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Chine 10 - Shaanxi (Shanxi)

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89 pages

Ce chapitre Shaanxi (Shanxi) est issu du guide consacré à la destination Chine.
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C’est ici que tout commença pour l’Empire du Milieu. Patrie de la dynastie Qin, dont l’empereur guerrier entreprit d’unifier le pays pour la première fois, le Shaanxi (陕西) fut le berceau de la civilisation chinoise. Plus tard, Cháng’ān (l’actuelle Xī’ān) devint le point de départ de la route de la Soie et une capitale cosmopolite affairée.

Les sites archéologiques du Shaanxi en font une destination exceptionnelle. Dans les environs de Xī’ān, un village néolithique a été mis au jour, ainsi que quantité de tombes royales ; la plus importante étant celle de l’empereur Qin Shi Huang, accompagné de sa mystérieuse Armée de soldats en terre cuite. Vous pourrez également explorer les grottes autour de Yán’ān, où se réfugièrent les dirigeants du Parti communiste chinois dans les années 1930 et 1940.

Xī’ān séduit les voyageurs, avec ses musées, ses pagodes, son quartier musulman et sa vie nocturne. La campagne, parsemée de villages hors du temps, et les montagnes, jadis habitées par des sages et des ermites, sont aussi à découvrir.

Quand partir


Avril-mai L’arrivée du printemps est parfaite pour l’ascension du Huà Shān.

Septembre-octobre Fin des pluies et tiédeur du climat : idéal pour découvrir les sites de Xī’ān.

Décembre Vous éviterez les foules face à l’Armée des soldats de terre cuite.



À ne pas manquer

L’extraordinaire Armée des soldats de terre cuite du premier empereur de Chine

La grande pagode de l’Oie sauvage à Xī’ān, magnifiée par un fabuleux spectacle de son et lumière

Le lever du soleil sur les monts Qínlǐng au sommet du Huà Shān, l’une des montagnes sacrées du taoïsme

La pittoresque vieille ville de Hánchéng, riche en bâtiments des périodes Yuan, Ming et Qing

Un autre aspect du passé de la Chine aux fouilles fascinantes du tombeau de l’empereur Jingdi

Une balade dans les ruelles de l’ancien quartier musulman de Xī’ān

Les abris où Mao Zedong vécut à Yán’ān, et la foule des “touristes rouges” qui s’y presse

Une balade à vélo sur les glorieux remparts de Xī’ān, joli périmètre de 14 km



INDICATEURS DE PRIX

Vous trouverez dans ce chapitre les indicateurs de prix suivants :

Hébergement

$         moins de 190 ¥

$$       190-400 ¥

$$$     plus de 400 ¥

Restauration

$         moins de 30 ¥

$$       30-60 ¥

$$$     plus de 60 ¥


Histoire

Il y a quelque 3 000 ans, les Zhou, un peuple de l’âge du bronze, quittèrent leur Shaanxi natal, conquirent les Shang et parvinrent à dominer la majeure partie du nord de la Chine. Plus tard, les Qin, qui gouvernaient depuis leur capitale, Xiányáng (près de l’actuelle Xī’ān), devinrent la première dynastie qui unifia la quasi-totalité du pays. Les dynasties suivantes, dont les Han, les Sui et les Tang, s’installèrent à Xī’ān (alors appelée Chāng’ān), qu’elles abandonnaient pour la capitale orientale de Luòyáng (au Hénán) quand des envahisseurs menaçaient.

Le Shaanxi demeura le cœur politique de la Chine jusqu’au Xe siècle. Puis, quand la cour impériale se déplaça à l’est, la province commença à décliner. Rébellions et famines furent suivies en 1556 par le séisme le plus meurtrier de l’histoire, avec un bilan estimé à 830 000 victimes (ce nombre tragique est attribué au fait que des millions de gens habitaient dans des maisons troglodytiques propices à l’effondrement). Plus près de nous, l’extrême pauvreté de la province en fit l’un des premiers bastions du Parti communiste chinois (PCC).

Langues

Les habitants aiment dire en plaisantant que le dialecte de Xī’ān, l’une des anciennes capitales de Chine, est le “véritable” mandarin. Les linguistes classent le dialecte du Shaanxi dans le groupe du mandarin Zhōngyuān (“plaine centrale”). Le jin est également parlé dans certaines parties de la province.

Comment s’y rendre et circuler

Xī’ān possède l’un des aéroports les mieux desservis de Chine. C’est aussi un carrefour routier, avec des autoroutes qui partent dans toutes les directions. Le train à grande vitesse devrait relier Běijīng à Xī’ān en 2014. Obtenir un billet pour le train de nuit Yúlín-Xī’ān est difficile ; vous devrez peut-être prendre le bus.

Xī’ān        西安

029 / 6,5 MILLIONS D’HABITANTS

Fascinés par le passé légendaire de Xī’ān – jadis point de départ de la route de la Soie, carrefour de cultures et de religions, cité habitée par des empereurs, des courtisans, des poètes, des bonzes, des marchands et des guerriers –, les visiteurs sont parfois déçus par la bruyante ville moderne. Toutefois, bien que l’âge d’or de Xī’ān ait pris fin au début du Xe siècle, de nombreux vestiges de Cháng’ān (l’ancienne Xī’ān) subsistent.

Les remparts de l’époque Ming sont toujours intacts, toutes sortes de marchands se bousculent dans le dédale de ruelles du quartier musulman et les sites sont suffisamment nombreux pour occuper l’amateur d’histoire le plus exigeant.

Si Xī’ān n’est plus la capitale politique de la Chine, elle a pris conscience de la valeur de son fabuleux héritage historique. Au cours des dernières années, elle a œuvré pour faire classer la route de la Soie au patrimoine mondial de l’Unesco, et des efforts continuels visent à redynamiser le quartier musulman.

La plupart des visiteurs ne passent que 2 ou 3 jours à Xī’ān. Les passionnés d’histoire pourront facilement y rester une semaine. Parmi les sites incontournables, citons l’extraordinaire Armée des soldats de terre cuite, le tombeau de l’empereur Jingdi et le quartier musulman, mais gardez du temps pour les remparts, les pagodes et les musées. Mieux encore, prévoyez une excursion dans les environs, au Huà Shān ou à Hánchéng.

À voir

À L’INTÉRIEUR DES REMPARTS

Quartier musulman      SITE HISTORIQUE

(回族区). Les petites rues qui courent au nord de la tour du Tambour ont été habitées par des Hui (Chinois musulmans) depuis des siècles. Bien que des musulmans aient vécu à Xī’ān au moins depuis le VIIe siècle, certains pensent que les Hui s’établirent ici durant la dynastie Ming.

Échoppes de bouchers, fabriques d’huile de sésame et petites mosquées cachées derrière de lourdes portes en bois jalonnent les rues étroites, où l’on croise des hommes portant une calotte blanche et des femmes coiffées de foulards colorés. Le quartier invite à la promenade, notamment le long de Xiyang Shi, de Dapi Yuan et de Damaishi Jie (qui part au nord de Xi Dajie et traverse un marché pittoresque).

Grande Mosquée      ÉDIFICE RELIGIEUX

(清真大寺 ; Qīngzhēn Dàsì ; Huajue Xiang ; mars-nov 30 ¥, déc-fév 15 ¥, entrée libre pour les musulmans ; 8h-19h30 mars-nov, 8h-17h30 déc-fév). L’une des plus grandes mosquées du pays, la Grande Mosquée est un superbe mélange de styles chinois et musulman. Orientée vers l’ouest, en direction de La Mecque, elle comporte un premier élément classique des temples chinois, le mur aux Esprits, destiné à arrêter les démons. Les jardins, agrémentés de rocailles, de pagodes et d’arches, sont tout aussi chinois, à l’exception des 4 palmiers à l’entrée. L’influence arabe apparaît dans le minaret central (déguisé en pagode), l’immense salle de prière au toit turquoise (fermée aux visiteurs) au fond du complexe et les élégantes calligraphies qui ornent la plupart des entrées. Si les bâtiments actuels datent pour la plupart des périodes Ming et Qing, la mosquée a été fondée au VIIIe siècle.

Pour la rejoindre, suivez Xiyang Shi vers l’ouest et tournez dans une ruelle vers le sud après une rangée de stands de souvenirs.


LES REMPARTS DE LA VILLE

Xī’ān est l’une des rares cités chinoise à avoir conservé ses anciens remparts (城墙 ; Chéngqiáng ; 40 ¥ ; 8h-20h30 avr-oct, 8h-19h nov-mars). Édifiés en 1370 sous la dynastie Ming, les murs hauts de 12 m sont entourés d’une douve asséchée et forment un rectangle de 14 km de périmètre.

La plupart des tronçons ont été restaurés ou reconstruits, ce qui permet de faire à pied le tour des remparts en 4 heures sans se presser. Vous pouvez louer un vélo à la porte Sud (40 ¥/1 heure 40, caution 200 ¥). Des rampes d’accès sont installées à l’intérieur des portes principales.

Pour avoir une idée de la grandeur passée de Xī’ān, il faut savoir que l’enceinte Tang d’origine entourait une superficie de 83 km2, soit 7 fois la superficie actuelle du centre-ville.


Musée de la Forêt de stèles      MUSÉE

(碑林博物馆 ; Bēilín Bówùguǎn ; 15 Sanxue Jie ; mars-nov 75 ¥, déc-fév 50 ¥ ; 8h-18h15 mars-nov, 8h-17h15 déc-fév). Aménagé dans le temple de Confucius, ce musée rassemble plus de 1 000 stèles en pierre, gravées, entre autres, des 9 textes confucéens majeurs et de superbes calligraphies. La 2e salle contient une stèle nestorienne de 781, plus ancienne chronique du christianisme en Chine (les nestoriens, qui professaient la nature à la fois humaine et divine du Christ, furent de ce fait chassés de l’Église en 431). La 4e salle présente une collection de cartes anciennes et de portraits. C’est aussi là que sont réalisées les reproductions par frottage, un procédé intéressant à observer.

La fabuleuse galerie de sculptures (face à la boutique de souvenirs) justifie la visite. Elle renferme des gardiens zoomorphes de la dynastie Tang, des pierres tombales illustrées et des statues bouddhiques.

Pour vous rendre au musée, empruntez Shuyuan Xiang vers l’est depuis la porte Sud.

Tours de la Cloche et du Tambour      SITES HISTORIQUES

Désormais isolée sur un rond-point au cœur de Xī’ān, la tour de la Cloche (钟楼 ; Zhōng Lóu ; 27 ¥, 40 ¥ avec la tour du Tambour ; 8h30-21h30 mars-nov, 8h30-18h déc-fév) contenait à l’origine une énorme cloche que l’on sonnait à l’aube, tandis que la tour du Tambour (鼓楼 ; Gǔ Lóu ; Beiyuanmen ; 27 ¥, 40 ¥ avec la tour de la Cloche ; 8h30-21h30 mars-nov, 8h30-18h déc-fév) servait à marquer la tombée de la nuit. Toutes deux bâties au XIVe siècle, elles furent reconstruites au XVIIIe siècle (la tour de la Cloche se dressait jadis 2 rues à l’ouest). Des concerts (inclus dans le prix du billet) s’y déroulent à 9h, 10h30, 11h30, 14h30, 16h et 17h. On accède à la tour de la Cloche par un passage souterrain du côté nord.

Résidence de la famille Gao      SITE HISTORIQUE

(Folk House ; 高家大院 ; Gāojiā Dàyuàn ; 144 Beiyuanmen ; 15 ¥, avec thé 20 ¥ ; 8h30-23h). Cette harmonieuse demeure historique, restaurée avec goût, fait office de galerie d’art, de centre de loisirs et de maison de thé. Ancienne résidence de Gao Yuesong, fonctionnaire sous la dynastie Qing, elle constitue un bel exemple de maison à cour carrée, avec ses salles de réception, ses chambres à coucher, ses pièces destinées aux domestiques, son temple des ancêtres et son bureau reconverti en maison de thé.

La visite commence par une démonstration facultative de marionnettes ou de théâtre d’ombres (10 ¥). L’endroit appartenant à l’Association des artistes du Shaanxi, la galerie d’art vend des œuvres traditionnelles à des prix raisonnables. En dépit de l’adresse, la demeure ne se trouve pas au n°144 de la rue, mais 20 m plus loin.

À L’EXTÉRIEUR DES REMPARTS

Musée d’Histoire du Shaanxi      MUSÉE

(陕西历史博物馆 ; Shǎnxī Lìshǐ Bówùguǎn ; 91 Xiaozhai Donglu ; 8h30-18h mar-dim avr-oct, dernière entrée 16h30, 9h30-17h mar-dim nov-mars, dernière entrée 16h). Souvent vanté comme l’un des plus beaux musées du pays, il peut sembler décevant après la visite des sites autour de la ville. Néanmoins, il offre un parcours instructif à travers l’ancienne Cháng’ān (nombreuses explications en anglais).

Au rez-de-chaussée, vous découvrirez 4 statues de guerriers en terre cuite de la collection originale. Dans la section consacrée aux Sui et aux Tang, des peintures murales uniques figurent un match de polo, tandis que des figurines en argile peinte représentent des personnages, avec coiffures et costumes élaborés, dont plusieurs étrangers barbus, des musiciens, et même des chameaux.

Le nombre de visiteurs est limité à 4 000 par jour (2 500 billets sont distribués le matin dès 8h30 et 1 500 autres l’après-midi à partir de 13h30). Arrivez tôt et attendez-vous à patienter au moins 30 minutes. Apportez votre passeport pour bénéficier de l’entrée gratuite. Prenez le bus n°610 à la tour de la Cloche ou le n°701 à la porte Sud.

Grande pagode de l’Oie sauvage      TEMPLE BOUDDHIQUE

(大雁塔 ; Dàyàn Tǎ ; Yanta Nanlu ; accès au site 50 ¥, pagode 30 ¥ ; 8h-19h avr-oct, 8h-18h nov-mars). Monument emblématique de Xī’ān, cette pagode domine les immeubles modernes alentour. L’une des plus belles pagodes de style Tang du pays (carrée plutôt que ronde), elle fut achevée en 652 pour abriter les sutras bouddhiques rapportés d’Inde par le moine Xuan Zang. Xuan passa les 19 dernières années de sa vie à les traduire en compagnie d’une équipe de moines linguistes ; la plupart de ces traductions sont encore utilisées aujourd’hui. Les pérégrinations du moine explorateur inspirèrent un grand roman de la littérature chinoise, Le Voyage en Occident, de Wu Cheng’en.


LE ROI SINGE

En quête de l’Illumination, Xuan Zang, un moine bouddhiste, effectua un périple de 17 ans jusqu’en Inde en passant par l’Asie centrale et l’Afghanistan, et inspira La Pérégrination vers l’Ouest (Gallimard, 1991), également appelé Le Voyage en Occident, l’une des œuvres majeures de la littérature chinoise. Dans ce roman, attribué au poète Wu Cheng’en et écrit sous la dynastie Ming, trois disciples accompagnent le moine Xuan pour le protéger, dont le bien-aimé Roi Singe.

Cette épopée a inspiré de nombreux films, pièces de théâtre et séries télévisées. Le groupe Gorillaz de Damon Albarn et Jamie Hewlett a collaboré à un opéra du réalisateur Chen Shi-Zheng, adapté de ce récit, qui a remporté un vif succès en 2007.


Dominant la pagode, le temple Dà Cí’ēn (大慈恩寺 ; Dàcí’ēn Sì) était l’un des plus grands sanctuaires de la Cháng’ān des Tang. Les bâtiments actuels remontent à la dynastie Qing. Au sud de la pagode, une galerie marchande en plein air a récemment été inaugurée, réunissant boutiques, galeries d’art, restaurants et œuvres d’art public. Il y a aussi un cinéma et un monorail.

Les bus nos610 et 609, qui partent respectivement de la tour de la Cloche et de la porte Sud, s’arrêtent sur la place de la pagode ; l’entrée se situe du côté sud. En soirée, un spectacle de jeux d’eau musicaux anime les fontaines de la place.

Musée de Xī’ān      MUSÉE

(西安博物馆 ; Xī’ān Bówùguǎn ; 76 Youyi Xilu ; 8h30-19h, fermé mar). Situé dans le plaisant jardin du temple Jiànfú, ce musée donne à voir des reliques mises au jour à Xī’ān au fil des ans : de ravissantes céramiques et des figurines de la dynastie Han, des sceaux et des objets en jade de la période Ming. Au sous-sol, une maquette à grande échelle de la cité ancienne donne une idée de sa splendeur et de sa gloire passées.

La petite pagode de l’Oie sauvage (小雁塔 ; Xiǎoyàn Tǎ ; 8h30-19h, fermé mar) est située sur le même site. Un séisme en a détruit le sommet au milieu du XVIe siècle, mais le reste de l’édifice, haut de 43 m, demeure intact. Le temple Jiànfú fut construit à l’origine en 684 pour le repos de l’âme de l’empereur Gaozong. La pagode, un ouvrage délicat de 15 niveaux décroissants, fut édifiée entre 707 et 709 et abritait des textes bouddhiques rapportés d’Inde par un pèlerin nommé Yi Jin. L’accès au site est gratuit, mais on doit payer 30 ¥ pour monter dans la pagode.

Prenez le bus n°610 à la tour de la Cloche ou le n°203 à la porte Sud.

Temple des Huit Immortels      TEMPLE TAOÏSTE