Cuba 7 - La Havane

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Publié le : jeudi 30 janvier 2014
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EAN13 : 9782816143508
Nombre de pages : 168
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Fermez les yeux un instant et imaginez… Des vagues qui s’écrasent contre une longue digue; des enfants qui jouent au base-ball sous l’œil d’une mère de famille qui les observe depuis son balcon; des étudiants qui rient aux éclats en attendant un bus bondé qui tarde à venir; des touristes à la recherche de T-shirt estampillés d’images révolutionnaires; un monsieur très digne qui, cigare entre les lèvres, pousse sa vénérable auto afin de la faire démarrer tandis que son épouse l’observe en agitant son éventail…

Depuis plus de quatre siècles, La Havane séduit les visiteurs. C’est la ville de tous les paradoxes, là où se côtoient luxe et délabrement absolu, et qui, malgré les assauts des éléments naturels et en dépit du fait qu’on la laisse s’étioler depuis plus de cinquante ans, reste belle, coûte que coûte. Une ville où les Habaneros ne se contentent pas de survivre : ils plongent au cœur des choses, se débrouillent, rêvent, créent, discutent, et partagent bien volontiers avec vous leur Habana.

Quand partir

Événement musical important, le Festival Internacional de Jazz a lieu tous les ans en février. Ne le manquez pas !

Pour échapper à la chaleur souvent étouffante de l’été, venez à La Havane en octobre, un mois délicieusement calme durant lequel on peut profiter, entre autres, du Festival Internacional de Ballet.

En décembre, période évidemment plus fréquentée, le Festival del Nuevo Cine Latinoamericano, la manifestation cinématographique majeure du pays, draine un public nombreux.

Histoire

San Cristóbal de La Habana a été fondée en 1514 sur la côte sud de Cuba, près de l’embouchure du Río Mayabeque, une zone aujourd’hui marécageuse et quasiment déserte. Quelques années plus tard, la colonie se déplaça sur l’embouchure du Río Almendares entre les actuels quartiers du Vedado et Miramar, avant de se fixer définitivement, le 17 décembre 1519, à l’entrée du port, dans le secteur connu sous le nom de la Habana Vieja (Vieille Havane).

Bien qu’elle figurât parmi les sept villes fondées par Diego Velázquez de Cuéllar à Cuba, personne n’imagina faire de La Havane la capitale. Sa position excentrée, au nord-ouest de l’île, présentait peu d’avantages pour administrer les régions du Centre et de l’Est; et ce n’est pas un hasard si, depuis le début du XIXe siècle, toutes les rébellions, ou presque, dirigées contre les autorités de La Havane ont pris naissance dans l’Oriente.

C’est la conquête espagnole du Mexique et du Pérou qui retourna la situation en faveur de La Havane. Sa position stratégique à l’entrée du golfe du Mexique, sur une côte balayée par le Gulf Stream poussant vers le nord-est, en fit le lieu de rassemblement annuel idéal des flottes chargées du trésor en partance pour l’Espagne. Elle prit rapidement de l’importance et, en 1606, La Havane remplaça Santiago de Cuba comme siège de la capitainerie générale espagnole. La première flota fit voile vers l’Espagne en 1564 et, pendant deux siècles, La Havane a été le port le plus important des Amériques, la “clef” du vaste empire colonial espagnol. En 1592, La Havane accéda au statut de ville et, en 1607, à celui de capitale de la colonie.

Après le sac de la ville en 1555 par les corsaires français de Jacques de Sores, on construisit, entre 1558 et 1630, les châteaux de La Fuerza, de La Puenta et d’El Morro, puis, de 1674 à 1740, un rempart fut élevé autour de la ville. Ces défenses maintinrent les pirates à distance, mais furent inefficaces lorsque, le 6 juin 1762, une armée britannique commandée par le comte d’Albemarle attaqua La Havane. Les troupes espagnoles étaient impliquées dans la guerre de Sept Ans, qui opposait alors Britanniques et Français; le conflit avait déjà coûté à la France ses colonies au Canada. L’armée britannique débarqua à Cojímar et prit position à Guanabacoa. De là, elle remonta vers le port à l’ouest et, le 30 juillet, attaqua le château d’El Morro par l’arrière. D’autres troupes débarquèrent à La Chorrea, à l’ouest de la ville et, le 13 août, les Espagnols encerclés durent se rendre. Les Anglais occupèrent La Havane pendant 11 mois et firent venir près de 4 000 esclaves. Ils organisèrent des échanges avec leurs colonies d’Amérique du Nord, ce qui favorisa le développement économique de la ville. Le traité de Paris signé en 1763, qui mit fin à cette occupation, restitua Cuba à l’Espagne, en échange de la Floride.

Les Espagnols se lancèrent alors dans un vaste programme de rénovation des défenses. Une nouvelle forteresse, La Cabaña, fut construite sur la hauteur d’où les Anglais avaient bombardé El Morro. À l’achèvement des travaux, en 1774, La Havane était l’une des villes les mieux protégées du Nouveau Monde, le “rempart des Indes”.

L’occupation anglaise avait permis l’ouverture de La Havane au commerce. En 1765, la ville reçut le droit de commercer avec sept villes espagnoles et non plus avec la seule ville de Cadix. À partir de 1818, elle put exporter du sucre, du rhum, du tabac et du café directement vers n’importe quel port du monde. Le XIXe siècle fut une ère de progrès constants, avec l’arrivée du chemin de fer en 1837, de l’éclairage public au gaz en 1848, du télégraphe en 1851, des transports urbains en 1862, du téléphone en 1888 et de l’électricité en 1890. À la fin du XVIe siècle, La Havane comptait 4 000 habitants. Ils étaient 76 000 en 1774, soit la moitié de la population de l’île. La ville fut épargnée par les désastres des guerres d’indépendance, si bien qu’en 1902 elle comptait environ 250 000 habitants.

Le passage au XXe siècle marque pour La Havane le début d’une époque nouvelle. La capitale s’est rapidement étendue vers l’est, le long du Malecón, empiétant sur les zones boisées du Vedado, situé auparavant en dehors de la ville. Le début de la prohibition voit les Américains affluer en masse et La Havane devient un lieu où corruption, prostitution, jeu et trafics en tout genre sont monnaie courante. Dans les années 1950, la situation s’aggrave, du fait de la présence dans la capitale de divers truands de triste mémoire, tel Meyer Lansky.

Les révolutionnaires qui ont pris le pouvoir en 1959 ferment les casinos. Les efforts ayant été concentrés surtout dans les régions rurales, La Havane connut un certain déclin, que l’embargo américain et les mesures d’austérité de la “période spéciale” n’ont pas arrangé.

Aujourd’hui, la ville s’est attelée à sa rénovation et se démène dans ce pays où la pénurie fait partie de la vie quotidienne et où les matières premières manquent en permanence. Depuis 1982, l’historien de la ville Eusebio Leal Spengler travaille à la reconstitution de la Habana Vieja, grâce au soutien de l’Unesco et d’investisseurs étrangers. Lentement mais sûrement, La Havane retrouve sa splendeur passée.

Plan rapproché sur les pages suivantes


À ne pas manquer

Qu’elle soit Art déco, baroque, coloniale ou néoclassique, la grande diversité de l’architecture de La Havane

Une promenade au soleil couchant le long du Malecón

La Habana Vieja, bel exemple de réhabilitation menée grâce à la manne touristique

La redécouverte d’un certain kitsch au cabaret Tropicana

Une tranche d’histoire au Museo de la Revolución

Un parcours dans toute l’histoire de l’art cubain au Museo Nacional de Bellas Artes

L’ambiance presque inquiétante de la Necrópolis Cristóbal Colón, cimetière d’une étrange beauté


CENTRE-VILLE

Pour plus de clarté, nous avons divisé le centre de La Havane en trois grands quartiers qui concentrent l’essentiel des attraits touristiques : la Habana Vieja, Centro Habana et le Vedado. En plein centre, la Habana Vieja est le cœur historique de la ville; à l’ouest, Centro Habana est l’occasion d’être au plus près de la vie quotidienne des Cubains, tandis que le Vedado, plus cossu, abrite hôtels et restaurants et fait montre d’une vie nocturne assez active.

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À voir

Habana Vieja

Parsemée de joyaux architecturaux de toutes les époques, la Habana Vieja propose aux visiteurs l’une des plus jolies collections d’édifices urbains des Amériques. La vieille ville à elle seule compte plus de 900 édifices historiques, déclinant toutes sortes d’architectures illustres, du baroque alambiqué au fastueux Art déco.

Pour une rapide introduction aux meilleurs endroits du quartier, voyez la promenade illustrée proposée ou baladez-vous dans un périmètre incluant les quatre places principales : Plaza de Armas, Plaza Vieja, Plaza de San Francisco de Asís et Plaza de la Catedral.


LA HAVANE EN…

Deux jours

Découvrez la Habana Vieja au fil des rues qui relient ses quatre grandes places coloniales. Parmi la pléthore de musées, ne manquez pas le Museo de la Ciudad, au cœur de la ville coloniale, le Museo de la Revolución et le Museo Nacional de Bellas Artes (deux sites pour ce dernier; (Cliquez ici)), dans Centro Habana. Les bus touristiques découverts permettent d’explorer une bonne partie de la capitale – mais c’est à pied qu’il vaut mieux parcourir le Malecón (promenade en bord de mer; (Cliquez ici)). Le soir, entrez dans les bars de la Calle Obispo et de la Plaza Vieja pour vous imprégner de l’âme nocturne de la ville.

Quatre jours

Avec deux jours de plus, vous aurez le temps de découvrir le quartier du Vedado et son petit côté années 1950. L’Hotel Nacional pour un mojito en terrasse et la Plaza de la Revolución (les sculptures en fer du Che et de Camilo Cienfuegos ainsi que le monument dédié à José Martí) seront deux étapes incontournables. Restez dans les parages le soir, le quartier héberge d’excellents clubs de jazz, bars lounge et cabarets.

Une semaine

En une semaine, vous pourrez ajouter à vos déambulations des excursions dans d’autres quartiers et à la périphérie de la ville, par exemple au Museo Hemingway, dans les forts coloniaux situés côté est du port et à l’Acuario Nacional de Miramar.


Habana Vieja : Plaza de la Catedral et ses environs

Plaza de la Catedral      PLACE HISTORIQUE

(Carte (Cliquez ici)). La place la plus uniforme de la Habana Vieja est un hommage au baroque cubain, et tous ses édifices (y compris la magnifique cathédrale) datent du XVIIIe siècle. Malgré son homogénéité, c’est en fait la plus récente des quatre places de la vieille ville.

Palacio de los Marqueses de Aguas Claras      STYLE BAROQUE

(Carte (Cliquez ici); San Ignacio n°54). Situé à l’angle ouest de la Plaza de la Catedral, ce majestueux palais baroque terminé en 1760 est célébré pour la beauté de son patio andalou. Il abrite aujourd’hui le Restaurante El Patio.

Casa de Lombillo      ARCHITECTURE XVIIIe SIÈCLE

(Carte (Cliquez ici); Plaza de la Catedral). Juste à côté de la Catedral de San Cristóbal de La Habana, cet édifice bâti en 1741 servit jadis de poste (on peut encore utiliser la boîte aux lettres en forme de masque de pierre dans le mur). Depuis 2000, c’est le Bureau principal de l’historien de la ville. Le Palacio del Marqués de Arcos, à côté, date de la même époque.

Palacio de los Condes de Casa Bayona      ARCHITECTURE XVIIIe SIÈCLE

(Carte (Cliquez ici); San Ignacio n°61). Le sud de la place est dominé par son plus ancien bâtiment, ce resplendissant palais érigé en 1720. Aujourd’hui, il fait office de Museo de Arte Colonial (carte (Cliquez ici); 2 CUC; 9h-18h30), un petit musée exposant des meubles coloniaux et des objets Art déco. Vous y verrez notamment de la vaisselle en porcelaine avec pour motif des scènes de la vie coloniale à Cuba, une collection de fleurs ornementales et des salles à manger d’époque.

Catedral de San Cristóbal de La Habana      ÉGLISE

(Carte (Cliquez ici); angle San Ignacio et Empedrado; avant 12h). Dominée par deux tours asymétriques et encadrée par une façade baroque théâtrale conçue par l’architecte italien Francesco Borromini, cette gracieuse cathédrale a été décrite par le romancier Alejo Carpentier comme une “musique taillée dans la pierre”. Les jésuites commencèrent la construction de l’église en 1748 et les travaux se poursuivirent après leur expulsion en 1767. À la fin des travaux, en 1787, le diocèse de La Havane fut créé et l’église devint une cathédrale – l’une des plus anciennes des Amériques. La dépouille de Colomb y fut ensevelie, de 1795 à 1898, avant d’être déplacée à Séville. Le meilleur moment pour la visiter est durant la messe dominicale (à 10h30).

Centro Wifredo Lam      CENTRE CULTUREL

(Carte (Cliquez ici); angle San Ignacio et Empedrado; 3 CUC; 10h-17h lun-sam). À l’angle gauche de la cathédrale se dresse ce centre culturel, et le Café Amarillo, qui expose des œuvres des plus grands peintres cubains de la période moderne, et présente celles d’artistes locaux et internationaux. Wifredo Lam (1902-1982) proche des surréalistes et de Picasso, a créé une œuvre mêlant influences cubaines, surréalisme et mythologie.

Taller Experimental de Gráfica      ATELIER

(Carte (Cliquez ici); Callejón del Chorro n°6; entrée libre; 10h-16h lun-ven). C’est un atelier graphique, installé au bout d’une petite impasse, où vous pourrez assister à la réalisation d’œuvres. Il propose des cours de gravure.

Parque Maestranza      PARC

(Carte (Cliquez ici); Av. Carlos Manuel de Céspedes; 1 CUC). Dans ce petit parc surplombant le port, les petits trouveront des châteaux gonflables et d’autres jeux.

Habana Vieja : Plaza de Armas et ses environs

Plaza de Armas      PLACE

La plus ancienne place de La Havane a été aménagée au début des années 1520, peu après la fondation de la ville, sous le nom de Plaza de Iglesia, car une église, la Parroquial Mayor, se dressait sur le site actuel du Palacio de los Capitanes Generales. Le nom Plaza de Armas (place d’Armes) fut adopté à la fin du XVIe siècle, quand le gouverneur colonial, qui vivait alors dans le Castillo de la Real Fuerza, utilisa le site pour y effectuer des exercices militaires. La place moderne et la plupart des édifices qui l’entourent datent de la fin du XVIIIe siècle.


NOMS DES RUES DE LA HAVANE

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