale d'éducation physique, 1997. Sébastien DARBON, rugby dans une ville defoot, 1997. Du Pierre ARNAUD,les Athlètes de la République, 1997. Luc ROBÈNE,L'Homme à la conquête de l'air. Des aristocrates éclairés aux sportifs bourgeois 1783-1918,2 volumes, 1997. Pascal CHARROIN, hierry TERRET,L'eau et la balle. Une histoire du T water-polo, 1998. Jean-François LOUDCHER, Christian VIVIER,Le sport dans la ville, 1998

@ L'Harmattan,

1998

ISBN: 2-7384-6914-0

Jean-Paul BESSE

Les Boxeurs et les Dieux
L'esprit du ring dans l'art et la littérature

Préface d'Alexis

PHILONENKO

L'Harmattan 5-7, rue de l'École Polytechnique 75005 Paris - FRANCE

L 'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y IK9

OUVRAGES

DU MEME AUTEUR

Collection

des CITES ROYALES DE L'OISE:
Senlis D.D.C, Paris 1996

- Tome l : Senlis dans ['Histoire, CLD, Tours 1987, 2' édition,
1988,4' édition - Tome II : Noyon dans l'Histoire, Senlis 1987 (épuisé) - Tome III : Chantilly dans l'Histoire, Senlis 1988 - Tome IV : Compiègne dans l'Histoire, D.D.C, Paris 1992

Autres

ouvrages:
Limoges 1979 Paris 1981

- Le Limousin au XVII' siècle (en collaboration), - La Picardie (en collaboration), Editions - Evêques et Religieux en Bas-Limousin 1789) (Thèse), Lille 1993

d'Organisation,

du Baroque aux Lumières (1599-

- Benoît Labre, Errance et sainteté. Histoire d'un culte. 1783-1983. (en collaboration), Le Cerf, Paris 1984

- Hiéra

et Sacra, poèmes,

Tulle 1986

- Dom

Besse. Un bénédictin monarchiste, Editions

D.D.C,

Paris 1989

- Un précurseur: Wladimir Guettée (1816-1892). Du Gallicanisme à l'Orthodoxie, Nérac, 1992

- L'église
- L'art

orthodoxe roumaine de Paris, au cœur du Quartier Latin, D.D.C, Paris 1994
en Bas-Limousin (collectif), Albi 1998

religieux

- Gisors

dans l'Histoire (à paraître

en 1998)

-4-

Il n'existe pas cinquante Anglais ni dix Américains pour comprendre le plaisir que nous procure Phèdre; mais l'éloquence du poing est accessible à tout homme venant en ce monde. François Mauriac La gloire de Georges Carpentier

A la mémoire de Jean Cau, qui apprécia ces pages.

-5-

reproduite

Dunoyer de Segonzac: Boxeurs, eau-forte, premier état, dans la monographie de Claude

André

Roger-Marx.

-6-

PRÉFACE

Monsieur Jean-Paul Besse s'est appliqué à l'élaboration d'un chemin dont il espère que d'autres feront une voie, une route. Avec le génie du véritable écrivain qui sait mettre le plus grand contenu dans l'espace «minimal», il a esquissé à travers l'évocation de personnages fabuleux, comme Jack London, le portrait de l'esprit du ring. Il a soutenu ces personnages étonnants par une érudition toujours égale, bien charpentée, qui procure un ton juste à l'ensemble et le lecteur est stupéfait de rencontrer tant de science, là, où pour dire la vérité, il ne s'attendait qu'à un assemblage de détritus. Il conviendrait de remarquer en marge du livre de Monsieur Jean-Paul Besse que la boxe possédant une histoire et un esprit possède aussi une géographie. Son foyer spirituel et matériel est l'Angleterre, qui au XVIIIe siècle renoua avec les traditions helléniques et égyptiennes. C'est de cette île que, d'une part, naquit l'idée de championnat du monde de boxe anglaise (seulement avec les poings), enfin des dangers mortels dont cet art n'était pas exempt - l'ensemble dominé par ce lien typiquement britannique qu'est le fighting spirit. La boxe ne franchit jamais le Rhin, en dehors du hussard qu'était Max Schmelling (toujours parmi nous) et qui ne réussit pas à entraîner par son bel exemple des hommes pourtant capables de compter parmi les plus farouches. Bien sûr il se trouva des exceptions: à l'Est le prestigieux Laszlo Papp fit fureur; mais pas plus que Schmelling il ne fut un modèle suivi. Les Russes ne nous présentèrent pas même un champion: seulement de dérisoires -7-

lutteurs de foire. Mais la boxe se répandit dans les pays latins (Italie, Espagne, Mexique, Amérique du Nord) d'une manière efficace, moins efficace peut-être qu'aux Etats-Unis d'Amérique qui supplantèrent la vieille Grande-Bretagne et devinrent le temple du noble art, qui s'exerce sur le quart du monde, africains compris... Pourquoi la boxe ne séduisit-elle pas l'esprit allemand, qui tolérait cependant dans les cercles universitaires des duels parfois féroces? Cette question peut se poser aussi en ce qui concerne l'ancienne Russie. Quoi qu'il en soit de cette fracture dans l'activité sociale, il serait utile de sonder - selon des méthodes démographiques - la provenance des couches sociales des boxeurs, leur rapport à l'argent, les différents axes de leur carrière. Il y a là un véritable massif de problèmes qui n'ont jamais été abordés systématiquement. Et il Y a là une raison bien romantique et simple. La boxe, comme le montre avec évidence Monsieur Jean-Paul Besse, est un donné qui magnétise ou, si l'on préfère «romantise» les problèmes qu'elle suscite. L'esprit du ring, cette galerie de grands maîtres, est l'exemple topique de l'impossible objectivation du destin et tout combat est un acte humain par excellence, c'est-à-dire un drame lyrique entier et complet. Cela ne saurait se réduire à une quelconque configuration mathématique et surtout cela ne souffre pas d'être inséré dans je ne sais quelle terminologie mathématique. En passant, ajoutons que cela ne signifie pas que le boxeur ne calcule pas ses coups, ni ne feinte. Je dirais même, qu'à mes yeux, le grand boxeur est celui qui déploie une géométrie naturelle au sens de Malebranche et peut-être est-ce cela qui constitue le style? Si je pouvais ici faire état de mes notes, je montrerais que de pays en pays on observe des styles dominants, avec une exception, Mohammed Ali qui possèdant tous les styles - que l'on se reporte à la véritable trilogie des combats avec Norton - était le boxeur géométriquement et géostatiquement universel. Mais peut-être ce problème est-il en voie de disparition, tout simplement parce que la boxe s'effondre. Qu'un athlète comme Mike Tyson puisse récupérer le titre mondial après un arrêt de près de quatre ans (et compte-tenu du boxing business) signifie moins peut-être sa valeur physique que la faiblesse des compétiteurs.

-8-

La géographie de la boxe nous montre par un effet de contraste, tandis qu'elle va déclinant - des championnats du monde à Epernay! -, l'essor de la mondialisation du sport qu'accompagne une inondation folle due à l'argent. La boxe fut méprisée au nom des idéaux de Coubertin: on la disait salie par l'argent. Elle était simplement en avance sur son temps. Dans l'or jaillissant des énormes bouteilles de champagne qu'agitent les champions d'automobile, on peut lire de secrètes tractations. Et le tennis! cet art si pur devenu un marché de diamant - la raquette d'Amsterdam. Quand on pense aux disqualifications à vie de Jules Ladoumégue, de la mansuétude du public qui devait savoir un beau jour que le grand Carpentier avait «acheté» Battling Siki, on demeure rêveur: par le pont de l'argent, nous sommes allés du monde clos du geste à l'univers infini du sport. Et, au fond, la boxe n'est plus autre chose qu'une bourgade. Je ne dis pas que demain on jettera tous les gongs à la poubelle: mais la boxe va devenir une vieille dame, frêle, mais forte de ses traditions, de son empire et plus pure parce que plus âgée. Les désireux de fleurter avec la mort trouveront bien ailleurs. La très grande question que pose la psychologie dans la tentative de Monsieur Jean-Paul Besse est celle de savoir si et comment une activité peut d'une part être complétement, objectivement, l'unique objet de la vie d'un homme et si d'autre part elle peut être le simple objet d'une expérience d'amateur. Car ce ne sont que des portraits de «professionnels» par des professionnels que nous offre Guy Besse. Une anecdote suffira: dès levé, Gene Tunney, le plus grand boxeur avec Jack Dempsey et Mohammed Ali, commençait à pétrir entre ses mains, afin de les durcir par cet exercice, des boules élastiques. Ses mains, fragiles, devinrent lourdes comme de l'acier, mais il faut vraiment être professionnel pour passer son temps à occuper ses mains de la sorte. Le grand boxeur, sans cesser de manipuler ses boules, doit étudier les films des combats de ses adversaires en procurant aux images leur troisième dimension. Il doit, en somme, effectuer de la géométrie projective: tous n'y parviennent pas, bien sûr, et demeurent prisonniers de la géométrie planimétrique. Mille autres activités - y compris ses repas - traversent la vie du boxeur professionnel; c'est pour ainsi dire un prêtre et

-9-

nullement une machine à donner et recevoir des coups. Quant aux autres, les simples amateurs, il ne leur reste que la sensation d'être saisis au corps, tandis qu'ils enjambent les cordes du ring. Le boxeur amateur se bat toujours un peu à l'aveuglette. On voit par là quel monde sépare le professionnel averti et l'amateur séduit. En même temps les faits éclairent notre question. Et puis, il faut en parler, puisqu'on en parle, il yale K.O, instant dramatique pendant lequel le boxeur peut perdre totalement conscience, mais, alors le cas est grave, ou conserver sa lucidité. Un ancien champion d'Europe, qui trouva là le prétexte de «raccrocher», me dit n'avoi r jamais tant pensé que pendant ces dix secondes fatidiques. En un éclair il sentit que ses jambes ne le portaient plus et que ce serait folie de faire effort pour reprendre le combat. Puis il s'assit pour vérifier qu'à part cette faiblesse dans les jambes, il était «bien». Ce qui le décida à se retirer des rings fut la légéreté incroyable du coup qui l'avait abattu, mais avec une précision diabolique. Il n'aurait peut-être pas deux fois cette chance. C'aurait pu être un coup de matraque; en même temps il était stupéfait de voir qu'il était assis et les spectateurs debout. Mais enfin les idées et les représentations se bousculaient dans sa tête. Il trouvait le tapis du ring chaud, les projecteurs brûlants. Par milliers, les sensations l'envahissaient, comme s'il était pénétrable à toutes cellesci: ce fut cette étrange impression qui le décida, finalement, à renoncer au combat où s'accrochant il aurait, peut-être, pu continuer et, chose étrange, il ne considéra pas un seul instant qu'il perdait sa couronne de champion d'Europe. Il songeait plutôt qu'il savait enfin ce que c'était que de voir trente-six chandelles. Il en était seulement au compte de sept et une idée lui vint, plaidant décisivement pour l'abandon et du fait que, menacé, le cerveau, qui n'est pas un ordinateur, travaille plus vite. Ces nombreuses pensées entrecroisées de sensations le persuadèrent qu'il n'était pas dans son état normal et - il me l'avoua sans gêne - cette exubérance cérébrale le persuada qu'il n'était pas si «bien» que cela. Trente-six chandelles à la place d'une bougie, la chose est foncièrement anormale. C'est le témoignage d'un boxeur, sans doute reconstruit avec intelligence. On ne peut ni le vérifier, ni le reproduire, bien que l'histoire de la boxe connaisse des K.O. lucides (Gene Tunney vs Jack Dempsey).
-10-

On pourrait composer jusqu'au K.O. comateux, d'un boxeur britannique après le combat ).

toute une partition depuis le K.O. lucide en passant par le K.O. mortel différé (cas succombant au XIX. siècle trois jours

En présence de tels faits, nous ne pouvons décider si la boxe est un sport offensif ou défensif. Dans l'œuvre d'Hemingway si heureusement analysée par M. Jean-Paul Besse, les deux aspects se nouent inextricable ment, depuis la décision mentale jusqu'à l'action physique. Way s'est attaché, il est vrai, surtout au mental du combattant, le reste appartient à l'univers visuel dont on connaît les limites. Incapables de nous prononcer sur ce point, nous pouvons néanmoins affirmer que la boxe est un sport où l'on souffre depuis l'entraînement jusqu'au combat. On se prive pour rester ou parvenir au poids de forme; certains combats d'entraînement (surtout aux Etats-Unis) sont de véritables combats et il n'y a pas d'affrontement sans violence. Il est qu'un peu échauffé on ne sent plus les coups et que, chez les meilleurs, le mental devient dominateur, l' hégémonikon. C'est
se voiler

une

décision
devant

aberrante
la boxe

de certains

intellectuels

que

de

la face

-

activité,

il est vrai,

disparaissan-

te - et de se passionner pour des événements sanglants de notre histoire. A ceux qui aiment la boxe, comme à ceux qui ne l'aiment pas, je demanderai s'ils eussent été satisfaits de la Providence, si elle nous avait transformés en veaux d'Arcadie, incapables de donner un coup de patte, ou en pingouins de l'hémisphère nord, seulement capables de couver leur progéniture en perdant dans l'affaire la moitié de leur poids. Un mot pour finir. Jeune homme j'ai pratiqué la boxe (amateur). Comme si trois rounds n'étaient pas assez longs, souvent mes adversaires se ruaient dans le lard si j'ose dire, soulevant l'enthousiasme du public, tandis que prudent j'attendais l'ouverture, un seul coup efficace valant mieux que dix coups perdus dans les gants. De plus ils se fatiguaient et venaient à mon niveau: un fond athlétique médiocre et, à partir de là, la discussion devenait possible. Mais bien vite ils retrouvaient leur vigueur sans ordre et -11-

un bon direct de ma part ouvrait à nouveau l'espace sion. J'en ai retiré la même leçon que Jack London: pas hostile à l'intelligence et à la prudence - et c'est Paul Besse a démontré.

de la discusle ring n'est ce que Jean-

Alexis PHILONENKO Professeur de Philosophie à l'Université de Rouen.

Vignette du célèbre pour le Nouveau

dessinateur sportif Paul Ordner Petit Larousse illustré (1952)

-12-

PROLOGUE

Il Y a des épidémies de tout ordre; le goût du sport est une épidémie de santé. Jean Giraudoux (Le Sport)

Cet ouvrage est le fruit d'une enquête de longue haleine. Les préjugés habituels contre la boxe en furent le premier moteur. Ensuite, une réflexion plus élaborée m'amena à envisager ce sport sous un angle plus profond, métaphysique et spirituel, comme s'il se mouvait tout entier dans ce raccourci étonnant: de Caïn à Jacob. Je désirais avant tout me démarquer des manuels sportifs habituels, utiles sans doute mais souvent ennuyeux. Je voulais aussi emprunter une démarche originale, loin des études sociologiques sur le «noble art», un peu trop conformistes, et des classiques biographies de champions, plutôt répétitives. Je me bornai d'abord à des incursions dans les littératures française et anglo-saxonnes. Les lectures et les recherches menées ensuite m'ouvrirent une plus large perspective. Les domaines littéraires russe, scandinave, espagnol ou italien me révélèrent à leur tour des richesses insoupçonnées. Toutefois, de crainte de m'ensabler dans l'érudition d'un travail universitaire, j'ai préféré finalement concentrer leur

-13-

acquis en treize brefs chapitres. Les premiers privilégièrent donc un auteur donné, de London à Taine, dont la symétrie paradoxale est volontaire. Les chapitres suivants voulurent davantage traduire le profil métaphysique méconnu de la boxe. Ainsi, au fil d'allusions percutantes à tous les arts concernés, palpitera peut-être encore le rythme haletant d'un sport dont la wild mobility doit se retrouver sous l'agilité de la plume. De plus, la concision de l'esprit français s'accommode mal des volumes épais à l'allemande. La thèse de doctorat est un exercice très particulier à ne pratiquer qu'une fois dans sa vie... J'ai donc voulu suggérer plus que prouver, piquer l'intérêt plutôt que démontrer, provoquer ou rouvrir un débat et non conclure. On me reprochera certainement de «réhabiliter» un sport qui a mauvaise presse et dont l'image, altérée par l'argent facile et quelques rares accidents, est peu reluisante. Cependant, on ne réhabilite que les condamnés. Or, la boxe n'est pas coupable, elle est victime. Elle garde en fait un immense prestige dans la jeunesse et cela seul compte. Introduite plus largement dans les programmes d'Education Physique et Sportive, agent de l'intégration française dans les villes en crise, comme le prouve l'initiative de Camel Chouaref qui «parcourt les cités pour faire aimer son sport aux jeunes de banlieue» (cf. l'article de Fabrice David sur «l'intégration par la savate» dans Le Monde du 7 avril 1995), elle rayonnerait à nouveau dans une société qui, pour être fatiguée et divisée, reste néanmoins forte, cohérente et dans l'attente d'un consensus sur certaines valeurs. Les écrivains amateurs du noble art évoqués au long de ces pages sont autant de cautions. Leur message est plus actuel que jamais. Parfois menacé par le seul esthétisme, il devient aujourd'hui vital et en fait, parfois, leçon de survie. -14-

,

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.