Des voyageuses à la découverte du Pacifique

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Le siècle des Lumières envoie ses grands voiliers de la Marine royale française à la découverte de mondes nouveaux. Trois grandes expéditions qui révéleront au monde des peuplades, des coutumes et des merveilles inconnues, ont ouvert de nouvelles voies maritimes et fait progresser la navigation et les sciences. Chacune avait aussi en commun la présence singulière d'une femme à bord : Jeanne Baret, Ann Smith et Louise Girardin partagèrent avec de rudes marins les épreuves de ses voyages.
Publié le : samedi 1 février 2014
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EAN13 : 9782336336152
Nombre de pages : 278
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Charles Merger
Des voyageuses à la découverte du Pacifique
Passagères de Bougainville, La Pérouse et d’Entrecasteaux
au siècle des Lumières
Préface d’Hélène Colombani
Collection Lettres du Pacifique 54
DES VOYAGEUSES À LA DÉCOUVERTE DU PACIFIQUE
CP a c i f i q u ed uL e t t r e so l l e c t i o n
dirigée par Hélène Colombani,
Docteur d'Etat en Littératures et Sciences Humaines (LLSH)
Conservateur en chef principal des bibliothèques (ENSB), Chargée de mission pour le livre et la lecture (Nouvelle-Calédonie), e.r.
Déléguée de la Société des Poètes français,
Sociétaire de la SGDL.
Avec cinquante cinq titres d’auteurs et d’écrivains contemporains ou classiques du Pacifique francophone et anglophone, ainsi que ses études et publications universitaires sur les littératures modernes, l’histoire, les sciences humaines et les traditions orales océaniennes, cette collection contribue à faire de l’Harmattan le principal éditeur sur l’Océanie.
La variété et la richesse de ces textes, dont certains sont bilingues, ou traduits de l’Australien ou du Néo-Zélandais, et qui vont de la Littérature à la recherche en Sciences humaines, offre aux lecteurs un vaste choix qui leur permet de découvrir les îles et les peuples du Pacifique Sud.
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Charles Merger
DES VOYAGEUSESÀ LA DÉCOUVERTE DUPACIFIQUE
Passagères de Bougainville, La Pérouse et d’Entrecasteaux, au siècles des Lumières Préface d’Hélène Colombani Collection Lettres du Pacifique______54______
DU MÊME AUTEURQuelle médecine pour 9 milliards de Terriens ?, collectif, 2011 Procréatique et société, de l’ovule à l’étoile, éd. Medci, 1989 © L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-01937-6 EAN : 9782343019376
Préface
L’Histoire avec un grand H peut-elle être rapportée avec l’impartialité scientifique qui convient? Je laisserai aux spécialistes le soin d’en débattre. Chaque historien a de l’Histoire une vision qui lui est propre. Ainsi pour les uns la colonisation fut un bien, pour d’autres elle constitua une irréversible atteinte aux droits des peuples colonisés. Facteur de progrès pour les uns, elle constitue pour d’autres, une forme de destruction des sociétés et des traditions autochtones qui font partie du patrimoine de l’humanité. L’ouvrage du Dr Charles Merger nous livre un aspect méconnu de l’exploration maritime du Pacifique au e 18 siècle,qui est la place qu’y occupèrent les femmes. Son originalité consiste à la resituer dans un contexte européen - celui de la France au crépuscule de la monarchie, à l’aube puis dans la tourmente de la Révolution, et de sa participation à l’indépendance de l’Amérique. Ces sursauts de l’histoire sont évoqués à travers les destins croisés de trois personnages – deux Françaises et une Ecossaise- qui témoignent de l’évolution du rôle de la femme dans la société de l’époque, et de son émancipation obtenue à force de luttes et de souffrances. Elles ont en commun d’avoir participé à diverses périodes et sous différents auspices, aux voyages d’exploration du Pacifique sud.L’histoire singulière d’Ann Smith (que l’écrivain Jean Guillou révéla), militante de l’insurrection en Ecosse, puis de la guerre d’indépendance des 7
Amériques, nous rappelle celle de la Communarde Louise 1 Michel , qui fut déportée au bagne calédonien de 1873 à 1880. Universitaire brillante, Ann Smith prit parti et milita pour la cause de Benjamin Franklin et desInsurgentsd’Amérique, connut Lafayette, et quand la paix fut enfin signée entre l’Angleterre et l’Ecosse, fut inexorablement rattrapée par la justice anglaise. Elle aussi fut condamnée à la déportation au bagne australien, d’où elle s’enfuit pour disparaître dans le naufrage deLa Boussole. C’est bien d’une authentique héroïne dont il est question.
Quelle fut l’influence des femmes au siècle des Lumières ? Charles Merger évoque le dilemme suivant: si les femmes étaient condamnées à l’échafaud pendant la Terreur, pourquoi n’avaient-elles pas le droit de voter, ou simplement de s’exprimer? Olympe de Gouge, avant d’être guillotinée, le proclama. Il est logique que les périodes d’insurrection et de guerres amènent une implication féminine intensive dans des activités auxquelles elles ne prennent pas part en temps ordinaire: économie, fabrication d’armes, lutte armée, elles sont alors mises à contribution par la force des choses. Ce fut le cas durant la première guerre mondiale, quand elles durent remplacer dans les usines les hommes partis combattre, puis durant la seconde guerre mondiale, dans certains épisodes de la Résistance à laquelle prirent part Marie-Louise Cloarec, Raymonde Tillon, Jeanne Bohec, et tant
1  HélèneSavoie- Colombani, «deL’œuvre calédonienne Louise Michel,», Conférence faite à Paris, Salon du livre, 2005.  -HélèneSavoie- Colombani, Louise Michel in: «Voyage et poésie dans la littérature calédonienne», Actes du colloque CORAIL, Université Française du Pacifique, sous la direction de Francine Tolron, 1988.  -HélèneSavoie- Colombani, Louise Michel in: «Le thème kanak dans la littérature calédonienne», actes du colloque « Francophonie », New South Wales University, (Sydney, Australie), 1998.
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d’autres. Ledestin héroïque et tragique d’Ann Smith peut e encore nous toucher au 21siècle, car ces féministes du e 18 siècleosèrent braver l’interdiction qui leur était imposée de faire de la politique, de militer ou de combattre, encourant en cas de désobéissance, des peines de prison, le bannissement au bagne, ou les implacables « boisde justice». N’étaient-elles pas punies autant pour avoir outrepassé les limites sociales assignées au beau sexe, que pour leurs « crimes » ?
A l’opposé d’Ann Smith, Jeanne Baret, compagne du botaniste français Commerson, porta la livrée d’un domestique pour voyager incognito avec lui jusqu’en Océanie, et l’aider dans ses recherches. Celle qui fut surnommée la «bête de somme» et la «bonne à tout faire» de son amant devint aussi compétente et férue en herborisation et en sciences naturelles que celui à qui elle survécut. Son histoire rappelle celle de l’infortunée – et 2 talentueuse- sculptrice Camille Claudel, qui vécutdans l’ombre de Rodin, jusqu’à la folie. Comme Jeanne Baret, son amant l’obligea à sacrifier leurs enfants. Ces « grands hommes »(Rousseau en fut un autre exemple) avaient aussi leur côté peu glorieux.
Et puis dans la fresque de Charles Merger, figurent encore les femmes anonymes ou célèbres de la Révolution, cruelles ou pitoyables, femmes du peuple sanguinaires ou héroïques, reines et aristocrates qui allaient à la mort avec un courage et une dignité exemplaires. Sans oublier les Océaniennes :les Tahitiennes qui héritèrent du premier « bienfait » de la civilisation aux indigènes, le terrible fléau de la syphilis transmise par les marins, ou les «popinées», moins souvent citées que les Polynésiennes, parce que moins exotiques ou plus chastes. 2 Camille Claudel, sœur de l’homme de Lettres, sculpta le fameux « baiser », faussement attribué à Rodin 9
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