GEOguide Pouilles et Basilicate

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Dans ce GEOguide, découvrez :
- des parcours et visites exceptionnelles : les habitats trulli des Pouilles et les sassi de la Basilicate ;
- les parcs et paysages phares de la région : le patrimoine naturel d'un littoral long de 900 km, la Foresta Umbra et ses immenses hêtres, les plages de la Baia San Felice jusqu’aux lacs de Lesina et de Varano... ;
- des itinéraires sur mesure et des sélections thématiques pour personnaliser votre séjour ;
- des centaines d'adresses authentiques choisies par nos auteurs-voyageurs ;
- 5 cartes et plans (sans connexion Internet nécessaire)
- et une présentation culturelle complète de la destination.
Publié le : mercredi 27 mai 2015
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782742441037
Nombre de pages : 216
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Carte principale

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… au gré de vos envies

Côté nature

Dans les Pouilles, sur la côte adriatique, l’éperon rocheux du Gargano réserve des paysages somptueux entre ciel et mer ; plus au sud, dans le talon de la botte, la côte du Salento se fait sauvage entre Otrante et Marina di Leuca. En Basilicate, à l’intérieur des terres, des parcs naturels protègent une nature quasi intacte, tandis que sur la côte tyrrhénienne la montagne plonge directement dans une eau limpide.

Les Pouilles

La Basilicate

Shopping

Les occasions ne manquent pas pour acquérir le meilleur de la production régionale : charcuteries parfumées, crus prestigieux, pâtes artisanales, céramiques rénommées et amusants sifflets en terre cuite…

Les Pouilles

Bonnes tables

Vous serez ravis de découvrir une cuisine rustique et authentique qui fait la part belle aux plats de pâtes, dont les fameuses orecchiette, en forme de petites oreilles, servies avec une sauce à la tomate, du fromage de brebis ou même des brocolis-raves.

Les Pouilles

Patrimoine

Les monuments des Pouilles portent la trace des multiples envahisseurs qui se sont succédé : Byzantins, Normands, Souabes et Aragonais… Dès le XVIe siècle, la tendreté du calcaire locale a favorisé l’explosion d’un baroque échevelé, connu pour sa hardiesse et sa profusion de formes.

Les Pouilles baroques

Les Pouilles médiévales

COMPRENDRE LES POUILLES ET LA BASILICATE

Géographie

Histoire

Architecture et beaux-arts

Géographie

Les Pouilles

Riche et verdoyante, la région des Pouilles (19 358km2) forme une bande qui longe l’Adriatique et vient occuper le talon de la Botte. Elle est composée de cinq provinces dont les chefs-lieux sont Bari (la plus importante ville du Sud après Naples), Brindisi, Foggia, Lecce et Tarente. Au nord, le promontoire rocheux du Gargano (dont le plus haut sommet – le Monte Calvo – atteint 1 056m) s’avance dans la mer : ce haut plateau calcaire, découpé de falaises blanches sur ses flancs, parsemé de grottes et de dolines à l’intérieur, est recouvert par la vaste forêt Umbra. Au pied du massif, des plages bordées de pinèdes s’allongent sur des kilomètres. Au large apparaissent les scintillantes îles Tremiti, de blancs rochers de calcaire. Plus bas s’ouvre la plaine de Foggia et ses immenses étendues de blé, la plus importante après celle du Pô ; puis les Murge, plateau karstique fissuré, percé de grottes et de gouffres ; et enfin la péninsule du Salento, où abondent fruits et légumes, oliviers, vignes et amandiers. Les Pouilles sont la région la plus plane du Mezzogiorno (entre 200 et 700m), puisque plus de 53% du territoire est constitué de plaines, bordées par 762km de côtes : sablonneuses côté Adriatique, à l’exception du Gargano et d’Otrante ; plus rocheuses et moins faciles d’accès côté Ionienne, notamment à partir du cap Santa Maria di Leuca, extrémité est de la Botte.

Le littoral italien

La forme des côtes est sans cesse remodelée au gré des phénomènes géologiques, de l’avancée des embouchures des fleuves et de l’action de la mer. L’élévation du niveau de la mer (1,5mm par an) est telle que plus d’un tiers des plages de la péninsule italienne est soumises à l’érosion ou reculent... Les côtes rocheuses dentelées, plongeant vertigineusement dans la mer, sont caractéristiques du promontoire du Gargano, au nord des Pouilles. Sinon, le littoral de la région est majoritairement constitué de plages de sable, tant sur la côte adriatique (Pouilles) que sur la côte ionienne (Basilicate).

Carte d’identité

Superficie 29 350km2 au total, dont 19 358km2 pour les Pouilles et 9 992km2 pour la Basilicate
Points culminants Monte Pollino (2 248m) ; Monte Calvo (1 056m)
Population 4 578 000 hab. au total, dont 4 000 000 dans les Pouilles et 578 000 en Basilicate
Statut deux des 20 régions italiennes
Langues l’italien et de nombreux dialectes, dont le foggiano, le barese, le tarantino et le salentino dans les Pouilles et le lucanien en Basilicate
Religion catholique en forte majorité

La Basilicate

Nichée dans la cambrure de la Botte, la Basilicate (9 992km2), ou Lucanie, est baignée par deux mers, Tyrrhénienne dans le golfe de Policastro (au sud-ouest) et Ionienne dans le golfe de Tarente (au sud-est). C’est une terre sauvage, difficile d’accès et peu touchée par le tourisme. Elle se compose de deux provinces (Potenza et Matera). Montagnes pelées (dues aux ravages de l’érosion sur des pierres tendres), chaos de rochers, paysages ravinés ressemblant à la Cappadoce, plateau karstique à la beauté lunaire : la région, essentiellement montagneuse (70%), s’aplanit de collines (20%) en plaines (10%) vers l’ouest. Elle est dominée au nord par le mont Vulture, un ancien volcan qui, avec ses 1 326m d’altitude, fait presque pâle figure face au massif du Pollino, au sud, culminant à plus de 2 000m. Le long du littoral ionien, les plaines alluviales, jadis marécageuses, ont été asséchées et se couvrent aujourd’hui de plantations de fruits (agrumes) et de légumes. Le littoral déploie 30km de côte le long de la mer Tyrrhénienne, où la montagne plonge dans une eau limpide, et 35km de sable doré ou de galets le long de la côte ionienne. La Basilicate est indéniablement la région la plus pauvre du pays, symbole de la misère du Sud, et ce malgré la découverte de pétrole dans les zones du val d’Agri, du Lagonegrese et du Pollino (le “Texas italien”). Enfin, la région est soumise à une forte activité sismique. Le tremblement de terre de novembre 1980 est resté dans les mémoires et a laissé de nombreuses traces dans le paysage. Entre la Campanie (région de l’Irpinia) et la Basilicate, le séisme fit plus de 4 000 victimes, 50 000 blessés et 150 000 sans-abri.

Histoire

Au cœur du bassin méditerranéen, baignées par trois mers (Adriatique, Ionienne et Tyrrhénienne), les Pouilles et la Basilicate, postées à l’extrême sud de la péninsule italienne, ont dû faire contre mauvaise fortune bon cœur. Nombreux furent les envahisseurs, prêts à conquérir, prêts à s’établir, prêts à défendre… avant de repartir, bon gré mal gré. Chacun a laissé son empreinte, et c’est de ce métissage culturel que cette terre tire une partie de son charme. De Tarente la grecque à Matera la troglodytique et Lecce la baroque, en passant par tous ces bourgs témoins des occupations lombarde, normande, byzantine, souabe ou espagnole, ces régions sont un livre ouvert sur l’histoire de la Méditerranée.

De la préhistoire à l’Antiquité

LES PREMIERS HABITANTS Autour d’Altamura, sur le haut plateau des Murge, des témoignages exceptionnels, en partie liés à la géologie de la région, ont été exhumés. Des milliers d’empreintes de dinosaures, parmi les plus nombreuses au monde, remontent probablement à 70 ou 80 millions d’années, et attestent de la présence de 200 animaux, de cinq espèces différentes, tant herbivores que carnivores. Mais c’est surtout dans les nombreuses grottes creusées dans le tuf qu’ont été faites les découvertes les plus spectaculaires, comme l’homme d’Altamura, le squelette d’un homme de Néandertal datant de 250 000 ans avant notre ère. Plus au sud, près d’Otrante, la grotte des Cerfs et de nombreux dolmens et menhirs forment un véritable “sanctuaire” préhistorique. Autour de 7000 av. J.‑C., des peuples originaires des Balkans s’établissent dans la région : Messapiens dans le Salento, Dauniens dans le Gargano, Peucétiens près de Tarente et Lucaniens en Basilicate… Ils ont en commun de pratiquer l’élevage et l’agriculture, et sont les premiers à commercer avec les Mycéniens, ouvrant la porte, non sans résistance, à la conquête grecque, aboutissant à l’émergence de la Grande-Grèce.

MAGNA GRÆCIA Originaires de Sparte, les colons grecs débarquent sur les côtes des Pouilles au VIIIe siècle av. J.‑C., diffusant dans toute la région leur savoir-faire artistique et technique. La position stratégique de Tarente lui vaut de devenir, aux Ve et IVe siècles av. J.‑C., la seconde ville de la Magna Græcia derrière la sicilienne Syracuse. L’orfèvrerie et les mosaïques exceptionnelles conservées dans son magnifique Musée archéologique témoignent encore aujourd’hui de cet âge d’or où la cité imposait son autorité jusqu’en Basilicate, notamment à Métaponte et à Siris (proche de l’actuelle Policoro). Des poches de résistance à l’influence grecque persisteront longtemps dans le Salento. Pris en tenaille entre les envahisseurs étrusques et samnites, au nord, et les Carthaginois venus d’Afrique, les colonies grecques cèdent aux Romains dès 270 av. J.‑C. Ces derniers s’imposent durablement dans toute la Magna Græcia.

DE ROME À BYZANCE Sous l’Empire romain, les municipia fleurissent. Mais des cités comme Bari et Brindisi conservent la possibilité de légiférer par elles-mêmes, voire de battre leur propre monnaie et d’adorer leurs divinités d’origine. Porte vers l’Orient, Brindisi prend sa revanche sur Tarente, devenue simple ville de garnison romaine. On trace la Via Appia qui relie Brindisi à Rome, première “autoroute” du Sud, puis en 109 av. J.‑C. la Via Appia Traiana, qui de Brindisi rejoint Bénévent, non loin de Naples. Une aristocratie terrienne émerge, à la tête de grandes exploitations agricoles, faisant de la région le grenier à blé de l’Empire. Le déboisement aura néanmoins une conséquence dévastatrice : la malaria s’y développera des siècles durant. La prise de contrôle de la région par Rome ne remettra pas en cause la civilisation grecque, qui continuera à dominer le champ culturel et artistique. Au Ier siècle av. J.‑C., des rébellions d’esclaves éclatent lors de la Troisième Guerre servile, aussi connue comme guerre de Spartacus. Après la crise de la fin du IIIe siècle, due en partie à l’augmentation des dépenses militaires et aux querelles de succession, de nouvelles réformes territoriales sont adoptées, puis contestées… L’empereur Constantin, converti au christianisme, transfère sa capitale à Byzance, renommée Constantinople en 330, anticipant la future scission entre empire d’Orient et d’Occident, qui sera décidée par Théodose en 390. Ce nouveau centre de gravité, de culture hellénique, réveille la mémoire orientale de la Basilicate et des Pouilles, et revivifie les échanges entre le sud de la péninsule, les Balkans et le Moyen-Orient.

Le Moyen Âge et la Renaissance

BYZANTINS ET NORMANDS Du IVe au IXe siècle, la région connaît une période de décadence, lié à la fin de l’Empire romain. Du IXe au XIe siècle, les Pouilles et la Basilicate, passées dans l’orbite de Byzance, retrouvent la prospérité qui régnait au temps de la Magna Græcia : essor démographique, croissance économique, développement de l’agriculture. Néanmoins, tout le sud de l’Italie doit faire face à d’incessantes vagues de conquêtes et reconquêtes : à la poussée lombarde arrivant du nord succèdent les incursions arabes venues de Sicile. Ceux-ci, déjà maîtres de la “Grande Île”, s’établissent à Bari et dans les Pouilles, menaçant le pouvoir byzantin. C’est pour aider à les repousser que des soldats normands arpentent l’Italie méridionale dès l’an mil. Mercenaires, les Normands reçoivent des terres et font souche. Au XIIe siècle, un véritable royaume chrétien normand se constitue dans le Sud continental et insulaire. Les “Italies normandes” sont caractérisées par une grande diversité de population (Arabes, Grecs, Français, Italiens…) et l’hybridation de plusieurs systèmes ou modèles : par exemple la fiscalité, empruntée aux Arabes, mais aussi un art syncrétique dans lequel se superposent de multiples influences. Cette Italie méridionale, dominée par les Normands, est largement ouverte sur la Méditerranée. Le port de Bari est au centre des contacts entre Orient et Occident, dans lesquels interviennent les réseaux des républiques de Gênes et de Venise.

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