Cuba 7 - Comprendre Cuba et Cuba pratique

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Publié le : jeudi 30 janvier 2014
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EAN13 : 9782816143492
Nombre de pages : 110
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Changement ? Plutôt une mise à jour pour réduire les charges de l’État. On sent dans l’air une certaine méfiance, de la prudence et parfois un peu de confusion. “Qu’est-ce qui nous attend au prochain coin de rue ?” semblent se demander les Cubains, sans se risquer le moins du monde à parier pour une solution plutôt qu’une autre.


À voir

Fraise et chocolat (Tomás Gutiérrez Alea et Juan Carlos Tabío, 1993). Un gay amoureux d’un militant communiste hétérosexuel.

Avant la nuit (Julian Schnabel; 2000). La vie de l’écrivain cubain Reinaldo Arenas.

Liste d’attente (Juan Carlos Tabío; 2000). Un bus qui tarde à venir et les tensions tragi-comiques entre les voyageurs.

Adieu Cuba (Andy García; 2005). Une famille cubaine prise dans la tourmente de la révolution.

À lire

Cuba, art et histoire de 1968 à nos jours (Collectif, 2008). La passionnante histoire de l’art cubain, superbement illustrée.

Les Chemins de la victoire (Fidel Castro, 2012). Le premier tome des coulisses de la révolution vues par son leader.

Raúl et Fidel, la tyrannie des frères ennemis (Jacobo Machover, 2011). L’histoire de la passation de pouvoir entre les deux frères.

Fidel Castro : Biographie à deux voix (Ignacio Ramonet, 2006). Un livre d’entretiens qui aborde de nombreux thèmes.


Alors que le leadership de Raúl Castro arrive à maturité, il y a dans l’air comme un optimisme timide, le sentiment prudent que le gouvernement pourrait bien avoir entrepris de relancer l’économie et d’améliorer enfin les conditions de vie des Cubains. Cependant, la double monnaie, qui a toujours cours, accroît les inégalités sociales, et l’économie profite toujours de la manne que représentent les remesas (argent envoyé par les Cubains résidant aux États-Unis à leur famille restée à Cuba).

Ajustements économiques

En 2008, Raúl Castro s’est risqué à quelques médiocres réformes, autorisant par exemple les Cubains à accéder aux hôtels touristiques (ceux-ci leur étaient interdits, sauf ceux payables en pesos), leur permettant aussi d’avoir un téléphone portable, et ouvrant plus de terres agricoles à la propriété privée. Ces droits élémentaires dans la plupart des pays démocratiques sont restés très longtemps hors de portée du Cubain moyen.

L’État voulant peu à peu se défaire de ses responsabilités a opté pour une mise à jour du système, notamment dans le monde du travail. Ainsi, en 2011, l’État a annoncé vouloir licencier plus de 500 000 fonctionnaires et, pour compenser, à permis aux Cubains d’exercer des “activités autorisées pour l’exercice du travail à compte propre”, soit 178 petits boulots allant du remplisseur de briquet au coiffeur, en passant par l’éplucheur de fruits, le collecteur-vendeur de matières premières (fouilleur de poubelles) et le maçon. Ces petits boulots étaient souvent déjà pratiqués au noir. Il faut désormais demander une licence pour les exercer et payer des impôts. Plus tard, l’État, débordé par l’ampleur du marché noir et des ventes illégales, a encadré la vente des voitures d’occasion (mais pas des voitures neuves) et a autorisé les Cubains à vendre et à acheter leur logement pour la première fois depuis 50 ans – mais il n’existe pas d’agences immobilières ni de marché régulé.

Enfin, grâce au décret de fin 2012, l’État a supprimé les permis d’entrée et de sortie de pays, permettant ainsi à certains Cubains à voyager à l’étranger (en contrepartie le prix d’un passeport a grimpé en flèche).

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Jusqu’où Raúl Castro est-il prêt à aller?

En 2013, Cuba connaissait une importante transformation économique, avec 400 000 personnes travaillant dans le privé, soit 250 000 de plus qu’en 2010. Mais on est encore bien loin du capitalisme à l’occidentale. Certains commerces se limitent à de simples stands de camelote, d’autres ont simplement légalisé une activité qu’ils pratiquaient illégalement depuis des années. Sans compter les règlementations très tatillonnes et la peur constante que l’assouplissement économique ne soit qu’une façade éphémère, uniquement dicté par la récession mondiale. Pourtant, malgré une bureaucratie écrasante et une méfiance justifiée vis-à-vis d’un État à parti unique paternaliste habitué à donner d’une main et à reprendre de l’autre, de nombreux Cubains restent optimistes. Certains estiment même que Raúl Castro a fait plus en 5 ans que son frère au cours des 50 dernières années. La question est de savoir : jusqu’où est-il prêt à aller ?

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Pendant ce temps-là aux États-Unis…

De l’autre côté du détroit de Floride, le gouvernement Obama a fait part de sa volonté d’ouverture. Par un décret présidentiel, il a assoupli les restrictions imposées aux Cubano-Américains pour se rendre à Cuba, et autorisé davantage de voyages pour les Américains participant à un “échange culturel” organisé (et légal). Cependant, l’embargo commercial en vigueur depuis 50 ans reste le gros problème dont personne ne veut parler, un anachronisme source de dissensions et régulièrement alimenté par des litiges.

Aux États-Unis, les données démographiques pourraient bien apporter un peu de bon sens au débat. Aujourd’hui octogénaires, les frères Castro ont survécu à la plupart de leurs ennemis exilés, et, petit à petit, l’opinion publique parmi les Cubains de Floride se fait plus modérée.

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L’avenir en marche

Le président octogénaire ayant annoncé – presque cyniquement – qu’il ne gouvernerait plus le pays après 2018, Cuba pourrait bien s’engager sur une voie plus modérée. Pendant plus d’un demi-siècle, le sort du pays a été dicté par des courants politiques extrêmes, tiraillé entre révolutionnaires vieillissants et la diaspora. Onze millions de Cubains, qui comptent encore avec la libreta (carte de rationnement) et l’inégalité de la double monnaie, sont pris en tenaille entre les deux. Beaucoup d’entre eux sont talentueux, déterminés et avides de changement : reste à savoir s’ils sont prêts à se prendre en charge sans la tutelle des frères Castro. L’avenir nous le dira.


POPULATION 11 163 934 HABITANTS

PLUS DE 60 ans 12%

ESPÉRANCE DE VIE 77,8 ANS

MORTALITÉ INFANTILE 4,76 POUR 1 000

RATIO MÉDECIN/PATIENT 1/156

CROISSANCE DÉMOGRAPHIQUE : NÉGATIVE, À -0,1 ‰

TAUX D’ALPHABÉTISATION 99,8%


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Histoire


L’histoire de Cuba est une épopée sans commune mesure avec la taille de ce petit pays. Depuis l’arrivée de Christophe Colomb en 1492, l’archipel a connu l’esclavage, deux terribles guerres d’indépendance, une période d’indépendance quasi totale, et enfin, une révolution qui, en dépit des promesses des débuts, s’est rapidement enlisée. Elle a conduit à l’émigration de près d’un cinquième de la population cubaine, principalement vers les États-Unis.

Une trajectoire historique tumultueuse

On peut diviser l’histoire de l’île en trois grandes époques : la période précoloniale, la période coloniale et la période postcoloniale.

Avant 1492, Cuba était peuplée de trois civilisations migrantes parties du bassin de l’Orénoque, en Amérique du Sud, et remontées vers le nord en passant d’île en île. À ce jour, leurs cultures respectives n’ont que partiellement été étudiées, avant tout parce que ces peuples ont laissé peu de témoignages exploitables de leur présence dans l’île.


Le top des sites historiques

Museo de la Revolución, La Havane

Cuartel Moncada, Santiago de Cuba

Comandancia de la Plata, Granma

Fortaleza de San Carlos de la Cabaña, La Havane


La période coloniale fut dominée par les Espagnols et le problème de l’esclavage, qui la marqua de son empreinte pendant toute sa durée, des années 1520 jusqu’à l’abolition en 1886. L’esclavage a laissé de profondes blessures dans l’imaginaire collectif cubain, et fait partie intégrante de l’évolution de sa culture.

La période postcoloniale se divise en deux époques, la seconde se subdivisant à son tour en deux autres périodes. La période qui va de la défaite espagnole en 1898 au coup d’État de Fidel Castro en 1959 est généralement considérée comme une ère de quasi-indépendance, soumise cependant à l’influence américaine. Elle fut aussi caractérisée par de fréquentes insurrections menées par des groupes d’opposition qui souhaitaient renverser leur gouvernement. L’ère castriste, après 1959, compte deux étapes : la période de domination soviétique (1961-1991), puis celle qui va de la “période spéciale” à nos jours.

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La Cuba précoloniale

L’histoire précolombienne de Cuba (soit une période de 3 500 ans) est encore peu documentée car il existe bien peu de traces avérées du peuplement de l’île. Le peu que nous en savons a été déduit, de façon presque exclusive, de découvertes archéologiques – qui se poursuivent –et, dans une moindre mesure, de témoignages remontant aux premiers colons espagnols.

D’après la datation au carbone 14, Cuba serait habitée depuis plus de 4 000 ans. Au cours de la période qui a précédé l’arrivée de Christophe Colomb en 1492, l’archipel a été successivement colonisé par trois groupes anthropologiques distincts, qui tous, pense-t-on, venaient du bassin de l’Orénoque, dans l’actuel Venezuela.


Les héros des guerres d’indé-pendance

Carlos Manuel de Céspedes (1819-1874)

Máximo Gómez (1836-1905)

Calixto García (1839-1898)

Ignacio Agramonte (1841-1873)

Antonio Maceo (1845-1896)


Les Guanahatabey, première civilisation connue à Cuba, étaient un peuple primitif de l’âge de pierre. Ces chasseurs-cueilleurs vivaient dans des grottes. À un moment donné de leurs 2 000 ans d’histoire, ils furent peu à peu repoussés vers l’ouest, dans l’actuelle province de Pinar del Río, à cause de l’arrivée d’une autre civilisation de la période précéramique, les Ciboney. Légèrement plus développé, ce peuple de pêcheurs et de petits agriculteurs s’établit de manière relativement pacifique sur la côte sud de l’archipel, bien abritée. Au début du XIIe siècle, ils furent à leur tour peu à peu chassés par les Taïnos, civilisation plus sophistiquée.

Les Taïnos, un groupe issu des Arawak qui peuplaient la plupart des îles des Caraïbes et le nord de l’Amérique du Sud, s’implantèrent à Cuba au début du XIIe siècle. Ils fuyaient les Caribe (ou Caraïbe), une tribu particulièrement sanguinaire vivant à Hispaniola (actuelle île d’Haïti et de la République dominicaine) et à Puerto Rico, plus au sud. Les Taïnos assimilèrent les communautés qui les avaient précédés à Cuba, et établirent une société structurée autour d’un chef, le cacique. Ils cultivaient le manioc (yuca), le coton, la patate douce (boniato), le maïs, le poivre, le cacao, l’avocat et le tabac, qu’ils fumaient (60% des plants de tabac actuels seraient issus de ces cultures originelles). Les arts tenaient une grande place dans la société taïno – les poteries, les sculptures ou les objets cultuels que l’on peut admirer aujourd’hui dans certains musées montrent une culture riche et complexe, qui marque de son empreinte le pays tout entier et a laissé dans le vocabulaire mondial bon nombre de mots encore usités. Lorsque les Espagnols ont découvert l’île, on estime que les trois quarts des 100 000 Amérindiens locaux étaient des Arawak qui parlaient le taïno.

Dans la mesure où Christophe Colomb employait les mots de “gentils”, “doux” et “sans notion du mal” pour décrire les Taïnos, on s’explique encore plus difficilement leur anéantissement. En 30 ans, 90% des Taïnos furent éliminés de la surface de la Terre.

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La Cuba coloniale

Christophe Colomb et la colonisation

À son arrivée le 27 octobre 1492, Christophe Colomb (Cristóbal Colón en espagnol) décrivit l’île comme “la terre la plus belle que l’œil humain ait jamais pu caresser”. Il la nomma “Juana” en l’honneur d’une infante espagnole – le nom de Cuba, qui lui restera, est d’origine amérindienne. Cette île n’offrant que peu de richesses, l’Espagne et Colomb s’en désintéressèrent pour lui préférer Hispaniola (aujourd’hui Haïti et la République dominicaine).

La colonisation de Cuba ne débuta vraiment qu’en 1511, quand Diego Velázquez de Cuéllar mena une expédition au départ d’Hispaniola pour le compte de la couronne d’Espagne. Débarqués près de l’actuelle Baracoa, les conquistadors établirent rapidement sept villas (villes) sur l’île principale – La Havane, Trinidad, Baracoa, Bayamo, Camagüey, Santiago de Cuba et Sancti Spíritus – dans l’optique de créer un fort pouvoir central pour leur nouvelle colonie. La rébellion menée par le grand cacique taïno Hatuey contre les conquistadors avorta quand il fut capturé et condamné au bûcher. On raconte qu’un moine franciscain s’avança pour lui donner le baptême et qu’Hatuey s’y opposa, objectant que si les Espagnols allaient au paradis, il préférait y renoncer. Il est demeuré un héros national à Cuba.


LES “DÉCOUVREURS” DE CUBA

Cuba ne fut pas découverte par les Européens : en 1492, l’archipel était déjà habité depuis longtemps. Les Cubains ont coutume de dire que leur pays compte trois “découvreurs”. Si l’on connaît bien le rôle joué par le premier, Christophe Colomb, il n’en est pas de même pour les deux autres.

Alexander von Humboldt (1769-1859)

Arrivé à Cuba en 1800, cet explorateur allemand, naturaliste et géographe, fut l’un des premiers étrangers à reconnaître la particularité du patrimoine culturel, écologique et historique de l’archipel. Humboldt fut notamment frappé par l’éventail d’espèces endémiques, décrivant Cuba comme une sorte de Galápagos caribéennes. Il releva aussi des différences majeures entre l’île et les autres pays d’Amérique du Sud. Bien qu’en retard sur le plan colonial, Cuba était principalement urbaine; malgré une identité nationale bien marquée, la dépendance était restée forte vis-à-vis des Espagnols; et, bien que clairement civilisé, le pays conservait un système esclavagiste barbare. Humboldt en conclut que Cuba était d’une complexité fascinante.

Fernando Ortíz (1881-1969)

Fernando Ortíz, anthropologue et homme aux talents multiples originaire de La Havane, s’appuyant sur les idées de Humboldt, s’intéressa à la synthèse culturelle unique de l’archipel, mélange d’esclaves africains, de colons espagnols, d’exilés français, d’immigrants chinois et de rescapés de la culture précolombienne taïno. Ortíz parla alors de “transculturation” pour désigner la fusion de cultures anciennes importées débouchant sur une culture nouvelle, unique, originale et distincte. Spécialisé dans la culture noire (il est à l’origine du terme “afro-cubain”), il permit une bien meilleure compréhension et appréciation de la musique, la religion, la langue et l’art africains dans la culture cubaine. En 1955, Ortíz reçut le prix Nobel de la paix pour son travail anthropologique considérable et son “amour de la culture et du genre humain”.


Le début de l’exploitation des mines d’or par les Espagnols s’accompagna de la mise en place du système des encomiendas. En fait, la couronne d’Espagne vendait à un de ses sujets un lopin de terre avec sa main-d’œuvre indigène, contrainte d’y travailler de force et celle-ci recevait, en échange, une éducation chrétienne. Le dominicain Bartolomé de Las Casas (1470-1566), “l’apôtre des Indiens”, lança de nombreux appels aux souverains espagnols pour que les populations indigènes bénéficient d’un traitement plus humain, si bien qu’en 1542 le système des encomiendas fut aboli. Les Espagnols se mirent à développer la culture de la canne à sucre dans l’île. Au cours de cette période d’exploitation, les populations indigènes furent décimées non seulement à cause du traumatisme de la colonisation et du travail forcé, mais aussi par des maladies mortelles, comme la variole, introduites par les Européens. En 1550, il ne restait plus que 5 000 Amérindiens dispersés sur l’île.

L’industrie sucrière et l’esclavage

En 1522, pour répondre à la pénurie de main-d’œuvre, les premiers esclaves arrivèrent à Cuba via Hispaniola. Les colons espagnols étant un peu moins répressifs que les propriétaires des plantations plus au nord, les Afro-Cubains bénéficièrent d’une plus grande liberté d’expression. Regroupés selon leur tribu d’origine, ils purent conserver certains éléments propres à leur culture. Il leur était possible d’avoir un lopin de terre, de se marier ou même de racheter leur liberté, ce qui n’était pas le cas aux États-Unis ou à Haïti. Affectés dans les élevages de bétail, les plantations de tabac et de canne à sucre, les esclaves permirent aux colons, en un siècle, de passer d’une économie de subsistance à une production industrielle. Toutefois, les troubles s’annonçaient.

Jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, l’île suscita la convoitise des commerçants espagnols fortunés, des monarchies européennes et des pirates qui sévissaient nombreux dans la mer des Caraïbes. En 1555, le pirate français Jacques de Sores pilla La Havane, et, après ce désastre, on édifia d’imposantes fortifications afin de protéger le port et celui de Santiago de Cuba. De nouvelles razzias de pirates mirent en évidence les faiblesses de la flotte espagnole et incitèrent d’autres puissances européennes à s’imposer dans la région. C’est ainsi que les Britanniques s’emparèrent de la Jamaïque en 1655. Cette même année, toutes les villes cubaines vivaient sous la menace permanente d’une attaque. Haïti (l’ancienne Hispaniola) tomba sous la coupe des Français en 1697, et Cuba redouta alors d’être leur prochaine conquête.

En 1762, les troupes espagnoles furent impliquées dans la guerre de Sept Ans qui opposait alors Britanniques et Français; le conflit avait déjà coûté à la France ses colonies au Canada. Les soldats britanniques débarquèrent à Cojímar, près de La Havane, le 6 juin, et s’emparèrent du château du Morro le 30 juillet. Les Espagnols se rendirent le 13 août. Les Britanniques occupèrent alors La Havane pendant onze mois, qu’ils mirent à profit pour faire venir 4 000 esclaves et organiser des échanges avec leurs colonies d’Amérique du Nord, ce qui favorisa le développement économique. Le traité de Paris signé en 1763, qui mit fin à cette occupation, restituait Cuba à l’Espagne, en échange de la Floride.

Avec le retour des Espagnols, l’importance stratégique et commerciale de Cuba initiée par l’occupation britannique prit tout son sens, et le nouveau gouverneur général donna son aval pour poursuivre la libéralisation des échanges et aménager le port de La Havane. Après 1765, Cuba put commercer librement avec nombre de ports espagnols. Une société civile vit le jour sous l’impulsion d’une nouvelle aristocratie créole. Après l’indépendance des États-Unis (vis-à-vis de l’Angleterre) en 1783, les échanges entre Cuba et les nouvelles républiques américaines se développèrent rapidement, et l’île prospéra de plus en plus. La Révolution française, et des ouvrages de Rousseau ou de Voltaire, qui circulaient parmi les élites, apportèrent des ferments idéologiques qui eurent des répercussions dans la région. Ainsi la révolte des esclaves d’Haïti, en 1791, provoqua l’anéantissement de la production de sucre et de café sur place, ce qui profita à Cuba, qui connut une expansion commerciale spectaculaire, grâce aussi à l’arrivée de centaines de milliers d’esclaves. Les Français qui fuyaient Haïti créèrent de nouvelles plantations de café et modernisèrent l’industrie sucrière cubaine.

Dans les années 1820, Cuba s’imposa comme le premier producteur mondial de sucre, et grand exportateur de tabac, ce qui éveilla l’intérêt des États-Unis, qui y voyaient également une situation stratégique de première importance. Entre 1810 et 1826, le Mexique et les pays du continent sud-américain réussissent à s’affranchir du joug espagnol, contrairement à Cuba et à Puerto Rico.

Soucieux de pouvoir continuer à s’approvisionner en sucre cubain, les États-Unis dissuadèrent Simón Bolívar (1783-1830) d’intervenir à Cuba. En 1848, ils offrirent même à l’Espagne 100 millions de dollars pour acheter l’île.

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