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De Palerme à Tunis par Malte, Tripoli et la côte

De
232 pages
Dans la note du 12 avril 1885, Paul Melon avoue modestement : "J'ai voulu simplement, tout en donnant quelques indications historiques et quelques renseignements statistiques, traduire les sentiments et les pensées qu'éveille dans l'esprit du touriste, au point de vue pittoresque et politique, cette belle terre d'Afrique, si pleine de souvenirs du passé, si importante par le rôle qu'elle paraît destinée à jouer dans notre développement national". La réédition de cet ouvrage cent ans après la mort de son auteur est l'occasion de rendre hommage à un citoyen personnellement engagé dans un projet éducatif sans frontière.
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Ouvrage orné de gravures Par Paul MELON
DE PALER ME À TUNIS PAR MALTE, TRIPOLI ET LA CÔTE
Notes et IMpressIoNs
LES INTROUVABLES
Texte intégral présenté par Rachel OG MONTEIL Curatrice de cette édition critique
DEPALERME ÀTUNISPARMALTE,TRIPOLIET LACÔTE
Les Introuvables Collection dirigée par Thierry Paquot et Sylvie Camet La collectionLes Introuvablesson projet à travers son titre désigne même. Les grands absents du Catalogue Général de la Librairie retrouvent ici vitalité et existence. Disparus des éventaires depuis des années, bien des ouvrages font défaut au lecteur sans qu'on puisse expliquer toujours rationnellement leur éclipse. Œuvres littéraires, historiques, culturelles, qui se désignent par leur solidité théorique, leur qualité stylistique, ou se présentent parfois comme des objets de curiosité pour l'amateur, toutes peuvent susciter une intéressante réédition.L'Harmattanau public un fac-similé de textes propose anciens réduisant de ce fait l'écart entre le lecteur contemporain et le lecteur d'autrefois comme réunis par une mise en page, une typographie, une approche au caractère désuet et quelque peu nostalgique. Dernières parutions Jean LORRAIN,Le sang des dieux, 2017. Jean LORRAIN,Loreley, 2016. Jean LORRAIN,Les Masquessuivis deRécits d'un buveur d'éther, 2015. Jean LORRAIN,Vingt femmes, 2014. Solange CLÉSINGER-SAND,Jacques Bruneau, 2013. Laure SURVILLE,Le compagnon du foyer, 2013. Jean LORRAIN,Récits fantastiques, 2012. Saveros POU,Nouvelles inscriptions du Cambodge, Volume IV, 2011. Guy SABATIER,Félix Pyat (1810-1889), Publication de « Médecin de Néron », drame inédit de 1848, 2010. Antoine de BERTIN,Œuvres, ed. Gwenaëlle Boucher, 2010. Anthony MOCKLER,François d’Assise. Les années d’errance, 2009. e Gwenaëlle BOUCHER,Poètes créoles au XVIII siècle : Parny, Bertin, Léonard, 2009. VOLTAIRE,Les Amours de Pimpette ou Une Saison en Hollande, 2008. Vincent CAMPENON,Œuvres, 2008.Jean LORRAIN,Histoires de batraciens, 2008.
DEPALERME ÀTUNISPARMALTE,TRIPOLIET LACÔTENOTES ET IMPRESSIONS
Ouvrage orné de gravures Par Paul MELON Texte intégral présenté par Rachel OG MONTEIL Curatrice de cette édition critique
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343- 12700-2 EAN : 9782343127002
INTRODUCTION AU TEXTE DE PAUL MELON
Rappel historique
Par leur emplacement stratégique au cœur du bassin méditerranéen, l’Ifrīqiyyaouverte sur le continent (porte africain) et plus particulièrement la Tunisie dénomméeJaziret el Maghrib(l’ « île du Couchant ») par les anciens géographes arabes furent les fleurons de civilisations antiques, phénicienne ou tyrienne, carthaginoise, grecque et romaine. Entre le Ve et le XVIe siècle ap. J-C., ces contrées furent occupées tour à tour par les Vandales chassés par les Arabes musulmans, par les Normands et enfin par les Turcs. Par la suite cette région du globe cristallisa les ambitions de Charles Quint placé à la tête er du Saint Empire germanique, rival de François I , roi de France, et de son allié, Soliman le Magnifique, sultan de l’Empire ottoman. Enfin, sous le Second Empire, la Régence (gouvernée par la dynastie husseinite qui avait instauré un régime monarchique au XVIIIe siècle, et qui jouissait depuis lors d’une certaine autonomie vis à vis d’Istanbul) fut convoitée par l’Italie et par la France qui en prit le contrôle à la fin du XIXe siècle marqué par les prétentions colonialistes des puissances européennes. Carrefour du monde antique et moderne, la Tunisie (considérée par Fernand Braudel comme « un exemple de « frontière culturelle secondaire », l’un de ces « espaces culturels d’une extraordinaire pérennité » qui défie « tous les 1 mélanges du monde » ) accueillit au fil des siècles différentes
1  Fernand Braudel « Les Espagnols en Afrique du Nord de 1492 à 1577 », Revue africaineTunisie, Espace et, 1928 cité par Michel Camau dans « sociétés »,Encyclopédie Universalis,année, vol. , p. 49. Michel Camau est l’auteur de plusieurs ouvrages consacrés auMaghrebgénéral et à la en Tunisie en particulier. SignalonsPouvoir et institutions au Maghreb, Cérès-Productions, Tunis, 1978 ; « L’État tunisien : de la tutelle au désengagement.
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De Palerme à Tunis par Malte, Tripoli et la côte Édition critique présentée par Rachel Og Monteil
communautés chrétiennes, juives et arabo-islamiques. Originaires de zones géographiques parfois très éloignées, elles influencèrent sensiblement une aire de civilisation déjà remarquable et contribuèrent peu à peu au développement du territoire en exploitant tout d’abord le potentiel de la plaine de la Medjerda et du Cap Bon, en construisant ensuite des villes telles que Kairouan, ville sainte de l’Islam capitale du régime beylical mis en place au VIIe siècle, et plus récemment en améliorant les infrastructures qui facilitèrent l’essor des échanges commerciaux dans un premier temps, et l’intensification des déplacements touristiques dans un deuxième temps. Les difficultés de la Régence - causées autant par un processus de réformes engagées par le beylik de Tunis après la révolution de palais survenue en 1814 que par l'interdiction de l'esclavage (1819) et de la course (1824) d’une part, et par plusieurs épidémies et famines (1784, 1805, 1818) d’autre part -obligèrent les beys Ahmad (1837-1855) et Muhammad al-Saduq (1859-1882) à se tourner vers des conseillers étrangers, français pour la plupart, qui réorganisèrent l'armée (1837) et installèrent un réseau télégraphique et ferroviaire (1857). Pour résoudre la crise financière amplifiée par les emprunts onéreux contractés à Paris en 1863 et 1865, Mouhammad bey et Muhammad-as-Sadeq n’eurent bientôt d’autre alternative que celle d’augmenter la fiscalité provoquant la révolte de 1864. Par voie de conséquence, afin d'assurer le paiement de sa dette, l'État tunisien ruiné dut accepter la mise sous tutelle prononcée en 1869 par la commission financière internationale qui réunissait, sous la présidence de l’inspecteur Villet, l'Angleterre propriétaire de nombreuses entreprises commerciales et industrielles dans la Régence, la France, et l'Italie, qui y
Portée et limites d’une trajectoire »,Maghreb Machrek, n° 103, 1984, p. 8 ; Tunisie au présent, une modernité au-dessus de tout soupçon ?, C.N.R.S., Paris, 1987 ;La Tunisie, coll. Que sais-je ?, P.U.F., Paris, 1989.
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De Palerme à Tunis par Malte, Tripoli et la côteÉdition critique présentée par Rachel Og Monteil envoyaient des colons et assuraient à ce moment-là 80 % des échanges. Lors du congrès de Berlin (1878), la Grande-Bretagne qui avait obtenu Chypre reconnut les intérêts, en Tunisie, de la France déjà présente en Algérie et soucieuse de freiner les projets d’expansion nourris par les gouvernements italiens d’un côté, et turcs de l’autre. Jules Ferry, Président du Conseil depuis le 19 septembre 1880, profita alors d’une incursion des Khroumirs en territoire algérien (30-31 mars 1881) pour lancer une expédition qui aboutit le 12 mai 1881, à la signature du traité du Bardo stipulant la mise en place d’un protectorat. Finalement, après avoir réprimé les révoltes nationalistes qui enflammèrent le centre et le sud du pays (1881-1882), Paul Cambon imposa au nouveau bey Ali ibn Husayn (1882-1902) la convention de La Marsa (8 juin 1883) qui instituait officiellement le protectorat tout en réduisant considérablement le pouvoir des autorités locales de plus en plus contrôlées par les fonctionnaires français. Bénéficiant du savoir-faire expérimenté outre Méditerranée en matière de réseau ferré, d'agriculture, et d'industrialisation, le pays se modernisa. La croissance urbaine - favorisée par l’exportation de produits agricoles et miniers, et par le peuplement européen - fut spectaculaire dans le Nord du pays, autour de Tunis et de Bizerte, de Sousse et de Sfax, principales villes portuaires. La justice fut réformée et des écoles inspirées du modèle français furent ouvertes. Cependant le début du XXe siècle fut marqué par la montée du nationalisme. Le Parti Libéral Constitutionnel Tunisien (Parti du Destour créé le 3 juin 1920) revendiqua l'indépendance accordée en 1956. La monarchie fut abolie le 25 juillet 1957 : la Constitution de la er République tunisienne fut ratifiée le 1 juin 1959, et la ville de Tunis (siège des instances des pouvoirs successifs depuis le XIIIe siècle) s’imposa comme capitale. 9