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Chine 10 - Hunan

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Húnán

66 MILLIONS D’HABITANTS

Pourquoi y aller

Certes chéri par les cadres du Parti communiste en tant que lieu de naissance de Mao Zedong, le Húnán (湖南) vaut surtout pour ses paysages spectaculaires.

De fait, un étonnant décor de chaînes montagneuses isolées et de pics karstiques déchiquetés couvre plus de 80% de la province. Ces splendeurs géologiques dominent des vallées d’un vert irréel, arrosées par les affluents du Yangzi qui forment un bassin fertile. Au milieu de ces merveilles naturelles vivent depuis longtemps des populations qui s’entendirent à transformer les pentes rocailleuses en terrasses cultivées. Ces ethnies perpétuent leurs cultures respectives dans d’accueillants villages nichés dans les collines ou dans des bourgades animées en bord de rivière.

Outre ses paysages et sa culture, le Húnán est réputé pour sa cuisine relevée. Si les restaurants de cuisine du Húnán enchantent les papilles des gourmets du monde entier, c’est certainement dans la province d’origine qu’on trouve les meilleurs !

Quand partir


Avril-mai Le printemps s’éveille dans la forêt hérissée de pics karstiques de Wǔlìngyuán.

Septembre-octobre Les cascades, les ruisseaux et la vue depuis le Héng Shān.

Novembre-décembre Les rues de l’ancienne Fènghuáng sont moins bondées.



À ne pas manquer

Les paysages irréels de Wǔlíngyuán

Le charme des édifices décrépits de l’ancienne Fènghuáng

Une randonnée dans un décor karstique spectaculaire, autour du village miao de Déhāng

L’ascension à travers forêts et cascades des pentes sacrées du Héng Shān

Une soirée festive dans les bars et les clubs de Chángshā

Une promenade dans le dédale des rues marchandes de la ville ancienne de Hóngjiāng

Suivez la foule rendant hommage à Mao à Sháoshān


Histoire

Sous les Ming et les Qing, la province fut l’un des greniers de l’Empire, exportant d’importantes quantités de riz vers les régions septentrionales démunies. Au XIXe siècle, la pénurie de terres cultivables et le féodalisme déclenchèrent une agitation généralisée opposant fermiers han et minorités montagnardes. Ces disparités profitèrent à la rébellion des Taiping dans les années 1850, puis à un ralliement massif au Parti communiste (PCC) dans les années 1920 et à l’avènement de Mao Zedong dans le Húnán.

Climat

Une grande partie du Húnán connaît un climat subtropical tempéré, avec une température moyenne de 28°C en été et de 6°C durant son bref hiver. Les pluies de mousson s’abattent d’avril à juin, suivies en juillet et août par une chaleur humide. Le temps est plus changeant dans le nord de la province, où la neige n’est pas inconnue en hiver.

Langues

Le hunanais (湘语; xiāng) est un dialecte mandarin du Nord se subdivisant en 6 ou 8 sous-dialectes, parlés communément dans le centre et le sud-ouest du Húnán. Au sud et à l’est, on parle un autre dialecte mandarin du Nord, le gàn (赣语; dialecte du Jiangxi). Les régions frontalières, elles, comptent une mosaïque de dialectes locaux et de langues minoritaires tels le xiāngyǔ et le gànyǔ.

Comment s’y rendre et circuler

Une ligne de train à grande vitesse, qui traverse l’est de la province sur toute sa longueur via Yuèyáng, Chángshā, Héngshān et Chēnzhōu, relie le Húnán aux provinces voisines du Húběi et du Guǎngdōng. Un réseau pratique d’anciennes voies ferrées et de nouvelles autoroutes sillonnent la province. Les aéroports de Chángshā, Zhāngjiājiè et Huáihuà mettent les grandes villes à moins de 2 heures de vol des sites touristiques.


INDICATEURS DE PRIX

Vous trouverez dans ce chapitre les indicateurs de prix suivants :

Hébergement

$         moins de 200 ¥

$$       200-550 ¥

$$$     plus de 550 ¥

Restauration

$         moins de 75 ¥

$$       75-200 ¥

$$$     plus de 200 ¥


Chángshā        长沙

0731 / 2,5 MILLIONS D’HABITANTS

Pendant 3 000 ans, Chángshā fut un centre agricole et intellectuel prospère sur les rives de la Xiāng. Dans les années 1920, le philosophe britannique Bertrand Russell qui visita la cité la présentait comme “une ville médiévale”. Cependant, peu de temps après, en 1938, la guerre sino-japonaise et le vaste incendie qu’elle provoqua détruisirent pratiquement toute la vieille ville, laissant peu de traces du passé. Chángshā est surtout connue aujourd’hui pour ses sites liés à Mao.

À voir

La plupart des sites se trouvent à l’est du fleuve. De fin août à avril, ils ferment 30 minutes plus tôt.

Musée municipal de Chángshā      MUSÉE

(市博物馆 ; Shì Bówùguǎn ; 8224 2209 ; 538 Bayi Lu ; 9h-17h mar-dim ; 1, 501). Une gigantesque statue de Mao, fondue dans un alliage d’aluminium et de magnésium dans le Hēilóngjiāng en 1968, accueille le visiteur. Vous pourrez comparer son attitude – bras droit levé – avec l’allure plus modeste des statues érigées après la Révolution. L’endroit est surtout dévolu au célèbre fils adoptif de Chángshā, ce qui vaut à sa collection de peintures, de céramiques et de jades de n’y tenir qu’un second rang. Au-dessus de l’entrée trône un immense portrait représentant un Mao jeune auréolé de lumière.

Le site abrite aussi l’ancien bureau du comité du Parti communiste du Húnán (中共湘区委员会旧址 ; Zhōng Gòng Xiāngqū Wěiyuánhuì Jiùzhǐ), siège secret du PC local, où vécurent Mao, sa première épouse, et sa belle-mère, de 1921 à 1923. N’oubliez pas de vous munir d’une pièce d’identité avec photo.

École normale n°1 du Húnán      SITE HISTORIQUE

(第一师范学校旧址 ; Dìyī Shīfàn Xuéxiào Jiùzhǐ ; 8515 7430 ; 356 Shuyuan Lu ; 15 ¥ ; 8h30-17h30 ; 1, 122). Mao étudia dans cette école de 1913 à 1918 et revint y enseigner le chinois de 1920 à 1922. L’établissement est toujours en activité, et des étudiants désireux de pratiquer l’anglais font parfois visiter le site, notamment le dortoir de Mao, ses salles de classe, les amphithéâtres où il tint ses premières réunions politiques et le bassin en plein air où il prenait des bains froids. Certains panneaux sont en anglais.

Tiānxīn Gé      SITE HISTORIQUE

(天心阁 ; pavillon du Cœur du ciel ; 8489 1389 ; 3 Tianxin Lu ; parc entrée libre, pavillon 16 ¥ ; 8h-18h, pavillon 7h30-18h ; 202). Les remparts de la ville furent érigés en terre battue en 202 av. J.-C., puis consolidés avec des pierres en 1372, avant d’être démolis en 1928. Ce parc, agréable pendant les chaleurs estivales, en abrite le seul vestige.

Académie de Yuèlù      SITE HISTORIQUE

(岳麓书院 ; Yuèlù Shūyuàn ; 8882 3764 ; Lushan Nanlu ; 30 ¥ ; 7h30-18h ; 202). Depuis 976, les étudiants “bachotent” pour les examens dans cette académie (l’une des quatre grandes institutions du savoir en Chine impériale) établie au pied du mont Yuèlù, à l’ouest de la rivière. Le site, qui date des Song, fait maintenant partie de l’université du Húnán. Près de l’entrée, le pavillon Hèxī (Hèxī Tái), autrefois au sommet du Yuèlù, réunit les écrits de grands penseurs chinois, dont un poème où se répondent les lettrés confucéens Zhu Xi et Zhang Shi.

Île orange      PARC

(橘子洲 ; Júzi Zhōu ; 8861 4640 ; 24h/24h ; 3). Le plus réputé des parcs de la ville forme une longue île de 5 km au milieu de la Xiāng. Un Mao mélancolique l’immortalisa à 32 ans dans “Changsha”, souvent tenu pour son meilleur poème. Il le rédigea un jour d’automne, tandis que son regard portait de la pointe sud du parc vers l’ouest et le mont Yuèlù. Un immense buste en granit du jeune Mao, cheveux flottant au vent, trône sur le site, mais son regard de pierre donne sur une autre direction. Prenez à l’entrée le trolley touristique (guānguāng diàndòng chē ; 20 ¥ ; 7h30-20h30) pour parcourir plus vite la longue enfilade de pelouses qui s’étirent jusqu’à la célèbre statue.

Musée provincial du Húnán      MUSÉE

(湖南省博物馆 ; Húnán Shěng Bówùguǎn ; 8451 4630 ; www.hnmuseums.com ; 50 Dongfeng Lu ; entrée libre ; 9h-17h mar-dim ; 113, 136). Cet excellent musée, à ne pas manquer, est fermé jusqu’en 2015 pour rénovation. Dans l’intervalle, les pièces les plus remarquables font l’objet d’expositions dans les musées nationaux, comme l’étonnante collection provenant des tombeaux des Han de l’Ouest (vieux de 2 100 ans) mis à jour à Mǎwángduī.

Où se loger

Chángshā possède peu d’hébergements pour les voyageurs à petit budget, hormis des établissements très sommaires regroupés près de la gare ferroviaire.

Chángshā-Húnán International Youth Hostel      AUBERGE DE JEUNESSE$

(长沙国际青年旅舍 ; Chángshā Guójì Qīngnián Lǚshè ;82990202 ;www.hnhostel.com ; 61 GongshangXiang ;东风路下大陇工商巷 61 ; dort 35-45 ¥, s/d/tr 108/138/168 ¥ ; ). Nichée dans une paisible rue bordée d’arbres, c’est la seule auberge du centre-ville. Les dortoirs sont propres et clairs, les doubles, spacieuses, mais les horaires pour les douches sont limités. Joli jardin et personnel bien informé. Prenez le bus n°136 de la gare ferroviaire et descendez à l’arrêt Xiàdàlǒng (下大陇) de Dongfeng Lu, puis suivez les panneaux YHA. La nouvelle Yuèlù Mountain International Youth Hostel (8536 8418 ; 50 Xinmin Lushan Huaqiao Cun; 新民路 50 号麓山华侨村), à l’ouest de la rivière, loue des chambres à un prix équivalent, mais beaucoup plus petites.

Lotus Huátiān Hotel      HÔTEL$$

(芙蓉华天大酒店 ; Fúróng Huátiān Dàjiǔdiàn ; 8440 1888 ; fax 8440 1889 ; 176 Wuyi Dadao ; s/d 398/498 ¥, ste 988 ¥ plus 10% service ; ). En dépit de sa façade vieillissante en béton et verre, cet hôtel est d’une propreté impeccable et bien géré. La réduction de 25% rend cet établissement de catégorie moyenne attractif, notamment pour le confort des chambres des 6e et 7e étages refaits à neuf.

Sheraton Chángshā Hotel      HÔTEL DE LUXE$$$

(喜来登酒店 ; Xǐláidēng Jiǔdiàn ; 8488 8888 ; 478 Furong Zhonglu ; 芙蓉中路一段 478 号运达国际广场 ; s et d 1 238 ¥ plus 15% service ; ). Le meilleur hôtel de Chángshā affiche un confort et un service de classe internationale. Dans les chambres, élégantes, les lits sont excellents et l’établissement possède un spa, une salle de gym et une piscine, ainsi que plusieurs restaurants (cantonais, hunanais et italien). Les tarifs sont revus quotidiennement et on peut faire de bonnes affaires en période creuse.

Guǎngshèng Fēngjǐng Hotel      HÔTEL$$

(广圣风景酒店 ; Guǎngshèng Fēngjǐng Jiǔdiàn ; 8217 9999 ; 309 Chezhan Zhonglu ; s et d 288-348 ¥, tr 388 ¥ ; ). Un établissement standard bon marché, apprécié des groupes de touristes chinois. Si les minuscules sdb ont connu des jours meilleurs, les chambres sont propres. Emplacement devant la gare ferroviaire pratique. Réductions jusqu’à 50%.

Jǐnjiāng Inn      HÔTEL$$

(锦江之星宾馆 ; Jǐnjiāng Zhīxīng Bīnguǎn ; 8828 1888 ; 1 Dongfeng Lu ; 东风路 1 ; s/d 169/209 ¥ ; ). Un établissement affilié à une chaîne, qui réunit tous les standards de confort. Proche du centre-ville, tout près du verdoyant parc Lièshì.

Où se restaurer

Zhaoyang Lu et les ruelles en retrait de Huangxing Zhonglu, qui délimitent le principal quartier commercial, sont idéales pour manger dans la rue. Carrefour (家乐福 ; Jiālèfú ; 238 Furong Zhonglu ; 8h-22h30) vend des produits alimentaires occidentaux. Pour déguster la cuisine du Húnán, appelée Xiāngcài (spécialités de Xiāng), mieux vaut s’en tenir à des restaurants classiques.

Huǒgōngdiàn      CHINOIS DU HÚNÁN$$

(火宫殿 ; 8581 4228 ; 127 Pozi Jie ; plats 5-78 ¥ ; 6h-2h). Ce célèbre restaurant de Chángshā, établi en 1747, est animé. En 1958, Mao goûta son choù dòufu (臭豆腐 ; tofu puant ; 58 ¥) et en fit l’éloge par ces mots “puant et délicieux”. On peut choisir parmi les nombreux plats présentés sur des chariots, ou commander à la carte, par exemple le máoshì hóngshāoròu (毛氏红烧肉 ; porc braisé à la mode Mao ; 78 ¥). L’enseigne située près de la gare ferroviaire, au 93 Wuyi Dadao (8412 0580), est moins typique.

Xī Hú Lóu Jiǔ Jiā      CHINOIS$$

(西湖楼酒家 ; Xī Hú Lóu Jiǔ Jiā ; 8425 8188 ; Jīnmǎ Food City ; 金马美食城内,省广电中心斜对面 ; plats de légumes à partir de 58 ¥, marmites à partir de 78 ¥ ; 11h-14h et 17h-21h ; 158). À 9 km au nord-est du centre-ville, une plaque sur le mur atteste que ce restaurant est enregistré au livre Guinness des recordsen tant que plus grand de Chine. Outre 5 cuisines et 1 000 employés, ses salles de banquet, scènes, cours et jardins peuvent accueillir 5 000 convives, sans oublier l’allée de stands de plein air. Carte avec photos (cuisine de plusieurs régions chinoises). Des pièces privées permettent d’échapper à la pompe du lieu. Réservez.


LE GRAND TIMONIER

Mao Zedong naquit en 1893 dans le village de Sháoshān, dans une famille de paysans “aisés”. Il travailla auprès de son père sur la ferme de 8 ha dès 6 ans et fut marié à 14 ans.

Sa vie semblait toute tracée. Il reconnut plus tard qu’une brochure sur la colonisation de l’Asie que lui avait donnée un professeur fut à l’origine de son éveil politique. À 16 ans, il réussit à convaincre son père de le laisser entrer à l’école secondaire de Chángshā. En ville, il entendit parler des idées des réformateurs et découvrit la société secrète de Sun Yat-sen. Quand la dynastie Qing s’effondra cette année-là, Mao rejoignit l’armée républicaine mais la quitta assez vite, croyant la révolution terminée.

Étudiant à l’école normale n°1 du Húnán, il s’initia au mouvement socialiste soviétique. Il fit passer une annonce dans un journal de Chángshā “invitant les jeunes gens intéressés par un travail patriotique à le contacter”. Parmi ceux qui répondirent figuraient Liu Shaoqi, futur président de la République populaire de Chine (RPC), et Xiao Chen, qui devint un membre fondateur du Parti communiste chinois (PCC).

Diplômé en 1918, Mao se rendit alors à Běijīng, où il fut employé comme aide bibliothécaire à l’université : c’est là qu’il devait rencontrer les futurs grands cofondateurs du PCC. De retour à Chángshā pour enseigner, Mao s’investit de plus en plus dans la politique communiste. Contrairement aux marxistes orthodoxes, il voyait dans les paysans la force vive de la révolution. Fondé en 1921, le PCC mit rapidement en place des syndicats de paysans, d’ouvriers et d’étudiants. Furieux, les seigneurs de la guerre s’interposèrent et obligèrent Mao à se réfugier au Guǎngzhōu.

En avril 1927, suite au massacre des communistes par les troupes de Tchang Kaï-chek, leader du Guomindang, le PCC dépêcha Mao à Chángshā pour y organiser le “Soulèvement de la moisson d’automne”. L’armée de Mao gagna les sommets du Jǐnggāng Shān pour y entamer une guérilla contre le Guomindang, laquelle allait se poursuivre jusqu’à la Longue Marche, de mars à octobre 1934. De ce périple de 9 600 km pour échapper à l’armée du Guomindang, Mao émergea comme le leader du PCC.

Dans le but de chasser les Japonais, Mao forgea une fragile alliance avec le Guomindang et, de 1936 à 1948, des deux côtés, on pratiqua la trahison – la guerre civile faisant écho aux combats de la Seconde Guerre mondiale. Les troupes de Mao finirent par l’emporter et la République populaire de Chine fut instaurée le 1er octobre 1949.