Bretagne Nord 2 - Comprendre la Bretagne Nord et Bretagne Nord pratique

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Publié le : jeudi 2 août 2012
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EAN13 : 9782816127997
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La Bretagne aujourd’hui

Dans une société mondialisée, la Bretagne, petit bout de terre excentré, semble bien loin des grandes métropoles européennes. Et pourtant, avec l’une des diasporas les plus importantes de Français à l’étranger (de 5 à 6 millions de Bretons expatriés), un “made in Breizh” qui n’en finit pas de s’exporter, et un renouveau celtique au fort capital sympathie, la région rayonne bien au-delà de ses frontières.


Population : 3 149 700 (2008)

Superficie : 27 208 km2

PIB : 82 milliards d’euros

Chômage : 7,8 % en 2010 (9,3 % au niveau national)



Quelques chiffres

2e région française pour le nombre de sites classés

4e région française pour l’enseignement supérieur

5% de Bretons dans la population française

200 000 : nombre de locuteurs bretons

59 : nombre d’espèces d’oiseaux rares présents en Bretagne sur les 119 recensées à l’échelle européenne

Départements

Côtes-d’Armor (22)

Finistère (29)

Ille-et-Vilaine (35)

Morbihan (56)

Économie

7e économie régionale française

1re région agricole européenne

1re région française pour la production de lait

1re région française pour la production de légumes

1re région française pour l’élevage de porcs et de volailles

1re région française pour la pêche

4e région touristique française en nombre de nuitées

6e région française en matière de dépenses en recherche et développement

Marées noires

1967Torrey Canyon

1976Boehlen et Olympic Bravery

1978Amoco Cadiz

1979Gino

1980Tanio

1999Erika

2011TK Bremen

Vive le terroir!

Les appellations d’origine contrôlée (AOC) bretonnes :

Cidre de Cornouaille

Coco de Paimpol

Moules de Bouchots de la baie du Mont-Saint-Michel

Oignons de Roscoff

Pommeau de Bretagne

Agneau de pré-salé du Mont-Saint-Michel

Sites de référence

Rennes/Nantes métropoles (http://nantesrennes.fr)

Chambre de commerce et d’industrie de Bretagne (www.bretagne.cci.fr)

Site officiel du tourisme en Bretagne (www.tourismebretagne.com)

Ouest-France (www.ouest-france.fr)

Les musées de Bretagne (www.bretagne-musees.culture.fr)

Les îles

Longueur (L) et largeur (l) :

Batz L 3 km, l 1,5 km

Belle-Île-en-Mer L 17 km, l 9 km

Bréhat L 3,5 km, l 1,5 km

Groix L 8 km, l 4 km

Molène L 1,2 km, l 0,8 km

Ouessant L 8 km, l 4 km

Sein L 1,8 km, l 0,5 km


Urbanisation et croissance démographique

Rurale et maritime, la Bretagne, avec ses 27 208 km2 de superficie partagés entre l’Argoat et l’Armor, l’est indéniablement. Son réseau urbain se révèle néanmoins particulièrement dense. En dehors des 8 bassins d’agglomération de plus de 30 000 habitants (autour de Rennes, Saint-Malo, Saint-Brieuc, Lannion, Brest, Quimper, Lorient et Vannes), auxquels il faut ajouter Nantes et Saint-Nazaire en Loire-Atlantique, de nombreuses villes petites et moyenne ponctuent la région, notamment le long du littoral. Ces dernières années, un phénomène d’étalement s’est opéré, floutant de plus en plus la frontière entre espace urbain et rural, ce dernier voyant son territoire diminué.

Riche de plus de 3 millions d’habitants (5,1% de la population nationale), la Bretagne connaît également une forte croissance démographique, bien supérieure à la moyenne nationale, stimulée par les nouveaux arrivants. De terre d’émigration elle s’est en effet transformée en terre d’accueil, de plus de 30 ans et de retraités pour l’essentiel, attirés par son littoral, ses performances économiques et son dynamisme culturel.

Agriculture et pêche, piliers de l’économie

Première région agricole française et européenne et première région française pour la pêche, la région concentre plus de 16% des emplois français de l’industrie agroalimentaire et 34% des emplois des entreprises de transformation des produits de la pêche. Côté pêche, plus d’un tiers des marins français sont bretons et la région assure 50% de la production ostréicole nationale. Du côté de l’agriculture, le modèle productiviste breton, soutenu à partir des années 1960 par la PAC (politique agricole commune), a longtemps fait figure d’exemple.

Récemment, la concurrence des pays émergents, le coût des carburants et des investissements, les quotas imposés à la pêche et la réforme de la PAC ont fragilisé ces deux piliers. Les agriculteurs ont subi une baisse importante de leurs revenus, quand les pêcheurs ont, en l’espace de deux décennies, enregistré une diminution de près de la moitié de leurs effectifs. La pollution est un autre facteur important de remise en cause de ces deux activités : pour l’agriculture parce que son modèle intensif est une menace contre l’environnement, pour la pêche car elle est victime des dégradations environnementales (Cliquez ici).


Le journal Ouest-France, diffusé sur tout le Grand-Ouest à travers ses 46 éditions, est le premier quotidien français.


Une économie industrielle et tertiaire performante

Outre l’industrie agroalimentaire et celle du poisson, la Bretagne a su se doter de nombreux pôles d’excellence, au nombre desquels l’automobile et l’électronique – auxquels sont associés de grands groupes comme Alcatel, Peugeot, Thalès, etc. –, ainsi que la construction navale, essentiellement concentrée à Brest et Saint-Nazaire. Forte d’une longue tradition universitaire, la Bretagne est très bien placée dans les domaines de la recherche, de l’enseignement et des nouvelles technologies. Depuis l’installation du Centre national d’études des télécommunications en 1960 dans les Côtes-d’Armor, le département concentre près de la moitié des activités de recherche en télécommunication de la France – le Minitel, Numéris ou encore la TV Haute Définition sont nés en Bretagne. Un réseau dense de sous-traitants a essaimé autour de ces grands pôles pour, en définitive, placer la Bretagne au nombre des rares régions françaises qui créent toujours des emplois dans l’industrie. Le secteur tertiaire est pour sa part en pleine expansion, conséquence directe de l’arrivée de nombreux retraités et du développement touristique (9 millions de touristes en 2008). Au final, ce sont 3 Bretons sur 4 qui travaillent dans le tertiaire.


L’artificialisation des sols est 2,7 fois plus élevée sur le littoral que sur le reste du territoire.


Grands projets

Avec l’élection de Daniel Delaveau à Rennes en 2008 (successeur d’Edmond Hervé, maire de la ville depuis 1977), et avec Jean-Marc Ayrault, maire de Nantes depuis 1989, Rennes et Nantes ont accéléré leur rapprochement, qui correspond à une réalité politico-historique. Une coopération fructueuse s’est opérée autour de 5 chantiers : la mobilité, l’enseignement supérieur et la recherche, l’attractivité, la culture et le tourisme. Le projet d’aéroport international du Grand Ouest, qui devrait être effectif en 2017, et qui remplacerait celui de Nantes-Atlantique, entérinerait un rapprochement géographique entre les deux capitales. La création d’une nouvelle ligne ferroviaire permettant de relier les deux villes en 45 minutes est également à l’étude. Parallèlement, deux lignes à grande vitesse (LGV) entre Rennes et Paris et Nantes et Paris sont prévues d’ici à 2014, et réduiront le temps de trajet à 1 heure 30 seulement pour la première, 1 heure 50 pour la seconde.

Ces grands projets, qui n’en forment en réalité qu’un seul, et qui visent à désenclaver la façade ouest européenne, font cependant l’objet d’une vaste polémique. Le coût exorbitant des travaux et les dégâts environnementaux qu’ils impliquent soulèvent de nombreuses questions. D’autre part, des voix s’élèvent contre le lobbying Rennes-Nantes dont les projets ont relégué au second plan la modernisation des lignes Rennes-Brest et Rennes-Quimper, villes qui devaient voir leur temps de trajet depuis Paris réduit à 3 heures.


La réserve ornithologique des Sept-Îles (au large de Perros-Guirec) est la plus ancienne de France (1912).


Défis environnementaux

Terre d’accueil de plus de la moitié des espèces d’oiseaux d’Europe, deuxième région à l’échelle nationale en nombre de sites classés, côtes sauvages, abers, forêts et landes à n’en plus finir… la Bretagne est une terre riche et menacée. Atteinte à la qualité des eaux, marées vertes, bouleversement paysager du bocage, inondations à répétitions… autant de dégradations environnementales engendrées en grande partie par l’agriculture, dont le modèle productiviste est aujourd’hui remis en question. À cela s’ajoute l’étalement urbain qui grignote campagnes et littoral. Sans oublier bien sûr les épisodes désastreux des marée noires, 8 en quarante ans, au nombre desquelles celles, tristement célèbres, de l’Amoco Cadiz, de l’Erika et, dernière en date, qui sonne comme une douloureuse piqûre de rappel bien qu’elle se soit avérée de moindre ampleur, celle du TK Bremen, échoué à Erdeven fin 2011. Conséquence directe : si la moitié de la production ostréicole nationale est produite par la région, la menace de la pollution des eaux pèse lourd : les huîtres meurent de maladies dans des proportions extrêmement préoccupantes.

La problématique du développement durable, ou comment concilier enjeux économiques et environnementaux, est cruciale pour définir la Bretagne de demain. Un enjeu auquel les Bretons, traditionnellement mobilisés, individuellement ou collectivement (en témoigne le réseau dense d’associations locales qui militent pour le respect de l’environnement), auront à répondre dans les prochaines années.

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Histoire

La Bretagne s’est sentie distincte de l’ensemble français tout au long de son histoire : des racines celtes, une duchesse devenue deux fois reine de France pour sauver l’indépendance de sa région, un traité d’Union avec la France accepté du bout des lèvres et rarement respecté, une révolution aux répercussions différentes en Bretagne qu’ailleurs, un peuple de marins qui fit voile sur toutes les mers du globe…


Pour être incollable sur l’histoire bretonne, ne partez pas sans votre Dictionnaire d’histoire de Bretagne (Éditions Skol Vreizh, 2008). On y parle aussi bien des paysages que des abbayes ou des crêpes.


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L’ÂGE DES MÉGALITHES

On sait peu de choses des premiers habitants de l’Armorique, dont la présence est attestée dès le paléolithique. Les traces les plus anciennes sont les menhirs et les dolmens disséminés dans l’actuelle Bretagne, dont les plus célèbres sont ceux de Carnac. La signification de ces édifices de pierre fait l’objet d’incessantes querelles d’experts. Érigés au néolithique, entre 6000 et 2000 av. J.-C., ils auraient eu une signification religieuse, voire astrologique, et de prestige.

Le néolithique correspond à une période au cours de laquelle l’homme commence à se sédentariser et à développer des méthodes d’élevage et de mise en culture. L’édification de mégalithes correspond à un “marquage de territoire” par des hommes qui s’enracinent dans un espace donné.

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AU TEMPS DE L’ARMORIQUE

L’arrivée des Celtes, à partir du VIe siècle av. J.-C., constitue le premier grand événement fondateur de la culture bretonne. Originaire du sud de l’Allemagne, ce peuple conquérant baptise la péninsule Armorique – d’Armor, le “pays de la mer”. Cinq groupes celtes se partagent le territoire : les Namnètes (au sud), les Vénètes (principalement dans le Morbihan), les Redones ou Rhedones (à l’est), les Osismi ou Osismiens (à l’ouest) et les Coriosolites (au nord-est).

Les Celtes semblent avoir pénétré progressivement en Armorique et s’y être intégrés sans heurts avec les populations locales. Parfois décrits comme “les plus raffinés des Barbares”, ce sont d’habiles techniciens, notamment dans le travail du bois, du fer et de la céramique. Les archéologues ont mis au jour des vestiges d’art celte étonnants par la finesse de leurs motifs. L’apport celte en Bretagne est également d’ordre politique : avec eux, la péninsule hérite en effet d’un mode d’organisation sociale hiérarchisé.

Les Vénètes, groupe celte le plus puissant, notamment sur mer, seront le frein principal à la conquête romaine, commencée vers 125 av. J.-C. L’avancée des légions de César en Gaule marque cependant un point décisif en Armorique, lorsque la flotte vénète est vaincue au large du golfe du Morbihan, en 56 av. J.-C. La défaite annonce le début de quatre siècles de pax romana en Bretagne.

Administration, urbanisation, construction de voies complétant le réseau celte préexistant… Rome réalise en Armorique ce qu’elle a fait ailleurs. Il semble cependant que l’Armorique ait réussi à préserver une certaine part de son originalité à cette époque. À plus forte raison à partir de la fin du IIIe siècle, lorsque les problèmes internes des empires romains contribuent à lâcher la bride à la Bretagne.

Intervient alors la deuxième grande vague d’immigration vers la péninsule. Du IVe au VIIe siècle, de nombreux Brittons – nom donné alors aux habitants de l’actuelle Grande-Bretagne, les Celtes de la Britannia romaine – s’implantent en Armorique. Ce mouvement de population trouve vraisemblablement son origine tant dans les problèmes internes que connaît la Britannia, menacée par les Scots d’Irlande, que dans la volonté des Romains de favoriser le peuplement de l’Armorique. Les nouveaux venus partagent une évidente proximité culturelle avec les peuples armoricains. Leur implantation, comme semble l’attester l’étymologie des noms de lieux, se fait donc en douceur. Cette époque est aussi celle de l’évangélisation de la Petite Bretagne.

Au VIIIe siècle, le peuple breton, désormais formé, commence à écrire une autre page de son histoire : celle de ses rapports avec l’ensemble français.


Contemporains des civilisations du néolithique (6000-2000 av. J.-C.), les mégalithes sont bien antérieurs à l’arrivée des Celtes et des Bretons – à titre de comparaison, les pyramides datent de 2600 ans avant notre ère.



Certains historiens voient dans la délicatesse de l’architecture gothique des édifices religieux bretons la réminiscence de l’art celtique, réputé pour sa finesse.


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LA CRÉATION DU ROYAUME DE BRETAGNE

La Bretagne intéresse les rois francs dès le VIIe siècle. Les deux camps alternent victoires et défaites. En 799, Charlemagne soumet la région, mais, en 845, les chefs bretons conduits par Nominoë, qui a rassemblé toute la Bretagne sous son autorité, battent l’armée franque de Charles II le Chauve. Ce dernier doit signer un traité garantissant la paix à la Bretagne. Ce premier pas vers l’indépendance est conforté quelques années plus tard par la victoire de Jengland. Par le traité d’Angers, Charles II le Chauve accorde les insignes de la royauté à Erispoë, fils de Nominoë, et lui cède les comtés de Rennes et de Nantes. Les Bretons, dès lors, sont maîtres en Bretagne. Mais, minés par les luttes intestines, ils doivent faire face aux Normands, qui multiplient raids et pillages en Armorique. La progression des Normands est arrêtée à Dol, en 936, par Alain Barbetorte, qui devient duc de Bretagne l’année suivante.


Si les Celtes ont atteint l’Espagne, l’Italie et l’Asie Mineure, c’est cependant dans les îles britanniques que leur héritage est le plus présent. Le pays de Galles, l’Irlande, l’Écosse et la Cornouaille sont les principaux pays de culture celtique.



Alain Croix a signé un ouvrage réjouissant : La Bretagne, entre histoire et identité (Découvertes Gallimard, 2008), richement illustré comme tous les titres de cette collection. Il vous emmène dans la grande et la petite histoire bretonne, de l’Armorique à la Route du Rhum.


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DUCS EN LEUR ROYAUME

Le terme de duc révèle à lui seul le lien ambigu qui lie la France à la Bretagne. S’ils agissent en souverains, les ducs de Bretagne restent en effet désignés sous un terme qui offre l’avantage de faire peu d’ombre à la couronne de France. L’indépendance des ducs et de la Bretagne reste un exercice délicat.

Délaissant l’épée, c’est maintenant la diplomatie qu’utilise la France. Elle favorise notamment le mariage d’Alix, héritière du duché de Bretagne, avec un Capétien, Pierre Mauclerc, en 1213. Ce dernier règne sur le duché jusqu’en 1237. La manœuvre française tourne court : dix ans après son accession à la tête du duché, Mauclerc se rapproche de la Grande-Bretagne, signifiant ainsi à la France que la Bretagne entend bien rester maîtresse de son indépendance. Dès lors, rien n’empêche plus les ducs de conforter leur autorité, de lever des impôts, d’organiser l’administration. La Bretagne féodale est en place, avec ses paysans, sa noblesse et son clergé déjà puissant.

La guerre de succession de Bretagne (1341-1365) éclate lorsque le duc Jean III meurt sans enfant. Deux prétendants s’affrontent : Jean de Montfort, son demi-frère, allié aux Anglais, et Charles de Blois, son neveu par alliance, époux de Jeanne de Penthièvre, plus proche de la couronne de France et soutenu par Bertrand Du Guesclin. La France et le duché de Bretagne entrent en guerre contre l’Angleterre : sièges et attaques sanglantes, comme celle de Quimper, se succèdent, ponctués par des épisodes “héroïques”, tel le “combat des Trente” en 1351, opposant 30 guerriers de chaque camp en un combat fratricide, et par les exploits du chevalier Du Guesclin. Ces années de combats confus prennent fin avec la bataille d’Auray, en 1364. L’année suivante, le traité de Guérande scelle la victoire du clan Montfort et reconnaît Jean de Montfort comme duc sous le nom de Jean IV – il régnera de 1365 à 1399.

Une nouvelle crise survient en 1373, lorsque les liens du duc avec les Anglais lui valent des inimitiés (tant en Bretagne qu’à la cour de France) qui le poussent à se réfugier outre-Manche. En 1378, le roi Charles VI en profite pour lui confisquer des terres, soulevant la réaction des Bretons qui rappellent alors leur duc. En 1381, le second traité de Guérande rétablit Jean IV sur le trône ducal, tandis que les partisans des Montfort et des Penthièvre, cette fois unis contre le roi de France, mettent fin à leur ancienne rivalité.

Malgré cette crise, on peut dire qu’entre 1365 et 1488, période de la suprématie du clan Montfort, l’autorité du duché de Bretagne ne cesse de se raffermir. Les ducs ne rendent plus qu’un hommage théorique au roi de France. Ils ont des représentants auprès du pape, délèguent des ambassadeurs et s’entourent d’un conseil et d’assemblées d’états actifs au niveau local, notamment dans la collecte de l’impôt. Nantes est alors la capitale du duché : le duc François II, qui règne de 1458 à 1488, décide d’y faire édifier son château à partir de 1466.

Dans la même période, la Bretagne s’affirme aussi sur mer. Les navires bretons approvisionnent notamment l’Angleterre en sel et en vin.


Anne de Bretagne est l’unique héritière du duché à la mort de son père, François II, en 1488. Duchesse à l’âge de 12 ans, elle régnera jusqu’à sa mort, en 1514, après avoir été deux fois reine de France.


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ANNE DE BRETAGNE : LE CŒUR ET LA RAISON

La Guerre folle des grands seigneurs contre la monarchie, alors que le roi Charles VIII est mineur, va précipiter le sort de la province. La France envoie ses troupes en Bretagne en 1487 et occupe plusieurs villes, dont Nantes. Le duc François II trouve la mort à la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier, en 1488. Le traité du Verger, signé à la suite de la défaite, annonce la fin du rêve d’une Bretagne indépendante. Les clauses stipulent en effet que l’unique héritière du duché, Anne, ne peut se marier sans l’accord du roi de France. Pour sauver le duché, la duchesse veut convoler, en 1490, avec Maximilien d’Autriche afin d’obtenir la protection du puissant Empire germanique. Sa tentative échoue et elle se résout à épouser Charles VIII en 1491.

Le destin d’Anne de Bretagne est décidément hors pair : elle sera deux fois reine de France. Après la mort (sans descendance) de Charles VIII, elle épouse Louis XII, son successeur, en 1499. Ce second mariage est régi par un contrat qui garantit encore la souveraineté d’Anne de Bretagne sur le duché; cette union n’engage pas le destin des États. Il en va autrement à la mort de la duchesse, en 1514.

Sa fille Claude, héritière du duché, épouse François d’Angoulême qui devient roi de France, l’année suivante, sous le nom de François Ier. Le rêve d’une Bretagne indépendante s’éloigne alors irrémédiablement de la réalité.

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UNE UNION TROUBLÉE

Le 18 septembre 1532, le traité d’Union entre la Couronne de France et le duché de Bretagne précise les droits et les privilèges conservés par le duché : les Bretons ne seront soumis qu’aux impôts décidés par les États de Bretagne et jugés par des tribunaux bretons; seuls des Bretons peuvent, par ailleurs, accéder aux charges ecclésiastiques. La Bretagne, en clair, a droit à la différence, même si elle est dorénavant dirigée par un gouverneur, représentant du roi. En 1554, le parlement de Bretagne, garant historique des libertés bretonnes, est créé. Son siège, d’abord fixé à Nantes, est transféré à Rennes, plus proche de Paris, en 1561.

Les dernières années du XVIe siècle sont troublées par les guerres de Religion. En Bretagne, leur coup d’envoi est donné par le duc de Mercœur, alors gouverneur, qui rejoint en 1588 la Ligue, mouvement de défense des catholiques contre les protestants. Politiquement, la Ligue s’oppose à la venue sur le trône d’un roi protestant, le futur Henri IV. Appuyée par les paysans, elle entre en conflit ouvert avec la royauté et prend localement le visage du brigandage. L’édit de Nantes, signé en 1598, garantit la liberté de culte des protestants et met fin au conflit.


Louis XIV a fait de Brest l’un des quatre ports militaires du royaume. En 1631, Richelieu décide la construction du port et de l’arsenal. Dès lors, le sort de la ville est lié à la Marine et à la construction navale.


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