//img.uscri.be/pth/073be74869036f5be1e7d687407f9720ace21d13
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 3,49 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : EPUB

sans DRM

Equateur et Galapagos 4 - Comprendre l'Equateur et Equateur pratique

De
123 pages

Ce chapitre Comprendre l'Equateur et Equateur pratique est issu du guide consacré à la destination Equateur et îles Galapagos.
Tous les chapitres sont disponibles et vendus séparément. Vous pouvez également acheter le guide complet.





Voir plus Voir moins
Illustration

Sommaire

PRÉPARER SON VOYAGE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comprendre l’Équateur

L’ÉQUATEUR AUJOURD’HUI

 

Source d’une économie prospère et d’investissements d’envergure dans les infrastructures de santé et d’éducation, le pétrole est, pour le meilleur et pour le pire, le moteur du pays.

 

HISTOIRE

Un parcours à travers plus de 5 000 ans d’histoire, de l’époque précolombienne aux conquistadors, puis au tumulte du XXe siècle.

 

INDIENS D’ÉQUATEUR

Portrait des populations indiennes d’Équateur, des villageois andins aux habitants des forêts.

 

 

ARTS ET MUSIQUE

Les plus célèbres peintres et écrivains équatoriens, ainsi qu’une vue d’ensemble du vaste panorama musical andin, de la música folklórica aux rythmes afro-équatoriens.

 

ENVIRONNEMENT

Forêts tropicales humides, forêts d’altitude, páramo et leurs espèces animales, ainsi que les menaces écologiques actuelles et les espoirs pour l’avenir.

 

CUISINE ÉQUATORIENNE

 

La gastronomie locale, d’une grande variété, va du chugchucara riche en viande des hauts plateaux au savoureux encocado de fruits de mer, sur la côte.

L’Équateur aujourd’hui

Jadis considéré comme un cas désespéré, l’Équateur est devenu l’un des pays les plus prometteurs d’Amérique latine. Porté par une économie en plein essor, il a massivement investi dans la rénovation du réseau routier, les hôpitaux et les écoles, tout en finançant des programmes sociaux. Cette nouvelle donne a été en grande partie orchestrée par Rafael Correa, le populaire et charismatique président, dont le projet a largement profité, durant toute une période, d’une hausse des cours du brut.

À lire

La Ferme sur le río Esmeraldas (Phébus, 2002). L’histoire d’un Américain altruiste et idéaliste qui fonde une ferme dans la province d’Esmeraldas et rêve de sortir les paysans locaux de la misère. Un livre superbe, signé Moritz Thomsen. Le vieux qui lisait des romans d’amour (Seuil, 1997).

Une émouvante plongée dans l’environnement des Indiens shuar par le grand auteur Luís Sepúlveda. Darwin : l’histoire du célèbre scientifique et sa théorie de l’évolution (G. Trédaniel, 2009). Toute l’histoire du savant, avec de nombreuses reproductions, par John Van Wye.

 

À voir

Si loin (Qué tan lejos, 2006). Road-movie contant le périple de deux jeunes femmes en quête d’elles-mêmes dans les Andes. Entre Marx y una Mujer Desnuda (1996). Portrait de groupe dépeignant de jeunes intellectuels de Quito. Ratas, Ratones, Rateros (1999) Un film primé relatant les aventures de deux petits voleurs en cavale à Quito et Guayaquil.

Prospérité

Le Président Correa a baptisé “Révolution citoyenne” les bouleversements qu’a connus l’Équateur. Tout hyperbolique que puisse paraître l’expression, l’élection de ce personnage à la tête du pays a indéniablement profité à de nombreux citoyens. Depuis qu’il a accédé au pouvoir en 2007, le taux de pauvreté s’est effondré (passant de 45 % en 2006 à 25 % en 2014), tout comme celui du chômage (inférieur à 5 %), tandis que les salaires ont augmenté et que l’inflation a été jugulée. La croissance annuelle du PIB s’est maintenue à 4 %. Le gouvernement Correa a presque doublé les investissements publics (de 21 % en 2006 à plus de 40 % en 2014), notamment dans la santé et l’éducation. Résultat : le taux de mortalité infantile a baissé, et les écoles et universités nouvellement construites accueillent plus d’élèves que jamais auparavant.

De grands projets d’infrastructure se sont développés dans tout le pays, notamment des barrages hydroélectriques, des autoroutes et ponts flambant neufs et l’ouverture d’un nouvel aéroport à Quito. D’autres projets sont dans les cartons, comme la construction d’un réseau de métro souterrain de 23 km à Quito

 – lequel devrait être achevé en 2017 – et d’un nouvel aéroport à Guayaquil. L’un des plus ambitieux concerne l’aménagement de Yachay, immense campus universitaire et de recherche dans la province d’Imbabura, au nord. Décrit comme la “cité du savoir” (“achay” signifie “savoir” en quechua), le site, aussi vaste que Lyon, devrait devenir une plate-forme majeure pour les sciences, les technologies et l’innovation – voire une nouvelle Silicon Valley, si tout se passe comme prévu.

La pérenne popularité de Correa n’a donc rien d’étonnant. Avec une cote de confiance oscillant entre 60 et 80 %, c’est l’un des dirigeants latino-américains les plus appréciés, et sans doute le président à remporter la plus grande faveur publique dans l’histoire de la nation.

L’or noir

Toutes ces dépenses publiques ont été possibles grâce au pétrole et aux prix élevés du baril de brut sur le marché international – une situation qui est en train de changer. L’Équateur abrite en effet la 3e réserve de pétrole d’Amérique du Sud, après le Venezuela et le Brésil. Avant la chute des cours du pétrole en 2015, ces ressources représentaient plus de 30 % des revenus du gouvernement et plus de 50 % de ceux tirés des exportations.

Jusqu’à l’élection de Correa, la majeure partie des richesses liées à ces réserves quittait le pays. En 2010, une nouvelle loi a modifié les contrats passés avec les multinationales et augmenté la part gouvernementale sur les revenus du pétrole brut, la faisant passer de 13 à 87 %, et générant une embellie des revenus publics annuels supérieure à 800 millions de dollars.

Si le pétrole a rempli les caisses de l’État, il est à l’origine de graves menaces écologiques. Le Parque Nacional Yasuní, un secteur vierge de l’Amazonie, recèle l’une des plus grandes réserves pétrolières du pays – on parle de 846 millions de barils (soit environ 7 milliards de dollars). Or il abrite l’une des plus importantes biodiversités de la planète et est le foyer de peuples amérindiens isolés. Les groupes écologistes ont plaidé pour l’organisation d’un référendum sur l’exploitation du pétrole du parc, mais leurs requêtes ont été rejetées par le gouvernement. Fin 2014, le ministre de l’environnement a annoncé que des permis de forage avaient été délivrés pour 2016. La construction de routes d’accès et de pipelines – sans parler des potentiels déversements accidentels – pourrait avoir des effets dévastateurs pour Yasuní.

Conflits internes

Correa s’est fait sa part d’ennemis au fil des années. Ses opposants le décrivent comme un dirigeant semiautoritaire qui a miné la démocratie en renforçant ses prérogatives personnelles et en limitant l’indépendance des tribunaux. Plusieurs organisations, notamment Human Rights Watch, ont également montré du doigt les immenses moyens déployés pour faire taire ses ennemis présumés. En 2013, le ministre de l’environnement a ainsi dissous la fondation Pachamama (une ONG de défense de l’environnement et des droits de l’homme), au prétexte que ses membres avaient participé à des manifestations violentes. La même année, les partisans de Correa ont fait passer une loi sur la communication, disposant que les journalistes encourraient des poursuites pénales si le Conseil de régulation jugeait qu’ils ne rapportaient pas les faits de manière impartiale et pondérée. Fin 2014, la Cour constitutionnelle d’Équateur étudiait une proposition du parti de Correa, l’Alianza País, visant à établir des mandats illimités pour tous les représentants élus, ce qui permettrait à Correa de se représenter aux élections en 2017, voire au-delà.

Histoire

L’Équateur a une histoire tumultueuse. Depuis son indépendance en 1830, le pays a connu plus de 80 changements de gouvernements et adopté pas moins de 20 Constitutions, la plus récente ayant été amendée en 2008. L’instabilité de cette nation andine provient à la fois de rivalités internes (opposant par exemple Quito, ville conservatrice marquée par le poids de l’Église, à Guayaquil, cité libérale et séculière) et externes (telles que la querelle frontalière avec le Pérou). Selon les spécialistes, les héros méconnus de l’histoire équatorienne sont ses peuples autochtones, issus des grandes cultures qui prospéraient naguère aux Amériques, et qui ont réussi à survivre à travers les âges.

Premières cultures

Bien que la majorité des peuples autochtones vivent aujourd’hui sur les hauts plateaux et dans l’Oriente, la côte était, avant la conquête espagnole et à l’époque pré-inca, la région la plus peuplée. Les cultures littorales de La Tolita, Bahía, Manta, Valdivia et Machalilla ont forgé l’identité équatorienne, éclipsant même les Incas, dont la présence dans l’actuel Équateur ne précédait celle des Espagnols que d’un demi-siècle.

Selon une thèse généralement acceptée, l’Équateur aurait été peuplé par des populations venues de l’ouest du Brésil. Les premières sociétés d’importance s’implantèrent cependant sur la côte, plus hospitalière que la Sierra. La première culture sédentaire fut celle de Valdivia, qui se développa dans la péninsule de Santa Elena il y a plus de 5 500 ans. Les célèbres figurines en terre cuite valdivia, représentant des femmes aux attributs sexuels protubérants à divers stades de leur grossesse ou de l’accouchement, devaient jouer un rôle dans des rituels de fertilité.

Si les Valdivia furent le premier peuple sédentaire d’Équateur, les Chorrera étendirent leur influence sur un territoire plus vaste que celui de tout autre groupe durant la période dite formative (4000-300 av. J.-C.). Les cultures chorrera et machalilla, qui s’installèrent dans le sud de Manabí et sur la péninsule de Santa Elena entre 1500 et 800 av. J.-C., pratiquaient les déformations crâniennes sur les nouveau-nés : on allongeait leur crâne en l’aplatissant progressivement à l’aide de pierres et, souvent, on leur arrachait les deux dents de devant, peut-être pour indiquer le statut social.

Aux alentours de 600 av. J.-C., les sociétés se stratifièrent sous l’autorité d’une élite constituée d’une caste de chamans et de marchands, qui contrôlaient les échanges de biens précieux sur de longues distances. Citons les cultures côtières Bahía, Jama-Coaque, Guangala et La Tolita et dans la Sierra celle de Panzaleo, qui inventa certainement les techniques de réduction des têtes pour lesquelles les Shuar de l’Oriente méridional sont plus connus (du fait qu’ils persistèrent jusqu’au milieu du XXe siècle).

Progressivement, autour du IXe siècle, ces groupes formèrent des sociétés plus complexes et plus hiérarchisées, parmi lesquelles, les Manteños, les Huancavilcas et les Caras sur la côte, les Quitus (qui léguèrent leur nom à Quito) dans le nord de la Sierra, les Puruhá au centre et les Cañaris près de l’actuelle Cuenca. Vers la fin du Ier siècle, les Caras conquirent les Quitus, peuple pacifique, donnant naissance à la culture Quitus-Caras ou Shyris, laquelle contrôla la Sierra jusque vers 1300, époque où s’affirma la puissance des Puruhá du Centre. Plus au sud, la troisième grande culture était celle des Cañaris. Ces trois entités allaient résister aux Incas lorsqu’ils entamèrent leur expansion vers le nord.

L’Empire inca

Jusqu’au début du XVe siècle, l’Empire inca gravitait autour de Cuzco au Pérou. Tout changea sous le règne de l’Inca Pachacutec, dont la politique expansionniste initia la création d’un immense ensemble territorial, le Tahuantinsuyo, ou “Terre des quatre points cardinaux” en quechua. À l’époque de l’arrivée des Incas en Équateur, leur empereur, Tupac Yupanqui, successeur de Pachacutec, se vit opposer une farouche résistance.

Les Cañaris se défendirent bravement contre l’envahisseur qui mit plusieurs années à les soumettre avant de s’intéresser au Nord, où il rencontra une résistance plus farouche encore. À un moment donné, les Cañaris repoussèrent l’envahisseur jusqu’à Saraguro.

Durant les nombreuses années nécessaires pour asseoir sa domination sur le Nord, l’Inca Tupac eut un fils d’une princesse cañari : Huayna Capac grandit en Équateur et succéda à son père sur le trône inca. Il passa sa vie à aller de Bolivie en Équateur, réprimant sans relâche des révoltes de toutes parts. Dans le Nord, les Incas massacrèrent des milliers de Caranqui et jetèrent leurs corps dans un lac près d’Otavalo. L’eau du lac en serait devenue rouge, d’où son nom actuel : Laguna de Yahuarcocha (lac de Sang).

Quand c’était possible, il consolidait sa position par un mariage, ce qui lui valut d’avoir deux fils : Atahualpa, qui grandit à Quito, et Huáscar élevé à Cuzco.

Avant de mourir en 1526, Huayna Capac partagea l’Empire entre ses deux fils, dérogeant à la tradition qui voulait qu’il n’eût qu’un héritier. Pour la première fois, l’Empire inca fut divisé, événement qui coïncida avec l’étrange arrivée d’un groupe d’hommes barbus montés sur des chevaux dans l’actuelle province d’Esmeraldas. Les premiers Espagnols à pénétrer en Équateur étaient conduits par le capitaine chargé d’une mission d’exploration par Francisco Pizarro, resté plus au nord.

Pendant ce temps, la rivalité opposant les deux héritiers de Huayna Capac s’aggravait et l’Empire fut déchiré par une guerre civile. Après des années de lutte, Atahualpa finit par vaincre Huáscar près d’Ambato. En 1532, il était donc le seul maître d’un empire affaibli et encore divisé à l’arrivée de Pizarro, qui projetait de conquérir les Incas.

AU TEMPS DE L’EMPIRE INCA

Les Incas arrivèrent en Équateur peu de temps avant d’être vaincus par les conquistadors espagnols. Toutefois, leur influence perdura chez les peuples autochtones. L’agriculture, l’organisation sociale et la propriété de la terre se trouvèrent profondément modifiées. Les Incas introduisirent de nouvelles cultures, notamment le cacao, la pomme de terre et l’arachide, ainsi que de nouvelles méthodes agricoles, caractérisées par l’élevage de lamas et le recours à l’irrigation. La propriété privée fut abolie, les terres étant désormais la propriété collective des ayllu, ou communautés agricoles. Chaque famille se voyait attribuer une petite parcelle de terre arable au sein de l’ayllu. L’État et le haut clergé possédaient également des parcelles assez importantes, sur lesquelles travaillaient les sujets de l’empereur – des travaux agricoles obligatoires, l’équivalent de la corvée médiévale.

L’État inca était très organisé. Il instaura la langue quechua, préleva des impôts et construisit un immense réseau de communications (des voies empruntées plus tard par les conquistadors à cheval). Par ailleurs, un système de messagers se relayant en courant permettait aux nouvelles importantes de parcourir plusieurs centaines de kilomètres en une journée. Les Incas répandirent leur religion, dont le panthéon comprenait Inti (le dieu du Soleil) et Viracocha (le dieu créateur). On exigeait des populations locales qu’elles adorent le dieu du Soleil, mais leurs propres croyances étaient également tolérées.

L’économie était entièrement agraire, et reposait notamment sur la culture du maïs et de la pomme de terre. On élevait également des cuy (cochons d’Inde), des canards, des chiens, des lamas et des alpagas, dont la laine était filée pour confectionner des vêtements. On cultivait aussi le coton.

Les Incas s’étaient à tous égards approprié l’Équateur : l’empereur Huayna Capac fit de Quito une seconde capitale de l’Empire inca et y vécut jusqu’à sa mort, en 1526. Les autochtones jouissaient d’une grande tranquillité tant qu’ils lui rendaient hommage et reconnaissaient son caractère divin. Ceux qui s’opposaient à lui étaient exilés aux confins du royaume, et l’on faisait alors venir de nouveaux colons pour prendre leur place. Cette migration forcée participa également à l’expansion du quechua, la langue de l’Empire.

La Conquête espagnole

L’avancée de Pizarro et des siens fut aussi rapide que spectaculaire. Ces cavaliers en armure munis d’armes à feu furent assimilés à des dieux et, malgré leur faible nombre, terrifièrent les populations locales. Fin 1532, une rencontre au sommet réunit Pizarro et Atahualpa. Ce dernier était prêt à négocier, mais les Espagnols ne l’entendaient pas ainsi. Le 16 novembre, quand l’Inca arriva à Cajamarca, au Pérou, les conquistadors le capturèrent, massacrant l’essentiel de sa suite.

Une rançon fut exigée en échange de l’empereur. D’incalculables quantités d’or, d’argent et de richesses furent acheminées vers Cajamarca. Au lieu de libérer Atahualpa après paiement de la rançon, les Espagnols le jugèrent et le condamnèrent à mort à l’issue d’un odieux simulacre de procès. Accusé d’inceste (dans la culture inca, il était considéré comme normal d’épouser sa sœur), de polygamie, d’idolâtrie et de crimes contre le roi, il fut exécuté le 29 août 1533. Sa mort signa la fin de l’Empire inca.

Le garrottage d’Atahualpa aurait eu lieu tandis que le général Rumiñahui faisait route vers Cajamarca, chargé d’or supplémentaire destiné à la rançon de son maître. Selon la légende, en apprenant sa mort, Rumiñahui dissimula le trésor dans les impénétrables montagnes de l’actuel Parque Nacional Llanganates – il ne fut jamais retrouvé.

Rumiñahui poursuivit la lutte contre les envahisseurs pendant deux ans. Il était si implacable qu’il aurait, dit-on, mis à mort un émissaire espagnol (peut-être un usurpateur du trône d’Atahualpa) en brisant tous ses os, puis en les extrayant de la dépouille par un trou avant de tendre sa peau, tête et organes génitaux intacts, pour en faire un tambour. Quand Sebastián de Benalcázar, le lieutenant de Pizarro, entra finalement dans Quito fin 1534, il trouva la cité rasée car Rumiñahui avait préféré la détruire plutôt que la voir tomber aux mains des conquistadors. Quito fut refondée le 6 décembre 1534, et Rumiñahui, capturé, fut exécuté en janvier 1535.

Malgré sa relative brièveté (à peine plus d’un siècle), la présence inca en Équateur laissa une marque indélébile sur le pays. Le quechua (kichwa ou quichua en Équateur) fut imposé à la population et reste la langue d’un quart des Équatoriens. Les Incas construisirent un vaste réseau routier de Cuzco à Quito. Un tronçon de la “voie royale” ou Chemin de l’Inca, aujourd’hui emprunté par les randonneurs, mène à Ingapirca, le plus grand site archéologique du pays, où l’on peut admirer les magnifiques constructions de pierre montées sans mortier, caractéristiques des Incas.

L’ère coloniale

Après 1535, l’ère coloniale fut marquée par les intrigues prévisibles entre les conquistadors, mais il n’y eut pas de rébellion importante de la part des populations autochtones. Francisco Pizarro nomma son frère Gonzalo gouverneur de Quito en 1540.

Aux premiers temps du gouvernement colonial, Lima fut le siège de l’administration politique de l’Équateur, alors simple gobernación (province). En 1563, la province accéda à un statut plus important en devenant l’Audiencia de Quito rattachée au vice-royaume du Pérou jusqu’en 1739, date où elle fut transférée à celui de Colombie (la Nouvelle-Grenade, à cette époque).

L’Équateur fut une colonie paisible durant plusieurs siècles. L’agriculture et les arts y étaient florissants. Des plantes (bananiers) et du bétail européen furent introduits, et participent encore de nos jours pour une bonne part à la production agricole du pays. Églises et monastères furent érigés sur tous les sites indígenas sacrés et ornés de sculptures et peintures uniques mêlant les esthétiques espagnole et indienne. L’École de Quito (la Escuela Quiteña) suscite toujours l’admiration des visiteurs et a laissé à jamais sa marque sur l’architecture coloniale et l’histoire de l’art, si singuliers, de l’Équateur.

Si les colons menaient une vie agréable, les Indígenas et, plus tard, les mestizos, étaient maltraités. Le travail forcé n’était pas seulement toléré, mais encouragé. On ne saurait donc s’étonner que plusieurs rébellions indigènes dirigées contre les classes au pouvoir eurent éclaté au XVIIIe siècle. Les troubles, ajoutés à l’introduction du cacao et de la canne à sucre dans le Nord-Ouest, incitèrent les propriétaires terriens à importer des esclaves africains. La riche culture afro-équatorienne de la province d’Esmeraldas est l’héritage de cette époque.

L’Indépendance

On doit la première tentative d’importance pour libérer l’Équateur du joug espagnol à un groupe conduit par Juan Pío Montúfar, le 10 août 1809. Il parvint à prendre Quito où il installa un gouvernement qui tint seulement 24 jours, jusqu’à ce que les troupes royalistes fidèles à l’Espagne eussent regagné le contrôle de la ville.