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VOITURES SANS PERMIS : VRAI BON PLAN ?

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Au fil des ans, leur succès ne se dément pas... Avec un design et un statut qui ont su évoluer, elles sont désormais devenues habituelles dans le paysage urbain, après avoir conquis les campagnes. Les véhicules sans permis (VSP), puisqu'il s'agit d'elles, garantissent autonomie et mobilité sans la contrainte du petit papier rose à avoir ni réglementation très stricte.
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VOITURES SANS PERMIS : VRAI BON PLAN ?

Quel public ? Depuis quelques années, les profils potentiellement intéressés par ces voiturettes se sont considérablement diversifiés. Le durcissement dans l'application des règles du Code de la route a entraîné le retrait de nombreux permis, avec les redoutables difficultés qui s'en suivent dans la vie de tous les jours (notamment en matière d'emploi)... Ainsi, au rang qui grossit des conducteurs à qui on a retiré le permis, s'ajoutent parmi les publics intéressés ceux qui ont des difficultés à obtenir le précieux sésame (le code et l'examen pratique étant de plus en plus délicats à valider), les jeunes qui n'ont pas encore l'âge de l'avoir, et les personnes âgées qui ne l'ont jamais eu, notamment dans les milieux ruraux, qui ont tout de suite constitué la principale communauté d'acheteurs. En effet, 65% des clients ont plus de 50 ans.

Qu'est-ce qui change concrètement avec une VSP ? Techniquement, les voitures sans permis sont des «quadricycles légers à moteur», que l'on peut conduire dès 16 ans. Les conducteurs nés après le 1er janvier 1988 devront cependant être titulaires du brevet de sécurité routière (BSR) pour pouvoir prendre le volant.

Les véhicules font moins de 3 m de long, pèsent au maximum 350 kg à vide et sont d'une cylindrée de 50 cm³. La puissance prévue est inférieure ou égale à 4 kW (5,6 CV). Ils sont prévus pour 2 personnes uniquement : les voiturettes avec 4 places nécessitent un permis B1 (qui concerne également les motos 125cc). La quasi-totalité des modèles roulent au diesel, avec des boîtiers automatiques ; progressivement sont apparues sur le marché des véhicules électriques.

La vitesse des voitures sans permis est limitée à 45 km/h. Juridiquement, elles ont le même statut que les cyclomoteurs, ce qui implique d'avoir une plaque d'immatriculation à l'arrière. Une assurance est également obligatoire. Les prix varient entre 400 et 500 € pour une assurance au tiers + vol ; compter entre 800 et 1.500 € pour une garantie tous risques. La circulation des voitures sans permis est autorisée partout, sauf sur : - les voies rapides ; - les autoroutes ; - les périphériques et rocades ; - les voies sur berge à Paris.

Les plus

Les VSP présentent également l'intérêt de pouvoir accueillir un passager et quelques affaires, à l'abri de l'hiver et des intempéries. C'est donc un bon compromis entre voiture «normale» et deux-roues. Autre gros avantage comparativement aux scooters et autres mobylettes : une sécurité qu'attestent des statistiques assez faibles en matière d'accidents. Ceux qui impliquent des voiturettes sont non seulement moins nombreux, mais aussi moins graves. Ainsi, les autres conducteurs dans le trafic des villes prêtent plus volontiers attention aux quatre-roues, même aux dimensions plutôt modestes.

Au rayon des atouts, les voitures sans permis sont évidemment très faciles à garer du fait de leur petite taille. On peut donc considérer qu'en ville le temps qu'elles font perdre à cause de leur vitesse limitée se rattrape en trouvant très facilement une place ! En outre, elles consomment peu, ce qui fera toujours du bien à votre porte-monnaie.

Les moins

En revanche, leur achat est un investissement... Il faut compter en moyenne 10.000 € pour un véhicule neuf. Si l'on s'est fait retirer son permis et que l'on est contraint d'utiliser quelques mois une voiture sans permis, mieux vaut cependant opter pour l'achat que pour une location. Il existe une forte demande en véhicules d'occasion et une décote relative, ce qui permet de les revendre à bon prix une fois qu'on n'en a plus l'utilité. Dans le même temps, les formules de location sont assez onéreuses ; les gros loueurs négligeant les sans permis, il faut faire appel à des indépendants plus ou moins professionnels... Il est de notoriété publique que le moteur de ce type d'engin est assez bruyant : on comprend mieux lorsqu'on apprend que leur système de propulsion s'apparente à celui des machines utilisées en jardinage ! Il peut arriver que l'on sente des vibrations depuis l'intérieur. Ces types de désagréments surprenants disparaissent en même temps qu'on monte en gamme - donc en prix. Mais les voiturettes ne prêtent pas, a priori, à un grand plaisir de conduite : elles ont vocation à être pragmatiques et assurent l'essentiel.

Les piloter impose de faire preuve d'anticipation dans le trafic, avec une conduite relativement rigide...

Autre caractéristique potentiellement problématique : les matériaux qui composent la carrosserie. Pour un gain de poids, les constructeurs optent pour des carapaces en plastique thermoformé, des fibres particulièrement légères et souples. Ainsi, en cas de gros choc, les protections ne sont pas optimales, même si, comme on l'a vu, les accidents sont heureusement dans les faits rares et peu graves.

Les perspectives...

Mais le marché change et ces derniers temps, de nombreux progrès ont permis l'affinement des silhouettes, un design plus subtil, et l'amélioration des normes liées à la sécurité. Les modèles se déclinent selon toute une gamme plus profilée qu'auparavant, du Break jusqu'au Cabriolet, certaines voitures cultivant un air de famille avec la Mini Cooper, par exemple. Les véhicules utilitaires sans permis complètent une offre qui s'est étoffée, de plus en plus équipée.

Avec, à présent, l'arrivée sur le marché de modèles bien meilleur marché, comme la Dué First proposée depuis début 2011 par le groupe Ligier/Microcar à partir de 8.500 €, la voiturette devient plus accessible tout en continuant à progresser en matière d'options, de bruit du moteur... On peut ainsi penser que l'évolution du marché dans les prochaines années va continuer dans cette direction, avec un choix de plus en plus large pour différentes gammes de prix. Si les voitures sans permis ont su se faire une place dans des contextes très différents, la tendance va vers des modèles sculptés pour la ville, qui jouent sur le look et la quête de distinction.

Par conséquent, tout dépend de sa situation et de l'usage que l'on pense en faire... Passer son permis puis faire l'acquisition d'une voiture «normale» peuvent finalement s'avérer plus rentables avec une mobilité plus grande. Mais les progrès constants des constructeurs de VSP, en même temps que les nouvelles pratiques urbaines liées à la conduite, laissent entrevoir un avenir serein à ces moyens de transport...

Quels constructeurs...

Ils s'appellent Aixam, Ligier/Microcar, Chatenet, Simpa JDM, Bellier. Ce sont eux qui font la loi sur le marché des voitures sans permis en France. Tous ces constructeurs sont à présent très vigilants sur les finitions et la rationalisation de l'espace, avec la déclinaison de différentes gammes : basique, haut de gamme, sport, familiale... Aixam-Méga, basé en région lyonnaise, est le n°1 du véhicule sans permis en France et en Europe, où il occupe la position de leader depuis 1987. Le français, qui produit 12.000 voitures par an, faisait une grande partie de son chiffre d'affaires en Espagne et en Italie (où la conduite en voiturette est autorisée dès 14 ans). Mais c'était avant la crise...