Approche anthropologique des écritures de voyage

De
Publié par

Cet ouvrage se situe entre deux terrains de l'anthropologie, tourisme et écriture, et permet de révéler les diverses raisons et fonctions graphiques des écritures du voyage. Voici un inventaire de ces productions scripturales que de nombreux voyageurs réalisent le long de leur itinérance. Il interroge sur le passage de ces écritures ludiques et désinvoltes à une écriture sur soi révélant tout autant les représentations de voyage que les nécessités de cette rencontre avec soi et avec l'autre.
Publié le : mardi 1 mai 2012
Lecture(s) : 13
EAN13 : 9782296490338
Nombre de pages : 316
Prix de location à la page : 0,0195€ (en savoir plus)
Voir plus Voir moins
7 jours d'essai offerts
Ce livre et des milliers d'autres sont disponibles en abonnement pour 8,99€/mois
Approche anthropologique des écritures de voyage
Tourismes et Sociétés Collection dirigée par Franck Michel Déjà parus Vincent BASSET,Du tourisme au néochamanisme, 2011. Frédéric REICHHART,Tourisme et handicap. Le tourisme adapté ou les loisirs touristiques des personnes déficientes, 2011. J.-M. FURT & F. MICHEL (dir.),Tourisme, patrimoines & mondialisations, 2011. J.-L. MORETTI,Tourisme et aménagement du territoire en Corse, 2010, J. SPINDLER, D. HURON,L’évaluation de l’événementiel touristique, 2009. J. CHAUVIN,Les Colonies de vacances, 2008. IANKOVA K. (dir.),Le tourisme indigène en Amérique du Nord,2008. LAMIC J.-P.,Tourisme durable ? Comment identifier les: utopie ou réalité voyageurs et voyagistes éco-responsables ?, 2008. D. FASQUELLE et H. DEPERNE (dir.),Le tourisme durable, 2007. J.-M. FURT & F. MICHEL (dir.),L’identité au cœur du voyage (Tourismes & identités 2), 2007. KIBICHO W.,Tourisme en pays maasaï (Kenya) : de la destruction sociale au développement durable ? ,2007. CACCOMO J.-L. et SOLONANDRASANA B.,L’innovation dans l’industrie touristique,2006. J.-M. FURT & F. MICHEL (dir.),Tourismes & identités, 2006. J.-M. DEWAILLY,Tourisme et géographie, entre pérégrinité et chaos ?, 2006. R.AMIROU, P. BACHIMON, J.-M. DEWAILLY, J. MALEZIEUX (dir.), Tourisme et souci de l’autre. En hommage à Georges CAZES, 2005. A. VOLLE,Quand les Mapuche optent pour le tourisme, 2005. O. GUILLARD,Le risque voyage, 2005. J.SPINDLER (dir.) avec la collaboration de H. DURAND,tourisme au Le è XX siècle, 2003. J. CHAUVIN,Le tourisme social et associatif en France,2002. F. MICHEL,En route pour l’Asie. Le rêve oriental chez les colonisateurs, les aventuriers et les touristes occidentaux, 2001. J .L. CACCOMO, B. SOLONANDRASANA,L’innovation dans l’industrie touristique, 2001. N. RAYMOND,Le tourisme au Pérou, 2001. GIREST (Groupement Interdisciplinaire de Recherche En Sport et Tourisme), Le tourisme industriel : le tourisme du savoir-faire ?, 2001. R. AMIROU, P. BACHIMON (ed.),Le tourisme local,2000. G. CAZES et F. POTIER, Le tourisme et la ville : expériences européennes, 1998.
Stéphane Courant Approche anthropologique des écritures de voyageDu carnet à la correspondance, petit inventaire des productions scripturales e e de la fin duXXsiècle au début duXXIsiècle Préface de Franck Michel
© L’Harmattan, 2012 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-57006-1 EAN : 9782296570061
Remerciements
Ce travail est le fruit de plusieurs années de recherches, de voyages et de rencontres. Il n’aurait pu voir le jour sans les carnettistes qui m’ont confié leurs écrits. Par leur confiance, leur intérêt et le plaisir non dissimulé du voyage, ils ont su à leur manière m’encourager à poursuivre cette pérégrination. Je tiens à remercier vivement les membres du Laboratoire d’Anthropologie Sociale de Toulouse (CAS) qui à l’époque ont su m’accueillir dans les sympathiques locaux de la rue du Taur. Je pense plus particulièrement à Jean-Pierre Albert qui, par sa générosité et sa patience bienveillante, a su m’orienter dans les méandres de la rédaction. Je tiens aussi à porter un remerciement chaleureux à Dominique Blanc qui par sa disponibilité et surtout son écoute m’a réorienté sur la thématique de l’écriture. Ce travail n’aurait pas pu être publié sans l’aide amicale et le soutien de Franck Michel. De même qu’une partie de ce travail n’aurait pu être envisageable sans l’autorisation de l’équipe de Lonely Planet Paris et plus particulièrement de Didier Buroc qui à l’époque m’a donné un libre accès au courrier des lecteurs. Enfin, je souhaite témoigner ma reconnaissance à tous les commentateurs et lecteurs successifs de ce travail qui ont bien voulu examiner les premières épures et suivre les nombreuses étapes de ce travail. Je ne peux les nommer tous, mais j’ai une pensée particulière pour les plus assidus Claire Marlhoux, Stéphane Mathé, Mariannick Martin, Frédéric et Fabien Rames, Vincent Martel, Bébert M. et à tous les autres qui se reconnaîtront entre ces lignes. Chacun à sa manière a apporté un savoir, une critique, un soutien décisif qui ont été essentiels pour la finalisation et la matérialisation de cette formidable expérience.
Préface
De l’écriture en voyage à l’écriture du voyage
« On a souvent plus de profit à lire les voyageurs qui écrivent que les écrivains qui voyagent » Nicolas Bouvier
Et l’anthropologue ? Est-il plutôt un voyageur ou un écrivain ? Les deux assurément même si l’une ou l’autre fonction/tendance peut ici ou là l’emporter ! Stéphane Courant, quant à lui, comme tout « anthropologue du voyage » qui se respecte, est d’abord un passeur d’altérités, ce en quoi il est forcément un peu – ou beaucoup – des trois : voyageur, écrivain, anthropologue. Le thème et le titre du présent ouvrage confortent cette multifonctionnalité. Aboutissement d’une thèse en anthropologie, soutenue en 2010, ce livre de Stéphane Courant propose une belle interaction entre d’une part l’univers du tourisme et des voyages et de l’autre celui des sciences de l’homme et de la littérature. Ce travail de longue haleine s’est également inscrit sur un vaste terrain, davantage d’ailleurs d’un « terrain » de non-lieux durables que de lieux trop bien définis, même si l’Asie du Sud-Est occupe ici – géographiquement – une place de choix. Comme il le précise dans les pages qui suivent, l’auteur a fait du voyage, de l’analyse qu’il en donne et de son interprétation par les autres, l’essentiel de son terrain de recherche. Il décrypte les nouveaux rites et pratiques du voyage à l’œuvre, notamment auprès des jeunes occidentaux en quête d’ailleurs sinon d’exotisme. Avec une belle plume, Stéphane Courant
9
explore cette anthropologie desécritures de voyageà travers un corpus à la fois vaste mais en faisant preuve de synthèse en allant souvent à l’essentiel dans son propos. Il montre dès son introduction l’originalité de son approche dans un contexte actuel – mondialisation oblige – de refondation de l’anthropologie à la recherche de nouveaux terrains et donc aussi d’un nouveau souffle. Il écrit ainsi qu’en «s’écartant des sociétés traditionnelles, l’anthropologie s’ouvre à des problématiques contemporaines et proches de nous, à la condition que cette discipline sorte de certains réflexes ou stéréotypes. Notre sujet en est un exemple». Même si l’auteur focalise sa thématique sur « le visiteur et sa culture c’est-à-dire sur les voyageurs », il esquisse ici ou là une belle et originale réflexion sur les relations visiteurs-visités, au cœur de la philosophie du voyage, mais également une analyse bienvenue sur les liens ambigus entre touristes-voyageurs et ethnologues-chercheurs. Mais le matériau ici de référence est l’écriture ou plus exactement les formes plurielles des écritures appliquées au monde du voyage. Tour à tour, il dresse le panorama d’une «ethnographie des écritures ordinaires de voyage», des écritures multiples allant des classiques journaux ou carnets aux actuels blogs de voyage. Il met en exergue comment l’on passe aussi, avec le temps et le changement des mentalités, d’uneécriture privéeà unecommunication publique. On voit aujourd’hui, à côté des atouts et des attraits de cette évolution, les possibles dérives qui aussi en découlent… Cette étude fine sur les écrits de voyage renvoie évidemment aux notions d’Ego et de Mémoire, il s’agit pour les voyageurs transformés en écrivains plus ou moins confirmés – et l’auteur le décrit bien – de laisser des traces et des éléments biographiques, pour exister, pour durer, bref être tout simplement et laisser une trace si possible… Stéphane Courant détaille son analyse à partir des carnets de voyage, peut-être la forme d’écriture la plus répandue et significative car elle s’avère susceptible de devenir un véritable «outil d’interrogation de soi». Dans l’un des chapitres, il évoque à bon escient l’utilisation du «‘je’ dans le carnet de voyage» et débat de l’importance – dans le voyage comme dans le récit de vie/dans la vie – de la «recherche» et de la «conquête de soi», sans négliger le «sentiment d’existence». Pour les voyageurs qui optent pour le stylo – aujourd’hui c’est plutôt la souris ! – le souci du détail (voire l’anecdote) prime plus que tout, un souci qui précisément permet de renforcer l’expérience/épreuve du vécu. A partir de ses investigations, de ses implications aussi, Stéphane Courant se penche évidemment aussi sur la figure emblématique du touriste en faisant appel aux typologies et aux analyses parues à ce sujet pour ensuite les confronter aux récits qu’il a lui-même dénichés au cours de son travail. Il montre par ailleurs qu’écrire en voyage n’est pas écrire après son voyage, le regard et la perception n’étant plus les mêmes, ce qu’il explique fort bien en
1
0
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.