Chili et île de Pâques 3 - Sud de la Patagonie

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Publié le : jeudi 3 janvier 2013
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EAN13 : 9782816135091
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Pourquoi y aller

Un vent d’ouest entêtant, d’arides paysages marins et les pics déchiquetés du parc national Torres del Paine : telle est la quintessence de la Patagonie. Les provinces de Magallanes et d’Última jouissent d’un attrait frontalier auquel seules peuvent prétendre l’Amazonie profonde ou le lointain Alaska. Les glaciers ciselaient et sculptaient ces somptueux paysages bien avant que les humains n’y fassent leur apparition. Aujourd’hui, ils offrent au voyageur un terrain où composer ses plus belles aventures, qu’il s’agisse d’explorer sac au dos des paysages accidentés, d’observer des colonies de manchots ou d’arpenter la steppe à cheval.

Le Parque Nacional Torres del Paine, l’un des plus beaux du continent, est l’attraction phare de la région et reçoit des centaines de milliers de visiteurs chaque année. Dans toute la région, il est aisé et judicieux d’aller et venir entre le Chili et l’Argentine. C’est pourquoi vous trouverez également dans ce chapitre les principales curiosités de la Patagonie argentine.

Quand partir


Déc-fév Les mois les plus chauds, propices à la visite d’estancias et aux grandes randonnées.

Mi-oct à début mars La faune côtière abonde, notamment les manchots et les oiseaux marins.

Mars-avr Le vent d’été retombe, laissant place aux chaudes couleurs automnales.



À ne pas manquer

Les sentiers reculés du Parque Nacional Torres del Paine

Les colonies de manchots de l’Isla Magdalena

Les pics accidentés du massif du Fitz Roy et El Chaltén, la capitale argentine de la randonnée

Une chevauchée avec les gauchos, suivie d’un feu de camp dans une estancia de Seno Skyring

Une bonne bière locale, un massage et de délicieux repas à Puerto Natales

La steppe volcanique du Parque Nacional Pali Aike, encore méconnu

Les contours bleutés du glacier Perito Moreno et son front dominant la mer de 60 m de hauteur.


Histoire

Ainsi que l’attestent les grottes d’Última Esperanza, les Tehuelches peuplaient la Patagonie depuis 10 000 ans av. J.-C. lorsque, en 1520, Ferdinand Magellan fut le premier Européen à visiter la région. Celle-ci commença à se développer lorsque la ruée vers l’or californienne y apporta le commerce, grâce aux bateaux qui reliaient l’Europe, la Californie et l’Australie.

Vers la fin du XIXe siècle, l’installation d’estancias (ranchs) et le boom de la laine eurent des répercussions massives sur la Patagonie, chilienne comme argentine. La fortune de quelques-uns se fit sur le dos des populations natives, qui furent pratiquement anéanties par les maladies et la guerre. L’inauguration du canal de Panama en 1914 réduisit le trafic autour du cap Horn et la région perdit de son importance internationale.

Aujourd’hui, les pêcheries, la sylviculture, les petites réserves de pétrole et la production de méthanol, ajoutées à une industrie touristique en pleine expansion, assurent à la région une relative prospérité.

Parcs nationaux et réserves

Le sud de la Patagonie abrite quelques-uns des parcs les plus réputés du continent. La plupart des visiteurs ne manquent pas la découverte du Parque Nacional Torres del Paine ; ils en profitent pour faire un saut en Argentine au Parque Nacional Los Glaciares, accessible par El Chaltén (Cliquez ici) pour la randonnée, ou par El Calafate pour voir le glacier Perito Moreno. Plus reculé, le Parque Nacional Bernardo O’Higgins est accessible par bateau depuis Torres del Paine. Le long de la frontière s’étendent les paysages désolés, totalement différents, du Parque Nacional Pali Aike.

La manière la plus simple de se rendre dans le sud de la Patagonie est de prendre l’un des nombreux vols quotidiens depuis Santiago ou Puerto Montt jusqu’à Punta Arenas – ou au départ d’autres grandes villes chiliennes, mais les vols sont moins fréquents. Vous disposez aussi du ferry de la compagnie Navimag qui va de Puerto Montt à Puerto Natales (voir), ou du bus au départ de Puerto Montt, qui passe par l’Argentine avant de retraverser la frontière jusqu’à Punta Arenas – un long périple.

Contrairement à la plupart des routes patagonnes, celles qui entourent Punta Arenas sont asphaltées et lisses. Les bus à destination des principales destinations sont fréquents, mais il vaut mieux réserver en été. Il faut prendre l’avion ou le ferry pour aller à Porvenir ou à Puerto Williams, en se méfiant des horaires qui changent fréquemment.

Les transports entre l’Argentine et le Chili sont fréquents et faciles. Passer la frontière fait partie du quotidien pour les habitants de la région. Dans ce chapitre vous trouverez les destinations les plus fréquentées par les voyageurs chiliens. Les Canadiens ne paient pas une deuxième fois le droit d’entrée au Chili (140 $US) lorsqu’ils y reviennent car il est valable pour toute la durée de validité du passeport. Il n’y a pas de consulat argentin entre Puerto Montt et Punta Arenas, et si vous avez besoin d’un visa avant d’arriver dans l’une de ces deux villes, il faudra vous le procurer au consulat argentin de Santiago.

Ne traversez pas la frontière si personne ne peut tamponner vos papiers, vous risqueriez d’être expulsé du pays. Les postes-frontières les plus utilisés sont Cancha Carrera, entre Torres del Paine et El Calafate, Monte Aymond, entre Punta Arenas et Río Gallegos.

Des bus fréquents relient Puerto Natales aux villes argentines d’El Calafate et El Chaltén, ainsi qu’à Punta Arenas et Ushuaia. Si vous allez en bateau d’Ushuaia à l’Isla Navarino, au Chili, assurez-vous de passer à la douane à l’aéroport.

Pour en savoir plus sur les destinations argentines mentionnées ici et le reste du pays, procurez-vous le guide Argentine de Lonely Planet.

MAGALLANES

On a peine à croire que cette terre malmenée par les éléments est peuplée depuis des milliers d’années. Si ses habitants actuels n’ont rien à voir avec ceux d’autrefois, qui parcouraient les canaux en canoë et chassaient le guanaco, ils sont tout aussi coupés du reste du continent par des montagnes redoutables et des eaux glaciales. Le reste du Chili n’est accessible que par les airs ou la mer, ou par la route en traversant la Patagonie argentine. C’est précisément cet isolement qui séduit les visiteurs (en plus de l’hospitalité).

Bien que Punta Arenas, la capitale régionale, offre tout le confort d’une grande ville chilienne, le reste de la région est sauvage et désolé. Ici, les visiteurs expérimentent pleinement ce sentiment de bout du monde propre aux pionniers.

L’économie moderne de Magallanes repose sur le commerce, la recherche pétrolière et la pêche. C’est une région prospère, jouissant des taux d’emploi et de scolarisation parmi les plus élevés, et des logements et services publics parmi les meilleurs.

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Punta Arenas

061 / 130 136 habitants

Cette grande métropole en bordure du détroit de Magellan a plusieurs facettes. Le port rénové et les splendides demeures des barons de la laine contrastent avec les tas de détritus et les bidonvilles. Le temps est rarement beau à Punta Arenas, et quand le soleil brille, c’est toujours entre deux averses.

Punta Arenas est une ville particulièrement décontractée. Comme dans le reste de la province, l’hospitalité est inhérente à la culture, malgré (ou du fait de) l’hostilité de la nature. Grâce à sa prospérité récente, due à l’essor de l’industrie du pétrole et à l’accroissement de la population, la vie y est plus douce. La ville aurait même un certain charme si, parallèlement à sa rénovation, ne fleurissaient les boutiques de duty free et les gigantesques galeries marchandes de la périphérie qui semblent donner le ton pour le futur.

Carrefour de communications, Punta Arenas, avec ses nombreuses infrastructures pour les voyageurs, constitue un bon point de départ pour la Terre de Feu, Torres del Paine et l’Argentine. De plus en plus nombreux, les croisiéristes et les randonneurs ont pris la place des explorateurs, chasseurs de phoques et marins d’hier.

Histoire

Fondée il y a à peine plus de 150 ans, Punta Arenas était à l’origine une garnison militaire et un pénitencier. Plus tard, elle fut une base idéale pour les navires à destination de la Californie pendant la ruée vers l’or. Comparée à la première colonie chilienne de Fuerte Bulnes, à 60 km au sud, la cité jouissait d’un port mieux protégé et d’un accès plus pratique au bois et à l’eau. Désigné sous le nom de Sandy Point (“endroit sablonneux”) sur les cartes maritimes anglaises, la ville prit ensuite pour nom sa traduction espagnole. À ses débuts, la ville vécut de ses ressources naturelles : peaux de phoques et de guanacos, plumes d’oiseaux, produits minéraux (dont le charbon et l’or), guano ou bois. Il fallut toutefois attendre le dernier quart du XIXe siècle pour que l’économie décolle, lorsque le gouverneur territorial autorisa l’achat de 300 moutons de pure race aux Malouines. Une expérience couronnée de succès qui encouragea les investissements dans l’élevage de moutons : au début du siècle suivant, près de deux millions d’animaux paissaient sur le territoire.

De véritables empires de commerce et d’élevage furent bâtis sur le dos d’une main-d’œuvre d’immigrants étrangers, parmi lesquels des Anglais, des Irlandais, des Écossais, des Croates, des Français, des Allemands, des Espagnols, des Italiens et d’autres. Les origines de nombreux habitants actuels remontent à ces colons et l’on retrouve les traces de ces migrations de masse dans le nom des rues et sur les pierres tombales du cimetière. Les cérémonies religieuses sont encore célébrées en anglais, et les demeures érigées par les plus fortunés sont aujourd’hui transformées en hôtels, banques et musées.

À voir et à faire

La Plaza Muñoz Gamero, aussi appelée Plaza de Armas, marque le centre de la ville. Les noms de rues changent de chaque côté de la place. Les adresses donnant sur la place portent le nom de Muñoz Gamero. La plupart des sites intéressants et des hébergements sont dans un périmètre restreint autour de ce centre. Les avenues España et Bulnes sont les deux grandes artères au nord de la ville (cette dernière mène à la grande zone commerciale en duty free appelée Zona Franca).

Plaza Muñoz Gamero      PLACE

Au cœur de la ville, la Plaza Muñoz Gamero, plantée de pins exotiques, est entourée de demeures opulentes. Au nord, la Casa Braun-Menéndez (la demeure de Sara Braun) abrite le Club de la Unión (241-489 ; entrée 1 000 $CH ; 10h30-13h et 17h-20h30 mar-ven, 10h30-13h et 20h-22h sam, 11h-14h dim). Le monument commémorant le 400e anniversaire du voyage de Magellan fut élevé par le baron de la laine José Menéndez en 1920. À l’est, l’ancienne Sociedad Menéndez Behety abrite aujourd’hui les bureaux de Turismo Comapa. La cathédrale est à l’ouest de la place.

Museo Regional Braun-Menéndez      MUSÉE

(244-216 ; Magallanes 949 ; entrée 1 500 $CH, gratuit dim ; 10h30-17h lun-sam, 10h30-14h dim l’été, jusqu’à 14h tlj en hiver). Cette magnifique demeure témoigne du faste et de la puissance des éleveurs de moutons établis à la fin du XIXe siècle. L’intérieur, bien conservé, abrite le musée d’Histoire et de magnifiques collections familiales d’Art nouveau français, notamment de beaux parquets marquetés, et de vases de Chine.

Au rez-de-chaussée, l’ancienne loge des domestiques a été reconvertie en café où l’on peut siroter un pisco sour en s’imprégnant de la grandeur du lieu.

Cementerio Municipal      CIMETIÈRE

(entrée principale Av Bulnes 949 ; 7h30-20h). Le Cementerio Municipal, l’un des plus fascinants cimetières d’Amérique du Sud, est un mélange de modestes sépultures d’immigrants (britanniques, allemands, scandinaves et yougoslaves) et de mausolées extravagants, comme celui du magnat de la laine José Menéndez. On y trouve aussi un monument dédié aux Selk’nams (Onas).Un plan est affiché sur la porte de l’entrée principale.

L’entrée principale du cimetière se trouve dans Bulnes, à 15 minutes à pied de la place. On peut aussi emprunter un taxi colectivo (taxi partagé avec itinéraire prédéterminé) devant le Museo Regional Braun-Menéndez, dans Magallanes.

Museo Naval y Marítimo      MUSÉE

(205-479 ; Pedro Montt 981 ; adulte/enfant 1 200/600 $CH ; 9h30-12h30 et 14h-17h mar-sam). Le Musée naval et maritime propose diverses expositions historiques, notamment une passionnante présentation de la mission chilienne qui sauva en 1917 l’équipe de l’explorateur britannique sir Ernest Shackleton en Antarctique et une réplique de bateau avec pont, cartes, graphiques et salle des radios.

Museo Regional Salesiano      MUSÉE

(221-001 ; Av Bulnes 336 ; entrée 2 000 $CH ; 10h-12h30 et 15h-18h mar-dim). Très influents lors de l’occupation de la région, les missionnaires salésiens ont collectionné de remarquables objets ethnographiques. Ce musée insiste sur leur rôle de pacificateurs entre les peuples yaghans et onas et les colons.

Instituto de la Patagonia      MUSÉE

Vous pourrez revivre l’époque des pionniers au Museo del Recuerdo (207-056 ; www.umag.cl ; Av Bulnes 01890 ; entrée 1 000 $CH ; 8h30-11h et 14h30-18h lun-ven) de l’Institut de Patagonie, qui fait partie de l’Universidad de Magallanes. Il abrite une collection d’outils agricoles et de machines industrielles anciennes, une bergerie destinée à la tonte des moutons, ainsi qu’une charrette de berger avec des roues en bois. La bibliothèque renferme des cartes historiques ainsi que des publications historiques ou scientifiques. Les colectivos à destination de la zone franche vous déposent en face de l’Institut.

Reserva Forestal Magallanes      RANDONNÉE, VTT

(entrée libre ; du lever au coucher du soleil). Ses denses forêts de hêtres blancs (lenga) et de coihue (Nothofagus dombeyi) en font un terrain de choix pour les amateurs de randonnée et de VTT. À 8 km de Punta Arenas.

Circuits organisés

Plusieurs excursions intéressantes d’une journée sont possibles, comme la visite de la pingüinera del Seno Otway (colonie de manchots ; (Cliquez ici)), située à 48 km au nord. Départ à 16h tous les jours, d’octobre à fin mars (à partir de 15 000 $CH), si le temps le permet.

Les excursions pour Fuerte Bulnes et Puerto Hambre, les premiers établissements humains de la ville, démarrent à 10h (entrée 1 000 $CH). Les deux sites peuvent être vus dans la même journée ; vous éviterez la foule en louant une voiture à plusieurs et en commençant la vsite par le second. La plupart des hôtels vous aident à organiser des excursions ou proposent leur propre circuit.

De nombreuses visites du Parque Nacional Torres del Paine sont possibles depuis Punta Arenas, mais le trajet est long. Mieux vaut se rendre à Puerto Natales pour organiser l’excursion.

Si vous avez du temps, préférez à Seno Otway les fringantes colonies de manchots de Magellan du Monumento Natural Los Pingüinos, sur Isla Magdalena. Un circuit en ferry de cinq heures (adulte/enfant 25 000/13 000 $CH) comprend un arrêt d’une heure sur l’île. Départ du port les mardis, jeudis et samedis, de décembre à fin février. Vérifiez les horaires auparavant. Réservez auprès de Turismo Comapa (200-200 ; www.comapa.com ; Magallanes 990) et apportez un pique-nique.

D’autres circuits sont proposés, pour le Parque Nacional Pali Aike notamment.


COUCHE D’OZONE : ATTENTION AU TROU ! JOCELYN TURNBULL

Au milieu des années 1980, les chercheurs britanniques de la station de Halley découvraient que le niveau d’ozone au-dessus de l’Antarctique au printemps était nettement inférieur au niveau habituel.

Peu après, ils purent isoler les coupables : les chlorofluorocarbones (CFC), gaz fabriqués par l’homme et utilisés dans les aérosols, la réfrigération, la climatisation, les solvants industriels, les inhalateurs contre l’asthme et la lutte contre les incendies.

L’ozone joue un rôle important dans l’absorption des rayons solaires et dans la régulation des températures et du vent. Le trou dans la couche d’ozone au-dessus de l’Antarctique a affecté le sud de la Patagonie plus qu’aucune autre région habitée de la planète, en particulier au printemps, où le trou atteint sa taille maximale. Les voyageurs doivent porter des lunettes de soleil et des chapeaux à large bord, ne pas lésiner sur la crème solaire et être particulièrement vigilants quant à l’exposition des enfants.

L’adoption et le renforcement du protocole de Montréal (1987) a permis de réduire les quantités de CFC dans cette zone, et l’ozone de l’Antarctique commence à se régénérer. Mais c’est un processus lent et il faudra au moins 50 ans avant que le niveau d’ozone redevienne normal.


Frieda Lange & Co      CIRCUIT ORGANISÉ

(613-991 ; www.friedalange.com ; Errázuriz 950 ; 8h-18h). On ne peut que recommander leurs innovantes visites de la ville et leur excursion à Fuerte Bulnes. Vous y trouverez une excellente sélection de livres sur l’histoire, la culture et la nature patagonnes.

Turismo Aonikenk      CIRCUIT ORGANISÉ

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