Espagne du Nord Ouest 1ed - Comprendre et Espagne du nord pratique

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Publié le : jeudi 26 septembre 2013
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EAN13 : 9782816139525
Nombre de pages : 95
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Il n’y a pas si longtemps, l’Espagne, en plein essor économique, était l’élève modèle de l’Europe. Puis vint la chute. Alors qu’en 2008 le taux de chômage était d’environ 8%, il atteignait 25% quatre ans plus tard. Accusé d’avoir tardé à mesurer l’ampleur de la crise, le gouvernement de gauche était désavoué lors des élections de 2011. Le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy (Partido Popular) favorisa dès lors une politique d’austérité remettant en question l’aide sociale de l’État, dont dépendent pourtant beaucoup d’Espagnols. Certains estiment que cette méthode affaiblit encore plus l’économie, les autres rétorquent que cette action radicale est nécessaire pour corriger le tir après des années de déficits publics mal contrôlés. Comment en est-on arrivé là ? L’économie espagnole reposait lourdement sur la construction et le tourisme, deux secteurs extrêmement fragiles en cas de récession économique. L’Espagne a trop construit et le marché s’est brutalement retourné en 2008. Et la crisis ne montre pas de signe d’amélioration. Afin de répondre au plan d’économies dicté à l’Espagne par l’Union européenne, le budget 2013 a ainsi été marqué par une austérité sans précédent.

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Jeunesse espagnole

Si les statistiques économiques de l’Espagne sont déprimantes, celles qui concernent la jeunesse du pays sont catastrophiques. En 2012, un jeune Espagnol sur deux était au chômage. En raison des faibles salaires – les mileuristas (les trentenaires diplômés qui ne gagnent que 1 000 € par mois) ont été mis en avant dans les médias – et des prix de l’immobilier élevés, les Espagnols quittent très tard le domicile familial. Et pour la première fois depuis des décennies, il y a plus de jeunes quittant le pays en quête d’opportunités professionnelles que d’immigrés cherchant à s’installer en Espagne. Toutefois, les disparités sont fortes entre les régions. La Navarre, le Pays basque et la Rioja tirent encore leur épingle du jeu avec des taux de chômage parmi les plus bas du pays.

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Dans la rue

Beaucoup de jeunes Espagnols ont refusé d’endosser le rôle de victimes. Le 15 mai 2011, les indignados (indignés) occupaient la symbolique Plaza de la Puerta del Sol, dans le centre de Madrid, et organisaient une contestation pacifique. Forts d’une popularité entretenue par les réseaux sociaux, ils sont restés sur place pendant des mois, rassemblant des Espagnols de tous milieux, et ont inspiré nombre de mouvements semblables dans le monde, notamment Occupy Wall Street. Les manifestations dénonçaient notamment les injustices de l’économie espagnole, comme le fait qu’un propriétaire dont la maison a été saisie par la banque doit continuer à rembourser son emprunt (autrement dit, la banque obtient la maison et l’argent). En 2012, avec une économie en chute libre et un gouvernement contraint de demander une aide faramineuse à l’UE pour sauver son système bancaire, les indignados sont redescendus encore plus nombreux dans les rues espagnoles. En milieu d’année, des coupes budgétaires drastiques ont provoqué des manifestations massives et quasiment quotidiennes. Après deux mois de grève, les mineurs des Asturies ont organisé en juillet une “marche noire” sur la capitale qui s’est soldée par une répression sévère de la part du gouvernement.

En novembre 2012, une manifestation de protestation contre les politiques d’austérité du gouvernement conservateur de Mariano Rajoy a rassemblé des centaines de milliers d’Espagnols dans les rues de Madrid, de Barcelone et d’une centaine d’autres villes, tournant à l’affrontement avec les forces anti-émeutes dans la capitale.

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ETA : la fin de la lutte armée…

Des décennies durant, l’ombre de l’ETA a plané sur le Pays basque. Créée en 1959 sous le régime franquiste, l’organisation clandestine s’était donné pour credo l’indépendance du Pays basque incluant la Navarre voisine. Ses attentats ont coûté la vie à 829 personnes.

Fortement affaiblie par l’arrestation de ses plus hauts responsables et la découverte de ses caches d’armes, l’ETA annonçait, en octobre 2011, “la fin définitive de son action armée”. Ce communiqué venait couronner la conférence internationale de Saint-Sébastien au cours de laquelle plusieurs personnalités, de Kofi Annan à Gerry Adams (négociateur de la paix en Irlande du Nord), incitaient le mouvement à renoncer à la violence.

Pour beaucoup d’observateurs, la fin des actions armées consacrait la défaite de la branche “dure” du mouvement. Si le spectre de la violence paraît aujourd’hui s’éloigner, certaines questions restent en suspens, à commencer par le dépôt définitif des armes et la dissolution de l’ETA. Du côté des militants nationalistes, on prône le rapprochement des prisonniers basques.

Une nouvelle phase politique s’ouvre au Pays basque espagnol. Loin d’éloigner les électeurs du vote nationaliste, la paix semble avoir bénéficié aux indépendantistes. Aux élections régionales d’octobre 2012, la coalition indépendantiste de gauche Bildu arrivait en deuxième position derrière le parti nationaliste conservateur PNV. En janvier 2013, le parti indépendantiste Herri Batasuna, interdit depuis 2003 en Espagne pour n’avoir jamais condamné la violence de l’ETA, annonçait sa dissolution, confirmant la volonté de ses militants d’accéder à l’indépendance par la voie politique.

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Les territoires du nord-ouest de l’Espagne

Communauté autonome du Pays basque (CAV) ou Euskadi. Créée en 1979, elle regroupe les provinces d’Álava, de Biscaye et du Guipúzcoa. Sa capitale administrative est Vitoria-Gasteiz.

Communauté forale de Navarre. Quatrième province du Pays basque espagnol. La Constitution espagnole lui donne le droit de s’intégrer à la Communauté autonome du Pays basque. Pour l’heure, la Navarre garde son autonomie.

Communauté autonome de La Rioja Créée en 1982, sa capitale administrative est Logroño. Sans littoral, c’est une région de plaines et de terrasses où se pratiquent la culture maraîchère et la viticulture.

Principauté des Asturies Cette communauté autonome a conservé le titre de principado (principauté) obtenu en 1388. Depuis cette date, l’héritier de la couronne d’Espagne porte le titre de prince des Asturies. Sa capitale est Oviedo.

Communauté autonome de Cantabrie La Cantabrie, qui a obtenu son autonomie en 1981, s’étend principalement sur le versant nord des monts Cantabriques. Sa capitale administrative est Santander.

Communauté autonome de Galice Autonome depuis 1981, la Galice regroupe les quatre provinces de La Corogne, Lugo, Ourense et Pontevedra. Sa capitale administrative est Saint-Jacques-de-Compostelle.

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Chiffres clés

Pays basque
Population : 2 191 722 hab. Superficie : 7 234 km2

Navarre
Population : 643 713 hab. Superficie : 10 391 km2

Cantabrie
Population : 593 620 hab. Superficie : 5 221 km2

Asturies
Population : 1 052 707 hab. Superficie : 10 604 km2

Galice
Population : 2 778 913 hab. Superficie : 29 574 km2

La Rioja
Population : 309 805 hab. Superficie : 5 045 km2

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Point de rencontre de deux continents et de deux mers, la Méditerranée et l’Atlantique, l’Espagne a bénéficié de l’influence de nombreux peuples pendant des milliers d’années. En effet, les Espagnols ont pour ancêtres des chasseurs de l’âge de la pierre venus d’Afrique, des Grecs et des Romains, des Wisigoths et d’autres peuples germaniques, des Berbères marocains, des Phéniciens, des juifs et des Arabes du Moyen-Orient ainsi que des gitans, dont l’origine est mal connue.

L’Espagne a également nourri d’importants flux migratoires. Des centaines de milliers d’Espagnols sont partis s’installer ailleurs en Europe et en Amérique en quête d’une vie meilleure, et ce, jusqu’au milieu du XXe siècle. L’héritage de ce grand brassage culturel est perceptible partout dans le pays, au travers de l’architecture, des sites archéologiques et du paysage urbain, mais aussi dans la langue, la cuisine, la musique, la danse, et les différences régionales.

Histoire de l’Espagne de Pierre Vilar, (PUF, Que sais-je ?, 2002) est une présentation concise de l’histoire espagnole. Pour ceux qui sont prêts à se lancer dans une lecture plus longue : Histoire des Espagnols, VIe-XXe siècle, de Bartolomé Bennassar (Robert Laffont, coll. Bouquins, 2001).

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Les premiers Espagnols

L’Espagne peut se targuer d’être le berceau de la civilisation européenne : en 2007, les restes humains les plus anciens d’Europe (vieux de 1,2 million d’années) ont été découverts à Atapuerca, près de la ville de Burgos, dans le Nord. Le plus bel héritage préhistorique de l’Espagne se trouve dans le nord du pays, à Altamira  : il s’agit de magnifiques peintures rupestres datant du paléolithique et inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco. Après la fin de la dernière ère glaciaire, environ 8 000 av. J.-C., de nouveaux peuples firent leur apparition, sans doute originaires eux aussi du nord de l’Afrique. Venue de Mésopotamie et d’Égypte, la culture néolithique (âge de la pierre polie) arriva en Espagne vers 6 000 av. J.-C. Les tombes mégalithiques (dolmens) érigées dans la péninsule entre 3 000 et 2 000 av. J.-C. sont une preuve indéniable des relations entretenues avec des peuplades du nord de l’Europe.

Les restes néandertaliens les plus connus de la péninsule Ibérique sont ceux de la “femme de Gibraltar”, dont le crâne (30 000 av.J.-C.) a été découvert en 1848.

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Marchands et envahisseurs

La richesse des ressources naturelles de l’Espagne et son peuplement bien établi attirèrent les marchands issus de civilisations méditerranéennes plus avancées. Plus tard, les empires émergeant autour de la Méditerranée cherchèrent à contrôler militairement le territoire.

Phéniciens, Grecs et Celtes

Vers 1 000 av. J.-C., les Phéniciens, un peuple sémite établi à l’emplacement du Liban actuel, commencèrent à gagner les côtes espagnoles pour échanger leurs parfums, bijoux, huile, ivoire, vins et tissus contre l’argent et le bronze ibériques, et établirent des colonies marchandes, par exemple à Almuñécar (appelé alors Ex ou Sex), Cadix (Gadir) et Huelva (Onuba). Au VIIe siècle av. J.-C., des commerçants grecs arrivèrent en Espagne et s’installèrent principalement sur la côte méditerranéenne.

Outre le fer, les Phéniciens et les Grecs apportèrent avec eux l’olivier, la vigne et l’âne, ainsi que l’écriture, la monnaie, le tour de potier et la poule.

Au moment où les Phéniciens introduisaient le travail du fer au sud de la Péninsule, les Celtes, venus d’Europe centrale, apportaient les mêmes techniques (ainsi que l’art de fabriquer de la bière) au nord. En se mélangeant sur la Meseta (le plateau du centre de l’Espagne), Celtes et Ibères prirent le nom de Celtibères. Comme les Celtes, les Celtibères s’établirent dans des villes fortifiées de taille moyenne appelées castros.

Les Carthaginois

À partir du VIsiècle av. J.-C., Carthage, située sur la côte de l’actuelle Tunisie, chassa Phéniciens et Grecs de l’ouest de la Méditerranée. Une colonie carthaginoise prospéra à Ibiza.

Après la défaite contre Rome au cours de la première guerre punique (264-241 av. J.-C.), Carthage conquit le sud de l’Espagne. Lors de la deuxième guerre punique (218-201 av. J.-C.), le général carthaginois Hannibal traversa les Alpes avec ses éléphants pour menacer Rome, mais cette dernière envoya ses légions combattre Carthage en Espagne. La victoire romaine d’Ilipa, près de Séville, en 206 av. J.-C., offrit à Rome le contrôle de la péninsule Ibérique. Peu après, Itálica, première ville romaine d’Espagne, fut fondée non loin du champ de bataille.

Les Romains

Les Romains dominèrent la péninsule Ibérique pendant six siècles, mais il leur fallut deux siècles pour soumettre les tribus locales les plus récalcitrantes. En l’an 50, la plus grande partie de l’Hispanie (nom romain de la Péninsule) avait adopté le style de vie romain. Seuls les Basques, pourtant vaincus, résistèrent à la romanisation.

L’héritage laissé par les Romains est considérable : aux routeset aqueducs, temples, théâtres, amphithéâtres et thermes, s’ajoute la religion chrétienne. Les langues actuelles (castillan, catalan, galicien et portugais) ont également pour origine le latin vernaculaire des légionnaires et des colons romains, passé au filtre de 2 000 années de mutations linguistiques. Ce sont aussi les Romains qui commencèrent à éclaircir les vastes forêts qui couvraient alors la moitié de la Meseta. L’Hispanie fournit à Rome de l’or, de l’argent, des céréales et du vin, auxquels il faut ajouter le précieux garum, une sauce à base de poisson servant d’assaisonnement, très apprécié à Rome. La Péninsule a également donné à Rome des empereurs (Trajan, Hadrien, Théodose)et de grands auteurs, comme Sénèque, Martial, Quintilien et Lucain.

Les Wisigoths

En Espagne, la Pax Romana (paix romaine) commença à vaciller aux IIIe et IVe siècles, quand des peuples germaniques traversèrent les Pyrénées. Au VIe siècle, les Wisigoths, qui avaient mis Rome à sac un siècle plus tôt, s’installèrent dans la péninsule Ibérique, faisant de Tolède leur capitale.

La domination exercée par ces quelque 200 000 Wisigoths sur les millions d’Hispano-Romains, aux mœurs plus sophistiqués, était fragile, et les premiers ne tardèrent pas à adopter la culture des seconds. Leur influence dans le paysage espagnol reste limitée à quelques églises bâties dans le Nord. L’héritage politique de la monarchie wisigothe fut plus importante : les petits royaumes chrétiens dirigés par la noblesse survécurent à la conquête musulmane de 711 et furent à l’origine de la Reconquête, qui réinstalla la chrétienté dans la péninsule Ibérique.

Vestiges romains au nord-ouest de l’Espagne

Andelos (Navarre ;)

Villa romana de Arellano (Navarre ;)

Iruña-Veleia (Álava ;)

Torre de Hercules(La Corogne ;)

Lugo (Galice ;)

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L’Espagne musulmane

Après la mort du prophète Mahomet en 632, les Arabes s’étaient installés dans tout le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, apportant l’islam avec eux. La désintégration du royaume wisigoth, précipitée par la famine, la maladie et les querelles dynastiques, ouvrit la voie à une nouvelle invasion.

En 711, Tariq ibn Ziyad, lieutenant du gouverneur de Tanger, débarquait à Gibraltar avec environ 10 000 hommes. Les survivants wisigoths partirent vers le nord et, en quelques années, les Arabes avaient conquis toute la péninsule Ibérique, à l’exception de petites zones de montagne dans les Asturies. Leur avancée en Europe ne fut arrêtée que par les Francs, lors de la célèbre bataille de Poitiers en 732.

Le territoire musulman sur la Péninsule fut nommé Al-Andalus. Ses frontières bougèrent constamment au cours des huit siècles durant lesquels les chrétiens s’efforcèrent de reprendre les territoires sous contrôle maure. Vers 1050, la frontière était constituée d’une ligne allant approximativement du sud de la Catalogne au nord de l’actuel Portugal, incluant une partie des Pyrénées centrales. Le centre du pouvoir politique musulman et du développement culturel fut d’abord Cordoue (756-1031), puis Séville (vers 1040-1248) et enfin Grenade (1248-1492).

Les dirigeants d’Al-Andalus accordèrent aux juifs et aux chrétiens (appelés mozarabes) la liberté de culte. La communauté juive se développa. La plupart des chrétiens, en revanche, assujettis à un impôt particulier, se convertirent à l’islam (on leur donna le nom de muwallads) ou émigrèrent vers le Nord chrétien.

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