Choix fatidiques. Dix décisions qui ont changé le

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Les années 1940 et 1941 ont été décisives dans l'histoire : en l'espace de dix-huit mois, non seulement la guerre devient mondiale, mais le XXe siècle tout entier bascule dans la violence et l'horreur. La cascade d'événements qui marque les débuts du conflit confronte les acteurs à des choix qui, pour fatidiques qu'ils aient été, n'étaient cependant pas inéluctables. À Londres, Tokyo, Rome, Moscou, Berlin et Washington, politiques et militaires, qu'ils cherchent une issue à la crise ou tentent de l'exploiter, décident de l'avenir d'un monde où tout semble possible.


Ian Kershaw les fait revivre, à travers dix décisions d'une portée sans précédent : de l'entrée en guerre de la Grande-Bretagne à la décision de Staline de s'allier à Hitler, du choix de Roosevelt de s'engager dans une guerre non déclarée à l'entrée du Japon dans le conflit, de la volonté de l'Allemagne d'affronter les États-Unis à la mise en œuvre par Hitler du génocide des Juifs.


Avec un art consommé de l'analyse et de la narration, Ian Kershaw livre là une somme magistrale.



Traduit de l'anglais par Pierre-Emmanuel Dauzat





Ian Kershaw est professeur d'histoire contemporaine à l'université de Sheffield. Il est notamment l'auteur d'une monumentale biographie de Hitler (Flammarion, 1999-2000) qui a fait date.


Publié le : mercredi 28 octobre 2015
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EAN13 : 9782021305869
Nombre de pages : 816
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couverture

DU MÊME AUTEUR EN FRANÇAIS

L’Opinion allemande sous le nazisme. Bavière 1933-1945

CNRS Éditions, 1995

 

Hitler. Essai sur le charisme en politique

Gallimard, 1995

 

Qu’est-ce que le nazisme ? Problèmes et perspectives d’interprétation

Gallimard, « Folio », 1992

nouvelle édition augmentée et mise à jour, 1997

 

Hitler. 1889-1936 : Hubris

Flammarion, 1999

 

Hitler. 1936-1945 : Némésis

Flammarion, 2000

 

Le Mythe Hitler : Image et réalité sous le IIIe Reich

Flammarion, 2006

 

Hitler

Flammarion, 2008

 

La Chance du diable. Le récit de l’opération Walkyrie

Flammarion, 2009

 

La Fin

Allemagne 1944-1945

Seuil, 2012

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Remerciements


Une conversation à bâtons rompus, dans notre cuisine familiale, m’a donné l’idée de ce livre. Laurence Rees s’était rendu à Manchester pour discuter avec moi le concept de ce qui allait devenir le documentaire télévisé, Auschwitz. Les nazis et la « solution finale » : la troisième série à laquelle nous ayons collaboré. Nous attendions que l’eau de la bouilloire fût prête quand Laurence lâcha que, s’il était historien, il aimerait écrire un livre sur l’année 1941 : de son point de vue, l’année la plus décisive de l’histoire moderne. L’idée est restée. Mais il était clair que les événements cruciaux de 1941 – par-dessus tout l’invasion allemande de l’Union soviétique (qui déclencha la plongée vers un véritable génocide contre les Juifs), l’attaque japonaise sur Pearl Harbor et l’entrée des États-Unis dans la guerre européenne – étaient la conséquence logique d’un certain nombre de décisions vitales qui avaient découlé de l’étonnant triomphe de Hitler en Europe occidentale au printemps 1940. Une étude des décisions cruciales et étroitement imbriquées les unes dans les autres des dirigeants des grandes puissances au cours de ces mois extraordinaires, entre mai 1940 et décembre 1941, commença de prendre une forme embryonnaire dans mon esprit. C’est donc à Laurence que je dois mes premiers chaleureux remerciements pour m’avoir au départ incité à entreprendre ce livre.

Comme d’habitude, j’ai contracté en cours de route maintes autres dettes de reconnaissance, et ces brefs remerciements ne sauraient être qu’une expression superficielle de ma gratitude. Il est juste, cependant, de distinguer la Leverhulme Foundation : je lui sais gré, une fois encore, de sa générosité. J’ai écrit une bonne partie de ce livre dans la dernière année d’une bourse extraordinairement généreuse qui m’a libéré de mes obligations universitaires.

Le fait de pouvoir solliciter la science de certains collègues m’a beaucoup aidé à me frayer un chemin à travers le territoire moins familier que je devais traverser dans la recherche et l’écriture de ce livre. Je suis très reconnaissant à David Reynolds, qui m’a fait des observations très utiles sur le tapuscrit et a partagé avec moi sa connaissance profonde de Churchill et des relations de la Grande-Bretagne avec les États-Unis. Patrick Higgins a eu la gentillesse de mettre à ma disposition son étude inédite sur R.A. Butler et m’a fait part de commentaires précieux sur la crise de mai 1940. MacGregor Knox, au-delà de son magnifique travail sur l’Italie fasciste, a non seulement répondu à quelques interrogations précises sur les forces armées italiennes mais, très généreusement, m’a aussi donné des photocopies des lettres et carnets inédits de Roatta. Le regretté Derek Watson (en particulier), Robert Davies, Robert Service, Moshe Lewin et, à Moscou, Sergueï Slutsch m’ont été d’un grand secours sur Staline et l’Union soviétique. Patrick Renshaw, Richard Carwardine et Hugh Wilford ont répondu à des interrogations sur les rouages de l’administration Roosevelt. À Tokyo, Maurice Jenkins et Madame Owako Iwama m’ont été d’une aide extraordinaire pour trouver les matériaux dont j’avais besoin. J’ai aussi reçu des conseils utiles de Ken Ishida et, plus près, de Sue Townsend et de Gordon Daniels. Sur un terrain plus familier, Otto Dov Kulka, à Jérusalem, m’a fait part comme toujours de ses précieuses réflexions sur le sujet atroce de l’offensive nazie contre les Juifs. J’ai aussi profité d’une discussion sur l’émergence de la « solution finale » avec Édouard Husson, jeune historien français de l’Allemagne nazie, dont l’excellent travail ne manquera pas d’être bientôt largement connu. J’ai également tiré grand profit, au cours d’un séjour à Fribourg, de discussions avec Gerhard Schreiber, Jürgen Förster et Manfred Kehrig. À tous ces collègues et amis, j’adresse mes sincères remerciements. Ils n’ont naturellement aucune responsabilité dans les erreurs ou lacunes de mon travail.

Une partie du chapitre 2 est parue sous la forme d’une contribution au Festschrift de Jeremy Noakes : Nazism, War and Genocide, Exeter, 2005, et je sais gré au maître d’œuvre, Neil Gregor, et à l’University of Exeter Press de m’avoir permis de la reprendre ici.

L’incompétence linguistique a constitué une grave insuffisance et une énorme frustration dans mes recherches pour les chapitres sur l’Union soviétique, le Japon, mais aussi, dans une certaine mesure, l’Italie (où le latin et le français m’ont aidé à saisir l’essentiel, sans pour autant me permettre une compréhension en profondeur). Je suis donc très reconnaissant à mon cher ami Constantine Brancovan (alors que j’étais très pressé par le temps) et à Christopher Joyce, qui se sont portés de bonne grâce à mon secours, en traduisant pour moi d’importants documents du russe ; à Darren Dashmore de m’avoir fourni des traductions de certains ouvrages en japonais ; et à Anna Ferrarese d’avoir traduit à la hâte des documents italiens dont j’avais besoin.

Le personnel de la bibliothèque de Sheffield University, et surtout de la section des prêts interuniversitaires, qui ont dû faire face à mes nombreuses demandes, m’ont été, comme toujours, d’une aide aussi amicale qu’efficace. J’ai aussi bénéficié du meilleur service possible au Public record Office (aujourd’hui rebaptisé National Archives), à la British Library et à la London School of Economics Library, au Churchill Centre de Cambridge, au Borthwick Institute de York, à la Birmingham University Library, aux Politisches Archiv des Auswärtigen Amtes de Berlin, aux Bundesarchiv/Militärarchiv de Fribourg et à l’Institut für Zeitgeschichte de Munich.

Je tiens à remercier mes collègues, universitaires ou membres du secrétariat, de l’excellent département d’histoire de l’Université de Sheffield de leur soutien collégial permanent. Tout particulièrement, il m’est très agréable de dire ma gratitude une fois de plus à Beverley Eaton, mon assistante de longue date (et d’une patience à toute épreuve), qui m’a beaucoup aidé à trouver des ouvrages obscurs et confidentiels, mais aussi à régler, avec sa courtoisie et son efficacité légendaires (sinon toujours une patience légendaire), toute une série d’affaires qui eussent autrement accaparé une bonne partie de mon temps. En outre, et ce n’est pas une mince affaire, c’est elle qui s’est chargée de dresser la liste des ouvrages cités.

J’aimerais une fois encore remercier mon agent, le remarquable Andrew Wylie, de son aide et de ses conseils aussi constants que précieux, et la merveilleuse équipe de Penguin, tant à Londres qu’à New York, qui font de la publication à cette enseigne quelque chose de particulier. Je sais gré à Cecilia Mackay de son travail sur les illustrations, et à travers mes éditeurs, Simon Winder, à Londres, et Scott Moyers, à New York, à tous ceux qui sont intervenus dans le processus de publication, même si je leur dois des remerciements particuliers pour leurs encouragements constants et leur critique acérée et vigilante.

Enfin, comme toujours, les derniers remerciements vont aux miens. Sans eux, écrire des livres d’histoire ne me procurerait aucune satisfaction. Mes remerciements les plus profonds – et mon amour, naturellement – vont à Betty, David, Katie, Joe et Ella, ainsi qu’à Stephen, Becky et Sophie pour tout ce qu’ils ont fait et continuent de faire afin de m’aider dans mon travail mais aussi et surtout me redonner sans cesse le sens des priorités.

Ian Kershaw
Manchester/Sheffield, novembre 2006

Dramatis Personae


Seuls sont répertoriés ici les principaux acteurs des grands pays impliqués dans le drame en cours, avec un bref aperçu de leur position et de leur rôle au cours des événements cruciaux de 1940-1941.

GRANDE-BRETAGNE

Attlee, Clement. Chef du parti travailliste à compter de 1935 ; garde du Petit Sceau dans le cabinet de guerre de Churchill.

Cadogan, sir Alexander. Sous-secrétaire permanent au Foreign Office (chef du corps diplomatique).

Chamberlain, Neville. Premier ministre de 1937 jusqu’à sa démission, le 10 mai 1940 ; puis Lord président du conseil et membre du cabinet de guerre, jusqu’à ce qu’une maladie grave l’oblige à quitter le gouvernement (et la direction du parti conservateur), quelques semaines avant sa mort, le 9 novembre 1940.

Churchill, Winston. Nommé Premier ministre le 10 mai 1940 après une décennie de traversée du désert ; assuma également les responsabilités de ministre de la Défense. Chef du parti conservateur après la démission de Chamberlain.

Cripps, sir Stafford. Ambassadeur en Union soviétique à compter de mai 1940.

Gort, lord maréchal, commandant en chef du corps expéditionnaire britannique, qui prit la décision en mai 1940 de se replier sur Dunkerque en vue d’une évacuation.

Greenwood, Arthur. Numéro 2 du parti travailliste depuis 1935 ; ministre sans portefeuille, responsable des affaires économiques dans le cabinet de guerre de Churchill.

Halifax, lord. Secrétaire aux Affaires étrangères à compter de 1938 jusqu’à sa nomination en sa qualité d’ambassadeur de Grande-Bretagne aux États-Unis en janvier 1941.

Lloyd George, David. Ancien Premier ministre (1916-1922), en qui certains (dont lui-même) voyaient en 1940 le probable chef de gouvernement dans le cas d’un accord de paix avec l’Allemagne.

Lothian, lord. Ambassadeur de Grande-Bretagne à Washington ; en novembre 1940, fit connaître aux Américains la fâcheuse situation financière de son pays, encourageant les initiatives qui aboutirent au dispositif du prêt-bail ; décédé le mois suivant.

Sinclair, Archibald. Président du parti libéral parlementaire depuis 1935 ; secrétaire d’État à l’Air dans le gouvernement Churchill ; participa aux délibérations du cabinet de guerre à la fin du mois de mai 1940.

ALLEMAGNE

Brauchitsch, maréchal Werner von. Commandant en chef de l’armée de terre de 1938 à décembre 1941.

Dönitz, contre-amiral Karl. Commandant de la flotte allemande de sous-marins.

Eichmann, Adolf. Chef du Bureau des Affaires juives au QG de la Sécurité du Reich ; responsable devant Heydrich de l’organisation de la déportation des Juifs ; dans les faits, « organisateur » de la « solution finale ».

Frank, Hans. Gouverneur général de la Pologne occupée.

Goebbels, Joseph. Ministre des Lumières du Peuple et de la Propagande du Reich depuis mars 1933.

Göring, Hermann. Commandant en chef de la Luftwaffe ; responsable du Plan quadriennal (depuis 1936) ; successeur désigné de Hitler.

Greiser, Arthur. Chef du gouvernement et du parti nazi dans le « Warthegau », la région de Pologne occidentale centrée autour de Posen et annexée au Reich.

Halder, colonel-général Franz. Chef de l’état-major général de l’armée de terre, responsable de l’élaboration de la stratégie.

Heydrich, Reinhard. Directement subordonné à Himmler ; chef du QG de la Sécurité du Reich ; chargé de la mise en œuvre de la « solution finale de la question juive ».

Himmler, Heinrich. Chef des SS depuis 1929 ; nommé chef de la police allemande en 1936 ; en outre, depuis octobre 1939, commissaire du Reich pour la Consolidation de la nationalité allemande (ce qui lui conférait d’amples pouvoirs sur le programme de déplacement de populations en Europe orientale).

Hitler, Adolf. Chef du parti nazi depuis 1921 ; chancelier du Reich (chef du gouvernement allemand) à partir de janvier 1933 ; chef de l’État à compter d’août 1934 ; chef suprême du nouveau Haut Commandement de la Wehrmacht à compter de février 1938 ; à partir de 1939, il ne devait plus être appelé officiellement que par le titre de « Führer » (chef) ; à l’apogée de ses pouvoirs après la victoire sur la France en 1940.

Jodl, général Alfred. En tant que chef de l’état-major opérationnel de la Wehrmacht, responsable de la planification stratégique générale ; principal conseiller de Hitler en matière de stratégie et d’opérations militaires ; loyal envers et contre tout à Hitler.

Keitel, maréchal Wilhelm. Chef du Haut Commandement de la Wehrmacht depuis février 1938, même si, en cette qualité, il était entièrement soumis à Hitler.

Müller, Heinrich. Chef de la Gestapo depuis 1937 ; directement responsable devant Heydrich.

Ott, général Eugen. Ambassadeur à Tokyo depuis 1938.

Raeder, grand amiral Erich. Commandant en chef de la flotte allemande.

Ribbentrop, Joachim von. Ministre des Affaires étrangères du Reich depuis février 1938.

Rosenberg, Alfred. Ministre du Reich pour les Territoires orientaux occupés à partir de juillet 1941.

Schulenburg, comte Friedrich Werner von der. Ambassadeur à Moscou à compter de 1934.

Warlimont, général de division Walter. Chef du département de la Défense nationale à l’état-major opérationnel de la Wehrmacht à partir de novembre 1938 ; directement subordonné à Jodl.

Weizsäcker, Ernst von. Secrétaire général (« secrétaire d’État ») du ministère allemand des Affaires étrangères depuis mars 1938 ; chef du corps diplomatique ; eut des relations tendues avec Ribbentrop.

JAPON

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