ABIDJAN 2012 Petit Futé

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Résolument pratique, ce guide est écrit par un auteur du cru qui a déniché toutes les bonnes adresses indispensables à un week-end ou des vacances réussies. Vous y retrouverez également des informations culturelles et de découverte pour profiter de manière futée des incontournables de la ville, mais aussi sortir des sentiers battus.
Publié le : samedi 31 mars 2012
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EAN13 : 9782746960428
Nombre de pages : 231
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couverture
Table des matières

INVITATION AU VOYAGE

Bonne arrivée à Abidjan !

Fiche technique

Argent

La Côte-d’Ivoire en bref

Télécommunications

Décalage horaire

Climat et saisonnalité

DÉCOUVERTE DE LA CÔTE D'IVOIRE

La Côte d’Ivoire en 30 mots-clés

Abidjanaise (L’)

Agouti

Alloco

Ambianceur

Appatame

Bal poussière

Banabana

Bandji/Bangui

Cacao

Cauris

Coupé-décalé

Dollar

Flag

Gazelle

Go

Grumier

Korhogo (toiles de)

Koutoukou

Latérite

Maquis

Mousso

Nouchi

Palabre

Pharmacie-trottoir

Poulet-bicyclette

Primature

Sida

Sucrerie

Tantie

Toubab

Faire / Ne pas faire

Survol de la Côte d'Ivoire

GEOGRAPHIE

FLORE

LA CONSERVATION DE LA FAUNE

Histoire

Les origines

La colonisation française

Vers l’Indépendance

L’ « ère » Houphouët

La présidence d’Henri Konan Bédié

La présidence d’Henri Konan Bédié

Le coup d’état de 1999

La victoire de Laurent Gbagbo

Chronologie

Politique

L’État

Les partis politiques

Jeunesse et politique en Côte d’Ivoire

Économie

Panorama de l’économie ivoirienne à l’horizon 2009

Un pays aux multiples ressources agricoles

Secteurs d’activité

Enjeux actuels

Population, mode de vie, langues

POPULATION

MODE DE VIE

Arts et culture

ARCHITECTURE

ARTISANAT

LES MARCHES

CINEMA

FESTIVITES

LITTERATURE

MÉDIAS ET COMMUNICATION

MODE

MUSIQUE

PEINTURE ET ARTS GRAPHIQUES

Cuisine ivoirienne

MŒURS CULINAIRES

PRODUITS DE BASE

BOISSONS

QUELQUES PLATS TYPIQUES

QUELQUES RECETTES

Jeux, loisirs et sports

Le football, sport-roi

Les sports nautiques

Le Hash d'Abidjan

Enfants du pays

Didier Drogba

Adama Dahico

Alpha Blondy

Bernard Dadié

Sidiki Bakaba

Tiken Jah Fakoly

Thérèse Haury, la « Mère Teresa ivoirienne »

Werewere Liking

Lexique

Petit lexique non exhaustif à l’usage du toubabou

Le nouchi

ABIDJAN

Premières impressions

Mari semper altior « Toujours plus haut grâce à la mer » …

Mais, patience, l’Afrique est bien là qui vit et vibre…

Histoire

« Je reviens de couper des feuilles !  »

TRANSPORTS

Avion

Voiture

Taxis

Se déplacer à l’intérieur du pays

Transports urbains

PRATIQUE

Présence française et ambassades

Visas et titres de séjour

Tourisme

Argent

Poste et télécommunications

Sécurité

Santé

QUARTIERS

Le Plateau

Treichville

Cocody

Deux plateaux

Riviera

Adjamé

Attécoubé

Abobo

Yopougon

Port-Bouët

Koumassi

Marcory

HÉBERGEMENT

Confort ou charme

Luxe

RESTAURANTS

Plateau

Marcory

Zone 4

Treichville

Livraisons à domicile

SORTIR

Clubs et boîtes

POINTS D’INTÉRÊT

Cocody – Deux Plateaux

Adjamé – Williamsville

Adjamé – Attécoubé

Marcory – Zone 4

Treichville – Zone 3

Treichville – Centre

Abidjan-villages

Cocody – Deux Plateaux

SHOPPING

Artisanat – Bijoux

Galeries marchandes

Souvenirs mode et ethnique

Supermarchés

SPORTS ET LOISIRS

Golf

Natation

Sport en salle

Ligne et équilibre

ORGANISER SON SÉJOUR

Pense futé

Argent

Assurances

Bagages

Formalités, visa et douanes

Langues parlées

Photo

Quand partir ?

Santé

Sécurité et accessibilité

Téléphone

S'informer

À voir – À lire

Avant son départ

Magazines et émissions

Comment partir ?

Partir en voyage organisé

Partir seul

Rester

Être solidaire

Étudier

Travailler – Trouver un stage

INVITATION AU VOYAGE
Bonne arrivée à Abidjan !

Enserrée par des bras de lagune méandreux et blottie dans un écrin de verdure protectrice : c’est ainsi qu’apparaît la ville d’Abidjan lorsqu’on la voit pour la première fois par le hublot de l’avion. Le voyageur ne prendra pas tout de suite la mesure de son étendue et de sa géographie tourmentée. Une fois que l’on redescend sur terre, la cité présente les caractéristiques de n’importe quelle ville africaine : bruit et fureur, air saturé de chaleur et de la poussière charriée par l’harmattan, bagagistes, taximen et vendeurs pressants s’amassant en grappes pour cueillir le nouveau venu dès sa sortie de l’aéroport. Au sol c’est autre chose. Abidjan, frénétique et chahutée, noie le béotien dans le flot de ses méandres déclinés en longues artères qui relient entre eux les principaux points de la ville, et en petites ruelles labyrinthiques, myriades de tentacules urbains menant toujours plus loin au cœur insoupçonné et reculé de la cité. La circulation y est dense. L’orientation incertaine. La mégapole se dérobe à la perception sous un syncrétisme architectural et social aussi déroutant que fascinant : tour à tour verticalement agressive et moderne au Plateau, alanguie et secrète dans les vallons cocodyens, industrialisée et polluée en rebord de lagune, branchée chic et choc dans les méandres de sa Zone 4, chaotique et exubérante dans ses quartiers lointains et populaires, là où la vie à la villageoise reprend ses droits. Abidjan est schizophrène.

L'équipe de rédaction

Fiche technique
Argent
Monnaie

Franc CFA (Communauté Financière Africaine), indexé sur l’euro (attention à bien distinguer le franc CFA ouest-africain du franc CFA d’Afrique centrale). Coupures de 10 000, 5 000, 2 000 et 1 000. Pièces de 500, 250, 200, 100, 50, 25, 10.

Par « jeton » , on désigne généralement l’ensemble des pièces de monnaie, tandis qu’une pièce de 100 FCFA est appelée un togo.

Taux de change fixe. 1 € = 656 FCFA.

Budget

Petit budget. Sachez que, si vous vous débrouillez bien, vous pouvez vous nourrir pour moins de 3 000 – 6 000 FCFA par jour, dormir pour 10 000 FCFA ou moins, et voyager pour moins de 10 000 FCFA également. Cela implique de se rabattre sur les maquis (la nourriture y est en général très bonne mais peut se révéler indigeste à la longue… les Ivoiriens ont un estomac en acier chromé !), les petits hôtels de quartier et les transports en commun.

Budget moyen. Le budget normal, bien qu’un peu moins élevé que les standards occidentaux, reste malgré tout plutôt conséquent pour un pays d’Afrique.

En gros, si vous voulez dormir dans un hôtel propre, confortable et offrant diverses commodités ainsi qu’une agréable configuration, misez sur un minimum de 20 000 – 30 000 FCFA la nuit. Pour un repas complet (entrée + plat + dessert + boisson) dans un restaurant « occidental » , comptez environ 10 000 FCFA. Une location de voiture à la journée commence à 20 000 – 30 000 FCFA.

Gros budget. Pour ceux qui sont « financièrement aptes » , les hôtels Accor (Sofitel, Novotel, Ibis, etc.), ceux de la Société des palaces de Cocody (Ivoire, Golf hôtel…) et quelques indépendants (Wafou), offrent un confort absolu et un service aussi soigné que stylé dans des décors souvent paradisiaques, le tout pour des prix compris entre 50 000 FCFA et (largement) plus de 100 000 FCFA.

Pour ce qui est de vos déplacements dans les terres, la compagnie Sophia Airlines organise des vols à la demande et peut rallier toutes les villes du pays munies d’un aérodrome pour des prix oscillant généralement entre 150 000 et 200 000 FCFA.

Quelques exemples de prix

Un repas au maquis à partir de 1 500 FCFA.

Grande flag et petite flag à 450 FCFA et 800 FCFA (en grande surface ; autrement, le prix est fonction du standing de l’établissement.

Une bouteille d’eau 395 FCFA pour 1,5 litre d’Awa (idem).

Une heure d’Internet entre 500 et 2 000 FCFA.

Une nuit dans un hôtel de standing moyen entre 10 et 20 000 FCFA.

Un paquet de cigarettes à 800 FCFA.

La Côte-d’Ivoire en bref
Le pays

Nom officiel : République de Côte-d’Ivoire.

Capitale politique : Yamoussoukro.

Capitale économique : Abidjan.

Superficie : 322 460 km².

Villes principales : Abidjan, Yamoussoukro, Bouaké, Daloa, Korhogo, Gagnoa, Man, San Pedro.

Pays limitrophes : Burkina Faso, Libéria, Guinée, Mali et Ghana.

Point culminant : Mont Nimba (1 752 m).

Langue officielle : français.

Langues parlées : baoulé, dioula, sénoufo, dan, agni.

Religions : christianisme, islam, animisme.

Nature du régime politique en place : gouvernement de conciliation.

Chef de l’Etat : Laurent Gbagbo.

Premier ministre : Guillaume Soro.

Principaux partis : le FPI (Front Populaire Ivoirien), parti de Laurent Gbagbo – le RDR (Rassemblement des Républicains), parti d’Alassane Dramane Ouattara – le PDCI (Parti Démocratique de Côte-d’Ivoire), émanation ivoirienne de l’ancien RDA (Rassemblement Démocratique Africain) et parti d’Henri Konan Bédié.

Devise de la république : Union-Discipline-Travail.

Hymne national : l’Abidjanaise.

Indépendance/Fête nationale : 7 août 1960.

Ethnies : entre une cinquantaine et une soixantaine d’ethnies réparties sur tout le territoire et regroupées en 4 grands groupes : Akan, Krou, Voltaïque (ou Gour), et Mandé (répartis en Mandé-nord et Mandé-sud).

La population

Population totale : 18,4 millions d’habitants.

Composition ethnique : Akan (31,1 %), Krou (9,4 %), Voltaïque (13 %), Mandé nord (12,2 %), Mandé sud (7,4 %).

Densité : 57 habitants au km².

Espérance de vie : 46 ans.

Scolarisation : 60,2 %.

Population urbaine : 45 %.

Population active : 6,907 millions d’actifs, dont 68 % dans le secteur agricole.

Population vivant en-dessous du seuil de pauvreté : 42 %.

Taux de fertilité : 4,23 enfants par femme.

Mortalité infantile : 11,7 %.

Taux d’alphabétisation : 53,3 %.

Croissance démographique annuelle : 1,71 %.

L’économie

Taux de croissance du PIB : 1,7 % en 2007.

Indice de développement humain (2007) : IDH : 0,432 – rang : 166/177.

Répartition du PIB : primaire : 22,4 %, secondaire : 27,2 %, tertiaire : 50,4 % ; production non marchande : 13,2 %.

PIB par habitant : 900 dollars.

Taux d’inflation : 2,5 % en 2006.

Taux de chômage : estimé à plus de 40 %.

Principales ressources : cacao, café, pétrole, coton.

Exportations : 8 144 millions de dollars.

Importations : 6 067 millions de dollars.

Investissements directs étrangers en 2006 : 253 millions de dollars.

Télécommunications
Téléphone, mode d’emploi

Appeler de la Côte-d’Ivoire vers la France : 00 33 plus le numéro sans le 0 initial. Pour les autres pays, 00 + indicatif du pays + numéro.

Appeler de la France vers la Côte d’Ivoire : 00 225 + le numéro.

Principaux opérateurs

Cinq opérateurs téléphoniques se partagent actuellement le marché : Côte-d’Ivoire Telecom pour la téléphonie fixe, et MTN, Orange, Moov et Koz pour la téléphonie mobile. Orange reste l’opérateur le plus utilisé et le plus fiable, même si ses tarifs sont plus élevés que ceux pratiqués par les autres opérateurs. Vous pouvez louer des portables dans les boutiques franchisées, mais le plus simple reste encore d’acheter une puce (la puce Orange coûte 2 500 FCFA), que vous pourrez vous procurer chez n’importe quel revendeur de rue, et de l’insérer dans votre portable français.

Internet

Les Ivoiriens sont un peuple de la parole et de la communication. Ils sont donc très « branchés » nouvelles technologies, et vous trouverez des cybercafés un peu partout en ville. La bande passante est cependant fracturée et il n’est pas toujours aisé d’avoir un haut débit réellement performant. Pour vos mails par exemple, privilégiez les pièces jointes assez légères − et compressées dans la mesure du possible −, si vous ne voulez pas passer trop de temps à attendre devant l’ordinateur.

Dans les cybercafés d’Abidjan, la connection est généralement assez bonne (selon les jours), mais les choses se compliquent dès que l’on progresse un peu dans les terres et il faut souvent savoir faire preuve de patience.

Décalage horaire

TU = + 1 en heure d’hiver, TU = + 2 en heure d’été.

Climat et saisonnalité

Trois zones de climat partagent le pays.

Le climat subéquatorial, le long de la région côtière, est caractérisé par des températures d’amplitudes faibles (de 25 à 30 °C), un fort taux d’humidité (80 à 90 %), et des précipitations abondantes atteignant 1 766 mm à Abidjan et 2 129 mm à Tabou. Cette zone connaît deux saisons sèches, dont une grande, chaude, entrecoupée de quelques pluies de décembre à avril et une petite en août et septembre. Deux saisons des pluies s’échelonnent de mai à juillet pour la grande et d’octobre à novembre pour la petite.

Le climat tropical humide couvre la zone forestière et le sud de la région des savanes. Les températures à amplitudes plus importantes que sur la zone côtière, varient de 14 à 33 °C, avec une hygrométrie de 60 à 70 % et des précipitations annuelles allant de 905 mm à Bouaké à 1 897 mm à Man. Une grande saison des pluies de juin à octobre et une petite de mars à mai alternent avec une grande et une petite saison sèche de novembre à mars et de juillet à août.

Le climat soudanais, qui s’étend sur la partie sud de la zone des savanes, présente des amplitudes thermiques quotidiennes et annuelles relativement importantes (de l’ordre de 20 °C), une humidité nettement inférieure à celle du sud du pays (40 à 50 %), et se caractérise par la présence intermittente d’un vent frais et sec, l’harmattan, entre décembre et février. Cette zone de climat connaît deux saisons : une saison sèche, de novembre à juin, avec quelques pluies en avril, et une saison des pluies de juillet à octobre. Les précipitations sont en moyenne de 1 203 mm à Korhogo et 1 491 mm à Odienné.

DÉCOUVERTE DE LA CÔTE D'IVOIRE
La Côte d’Ivoire en 30 mots-clés
Abidjanaise (L’)

Adoptée en 1960 au moment de la décolonisation, L’Abidjanaise est restée l’hymne national du pays, bien qu’Abidjan ne soit plus la capitale politique de la Côte d’Ivoire depuis 1983. Les paroles sont de Mathieu Ekra, Joachim Bony et Pierre-Marie Coty, sur une musique de Pierre-Marie Coty et de Pierre-Michel Pango. L’Abidjanaise commence ainsi :

« Salut ô terre d’espérance, Pays de l’hospitalité (…). »

Elle s’exécute généralement à l’occasion du salut aux couleurs (qui doit avoir régulièrement lieu le matin avant les cours dans les écoles primaires, collèges et lycées de Côte-d’Ivoire), lors des manifestations sportives et des cérémonies officielles et au début et à la fin des messages du président de la République à la Nation ivoirienne.

Agouti

Parmi les viandes de brousse, à savoir tous les petits et gros gibiers comestibles tués à la chasse ou par braconnage, le plus recherché demeure l’agouti (sorte de rongeur de la taille d’un gros lièvre, proche du ragondin, et parfois aussi appelé rat de brousse). Généralement cuisiné en sauce ou en ragoût, l’agouti est particulièrement prisé pour la saveur de sa chair, qui fait penser à celle du lapin et demeure l’un des plats préférés des Ivoiriens. Pour la petite histoire, le véritable nom de ce que l’on appelle à tort en Afrique agouti (l’agouti serait en fait un rongeur que l’on trouve exclusivement sur le territoire américain), est aulacode.

Alloco

L’alloco, c’est un peu l’équivalent de nos frites à nous. Il s’agit d’un plat, constitué de rondelles de bananes-plantain frites dans l’huile de palme et généralement servi dans une assiette en plastique ou dans une feuille de bananier. Avec l’attiéké, il s’agit de l’un des accompagnements les plus populaires en Côte-d’Ivoire. Par extension, l’allocodrome désigne l’endroit où l’on consomme exclusivement des allocos.

Ambianceur

L’ambianceur est celui qui n’a pas son pareil pour faire la fête, mettre l’ambiance et d’une façon plus générale, se faire remarquer. Il existe plusieurs variétés d’ambianceurs. Cela va du sapeur un peu éméché qui monopolise le micro en brisant les tympans d’un auditoire qui ne sait plus trop s’il doit rire ou pleurer, au jeune faroteur branché et sapé de marques, qui ne se déplace qu’en meute et interpelle allègrement toute jeune fille passant dans son périmètre, en passant par le boucantier, alias champagnard, dont la popularité se mesure au nombre de boissons payées dans les boîtes à la mode, et au prix de ces dernières (dans les cas extrêmes, ladite popularité se mesure carrément en caisses de champagne).

Appatame

Sorte de paillote ou d’abri recouvert de feuilles de bananier, de palmier ou de paille. LE lieu de vie ivoirien par excellence. Comme pour les maquis, on distingue plusieurs types d’appatames. De la simple guérite, où se réfugient les vendeurs de recharges téléphoniques ou d’alloco, au poste de contrôle policier, sis à l’entrée des villes et des villages, en passant par la super paillote de luxe ou encore l’espace-bar où les villageois se retrouvent autour d’un bandji frais en fin de journée.

Bal poussière

« Le bal poussière n’a pour but que de faire plaisir. Les danseurs et danseuses viennent tour à tour se chauffer et marteler la terre au milieu de l’assemblée sur des rythmes endiablés à soulever la poussière. »

Le bal poussière est une pratique répandue dans plusieurs pays de la sous-région : il s’agit à la base d’un bal qui a lieu dans les villages après chaque grand marché et le terme en lui-même vient de toute la poussière soulevée par les danseurs déchaînés.

Bal poussière, c’est aussi le film réalisé en 1988 par Henri Duparc, metteur en scène franco-guinéen qui choisit la Côte-d’Ivoire comme patrie d’adoption. Il s’agit de l’un des longs métrages africains qui a le mieux fonctionné lors de sa sortie, générant plus de 300 000 entrées sur le territoire français. En rapportant dans cette histoire attachante comment Demi-Dieu, un riche villageois, prend Binta pour sixième épouse et se trouve ainsi confronté à une fille moderne et délurée et à la remise en cause de la misogynie qui prévaut dans la tradition polygame, Duparc choisit de s’attaquer de front au problème de la polygamie en démontant par le rire les côtés pervers de celle-ci. Il s’agit donc d’un film féministe qui s’attache à ridiculiser les hommes avec humour et tendresse, œuvre qui se veut contestataire sans pour autant sombrer dans un didactisme convenu. Parmi les points forts de ce film, citons la scène du coq au vin ( « Savez-vous comment on appelle un coq bourré ? Un coq gaulois !  » ), et la dichotomie entre le clan des « pagneuses » , qui incarne la tradition, et celui des « robeuses » , symbolisant la modernité.

Banabana

(Du malinké, « petit commerçant ambulant » ) Au Mali, banabana est un terme plutôt péjoratif qui désigne ce qui a peu de valeur, qui est « bricolé » , informel. En Côte-d’Ivoire, les vendeurs banabana, ce sont tous les vendeurs, souvent d’origine étrangère, que vous croiserez dans la rue ou dès que votre taxi ou votre voiture sera arrêté à un feu rouge ou prise dans un des (nombreux !) embouteillages d’Abidjan ; il n’est d’ailleurs pas rare que ces vendeurs à la sauvette provoquent des accidents, étant donné qu’ils se ruent sur toutes les voitures attendant aux feux. Leurs terrains de chasse de prédilection sont les grands carrefours, les environs du port d’Abidjan, les avenues commerciales et les devantures de certains grands magasins. Selon les endroits, leur marchandise varie. Dans les bouchons, la plupart vous proposeront surtout des mouchoirs, des bonbons ou des chewing-gums et des sachets d’eau fraîche, tandis que près des feux rouges, d’autres s’improviseront points de presse ambulants ou vendeurs de cartes de recharge téléphoniques. D’autres enfin, surtout aux abords des marchés ou des grandes artères, pourront vous fournir absolument tout ce dont vous n’avez pas besoin : téléphone mobile, calculatrices géantes, jouets, tapis de voiture, mallettes à outils, cerfs-volants, bois du Kabinda (l’équivalent du bois bandé), réveils-muezzin, kitschouilleries religieuses, contrefaçons de lunettes de soleil, gadgets en tout genre, etc. (liste non exhaustive). Autres variantes des banabana : les petits de la rue qui prennent en otage les pare-brise des automobilistes coincés dans les embouteillages ou aux feux rouges, pour un nettoyage à l’emporte-pièce (c’est le cas de le dire !), et les pousse-pousse nescafé à 100 FCFA la tasse. Par extension, on emploiera souvent le terme banabana pour désigner de manière péjorative un « petit » , une personne de peu d’importance.

Bandji/Bangui

Vin de palme légèrement âcre et sucré. On le fabrique directement à partir de la sève de palmier-raphia, de rônier, ou de palmier à huile, que l’on laisse ensuite fermenter plus ou moins longtemps. Boisson populaire par excellence, villageoise plus que citadine, boisson de fin de journée que l’on savoure sous l’appatame en rentrant des champs lorsque le soleil commence à décliner et que les travailleurs s’en reviennent un à un au village, boisson aux mille vertus qui, dans certains cas, se substituera même au lait maternel pour fortifier le nourrisson prématurément orphelin ; boisson de convivialité et de communion avec laquelle on honore ses aïeux ou encore l’invité de passage que l’on apprend à connaître.

Cacao

L’ « or brun » d’Houphouët, à l’origine du « miracle économique » des années 1970. C’est à cette époque que le cacao détrône l’exploitation forestière pour devenir avec le café l’un des piliers du développement fulgurant de la Côte-d’Ivoire. Faisant de l’économie de rente la principale source de revenus du pays, le secteur connaîtra dès le début des années 1980 des revers de médaille successifs qui entraîneront une libéralisation de la filière en 1999. Malgré ces vicissitudes, la Côte-d’Ivoire reste aujourd’hui encore le premier producteur à l’échelle internationale, contribuant pour près de 40 % à la production mondiale de cacao.

Cauris
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