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Des peaux de bananes sous les cocotiers

De
272 pages
Voici l'histoire d'un informaticien dont la vocation n'était pas d'enseigner. Et d'un professeur qui ne parle jamais de son métier sauf quand il en souffre. Fonctionnaire baroudeur, grand voyageur à qui tout sourit, c'est aussi un livre écrit par un pilote privé aux itinéraires surprenants. Ce document autobiographique, volontiers dénonciateur d'un malaise grandissant dans notre société, peut tout aussi bien se lire comme un récit d'aventures. Traité parfois avec sarcasme et parfois avec compassion, l'auteur n'hésite pas à donner un grand coup de pied dans la fourmillière qu'est notre système éducatif.
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après les gratifications, mais à qui tout sourit. C’est enfin un livre écrit par un pilote privé pour qui la longue finale
Bruno de Bay
DES PEAUX DE BANANES SOUS LESCOCOTIERS
Récit d’une vie
Des peaux de bananes sous les cocotiers
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris www.harmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN :978-2-343-10304-4EAN :9782343103044
Bruno de BayDes peaux de bananes sous les cocotiers Récit d’une vie
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A mon unique amour, Que je n’ai su aimer, Qui valait le détour, Et qui m’a tant donné…
Toute ressemblance avec des personnes ayant existé ou encore en vie, n’est pas du tout fortuite. Si, certaines se reconnaissent, ce n’est ni le fruit du hasard ni celui d’un concours de circonstances. L’auteur a voulu, avant tout, dévoiler certains passages de sa vie au cours desquels la réalité a parfois dépassé la fiction. Cette autobiographie, bien que romancée, trouve son fondement dans l’authenticité des évènements relatés, des situations vécues et des propos tenus par les intervenants.
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Sommaire Genèse ..................................................................................................7
Chapitre I Comores, les îles de la lune ................................................................11 Chapitre II Au sahel, du Niger au Burkina Faso...................................................39 Chapitre III Madagascar, le sixième continent.......................................................69 Chapitre IV La Côte d’Ivoire ...............................................................................107 Chapitre V Biarritz, transit vers le bagne............................................................137
Chapitre VI Mayotte, l’île hippocampe................................................................149
Chapitre VII Guadeloupe, l’île papillon ................................................................179 Chapitre VIII. Retour en terre mahoraise.................................................................205 Chapitre IX « Manga planète » ............................................................................215
Chapitre X St Martin. A bout de souffle .............................................................227 Epilogue ...........................................................................................253
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Genèse Modèle de rigueur, l’élégance est le témoignage d’une forme de respect porté aux autres mais aussi à soi-même. Cette perfection esthétique symbolise toute la grâce, la distinction et la délicatesse que l’on peut observer dans le comportement d’une personne, tant dans la manière de se vêtir que dans l’expression de son langage. La maman de Norbert était une femme élégante. Son unique fils tenait un peu d’elle. Tout gamin qu’il était, il n’hésitait pas à lui demander de choisir ses vêtements pour une sortie entre copains de classe. Un jour que le père de Norbert avait assisté à une de ces séances d’essayage, il ne s’était pas privé de critiquer son fils avec mépris. « C’est une véritable femmelette », avait-il tonitrué en s’adressant à son épouse et il avait ajouté : « quelle curieuse manière d’élever ce gosse » Quand il était petit, assis sur les genoux de son grand père, Norbert mangeait ses tartines à la confiture en écoutant les histoires vraies que celui-ci lui racontait. Pendant ces moments de détente, le pépé qui avait vécu au Congo, le faisait rire aux éclats. En lui narrant les aventures du petit singe dont il ne se séparait jamais et qui jetait des peaux de bananes devant les pieds de ses collaborateurs, le pépé en rajoutait un peu. Il lui contait, avec une multitude de détails, ses longs voyages maritimes, ne manquant pas de mentionner la beauté de Cape Town en Afrique du Sud et le charme de Madagascar où il faisait souvent escale. En son absence, l’atmosphère et l’ambiance à la maison redevenaient beaucoup plus sévères et plus pesantes. Fils unique et préféré, Norbert n’en avait pas moins été éduqué à l’ancienne et donc à la dure. A table, il ne s’agissait pas de prendre la parole. « Tu n’as pas voix au chapitre », avait coutume de ressasser le paternel. Chaque soir, de retour du travail, il s’informait des bêtises faites par son rejeton et des
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observations relevées par ses professeurs. Un rituel s’en suivait. « Qui aime bien châtie bien », susurrait-il en caressant le martinet qu’il avait fabriqué lui-même, à l’aide d’un long tuyau de gaz découpé en fines lamelles sur la moitié de sa longueur. Véritable cérémonial, la punition débutait par quelques coups de fouet administrés sur les jambes nues de Norbert. « Maintenant il est temps d’aller te coucher, j’arrive, allez ouste, dans ta chambre », ordonnait le chef de famille. Quelques minutes plus tard, le bourreau rejoignait sa victime, blottie au fond du lit, pour continuer sa sadique besogne. Depuis que Norbert avait atteint l’âge de raison, ces punitions corporelles s’étaient raréfiées. Dans le but de lui donner une éducation exemplaire, son père avait exigé qu’il apprenne à jouer du violon. Premier prix de Conservatoire, il lui dispensait des leçons de solfège qui, au fil des jours, étaient devenues un véritable supplice. Vers l’âge de treize ans, Norbert ne portait plus de culottes courtes et commença à se rebeller. Un jeudi, il décida de se rendre dans un magasin d’instruments de musique pour vendre le fameux violon qu’il remplaça par une jolie guitare électrique. Son père, furieux, était rentré dans une colère folle. Une autre fois, lors d’une de ces séances de correction, Norbert, pour se défendre, lui avait donné un coup de pied dans les testicules. De rage et de douleur, le paternel avait jeté le martinet pour se saisir d’un marteau. « Je vais le tuer ce gosse », criait-t-il en le poursuivant dans tout l’appartement. Heureusement, la maman intervenait toujours au dernier moment pour calmer son mari. Les traditions ont la vie dure. Tout jeune, le grand-père avait reçu sur la tête, un coup de tisonnier rougi à la braise, en guise de châtiment. La trace sur sa tempe était encore visible aujourd’hui. Norbert n’ignorait pas non plus que sa grand-mère paternelle avait pris, à travers la figure, un bol de café au lait lancé par son fils Couvé et toujours tenu en laisse jusqu’à quinze ans, Norbert voulait en finir. Ses parents lui interdisaient les promenades, même les après-midi de congé. Un dimanche, privé de sortie, il tournait dans sa chambre comme un lion en cage. D’abord résigné puis révolté, il s’amusa à faire croire à sa mère qu’il sauterait par la fenêtre du deuxième étage si la porte d’entrée
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restait fermée à clé. Ce jour là, il avait donné rendez-vous à la fille de Gérard, l’épicier du coin. Comme il allait être en retard, il arracha la poignée de l’huis, fractura la serrure et s’échappa. A son retour, vers dix-huit heures, alors qu’il montait les marches de l’escalier, il entendit son père qui racontait l’incident et donnait des explications à la voisine de palier.
–– Vous comprenez, j’ai téléphoné à la police pour signaler la violation de domicile commise par Norbert, et vous savez ce que l’on m’a répondu ? –– Non, pas vraiment. –– Hé bien d’abord, qu’il n’y avait pas de violation de domicile dans le cas présent et que par ailleurs je ne pouvais pas empêcher mon fils de quinze ans d’aller se balader le dimanche après-midi ! A partir de ce jour-là, tout allait changer.
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