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Chine 10 - Xinjiang

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114 pages

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Pourquoi y aller

“Le ciel est haut, l’Empereur est loin” : ce vieux proverbe chinois s’applique parfaitement au Xīnjiāng (新疆), province rétive aux confins ouest de la Chine. De temps immémorial, le Xīnjiāng et la lointaine Běijīng ont entretenu des relations mouvementées, mais ce sont justement ces différences culturelles qui font tout l’intérêt d’un séjour dans ces contrées. La culture d’Asie centrale est toujours très présente sur cette terre, patrie des Ouïgours, et perceptible aussi bien au travers de l’alimentation que de l’attachement à l’islam de la population locale. Les amateurs d’aventures façon Mille et Une Nuits se réjouiront des cités fantômes, des campements de nomades, des bazars animés et des promenades à dos de chameau. Qu’il s’agisse du désert du Taklamakan ou du massif des Tiān Shān (“massif du Paradis”), la beauté des paysages ajoute encore à la magie du Xīnjiāng. Mais la possibilité de remonter la route de la Soie, de marcher sur les traces de Marco Polo, est sans doute la meilleure raison de venir au Turkestan chinois.

Quand partir


Mars La fête du Nauryz (équinoxe de printemps) se tient dans les villages kazakhs et kirghiz.

Août La fête des Vendanges bat son plein à Turpan.

Septembre Le lac Kanas et Hémù se parent de leurs couleurs d’automne.



À ne pas manquer

L’itinéraire de Marco Polo et la route de la Soie méridionale, chapelet de cités anciennes aux marges du désert du Taklamakan

Une nuit sous une yourte et un mariage tadjik, avec pour cadre les paysages fabuleux de la route du Karakoram

Les vestiges des cités de Jiāohé et de Gāochāng, près de l’oasis de Turpan

Le marché aux bestiaux de l’éternelle Kachgar

Un trek dans l’Altaï, d’Hémù à la réserve naturelle du lac Kanas

L’histoire de la soie d’Asie centrale à Hotan, du fil tiré d’un cocon en atelier aux vêtements en atlas vendus dans les bazars de la ville.

Une halte à Kuqa, sur la route de la Soie septentrionale, pour son bazar authentique et ses ruines bouddhiques à proximité.


Histoire

Dès la fin du IIe siècle av. J.-C., les Han avaient repoussé leurs frontières à l’ouest, jusque dans l’actuel Xīnjiāng. Des garnisons protégeaient les nouvelles routes marchandes et la soie de l’empire était échangée contre les solides chevaux du Ferghana. L’autorité impériale connut des hauts et des bas au fil des siècles, s’effondrant avec les Han puis se relevant au VIIe siècle sous les Tang, même si sa domination ne fut jamais totale. À partir du VIIIe siècle, un royaume ouïgour basé à Khocho se développa et on assista à la transformation en fermiers de ces nomades d’Asie centrale, et à leur abandon du manichéisme au profit du bouddhisme.

L’islam s’implanta au Xīnjiāng du Xe au XIIe siècle, sous le règne des Qarakhanides. En 1219, Yīlí (Ili), Hotan et Kachgar tombèrent aux mains des Mongols. Leurs successeurs contrôlèrent toute l’Asie centrale jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, époque à laquelle l’armée mandchoue envahit Kachgar.

En 1865, un officier de Kokand appelé Yaqub Beg s’empara de la Kachgarie, la proclama brièvement Turkestan indépendant et noua des relations diplomatiques avec la Grande-Bretagne et la Russie. L’armée mandchoue finit par revenir et deux décennies plus tard, la Kachgarie fut officiellement intégrée à la nouvelle province chinoise du Xīnjiāng (Nouvelle Frontière). Après la chute de la dynastie Qing en 1911, le Xīnjiāng fut dirigé par une succession de seigneurs de guerres musulmans et chinois, instables et violents, sur lesquels le Guomindang (Parti nationaliste) avait très peu d’emprise. Dans les années 1930 et 1940, deux tentatives pour créer un État indépendant du Turkestan oriental eurent lieu à Kachgar et Ili, mais elles furent de courte durée.

Depuis 1949, le gouvernement chinois s’est employé à réfréner les velléités séparatistes en favorisant l’installation massive de colons han dans la région. Les Ouïgours, qui formaient jadis 90% de la population du Xīnjiāng, en constituent aujourd’hui moins de 50%. La campagne de développement du Grand Ouest a permis d’utiliser les ressources de pétrole de la région pour doper l’économie locale mais l’arrivée d’un nombre croissant de Han a exacerbé les tensions ethniques. En 2008, la province a connu une vague de manifestations et d’attentats à la bombe, et en 2009, des violences intercommunautaires éclatèrent entre civils han et ouïgours à Ürümqi. Toute la province a été soumise à une loi quasi martiale, et plusieurs milliers d’Ouïgours ont été arrêtés.

Aujourd’hui encore, la ségrégation entre communautés han et ouïgoure demeure d’actualité dans les villes du Xīnjiāng. Outre la marginalisation économique, les restrictions culturelles et la discrimination ethnique continuent d’alimenter le ressentiment des Ouïgours, et les épisodes de violence politique ne sont pas rares.

Climat

Le Xīnjiāng connaît un climat extrême. Turpan est l’endroit le plus chaud du pays – jusqu’à 47°C en été (de juin à août) –, les bassins du Tarim et du Jungar étant tout aussi torrides. Au printemps (avril et mai), de fréquentes tempêtes de sable compliquent les déplacements, et des nuages de poussière obscurcissent le paysage. En hiver (novembre à mars), les températures descendent sous zéro partout dans la province, mais les festivals de mars sont propices au tourisme. Fin mai à juin et septembre-octobre sont les périodes les plus plaisantes.


INDICATEURS DE PRIX

Vous trouverez dans ce chapitre les indicateurs de prix suivants :

Hébergement

$         moins de 170 ¥

$$       170-280 ¥

$$$     plus de 280 ¥

Restauration

$         moins de 20 ¥

$$       20-35 ¥

$$$     plus de 35 ¥


Langues

Le ouïgour, lingua franca du Xīnjiāng, fait partie des langues turques et ressemble aux autres idiomes d’Asie centrale, comme l’ouzbek, le kazakh et le kirghiz. Rattaché au persan, le tadjik fait exception.

Les Han installés au Xīnjiāng ne parlent pas le ouïgour, et de nombreux Ouïgours ne parlent pas ou refusent de parler le mandarin. L’enseignement du mandarin (la seule langue utilisée dans les universités) est obligatoire dans les écoles ouïgoures (mais pas l’inverse), en théorie pour offrir plus de possibilités aux Ouïgours. Cependant, la résistance à la sinisation reste farouche, de crainte que la culture et la tradition ouïgoures disparaissent.

Depuis/vers le Xinjiang

Des vols relient le Xīnjiāng à la plupart des villes chinoises, à l’Asie centrale et à quelques villes plus lointaines, dont Moscou et Téhéran ; voir les détails (Cliquez ici).

Des postes-frontières permettent de rejoindre par voie terrestre le Pakistan (col de Khunjerab), le Kirghizistan (cols d’Irkeshtam et de Torugart) et le Kazakhstan (Korgas, Ālāshānkǒu, Tǎchéng et Jímǔnǎi). Le col de Kulma vers le Tadjikistan pourrait être ouvert aux étrangers dans les prochaines années. À l’exception d’Ālāshānkǒu, seule liaison ferroviaire entre la Chine et l’Asie centrale, ces frontières se franchissent en bus.

Pour retourner en Chine continentale, le trajet le plus évident revient à prendre le train, en suivant la route de la Soie à travers le Gānsù. Des itinéraires plus accidentés, à travers les montagnes, mènent de Charklik au Qīnghǎi, et de Karghilik à Ali (Tibet).

Comment circuler

La ligne ferroviaire en provenance du Gānsù bifurque près de Turpan. Une branche se dirige à l’ouest et traverse Ürümqi et Yīníng avant d’atteindre le Kazakhstan, et l’autre relie Kachgar et Hotan au sud-ouest.

Dans le Xīnjiāng, les distances sont longues et beaucoup de bus sont pourvus de couchettes. Des films de kung-fu sont souvent projetés à bord, avec le son à plein volume. Les taxis collectifs circulent sur la plupart des itinéraires de bus ; les trajets prennent deux fois moins de temps et coûtent deux fois plus cher. Ils démarrent seulement quand ils sont pleins.

L’avion représente un gain de temps important pour se déplacer dans la province, et les billets se voient souvent appliquer des réductions pouvant atteindre 60%. Les vols sont parfois annulés par manque de passagers ou en raison du mauvais temps.

CENTRE DU XĪNJIĀNG

Ürümqi        乌鲁木齐

0991 / 1,7 MILLION D’HABITANTS

Ürümqi compte près de 2 millions d’habitants et s’étire sur 20 km de plaine fertile, à l’ombre du massif des Tiān Shān. Les hauts immeubles résidentiels et les gratte-ciel dessinent une ligne d’horizon moderne propre à estomper l’image de chameaux en liberté et de vénérables caravansérails que l’on s’en figure d’emblée.

Ce carrefour commercial en plein essor est devenu l’un des grands pôles d’Asie centrale, assurant des échanges avec des entrepreneurs de Běijīng ou de Bakou (Azerbaïdjan). Outre la population ouïgoure, on y croise des Kazakhs à la solide carrure et des négociants russes. Avec ses enseignes en cyrillique et ses effluves de kebabs, la ville a des airs d’Asie centrale, mais en réalité la population d’Ürümqi se compose à plus de 75% de Chinois han.

Ürümqi n’est pas une cité historique, mais le musée provincial est excellent et certains quartiers ouïgours sont intéressants. Si vous êtes en attente d’un visa pour le Kazakhstan ou le Kirghizistan, prévoyez une excursion à Tiān Chí ou à Turpan, voire les deux.

À voir et à faire

Musée de la Région autonome du Xīnjiāng      MUSÉE

(新疆自治区博物馆 ; Xīnjiāng Zìzhìqū Bówùguǎn ; 132 Xibei Lu ; gratuit ; 10h-18h mar-dim).Le vaste musée provincial du Xīnjiāng est incontournable pour les passionnés de la route de la Soie. La pièce maîtresse est la célèbre “Beauté de Loulan”, une ancêtre indo-européenne vieille de 3 800 ans. Découverte avec d’autres momies dans le désert, elle est devenue le symbole de l’indépendance ouïgoure dans les années 1990. Le musée conserve aussi d’étonnantes soies et sculptures d’Astana et présente les différentes minorités de la province. Audioguide en anglais (gratuit, mais caution de 100 ¥). Au rond-point de Hóngshān, prenez le bus n°7 ou n°912 et descendez au quatrième arrêt ; demandez le musée (bówùguǎn).

Marché Èrdàoqiáo      BAZAR

(二道桥市场 ; Èrdàoqiáo Shìchǎng ; Jiefang Nanlu). Le marché Èrdàoqiáo et, à côté, le Bazar international (Guójì Dàbāzhá), ont été “rénovés” ces dernières années. Désormais, ils s’adressent davantage à une clientèle de touristes chinois en circuit organisé qu’aux marchands ouïgours. Une copie du minaret Kalon (Boukhara, Ouzbékistan) se dresse dans le bazar (contrairement à l’original du XIIe siècle, il est équipé d’un ascenseur). Jalonnées d’étals ouïgours et de stands d’en-cas, les rues voisines méritent une balade.


QUELLE HEURE EST-IL ?

Pour fixer un rendez-vous au Xīnjiāng, il ne faut pas simplement indiquer une heure, mais préciser de laquelle on parle. Si l’heure de Běijīng (Běijīng shíjiān) s’applique officiellement à tout le pays, le Xīnjiāng, qui correspond à un autre fuseau horaire, adopte un système duel : alors que les Chinois emploient généralement l’heure officielle, les minorités ethniques utilisent celle du Xīnjiāng (Xīnjiāng shíjiān), qui retarde de 2 heures. Quand il est 9h à Běijīng, il est 7h au Xīnjiāng. La plupart des services gouvernementaux comme les banques, les bureaux de poste, les gares routières et les compagnies aériennes fonctionnent suivant l’heure de Běijīng. Ainsi ouvrent-ils généralement de 10h à 13h30 et de 16h à 20h pour compenser le décalage horaire. Sauf mention contraire, l’heure utilisée dans ce guide est celle de Běijīng.


Parc Hóngshān      PARC

(红山公园 ; Hóngshān Gōngyuán ; 10 ¥ ; aube-crépuscule). Ce parc, plutôt orienté sur les loisirs, a de belles vues sur la ville, surtout depuis la pagode du XVIIIe siècle, au sommet de la colline. L’entrée principale, au sud, se situe au nord du rond-point de Xīdàqiáo.

Parc du Peuple      PARC

(人民公园 ; Rénmín Gōngyuán ; 5 ¥ ; 7h30-crépuscule). Une oasis de verdure. Entrées au nord et au sud du parc.

Où se loger

Màitián International Youth Hostel      AUBERGE DE JEUNESSE$

(麦田国际青年旅舍 ; Màitián Guójì Qīngnián Lǚshè ; 459 1488 ; www.xjmaitian.com ; 726 Youhao Nanlu ; 友好南路 726 ; dort 45-60 ¥, ch 150 ¥ ; ). Forte d’un emplacement central, du côté est de la galerie marchande Parkson, cette auberge de jeunesse propose des chambres doubles et des dortoirs sobres, parfois avec sdb privative. Agréable espace salon/bar. Les sdb communes sont peu reluisantes, mais le ménage est fait régulièrement dans les chambres. En été, il faut réserver bien à l’avance. Les chambres privées bénéficient de réductions de novembre à mi-avril.

Silver Birches International Youth Hostel      AUBERGE DE JEUNESSE$

(白桦林国际青年旅舍 ; Báihuàlín Guójì Qīngnián Lǚshè ; 488 1428 ; www.yhaxinjiang.com ; 186 Nanhu Nanlu ; 南湖南路 186 ; dort 40-60 ¥, lits jum 160 ¥ ; ). Les sympathiques employés parlent anglais et peuvent organiser des excursions ou la suite de votre périple. Un peu excentré mais les chambres sont modernes et l’emplacement au calme, à côté d’un parc. Prenez le bus n°104 à Rénmín Guǎngchǎng ou le n°537 à la gare ferroviaire et descendez à la place du Lac du Sud (Nánhú Guǎngchǎng).

Pea Fowl Mansions      HÔTEL$$

(孔雀大厦 ; Kǒngquè Dàshà ; 452 2988 ; 489 Youhao Nanlu ; 友好南路 489 ; lits jum à partir de 260 ¥ ; ). Un peu négligé cependant, voici une adresse qui vaut pour son emplacement imbattable. Les réductions de 40% sont fréquentes. Juste à côté du rond-point de Hóngshān, où s’arrêtent les bus depuis/vers l’aéroport.

Yema International usiness Clubhouse      HÔTEL$$$

(Yěmǎ Gúojì Shāngwù Huìguǎn ; 野马国际商务会馆 ; 768 8888 ; 158 Kunming Lu ; 昆明路 158 ; d avec petit-déj 318-698 ¥ ; ). Cet hôtel raffiné et étonnamment moderne mêle des éléments chinois traditionnels à son style urbain chic. Il dispose d’une galerie d’art, d’un bar à vins et d’un restaurant. Il abrite même un zoo à l’arrière, avec des espèces rares comme le cheval de Przewalski (un équidé réintroduit à l’état sauvage en Asie centrale). Vaste choix de chambres, des doubles de style japonisant un peu onéreuses aux suites dans la tour principale. Au nord de la ville, à côté de l’ambassade du Kazakhstan.

Super 8      HÔTEL$$

( 8 酒店 ; Sùbā Jiǔdiàn ; 559 0666 ; www.super8.com.cn 140 Gongyuan Beijie ; 公园北街 140 ; lits jum 268-308 ¥ ; ). Emplacement calme derrière le parc du Peuple. C’est le meilleur rapport qualité/prix parmi les hôtels de chaîne bon marché, avec des chambres impeccables et des sdb modernes. Petit-déjeuner chinois inclus.

Où se restaurer et prendre un verre

May Flower      OUÏGOUR$$$

(五月花 ; Wǔyuèhuā ; angle Wuyi Lu et Hetian Jie ; repas 25-55 ¥ ; 11h-24h). Ce splendide restaurant propose une délicieuse cuisine ouïgoure. Goûtez la spécialité, le pulao (riz pilaf ; zhuāfàn), accompagné de brochettes et de jus de grenade. Concerts de musique traditionnelle à partir de 20h.

Aroma      MALTAIS$$$

(啊诺玛西餐厅 ; Ā’nuòmǎ Xīcāntīng ; 196 Jianshe Lu ; repas 40-100 ¥ ; 12h-24h ; ). Un chef maltais gère ce bistrot douillet et chaleureux. Mention spéciale aux pizzas, pâtes et risottos, mais aussi au steak juteux. La plupart des ingrédients sont cultivés ou concoctés sur place. En face du Laiyuan Hotel.

The Vine Cafe      CAFÉ$$

(德蔓咖啡 ; Démàn Kāfēi ; 230 4831 ; 19e ét., Times Square Apartments, Xīdàqiáo ; 西大桥时代广场公寓楼 20 ; café 15-25 ¥, repas 25-60 ¥ ; 13h30-22h30 mar-dim ; ). Tenu par la sympathique Arlette, originaire de Curaçao, ce beau café sert une savoureuse cuisine caribéenne. Plats goûteux, mais les portions sont congrues. Nouvel emplacement guère attrayant, dans un immeuble de bureaux. Appelez pour être sûr qu’Arlette n’a pas déménagé à nouveau.

Tiānfǔ Zhēngcài      SHANGHAÏEN$