Docteurs, guérisseurs et fossoyeurs

De
Le temps d'une promenade, plongez dans l'univers des guérisseurs d'autrefois, des Hospitalières aux médecins, en passant par les sages-femmes et les chirurgiens. Revivez les grands maux qui ont affligé Québec à une époque où la profanation des sépultures servait l'avancement de la médecine! Découvrez les remèdes concoctés par les apothicaires et repérez les cabinets des hommes de science, les hôpitaux et les hospices. Mais méfiez-vous des charlatans qui se disputent le privilège de guérir votre corps et votre âme…
Facile d'utilisation et abondamment illustré, ce guide donne au lecteur des indications précises sur le parcours à suivre. Celui-ci peut s'effectuer d'un seul coup (environ 90 à 120 minutes, incluant marche et lecture) ou par sections, selon l'agenda du visiteur!
Les Services historiques Six-Associés se consacrent depuis 2000 à la communication historique: www.sixassocies.com
Basés à Québec, Les Services historiques Six-Associés se consacrent à la communication historique sous toutes ses formes et misent sur la recherche pour rendre le passé accessible et vivant. Les Services historiques Six-Associés se démarquent par leur polyvalence en offrant également des animations et conférences sur mesure et des services professionnels de recherche et rédaction en histoire et patrimoine.
Publié le : mardi 26 mai 2015
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782896649235
Nombre de pages : 126
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CIRCUIT
HISTORIQUE
LES SERVICES HISTORIQUES SIX-ASSOCIÉS
Docteurs, guérisseurs
et fossoyeurs
e eLa médecine à Québec du xvii au xix siècle
SeptentrionPour efectuer une recherche libre par mot-clé à l’intérieur de cet
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et la Société de développ ement des entreprises culturelles du Québec
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Chargée de projet : Sophie Imbeault
Révision : Solange Deschênes
Coordination : Marie-Ève Ouellet
Rédaction, recherche documentaire et iconographique : Marie-Ève
Ouellet et Catherine Ferland
Photographie de la couverture : Jean-Philippe Côté
Photographies du trajet : Benoit Bordage
Maquette de couverture : Pierre-Louis Cauchon
Mise en pages : KX3 Communication inc.
Carte : Philippe Desaulniers, Hugues Skene
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ISBN papier : 978-2-89448-819-5 75005 Paris
ISBN PDF : 978-2-89664-923-5LES SERVICES HISTORIQUES SIX-ASSOCIÉS
Docteurs, guérisseurs et fossoyeurs
e eLa médecine à Québec du XVII au XIX siècle
SEPTENTRIONREMERCIEMENTS
Depuis le début de l’aventure des Six-Associés,
j’ai toujours eu un faible pour le circuit Docteurs,
guérisseurs et fossoyeurs, car il aborde un sujet qui
nous touche tous et qui permet de mieux comprendre
la place qu’occupe la médecine dans la société
québécoise. Ce troisième volume de la collection des
circuits des Services historiques Six-Associés est le
fruit d’une collaboration avec plusieurs partenaires,
dont j’aimerais souligner ici la contribution.
Mes plus vifs remerciements s’adressent à
Catherine Ferland pour sa participation à la conception
de cette nouvelle version du circuit. Merci pour ta
passion, ta générosité et ton réservoir inépuisable
d’idées ! Merci à Dave Corriveau pour le coup de
main… et les biscuits ! Merci à l’équipe inspirante du
4 5Monastère des Augustines pour leur précieux appui
depuis le début de ce projet et leur contribution à
l’iconographie, en particulier Louise Prieur, Catherine
Gaumond et Ariane Blanchet-Robitaille. Cette mise à
jour du circuit a grandement bénéfcié des publications
récentes des historiens Rénald Lessard, Denis Goulet
et Robert Gagnon ; qu’ils soient ici remerciés pour leur
apport essentiel à l’histoire de la médecine au Canada.
Pour les photos passées et présentes, merci
à Benoit Bordage et à Jean-Philippe Côté. Merci à
Philippe Desaulniers du Centre interuniversitaire
d’études québécoises (CIEQ) pour la cartographie.
Merci aux guides de la compagnie pour leur précieuse
expérience de terrain. Pour toutes nos conversations,
un merci spécial à Luc Nicole-Labrie, grand interprète
de ce cher docteur Morrin !
Merci enfn à l’équipe des éditions du Septentrion
pour leur fdélité et leur soutien.
Sans oublier Émilie et Benoit, mes indispensables.
Sur ce, bonne visite !
Marie-Ève Ouellet
Présidente
Les Services historiques Six-Associés
5PRÉAMBULE
ous sommes à Québec en 1860. Notre belle cité Ncompte plus de 50 000 habitants, un nombre
qui augmente rapidement depuis quelque temps
avec l’afuence des immigrants venus d’Irlande et
d’ailleurs. À cette date, Québec accueille encore une
importante population militaire, avec la présence de
la garnison britannique qui représente à elle seule
plus d’un millier d’hommes !
Québec en 1860.
6 7Le maire de Québec, Hector-Louis Langevin,
a été élu à l’unanimité en 1858. Et il est fort occupé :
Québec connaît en efet une grande efervescence .
L’industrie et le commerce se portent bien, à tel point
que plusieurs marchés publics ont été construits dans
la dernière décennie ! Malgré la concurrence de plus
en plus forte exercée par Montréal, Québec demeure
le principal port canadien pour le commerce du bois
d’œuvre et la construction navale. Le trafc portuaire
est intense et plusieurs bâtiments publics prestigieux
sont construits, comme l’édifce de la douane sur la
Pointe-à-Carcy, qui vient juste d’être inauguré. En
1859, la France a nommé un premier consul à Québec,
le baron Charles-Henri-Philippe Gauldrée-Boilleau.
7Cette nomination survient quatre ans après la visite
de la corvette La Capricieuse, premier navire de la
marine française à remonter le Saint-Laurent depuis
la Conquête !
Hector-Louis Langevin,
maire de Québec en 1860.
Au fl du temps, Québec est devenue le centre
médical et hospitalier le plus important au Canada.
C’est ici qu’a été établi le premier hôpital au nord du
Mexique et qu’a été fondée en 1826 la première
revue médicale canadienne, le Journal de
médecine de Québec, consacrée à l’avancement des
connaissances en médecine. Inaugurée en 1848,
l’École de médecine de Québec a été incorporée
en 1854 à la Faculté de médecine de l’Université
Laval, la première faculté de médecine francophone
en Amérique ! En ce début des années 1860, la
ville compte 38 médecins-chirurgiens, soit un
professionnel pour plus de 1 330 personnes. Sans
oublier les « vendeurs de médecines ». Dans le
quartier Saint-Roch, un jeune pharmacien très
prometteur vient de s’installer. Celui-ci a ses licences
8 9de pharmacien, chimiste et droguiste, ce qui lui
permet de préparer « toutes les prescriptions des
médecines ». Il s’appelle Wilfrid-Étienne Brunet.
Couverture du premier
volume du Journal de
médecine de Québec.
En dépit de ces avancées, comme beaucoup de
grandes villes modernes, Québec connaît
d’importants problèmes liés à l’insalubrité. Il est vrai que le
service d’aqueduc et d’égouts inauguré en 1854 s’avère
déjà insufsant pour les besoins de la population…
Si vous ajoutez à cela la grande pauvreté qui sévit
dans les faubourgs et les quartiers populaires, le
portrait n’est pas toujours rose : les médecins sont
débordés et les fréquentes épidémies s’avèrent très
meurtrières. On espère que le nouveau Collège
des médecins et des chirurgiens, créé en 1847,
permettra d’améliorer la pratique de la médecine et
de diminuer le nombre de malades !
Débutez votre visite à l’entrée du Musée du
Monastère des Augustines (32, rue Charlevoix).
9STATION 1
Lieu : Musée du Monastère des Augustines
(32, rue Charlevoix)
11Vous vous trouvez devant le Monastère des
Augustines, fondatrices du premier hôpital de
Québec : l’Hôtel-Dieu. Comme nous le verrons tout
au long de ce circuit, les congrégations religieuses
ont joué un rôle de premier plan dans l’organisation
et la prestation des soins de santé, non seulement
en Nouvelle-France, mais également sous le Régime
britannique.

LES AUGUSTINES
Après une éprouvante traversée de l’Atlantique qui a
duré trois mois, trois religieuses de la Congrégation
des Hospitalières de la Miséricorde de Jésus de Dieppe
débarquent à Québec en 1639. Leur mission : fonder un
hôtel-Dieu et soigner les malades tant chez les Européens
que chez les Amérindiens, durement touchés par les
épidémies. Pour ce faire, elles bénéfcient du soutien de
la duchesse d’Aiguillon, nièce du cardinal de Richelieu,
qui versera des fonds à plusieurs reprises pour assurer la
survie de l’établissement. Le premier hôpital est construit
à Sillery en 1640, mais quatre ans plus tard les religieuses
sont contraintes de plier bagage en raison de la menace
iroquoise. L’établissement déménage alors sur la côte du
Palais dans la haute-ville de Québec et les religieuses logent
dans une maison à la basse-ville en attendant de pouvoir
se loger dans leur monastère. En 1646, l’hôpital, le corps
principal du monastère et la chapelle sont achevés.
11Les Augustines, comme on les appelle communément,
revêtent l’habit des chanoinesses de Saint-Augustin : il s’agit
d’une robe de serge blanche à grandes manches et d’un
voile (de couleur noire pour les professes et blanche pour les
novices), auquel s’ajoute une longue chape de serge noire
lorsque les religieuses sont au chœur. Les Hospitalières vivent
cloîtrées et leur quotidien est régi par les constitutions de la
communauté, qui évoluent au fl du temps, sans toutefois
dévier de leur vocation première : « secourir le prochain en sa
pauvreté et en ses maladies, exerçant en son endroit toutes les
œuvres de miséricorde, corporelles et spirituelles ». De 1639
à 1671, la congrégation réunit une trentaine de religieuses
seulement, dont les deux tiers viennent de France. Après
cette date, ce sont majoritairement des Canadiennes qui
combleront les rangs. La première hospitalière canadienne
est la fille du seigneur de Beauport, Robert Giffard, sœur
Marie-Françoise Giffard de Saint-Ignace. En cette deuxième
emoitié du xix siècle, on observe que de plus en plus de
recrues veulent suivre sa trace !
L’extrême-onction.
12 13Les premiers Européens qui ont foulé le sol de
Québec se sont rapidement retrouvés aux prises avec
la maladie. Au cours de l’hiver de 1535, l’équipage de
Jacques Cartier est décimé par le scorbut. Comme
le rapporte Cartier dans ses Relations : « Le scorbut
se répandit à un tel degré dans nos trois navires que,
vers le milieu février, des cent dix hommes que nous
étions, il n’y avait pas dix matelots valides ». Parmi
l’équipage se trouve le chirurgien-barbier Samson
Ripault, qui se livre à la première autopsie pratiquée
au Canada sur le corps de Philippe Rougemont, âgé
de vingt ans. Voici un extrait de son rapport :
Le cœur était blanc et fétri, entouré de plus
d’un pot d’eau, rousse comme date ; le foie
n’était pas atteint, mais les poumons étaient
tout noirs et mortifés ; et tout son sang s’était
retiré au-dessus de son cœur, car, lorsqu’il
fut ouvert, il sortit au-dessus du cœur une
grande abondance de sang noir et infect.
Il avait la rate par-devers l’échine entamée
d’environ deux doigts comme si elle avait
été frottée sur une pierre rude. Après cela
on lui incisa une cuisse ; elle était très noire
au dehors, mais dedans la chair fut trouvée
assez belle. La bouche était si infectée et
pourrie par les gencives que toute la chair en
tombait jusqu’à la racine des dents, lesquelles
tombaient presque toutes.
13En dépit de certaines autopsies spectaculaires,
cette pratique est rare en Nouvelle-France car elle
est condamnée par l’Église. Il faut dire que l’Église
catholique considère alors la maladie comme un
avertissement ou un châtiment de Dieu. Pour
obtenir la guérison, le chrétien doit d’abord
soigner son âme ; la prière est donc une stratégie
très répandue ! Durant tout le Régime français,
la médecine demeure rudimentaire et axée
sur le soulagement des symptômes. Les causes
des maladies infectieuses sont mal connues. Pour
comprendre le fonctionnement du corps humain, la
médecine « savante » s’en remet plutôt à des théories
datant de l’Antiquité ainsi qu’à la méthode
essaiseerreurs ! Il faudra attendre le milieu du xviii siècle
pour voir apparaître ce qu’on appellera la « recherche
clinique », d’abord en Angleterre puis ailleurs dans le
monde occidental.
LA THÉORIE DES HUMEURS
etelle que développée par Hippocrate (IV siècle avant
enotre ère) puis par Galien (II siècle de notre ère)
Selon cette théorie, la santé repose sur l’équilibre de quatre
fuides ou « humeurs » dans l’organisme : le sang, le fegme (ou
pituite), la bile jaune et la bile noire (ou atrabile). Ces humeurs sont
liées aux éléments de la nature, aux saisons, au genre et à l’âge
des individus : la présence de chacune de ces humeurs dans
l’organisme détermine les tempéraments et leur déséquilibre
explique la maladie. Par exemple, l’automne favorise la sécrétion
de bile noire, d’où la mélancolie souvent observée en cette saison,
tandis qu’en hiver le fegme dominant provoque un accroissement
14 15des rhumes. Pour conserver une bonne santé, il faut donc rétablir
l’équilibre entre les humeurs. On peut y parvenir en éliminant les
excès de certains fuides (au moyen de la saignée, des lavements,
des vomitifs, etc.) ou en administrant au malade des aliments ou
des remèdes qui corrigent le degré de chaleur et d’humidité. C’est
d’ailleurs en partie pour cela que le vin a souvent été vu comme
un bon moyen de réchauffer le corps et d’accélérer la guérison !
Ces conceptions guident la médecine d’ici jusqu’aux
années 1790, mais elles subsisteront bien au-delà dans les
milieux populaires. Encore en 1860, on peut lire dans le journal
rLe Canadien un texte du D Micael, fortement inspiré par la
théorie humorale : « les maladies d’automne présentent des
caractères communs qu’on retrouve dans toutes les espèces :
par les vicissitudes atmosphériques, elles sont catarrhales ;
par héritage de la saison d’été, elles sont bilieuses, enfn par
l’humidité et les dégagements miasmatiques, elles donnent prise
à l’élément périodique ou nerveux ».
Incarnation des
quatre humeurs :
types fegmatique,
sanguin, colérique
et mélancolique.
15 La population de la Nouvelle-France peut recourir
à trois groupes de praticiens pour soulager ses maux :
les apothicaires, les chirurgiens et les médecins.
Ancêtres des pharmaciens, les apothicaires
connaissent les propriétés des plantes et des diverses
substances naturelles : ils préparent, conservent et
distribuent les médicaments. Ils sont situés au bas de
la hiérarchie médicale, car leur activité est considérée
davantage comme un commerce qu’un métier. Les
institutions religieuses ont joué un rôle majeur
dans le développement de l’apothicairerie. Plusieurs
communautés possèdent en efet leur propre
apothicairerie et entretiennent de grands jardins
où poussent diverses herbes et plantes médicinales.
Les Augustines ont ainsi leur propre apothicairesse.
Les apothicaires les plus renommés de Québec sont
ceux qui œuvrent à l’apothicairerie des Jésuites.
Quelques détaillants laïques indépendants tiennent
aussi boutique.
Pot de pharmacie,
première moitié
edu xviii siècle.
16 17Les médecins de la colonie s’intéressent eux aussi
de près à la botanique ; les médecins Michel Sarrazin et
Jean-François Gaultier sont également naturalistes et
correspondent avec leurs collègues de l’Académie des
sciences de Paris pour partager leurs découvertes
sur les plantes médicinales. On peut cependant
déplorer que les connaissances locales aient peu de
répercussions sur la pratique médicale, qui demeure
largement dictée par la conception européenne.
Dommage que l’on n’ait pas profté davantage du
savoir des autochtones… C’est par exemple grâce à leur
témoignage que le jésuite Joseph-François Laftau a
fait la découverte d’une variété américaine de ginseng
qui deviendra très populaire dans la colonie et qui sera
même exportée en Chine !
LE CONTENU D’UNE ARMOIRE
eD’APOTHICAIRE AU XVIII SIÈCLE
Les remèdes sont préparés essentiellement à partir de
plantes médicinales dites « simples ». Il s’agit de feurs,
feuilles, résines, racines, écorces, fruits et graines. Des
ingrédients d’origine animale sont également utilisés, par
exemple œufs, lait, beurre, miel, mais aussi corail, fumier
de cheval ou yeux d’écrevisses ! Enfn, on a fréquemment
recours aux minéraux comme l’alun, le mercure, l’antimoine,
le soufre, le plomb… Certains patients fortunés se font
même préparer des bouillons où l’or liquide, la poudre
d’émeraude ou d’autres substances précieuses entrent dans
la préparation. L’apothicaire additionne et transforme ces
divers ingrédients, pilonnant, écrasant, cuisant, sublimant,
pour créer notamment des pâtes, des sirops et des philtres.
17Peu d’ingrédients nord-américains se retrouvent
dans les offcines en Nouvelle-France ; on utilise surtout
des substances bien connues dans le monde européen.
Quelques exceptions notables : le capillaire du Canada,
le baume blanc et le castor. Le premier est une fougère
que l’on consomme sous forme de sirop, reconnue pour
guérir les maladies pulmonaires. Le baume blanc est une
gomme de sapin ou d’épinette, employée pour guérir les
plaies, mais aussi pour soigner divers maux affectant les
poumons, les reins et la vessie. Quant au castor, il fait
souvent partie des diètes prescrites par les médecins ;
on attribue à ses dérivés (rognons, castoréum) des vertus
pour guérir les maladies mentales, l’hystérie et la névrose !
D’autres substances animales sont reconnues pour leurs
propriétés médicinales, comme la graisse d’ours ou de
mouffette, ainsi que les sabots d’orignaux.
Les médecins sont situés au sommet de la
hiérarchie médicale et se distinguent des chirurgiens
et des apothicaires par leur formation universitaire
acquise en Europe. Considérés comme des hommes
de sciences, les médecins font de la recherche sur
les plantes et les traitements, étudient les théories
médicales et se concentrent sur les pathologies
internes, ce qui inclut la pratique des chirurgies
spécialisées. Ils posent des diagnostics (cause de
la maladie), émettent des pronostics (chances
de guérison) et font des prescriptions (choix du
traitement). Les médecins sont reconnus par le
roi : le titre de médecin n’est d’ailleurs réservé qu’à
18 19quelques individus, dont le prestige varie en fonction
de leur titre et de leur diplôme. Le plus important
d’entre eux est le médecin du roi : détenteur d’un
doctorat, celui-ci est responsable de la santé de
la colonie et détermine les mesures à prendre lors
d’épidémies. En plus de la visite des hôpitaux et
des soins aux troupes militaires, le médecin du roi
soigne une clientèle privée, formée le plus souvent
de membres de la haute société coloniale.
Dans la pratique, il faut reconnaître que,
sous le Régime français, un certain fou existe
entre apothicairerie, chirurgie et médecine. Les
chirurgiens se mêlent fréquemment de médecine
générale et fabriquent parfois leurs médicaments,
tandis que certains médecins ont pratiqué des
opérations spectaculaires. C’est le cas de Michel
Sarrazin, premier médecin du roi en
NouvelleFrance. Pour découvrir son histoire et en apprendre
davantage sur la chirurgie, rendez-vous maintenant
sur le site du plus ancien hôpital de Québec.

Empruntez la rue Charlevoix en direction de
l’Hôtel-Dieu de Québec. Tournez à droite sur
la côte du Palais, puis dirigez-vous vers l’entrée
principale de l’hôpital (11, côte du Palais). Placez-vous
devant la plaque commémorative en hommage à Michel
Sarrazin, située à gauche de l’entrée de l’hôpital.
19STATION 2
Lieu : Hôtel-Dieu de Québec (11, côte du Palais)
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