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Est Américain 2 - Comprendre l'Est américain et Est américain pratique

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L’Est américain aujourd’hui

Lois sur les armes à feu, couverture santé, mariage homosexuel et légalisation de la marijuana demeurent des sujets brûlants. Le deuxième mandat de Barack Obama a été synonyme de remise en question aussi bien pour les Démocrates – qui ont obtenu des résultats mitigés durant le premier mandat du président – que pour les Républicains – qui doivent évoluer ou perdre les prochaines élections. Les deux partis ne semblent pas prêts à s’entendre…


POPULATION DES ÉTATS-UNIS : 317 MILLIONS D’HABITANTS

PIB : 17 102 MILLIARDS DE DOLLARS

PIB PAR HABITANT : 50 700 $

TAUX DE CHÔMAGE : 7,6%

TAUX D’INFLATION ANNUEL : 2,1%



Les classiques de la littérature

Walden de Henri D. Thoreau, 1854

Gatsby le Magnifique de Francis S. Fitzgerald, 1925

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Harper Lee, 1960

La Conjuration des imbéciles de John Kennedy Toole, 1980

Incroyablement fort et extrêmement près de Jonathan Safran Foer, 2005

Les classiques du cinéma

Autant en emporte le vent de Victor Fleming, 1939. Saga dans le Sud durant la guerre de Sécession.

Monsieur Smith au Sénat de Frank Capra, 1939. Un naïf se révolte contre les hommes politiques et la corruption à Washington, DC.

Les Incorruptibles de Brian De Palma, 1987. Eliot Ness traque Al Capone, un parrain mafieux de Chicago.

Lincoln de Steven Spielberg, 2012. Le combat du président Abraham Lincoln pour abolir l’esclavage.

Twelve Years a Slave de Steve McQueen, 2013. L’histoire vraie d’un jeune homme noir enlevé puis vendu comme esclave dans une plantation de Louisiane.


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Politique

Le président Obama a gagné sa réélection en 2012, en grande partie grâce à sa capacité à rassembler la coalition la plus racialement et ethniquement diverse de l’histoire du pays. Plus de 90% des Afro-Américains et près de 70% des Latinos ont voté pour lui. À l’Est, le Midwest, le Nord-Est et la Floride l’ont soutenu, contrairement au Sud.

L’échec des Républicains à attirer les électeurs d’autres origines ethniques a entraîné une réflexion au sein du parti. Ce dernier, peut-être en réponse à cette quête d’une nouvelle identité, a vu l’émergence de nouvelles personnalités issues de milieux très différents. Le jeune sénateur cubano-américain de Floride, Marco Rubio, est l’une des étoiles montantes des Républicains et risque fort de participer aux élections présidentielles de 2016.

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Économie et couverture santé

Si les Démocrates ont applaudi sa réélection, Obama est retourné à la Maison Blanche sans le même espoir et le même optimisme que lors de son premier mandat. Lors de sa prestation de serment en 2013, le taux de chômage – autour de 8% – était pratiquement le même qu’à sa première intronisation en 2009. Alors que la croissance économique semble enfin reposer sur des bases solides dans la majeure partie du pays, elle reste à la traîne dans certaines parties de l’Est, comme la région industrielle du Midwest autour des Grands Lacs, essentiellement l’Illinois et le Michigan.

Obama a remporté son pari ambitieux de faire passer sa réforme du système de santé au Congrès. Il s’agit de l’avancée la plus importante dans ce domaine depuis l’adoption de Medicare et de Medicaid en 1965. Malgré la menace des Républicains de bloquer le financement de l’Affordable Care Act (facteur majeur de l’arrêt des institutions gouvernementales pendant 16 jours en octobre 2013) et un vote de justesse par la Cour suprême (qui a déclaré la loi constitutionnelle par 5 voix contre 4), la loi (surnommée l’Obamacare) est partiellement entrée en vigueur et reste un sujet de débats passionnés. Cette question est devenue un enjeu des politiques partisanes et aura un impact décisif dans des États comme la Floride, la Géorgie, la Caroline du Nord, le Mississippi et la Louisiane – qui affichent parmi les plus forts taux de citoyens sans assurance (entre 15 et 20%) – ainsi que dans les États républicains fortement opposés à la loi.

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Mariage gay et cannabis

Alors qu’Obama s’est déclaré en faveur du mariage homosexuel en 2012, le Congrès y reste opposé. Plusieurs États sont allés de l’avant et ont établi leurs propres règles sur ce sujet. En 2013, 16 États (dont 12 dans l’Est américain), ainsi que Washington, D.C., avaient légalisé le mariage gay. Une percée majeure est intervenue en juin 2013, quand la Cour suprême a invalidé le Defense of Marriage Act – une loi discriminante empêchant le gouvernement fédéral de reconnaître les mariages homosexuels autorisés par les États.

Dans le même temps, l’attitude générale concernant le cannabis vise à assouplir les restrictions. Quelque 20 États soutiennent la légalisation de la marijuana pour usage médical, et une poignée d’États ont dépénalisé cette substance – la possession d’une petite quantité de cannabis passant ainsi du crime au délit mineur. Dans tous les États du Nord-Est, l’une ou l’autre de ces lois est en vigueur.

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Violence armée

Des fusillades de masse se sont déroulées à une fréquence alarmante ces dernières années. Entre autres incidents dramatiques, citons le massacre de Newtown (Connecticut) en 2012, où un jeune de 20 ans lourdement armé a abattu 20 enfants et 6 adultes. L’année suivante, un homme armé a tué 12 personnes et blessé 4 autres lors d’une attaque au Navy Yard à Washington, D.C. En moyenne, les armes à feu font chaque jour 32 victimes et 140 blessés.

Malgré l’évidence (que souligne un rapport publié en 2013 dans le prestigieux American Journal of Medicine) qu’un nombre croissant d’armes équivaut à un nombre croissant de meurtres, et les faibles taux de décès par arme à feu dans les pays dotés de lois strictes (comme en France et au Royaume-Uni), les législateurs américains rechignent à promulguer des lois, même modestes, sur le contrôle des armes ; en 2013, le Congrès a refusé le rétablissement de l’interdiction des fusils d’assaut. Une raison : les lobbies des armes à feu comme la National Rifle Association exercent un pouvoir incroyable, contribuant chaque année pour plus de 16 millions de dollars aux campagnes politiques d’État et nationales.

Histoire

De leurs balbutiements en tant que colonie anglaise à leur propulsion au devant de la scène internationale au XXe siècle, l’histoire des États-Unis est passionnante. La guerre contre les Britanniques, la conquête de l’Ouest, l’esclavage et son abolition, la Guerre de Sécession et la Reconstruction, la Grande Dépression, le boom de l’après-guerre, et les conflits du XXIe siècle sont autant d’événements qui ont façonné l’identité de ce pays.

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Premiers habitants

Parmi les cultures préhistoriques significatives des actuels États-Unis figurent les Mound Builders (“bâtisseurs de tumulus”), qui peuplèrent les vallées de l’Ohio et du Mississippi entre 3 000 av. J.-C. et le XIIIe siècle. Dans l’Illinois, Cahokia, comptant 20 000 habitants, fut jadis une grande cité précolombienne. Des tumulus similaires se dressent un peu partout dans l’est du pays, notamment le long de la Natchez Trace, dans le Mississippi.

Lorsque les premiers Européens débarquèrent, plusieurs groupes amérindiens distincts occupaient le territoire, comme les Wampanoag en Nouvelle-Angleterre et les Shawnee dans le Middle West. Deux siècles plus tard, ils avaient pratiquement disparu. Plus que d’autres facteurs – guerre, esclavage et famine –, les maladies infectieuses transmises par les explorateurs à des autochtones non immunisés causèrent la mort de 50 à 90% de la population amérindienne.

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L’arrivée des Européens

En 1492, Christophe Colomb, missionné par la Couronne d’Espagne pour trouver une route vers l’Asie, débarqua dans les Caraïbes et, croyant avoir atteint les Indes orientales, donna le nom d’Indiens aux habitants, créant ainsi une confusion linguistique qui perdura par la suite. La présence d’or et d’argent sur le continent suscita bientôt des désirs de conquête : Hernan Cortés s’empara du Mexique en 1519, Francisco Pizarro du Pérou en 1528 et Juan Ponce de León, en quête de la fontaine de Jouvence, explora les côtes de la Floride en 1513. De leur côté, les Français mirent pied au Canada et dans le Middle West, tandis que Britanniques et Hollandais s’implantèrent sur la côte Est de l’Amérique du Nord.

Fondée en Floride par les Espagnols en 1565, St Augustine fut la première colonie européenne sur le territoire des futurs États-Unis. Plus haut sur la côte, un groupe d’aristocrates anglais établit en 1607 la première colonie anglaise durable, Jamestown. Celle-ci échappa de peu au destin funeste que connurent d’autres colonies anglaises avant elle, grâce à l’aide des tribus amérindiennes locales qui permit à ses habitants de survivre à la famine et aux maladies.

En 1619, la Chambre des Bourgeois de Virginie, première assemblée législative des colonies britanniques d’Amérique du Nord, vit le jour. Cette date marqua aussi l’arrivée du premier contingent d’esclaves africains, au nombre de 20. L’année suivante, fuyant les persécutions de l’église anglicane jugée corrompue, une centaine de puritains, les Pilgrim Fathers (pères pèlerins) embarqués à bord du Mayflower atteignirent la côte de la Nouvelle-Angleterre et fondèrent la ville de Plymouth, dans le Massachusetts. Ils signèrent entre eux un accord de gouvernement par consensus, le Mayflower Compact Act, considéré comme la base de la Constitution des États-Unis.

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Naissance d’une nation

Au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, les puissances européennes se disputèrent le Nouveau Monde, qui devint le nouveau théâtre de leurs politiques. Maîtresse de l’Atlantique grâce à la Royal Navy, l’Angleterre tira un profit accru de ses colonies dont elle consommait le fruit du labeur, du tabac de Virginie au sucre et au café des Caraïbes. Le système esclavagiste se légalisa progressivement pour soutenir l’économie de plantations, si bien que vers 1800, une personne sur cinq dans le pays était un esclave.

La Couronne britannique laissa largement les colons américains se gouverner eux-mêmes. Les assemblées, au cours desquelles les citoyens – les propriétaires blancs s’entend – discutaient des problèmes de la communauté et votaient lois ou impôts, se multiplièrent. À l’issue de la coûteuse guerre de Sept Ans (1755-1763) contre la France, les Britanniques décidèrent de renflouer les caisses en taxant lourdement leurs colonies.

Les colons ne voulaient pas de ces nouvelles taxes ; leur indignation culmina en 1773, lorsque plusieurs colonies interdirent aux navires britanniques de décharger leurs cargaisons de thé ou refusèrent de les distribuer. Lors de la fameuse “Tea Party” de Boston, une cargaison de thé fut jetée par-dessus bord. Cet épisode entraîna la fermeture du port de Boston et un renforcement de la présence militaire britannique.

En 1774, le premier Congrès continental réunit dans l’Independence Hall de Philadelphie les représentants de douze des treize colonies ; une guerre semble alors inévitable.

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La guerre d’Indépendance et la Constitution

C’est en avril 1775, dans le Massachusetts, qu’eut lieu la première confrontation armée entre les troupes britanniques et des colons en armes, avertis grâce à la fameuse Midnight Ride (“chevauchée de minuit”) du patriote Paul Revere. George Washington (1732-1799), un riche planteur de Virginie, fut nommé au poste de commandant en chef de l’armée américaine, un ensemble hétérogène de paysans, de chasseurs et de marchands mal équipés. Face à eux, les red coats (“tuniques rouges”) constituaient la première force militaire du monde. Sans expérience, le général Washington dut sans cesse improviser, battant sagement en retraite ou se lançant dans des attaques sournoises. Durant l’hiver 1777-1778, 2 000 hommes de l’armée américaine périrent de faim et de froid à Valley Forge, en Pennsylvanie.

En pleine guerre, le deuxième Congrès continental commença l’ébauche des articles de la Confédération, qui devait unir les États. En juillet 1776, il adopta la déclaration d’Indépendance, en grande partie rédigée par Thomas Jefferson (1743-1826), qui citait les griefs des colonies envers la Couronne britannique. Le document fut signé par des représentants des treize colonies le 4 juillet, célébré depuis comme le jour de naissance de la nation.

Mais pour l’emporter sur le champ de bataille, Washington ne pouvait se contenter de l’élan patriotique de ces concitoyens. En 1778, Benjamin Franklin réussit à convaincre la France de s’allier aux révolutionnaires. Grâce aux troupes de La Fayette (1757-1834) et à la puissance navale française, la guerre se solda par la victoire des Américains. Les Britanniques capitulèrent à Yorktown, en Virginie, le 19 octobre 1781. Deux ans plus tard, le traité de Paris reconnut l’indépendance des “États-Unis d’Amérique”.

Au départ, cette confédération d’États bénéficiant d’une grande autonomie ne favorisa guère l’unité. Pour y remédier, des délégués de chaque État, reconnus plus tard comme les Pères fondateurs (Founding Fathers) de la nation, se réunirent de nouveau à Philadelphie en 1787 pour élaborer une nouvelle Constitution : le pays se dota d’un gouvernement fédéral plus fort et de trois pouvoirs – exécutif, législatif et judiciaire – équilibrés. En 1791 vint s’y ajouter le Bill of Rights (Déclaration des droits), un ensemble de dix amendements limitant le pouvoir fédéral et garantissant notamment la liberté de culte et d’expression.

En dépit de ces avancées, la Constitution maintint le statu quo économique et social. Les riches propriétaires terriens conservèrent leurs biens et leurs esclaves. Les Amérindiens ne faisaient pas partie de la nation et les femmes étaient exclues de la vie politique. Ces inégalités et injustices criantes résultèrent en partie d’une volonté de compromis pragmatique (pour ne pas s’aliéner les États esclavagistes du Sud, par exemple), mais aussi d’une croyance dans la vertu du système en place.

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L’achat de la Louisiane et la conquête de l’Ouest

À l’aube du XIXe siècle, la jeune nation américaine manifestait un optimisme à toute épreuve. L’agriculture s’industrialisa et le commerce prit son essor. En 1803, Thomas Jefferson acheta la colonie française de Louisiane à Napoléon Bonaparte, un territoire qui correspond à La Nouvelle-Orléans et à environ 15 États actuels à l’ouest du Mississippi. L’expansion vers l’ouest pouvait véritablement commencer. Au-delà du dynamisme des échanges commerciaux, les relations économiques avec la Grande-Bretagne restèrent tendues, si bien qu’en 1812, les États-Unis lui déclarèrent la guerre. Le conflit dura deux ans et s’acheva sans grand bénéfice de part et d’autre, les Anglais abandonnant leurs forts et les Américains faisant vœu de ne plus se mêler au jeu complexe des alliances européennes.