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Les aventures de Majid

En route vers

Bagdad

 

 

 

 

 

 

© Dadoclem éditions

26, rue de la Jalle - 33000 Bordeaux

www.dadoclem.fr

Graphisme et mise en page : Virginie Thomas

Tous droits de reproduction, même partielle, réservés pour tous pays.

Loi n° 49956 du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse.

Dépôt légal : septembre 2010

Version e-book : 1er trimestre 2016

ISBN : 978-2-916637-55-6

Les aventures de Majid

En route vers

Bagdad

Hugues Beaujard
Emily Nudd-Mitchell

Illustration

La pêche

Chapitre 3

Le mauvais sort

Chapitre 4

L’histoire des aigrettes

Chapitre 5

Les négociations

Chapitre 6

Dans le mudhif

Chapitre 7

Le diagnostic

Chapitre 8

En route pour Bagdad

Chapitre 9

Les marchands de Bassora

Chapitre 10

L’attaque nocturne

Chapitre 11

La tempête de sable

Chapitre 12

Prisonnier !

Chapitre 13

Le marché aux esclaves

Chapitre 14

La rencontre

Chapitre 15

Chez Bakhtishu

Chapitre 16

La chasse au faucon

Chapitre 17

Le messager

Illustration

Illustration

IllustrationChapitre 1Illustration

Seul dans les marais

Nous sommes au VIIIe siècle après Jésus-Christ, au centre de l’immense empire arabe. Bagdad, sa capitale, fête le nouveau calife, Haroun al-Rachid. Mais à quatre cents kilomètres de là, dans les marais au nord du grand port de Bassora, Majid et sa famille vivent des instants difficiles.

Salim, le père de Majid, grelottait, transpirait, gémissait tout à la fois, torturé par les fièvres des marais. Les remèdes traditionnels du village n’en venaient pas à bout et Majid, inquiet pour la santé de son père, l’observait en silence. Depuis plusieurs jours déjà, Salim ne quittait plus sa couche, incapable d’aller pêcher. La famille n’avait plus d’argent, et les réserves de nourriture s’épuisaient.

Majid sortit de la hutte de roseaux et prépara ses affaires de pêcheur. Debout devant leur cabane, la femme du vieux Salim le regardait.

« Majid, tu vas sur un nouveau lieu de pêche, sois très prudent.

Illustration

– Ne t’inquiète pas, maman. J’ai tellement joué dans les marais. Je peux trouver mon chemin et éviter les dangers les yeux fermés !

– Nom d’une plume, garde-les quand même ouverts ! protesta Momo, leur perroquet.

– Et attention à l’orage ! » ajouta sa mère.

Le soleil, d’habitude si prompt à éclairer la cabane, n’était pas encore apparu. De gros nuages noirs bouchaient l’horizon.

Heureusement, Momo accompagnait Majid. Salim l’avait acheté à un marchand du port de Bassora, alors que le pauvre oiseau dépérissait, blessé au fond d’une cage. Depuis, Momo ne les avait plus quittés. Ils le considéraient comme un membre de la famille.

« Mes affaires sont prêtes ! » s’exclama Majid, faussement léger.

Sa mère l’embrassa, et Majid sauta dans son embarcation. Le cœur du jeune garçon battait à vive allure. Momo vola jusqu’à son épaule et le gratifia d’un petit coup de bec affectueux, avant d’aller se percher à l’avant de la barque.

« Capitaine, votre pilote est prêt ! »

Majid donna un vigoureux coup de perche, et ils s’éloignèrent en direction des roseaux qui entouraient le village.

Illustration

Ce jour-là, Majid ne prit pas le temps de flâner pour regarder le vol d’un héron pourpré, ni pour écouter le cri de l’oiseau pluvier. Il voulait arriver rapidement sur le nouveau lieu qu’il avait choisi pour pêcher. La famille comptait sur lui pour remplir le garde-manger. Il avait hâte de réussir sa mission. Et puis, il voulait éviter l’orage…

Il suivait scrupuleusement les canaux aménagés dans les marais lorsque, tout à coup, le nuage noir qui bouchait le ciel se déchira dans un énorme coup de tonnerre.

Jaillissant du nuage, un éclair frappa l’eau à quelques mètres de la barque de Majid.

Le jeune garçon tomba à la renverse, et ne se rattrapa qu’au dernier moment au rebord du bateau. Un coup de vent violent agita les branches des arbres. Momo se mit à crier :

« Un nid à la mer, un nid à la mer !

– Mais il n’y a pas de mer, Momo ! »

Majid regarda dans la direction pointée par le bec du perroquet : un nid flottait à la surface de l’eau du canal, ballotté en tous sens par les vagues. À chaque instant, il menaçait de se renverser et de perdre son précieux chargement. Et la pluie qui s’était mise à tomber ! Majid n’osa pas s’approcher avec la barque, de peur de créer des remous qui l’auraient fait chavirer.

Il se glissa lentement dans l’eau du canal, et nageant prudemment au milieu des vagues, s’approcha du nid en perdition. Il tendit la main pour l’attraper lorsque, catastrophe ! un coup de vent plus violent agita l’eau et renversa le nid. Les dix œufs qu’il contenait tombèrent à l’eau ! Majid rattrapa rapidement les premiers, mais deux œufs lui échappèrent.

Il plongea vers le fond pour recueillir les œufs qui coulaient à pic. Il lui fallut quelques brasses avant de pouvoir attraper le neuvième. Ses poumons manquaient d’air, il avait l’impression que sa poitrine allait exploser. Et le dernier œuf continuait à descendre, un mètre devant lui. Dans un ultime effort, Majid tira violemment sur ses bras et s’en saisit. Il n’avait plus un brin d’air dans les poumons. Sous lui, le passage d’un poisson effrayé écarta les algues, découvrant le fond du canal. Une chance ! Un coup de talon le propulsa rapidement à la surface. La bouche grande ouverte, il sortit enfin sa tête hors de l’eau. Ouf !

Le jeune garçon se hissa dans son bateau et déposa les œufs dans le nid. Dix œufs ! Son estomac gargouilla si bruyamment que même Momo l’entendit :

« Ton ventre vide crie famine », se moqua le perroquet.

Voilà plusieurs jours que Majid et sa famille ne mangeaient plus à leur faim, et il aurait pu préparer une magnifique omelette avec tous ces œufs !

Les cris d’un oiseau interrompirent ses fantasmes gastronomiques. Au-dessus de lui, une aigrette criait et battait violemment des ailes pour l’effrayer. La mère ! Elle cherchait à protéger ses œufs.

Majid s’attendrit devant le courage de l’oiseau. Il pensa à la détresse de l’aigrette s’il mangeait ses petits. Il en oublia sa faim, et déposa le nid sur une large et grosse branche. Aussitôt, la mère aigrette se précipita pour les couver.

L’estomac vide mais le cœur en paix, Majid s’apprêtait à continuer sa route vers le lieu de pêche lorsque, s’échappant subitement des nuages, un rayon de soleil vint l’éblouir : il lâcha sa perche et, d’une main, protégea ses yeux.

Sortant de nuées blanches, un magnifique héron pourpré aux ailes immenses – Majid n’en avait jamais vu d’aussi grandes – se posa devant lui.

« Majid, une fois de plus, tu as montré que tu avais du cœur et du courage. »

Majid n’en revenait pas : le magnifique oiseau lui parlait dans le langage des hommes ! Le seul oiseau qu’il avait jamais entendu parler, c’était Momo, un perroquet. Mais un héron qui parle, c’était impossible.

« De plus, tu as sauvé ma famille, reprit le héron. À mon tour d’aider la tienne. Je t’offre ce don : désormais, tu comprendras le chant de tous les oiseaux. Ce don te sera très utile pour pêcher et surmonter les dangers des marais. Mais attention : il doit rester secret. N’en parle jamais à un être humain ; sinon, dans l’instant, ton pouvoir disparaîtra. »

Un vent puissant et chaud agita les arbres, et se transforma en une bourrasque qui obligea Majid à fermer les yeux. Le temps de les rouvrir, le héron avait disparu. Une légende disait qu’un héron, extraordinaire par sa beauté et son envergure, régnait sur les oiseaux du marais. Il n’apparaissait que très rarement aux humains, et toujours pour les punir ou les récompenser. Le cœur battant, Majid se dit qu’il avait sans doute eu la chance de rencontrer le roi des oiseaux du marais !

Illustration

IllustrationChapitre 2Illustration

La pêche

Encore tout émerveillé de sa rencontre avec le magnifique héron, Majid arriva sur le nouveau lieu de pêche.

Il lança le filet dans l’eau. À cause de l’orage, la corde qui retenait le filet était humide et glissante. Elle filait à toute vitesse et lui brûlait les doigts. Il n’arrivait plus à l’arrêter !

Le garçon banda ses muscles de toutes ses forces pour retenir la corde. Celle-ci s’arrêta. Ouf ! Encore tout tremblant de son effort, Majid tira le filet hors de l’eau et regarda le résultat de sa pêche : rien, hormis quelques bouts de bois et des morceaux d’algues emmêlés...

Alors le jeune pêcheur nettoya patiemment son filet. Il protégea ses doigts ensanglantés avec une bande de tissu, puis lança le filet une deuxième fois. Il le tira hors de l’eau : rien, hormis quelques bouts de bois et des morceaux d’algues emmêlés...

« Décidément, je n’ai pas de chance », se dit Majid en nettoyant son filet.

Il se ressaisit et le lança une troisième fois. Il le tira hors de l’eau : toujours rien, hormis quelques bouts de bois et des morceaux d’algues emmêlés... Majid commençait à se décourager. Ses doigts blessés lui faisaient terriblement mal, et trempé jusqu’aux os, il grelottait. Il se sentit prêt à abandonner.

Des voix de femmes l’arrachèrent alors à son découragement. Il tourna la tête dans leur direction et ne vit rien d’autre que de jolies sarcelles, avec leur tête rousse, leur bande verte sur les joues et leur plumage ventral tacheté de noir.

« Pauvre Majid… »

Majid faillit tomber à la renverse en entendant une des sarcelles parler comme un être humain !

Illustration

« Il est découragé… lui répondit une sarcelle.