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RAPHAËL IBAÑEZ " Je m'imaginais un peu moins intransigeant"

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L'ancien capitaine du XV de France, devenu manager de Bordeaux-Bègles, évoque son rôle, sa manière de travailler et le potentiel de son équipe. A la fois confiant et réaliste, il espère que l'Union pourra se mêler à la lutte pour la qualification.

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Ajouté le : 26 septembre 2012
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RAPHAËL IBAÑEZ " Je m'imaginais un peu moins intransigeant"
"Participer à la construction du club."

Avec maintenant quelques semaines de recul, que pensez-vous de vos premiers pas de l'autre côté de la barrière ? Le rôle de manager demande beaucoup d'énergie, mais je m'en doutais un peu et je n'en manque pas ! Je reste serein et déterminé. En ce qui concerne ma relation avec les joueurs, je m'imaginais un peu moins intransigeant. C'est peut-être une déformation professionnelle liée au rôle de capitaine (rires).

Quelle est votre conception du rôle de manager ? C'est assez simple. Dans un premier temps, il faut être à l'écoute des joueurs et de l'encadrement technique dans lequel j'ai entièrement confiance et dont je valide le travail. Il faut également savoir trancher et prendre des décisions, notamment par rapport à tout ce qui est lié à la composition de l'équipe. C'est toujours un moment particulier pour les joueurs professionnels. Enfin, dans le cadre de la relation de confiance que j'entretiens avec le président Laurent Marti, c'est assumer les résultats du groupe.

Comment avez-vous trouvé ce groupe qui reste sur une belle saison alors que l'Union était promue en Top 14 ? J'ai senti une vraie dynamique positive. L'image du club est très saine et elle devra le rester tout au long de la saison à venir. Le groupe professionnel est généreux dans l'effort, très solidaire et on a pu le constater à travers une préparation physique intense où les joueurs ont repoussé leurs limites. C'est donc porteur d'espoirs.

Que vous inspire le recrutement que vous avez effectué durant l'intersaison ? On peut toujours attendre plus du recrutement, mais il faut rester réaliste, surtout si l'on se réfère aux budgets des autres clubs du Top 14. Il y a un bon équilibre entre les joueurs étrangers qui ont su créer une véritable identité au sein de ce groupe et les jeunes joueurs français que je souhaite voir progresser d'ici deux ou trois ans pour leur permettre de vivre peut-être un jour le bonheur de jouer en équipe nationale. Il y a des jeunes sur lesquels je compte beaucoup.

Ce qui signifie que vous vous projetez déjà sur les années à venir ?

Mon idée est de participer à la construction de ce club. La projection sur les deux ans qui viennent est toujours liée aux premiers résultats. C'est cela le sport de haut niveau, c'est aussi être dans un état d'urgence permanent pour répondre aux exigences du championnat qui nous attend. En ce début de saison, on ne peut pas réellement mesurer le degré de préparation des autres équipes du Top 14. L'idée, c'est donc de se concentrer sur le potentiel de notre groupe et d'essayer de l'utiliser au mieux.

Le calendrier de début de saison de l'Union vous laisse-t-il espérer un bon départ ? Je vais prendre le contre-pied des autres managers du Top 14 qui ont exprimé la difficulté et l'aspect tendu des matches qui arrivent et qu'il ne faut évidemment pas perdre. Faire des commentaires sur les premières journées qui approchent est un peu sans fondement. Je dirai que le calendrier qui nous attend est excellent ! (rires).

Quels sont les atouts de votre groupe ?

Il y a de la solidarité, de la générosité dans l'effort et un jeu dynamique fait de vitesse et de recherche sur des actions de jeu qui peuvent surprendre l'adversaire.

L'Union va-t-elle faire preuve de mesure et de réalisme au niveau de son objectif pour cette saison 2012-2013 ?

Disons que l'objectif est très clair. Si les joueurs continuent à fournir autant d'efforts et à être aussi généreux, ils seront récompensés sur le terrain. La récompense, pour moi, c'est être capable d'être à la lutte pour la qualification.

"Il y a des jeunes sur lesquels je compte beaucoup"

En tant qu'ancien capitaine du XV de France, avez-vous été surpris ou choqué par les commentaires de Graham Henry, l'ancien sélectionneur des All Blacks, à propos du quart de finale perdu par les Néo-Zélandais devant les Français lors de la Coupe du Monde 2007 ? Je crois que Graham Henry est un grand entraîneur. Mais je m'étonne que pour vendre sa biographie, il s'abandonne à autant de mesquinerie envers l'équipe de France. Je pense que notre sport mérite plus de dignité.

Raphaël Ibañez Né le 17 février 1973 à Dax (France)

Joueur : Dax (1994-1998), Perpignan (1998-2000), Castres (2000-2003), Saracens (2003-2005, Angleterre), London Wasps (2005-2009, Angleterre)

Entraîneur : Bordeaux-Bègles (depuis juillet 2012)

Palmarès joueur : Vainqueur du Bouclier Européen (2003), de la Coupe d'Europe (2007), champion d'Angleterre (2008), Grand Chelem (1998 et 2002), Tournoi des 6 Nations (2006 et 2007), vice-champion du monde (1999) International français (98 sélections, 8 essais)

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