Chili et île de Pâques 3 - Sur Chico

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Publié le : jeudi 3 janvier 2013
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EAN13 : 9782816135060
Nombre de pages : non-communiqué
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Pourquoi y aller

Un spectacle à couper le souffle vous attend dans les régions de La Araucanía, Los Ríos et Los Lagos : volcans fumants au pic enneigé, lacs glacés couleur de jade et rivières tumultueuses, traversant les forêts anciennes et les villages des fiers Mapuches. S’il ne possède pas la rudesse sauvage de la Patagonie, le Sur Chico ne compte pas moins de sept parcs nationaux remarquables, certains abritant de splendides volcans coniques comme l’Osorno, qui domine toute la région telle une sentinelle. Il séduit à ce titre amateurs d’activités de plein air et d’aventures extrêmes. Au-delà de villes en pleine expansion à l’image de Temuco, Valdivia, Osorno et Puerto Montt, simples nœuds de communication pour le voyageur, les vraies beautés du Sur Chico résident dans ses charmants villages lacustres et montagnards, sa richesse architecturale et ses espaces naturels protégés aux paysages grandioses.

Quand partir


Jan-fév Les pluies sont moins abondantes que le reste de l’année mais un vêtement imperméable est malgré tout nécessaire.

Nov-mars Meilleure saison pour adimrer les fabuleux glaciers et couchers du soleil de Patagonie en ferry Navimag.

Jan L’un des mois les plus ensoleillés et la période de pointe pour l’ascension du volcan Villarrica.


Plan rapproché sur les pages suivantes


À ne pas manquer

Un circuit ethnotouristique à la découverte du site paradisiaque de Caleta Condor (voir l’encadré (Cliquez ici))

Un trek au milieu des paysages volcaniques lunaires des parcs nationaux de l’Araucanie : la Reserva Nacional Malalcahuello-Nalcas et le Parque Nacional Conguillío

Un périple de sept jours en traîneau à chiens à travers les Andes enneigées avec Aurora Austral Patagonia Husky

Les montées d’adrénaline quotidiennes à Pucón et à Puerto Varas

L’ascension du cratère fumant du volcan Villarrica

La randonnée à pied ou à cheval dans la vallée du Río Cochamó jusqu’aux splendides formations granitiques de La Junta

La baignade dans le cadre idyllique des Termas Geométricas (voir l’encadré (Cliquez ici))

Une nuit dans un hôtel de conte de fées au cœur de la Reserva biólogica Huilo-Huilo (voir l’encadré (Cliquez ici))


Histoire

Les expéditions des conquistadors espagnols vers le sud depuis l’actuelle Santiago étaient motivées par les récits faisant état de l’existence de métaux précieux et d’une main-d’œuvre indigène nombreuse et docile : l’Araucanie et la région des Lacs apparaissaient comme le territoire idéal pour la poursuite du rêve impérial. Mais c’était négliger les Mapuches, qui résistèrent à l’envahisseur européen avec une ténacité et un succès presque uniques sur le continent, et les colons durent attendre la seconde moitié du XIXe siècle pour accéder à la rive sud du Río Bío Bío.

Les Allemands, invités à s’installer dans la région des Lacs, laisseront une empreinte forte sur l’architecture, la gastronomie, l’industrie et la production laitière. Aujourd’hui, des millions de visiteurs chiliens et étrangers, ainsi que les riches Santiaguinos en quête de résidences secondaires, s’emploient plus que jamais à dompter et coloniser ce territoire jadis vierge. Les prix de l’immobilier flambent et les quelques centaines de milliers de Mapuches qui vivent encore là sont sans cesse repoussés plus loin dans la campagne. Le tourisme, l’exploitation du bois et l’élevage du saumon – malgré le quasi-effondrement de cette activité à la fin des années 2000 (voir l’encadré (Cliquez ici)) – déterminent désormais l’avenir de la région.

En 2007, la scission de la région des Lacs donna naissance à la XIVe région du Chili, Los Ríos (région des Fleuves). Valdivia retrouva alors le statut de capitale administrative qui lui avait été enlevé en 1974 par la junte militaire lors d’une campagne de restructuration régionale.

La plupart des visiteurs arrivent en bus ou en train de Santiago, mais toutes les villes de taille respectable ont un aéroport. Puerto Montt étant assez loin de Santiago, mieux vaut prendre un avion pour vous y rendre et vous épargner de longues heures de bus. Puerto Montt est également le port des ferries pour la Patagonie, dont le plus fréquenté est celui qui le relie à Puerto Natales (voir l’encadré (Cliquez ici)).

L’Araucanie, Los Ríos et la région des Lacs bénéficient d’un réseau de bus excellent et varié (cars, minibus, vans, etc.), moyen de transport le plus facile et le plus pratique pour se déplacer. Toutefois, pour accéder à certaines localités plus petites et plus isolées, il vous faudra peut-être aller dans la ville voisine pour trouver le bon bus. Les routes sont pour la plupart accessibles aux véhicules de location. Quant aux grandes agglomérations, trop étendues pour qu’on les parcoure à pied, on y trouve des taxis et parfois des colectivos (taxis partagés).

L’ARAUCANIE

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Temuco

045 / 259 000 habitants

Avec sa place plantée de palmiers, son pittoresque marché et sa culture mapuche, Temuco est la plus agréable des villes ouvrières du Sur Chico. Enfant du pays, Pablo Neruda, l’un des poètes les plus influents du XXe siècle, l’a comparée au Far West. C’est aussi le principal carrefour de transit de la région, avec des liaisons régulières pour Santiago ainsi que toutes les destinations du Sur Chico et au-delà.

À voir et à faire

Museo Regional de La Araucanía      MUSÉE

(www.museoregionallaaraucania.cl ; Av Alemania 084 ; adulte/enfant 600/300 $CH ; 9h30-17h30 mar-ven, 11h-17h sam, 11h-14h dim). Beau bâtiment de style pionnier datant de 1924, ce petit musée régional vivant expose dans son sous-sol fraîchement rénové une collection permanente consacrée à l’histoire des peuples de l’Araucanie avant, pendant et après la conquête espagnole. Un canoë mapuche d’une longueur impressionnante retient particulièrement l’attention. Une salle au rez-de-chaussée accueille des expositions temporaires. Il s’agit, avec celui de Huilo-Huilo (voir l’encadré (Cliquez ici)), du musée le plus intéressant au Sud Chico, ce malgré des légendes uniquement en espagnol et en mapudungun.

Les bus nos1, 9 et 7 circulent dans l’Avenida Alemania, mais l’endroit est aussi relativement facile d’accès à pied depuis le centre.

Monumento Natural Cerro Ñielol      SITE HISTORIQUE

(298-222 ; Calle Prat ; adulte/enfant 1 200/600 $CH ; 8h-19h). Oasis de verdure dans la ville, le Cerro Ñielol est une colline située au milieu de 90 ha de forêt primaire. La fleur nationale du Chili, le copihue (Lapageria rosea), y pousse en abondance et fleurit de mars à juillet. Le Cerro Ñielol est aussi un site historique : c’est ici qu’en 1881, en un lieu appelé La Patagua, à l’ombre des arbres, des chefs mapuches cédèrent des terres aux colons pour la fondation de Temuco. La polémique persiste quant à savoir si les documents furent bien signés ici. Le parc abrite des aires de pique-nique, une petite lagune, des sentiers et un centre d’information sur l’environnement.

Où se loger

Temuco n’étant pas vraiment une ville touristique, il peut être difficile d’y trouver un bon hébergement. Les adresses autour de la gare ferroviaire et de la Feria Pinto sont très peu chères mais laissent à désirer. Elles sont de meilleure qualité entre la Plaza de Armas et l’université, un quartier également plus sûr le soir pour les femmes.

Hospedaje Tribu Piren      PENSION $

(985-711 ; www.tribupiren.cl ; Prat 69 ; ch après/avant 18h 10 000/12 000 $CH/pers ; ). Tout est propre et astiqué dans ces chambres avec TV câblée et chauffage central, qui ouvrent parfois sur une petite terrasse. Alvaro, le propriétaire, organise des randonnées à ski en hiver, et vous préparera même un café coado (passé dans un filtre en toile) brésilien. Résolument la meilleure affaire à Temuco.

Adela y Helmut      PENSION $

(098-258-2230 ; www.adelayhelmut.com ; Faja 16 000 km 5 N ; dort 7 000-9 000 $CH, ch à partir de 23 000 $CH ; ). Faja 16 000 km 5 N ; dort 5 050 $CH, s/d à partir de 16 800/21 850 $CH ; ). Pour fuir la poussière de la ville, vous pouvez vous réfugier dans cette petite ferme prisée des voyageurs indépendants, à 48 km de la ville par la route du Parque Nacional Conguillío. Au menu : eau chaude solaire, petite cuisine dans toutes les chambres, vues superbes sur le volcan Llaima encore fumant et spécialités culinaires souabes, comme la brioche Hefezopf. Location de vélos et randonnées à cheval. Pour bénéficier du dortoir bon marché, il faut vous présenter sur place, ce qui implique de parcourir 4,5 km à pied depuis la route principale.


INDOMPTABLES MAPUCHES

Les Mapuches (peuple de la Terre) constituent le principal groupe indigène du Chili. C’est la première et la seule nation indigène des Amériques dont la souveraineté et l’indépendance ont été juridiquement reconnues. Mais cette reconnaissance n’a été gagnée qu’après une lutte qui a duré des générations.

Originaires de ce qui est aujourd’hui l’Araucanie, les Mapuches n’échappèrent à l’impérialisme inca que pour subir pendant 300 ans les attaques du royaume d’Espagne. Utilisant le Río Bío Bío comme une frontière naturelle, ils résistèrent à la colonisation jusqu’au XIXe siècle. Ils furent ainsi les artisans de la résistance indigène la plus longue et la plus difficile du continent américain. Au terme de cette lutte, leur vaste territoire de 100 000 km2 s’est trouvé réduit à 5 000 km2 de reducciones (zones de peuplement)

En 1641, les Mapuches conclurent le traité de Killin avec les colons espagnols, qui renforça leur autonomie territoriale, et 28 autres accords jalonnèrent deux siècles de relations diplomatiques. À la fin des années 1800, les armées chilienne et argentine massacrèrent 100 000 d’entre eux. La réforme agraire lancée entre 1965 et 1973 permit d’améliorer le sort des Mapuches, mais le coup d’État militaire de 1973 a anéanti nombre des avancées obtenues. Depuis le retour de la démocratie en 1989, le peuple mapuche a remporté quelques succès minimes dans sa longue lutte pour obtenir réparation et récupérer ses terres, mais de puissants intérêts commerciaux sont parvenus à annuler un grand nombre des décisions de justice leur accordant des parcelles de terre.

À l’instar du rapporteur spécial de l’ONU, plusieurs organisations de défense des droits de l’homme dénoncent la politique d’assimilation forcée, et des manifestations se déroulent quasi quotidiennement à Temuco. Il n’est pas rare que des touristes, des cinéastes et des journalistes étrangers soient harcelés, arrêtés et/ou expulsés par la police après avoir visité des communautés qui revendiquent la propriété de leurs terres. En 2010, une série de grèves de la faim a été organisée par des chefs mapuches pour protester contre la volonté du gouvernement chilien de poursuivre en justice les groupes plus violents du mouvement de revendication, dont la Coordinadora Arauco-Malleco (CAM). Cette dernière à été accusée par les autorités de recourir à l’occupation, aux menaces de mort et aux incendies volontaires.


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