Guernesey 2013 Petit Futé

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Les Country Guides du Petit Futé sont des guides pour tous les voyageurs. Ils proposent une synthèse équilibrée d'informations pratiques et culturelles et sont conçus pour que les lecteurs puissent effectuer le voyage qui leur convient, seuls ou en groupe.
Publié le : dimanche 23 septembre 2012
Lecture(s) : 38
EAN13 : 9782746965591
Nombre de pages : 226
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Table des matières
INVITATION AU VOYAGE Sai l'beinv'nu ! Fiche technique DÉCOUVERTE DES ILES ANGLO-NORMANDES Les îles en 20 mots-clés Survol des îles Histoire Politique et économie Population et langues Mode de vie Arts et culture Festivités Cuisine locale Jeux, loisirs et sports Enfants du pays BAILLIAGE DE GUERNESEY Guernesey (Guernsey) Herm et Jethou Sercq (Sark) Aurigny (Alderney) ORGANISER SON SÉJOUR Pense futé S'informer Comment partir ? Rester Galerie photos Galerie cartes
INVITATION AU VOYAGE
INVITATION AU VOYAGE - Les îles Anglo-Normandes © Petit Futé
Sai l'beinv'nu !
Les Français ont souvent tendance à oublier les îles Anglo-Normandes, ces petits bouts d’Angleterre à quelques brasses de nos côtes. Pourtant, chacune d’entre elles est une destination à part entière, dépaysante et proche à la fois. Toutes ont en commun le charme des côtes bretonnes, le calme de la campagne normande et un mode de vie trèsbritish. Mais aucune ne se ressemble vraiment. Guernesey, plus petite, plus densément peuplée, possède l’avantage d’abriter une charmante capitale : Saint Peter Port. Les inconditionnels de Victor Hugo y découvriront Hauteville House, la maison où il a pa ssé 15 ans de sa vie en exil. Aurigny est un villag e sur un caillou, où l’on préfère vous considérer comme des invités plutôt que comme des touristes. Tout le mon de se connaît ici, et les Riduniens vous invitent à partager les fêtes locales ou des pintes de bière et des plats de fruits de mer dans les pubs de Sainte-Anne. Les randonneurs marcheront de plages en falaises, de forts victoriens en anciens blockhaus allemands, des heures et des heures sans se lasser. Sercq est, elle, une île d’un autre temps, régie en partie par des lois médiévales. Ici pas de voiture, pas de moteur. Mais des chemins qui serpentent entre des jardins fleuris. L’ambiance de ce dernier bastion féodal donne l’impression d’évoluer dans un autre monde, à une autre époque. Quant à Herm, la plus petite, ell e se révèle aussi calme que sa voisine. Et ses plag es, où viennent s’échouer les coquillages, attirent de nom breux visiteurs d’un jour. Mais le plus agréable dans ces îles est peut-être ce plaisir que l’on a à saluer, par un simple sourire, les gens que l’on rencontre en chemin.
Fiche technique
Argent Monnaie
La livre sterling.Jersey et Guernesey frappent leur propre monnaie (la livre jersiaise et la livre guernesiaise) en parité avec la monnaie anglaise. La monnaie anglaise est acceptée librement. £1 = 1,24 € • 1 € = £0,81 • £1 = 1,47 CHF (franc suisse) • 1 CHF = £0,68 • £1 = 1,60 CAN$ (dollars canadiens) • 1 CAN$ = £0,62 (avril 2012). Une livre comprend 100 pence. Il existe des pièces de 1, 2, 5, 10, 20, 50 penceet 1 livre. Les billets suivent le même principe que ceux de l'Angleterre, mais contrairement à la Grande-Bretagne, Jersey et Guernesey éditent encore des billets de 1 livre. Idées de budget Le coût de la vie est, en général, équivalent à cel ui de la Grande-Bretagne. Cependant, les produits f rais et
d’usage sont plus chers que sur le continent. Autrement dit, la vie est chère sur les îles. Ces budgets s’entendent par personne pour un séjour de trois jours. Petit budget :120 € comprenant la traversée en bateau, la visite d’une seule île, nuits en camping ou auberge de jeunesse à Jersey, repas simples, transport en b us ou/et location d’un vélo. Dans cette gamme de bu dget, comptez au moins 35 € par jour.
Budget moyen :400 € comprenant une traversée en bateau, la visite de deux îles, nuitées en hôtel classique, visite de musées, location d’une voiture, repas dans des restaurants de moyenne gamme. Dans cette gamme de budget, comptez 90-100 € par jour.
Gros budget :avec 600 €, vous pourrez profiter de toutes les opp ortunités possibles offertes par les îles – voyage en avion, visite de plusieurs îles, hôtels de bon standing, location d’une voiture, trajets en taxi, repas dans des restaurants réputés, visite de musées, promenades organisées en compagnie d’un guide. Dans cette gamme de budget, comptez 200 € par jour.
Les îles en bref
Les îles en bref Un millier d’îles, d’îlots et de récifs sont disper sés dans la vaste baie que dessinent les côtes norm andes et bretonnes. Certains émergent au gré des marées et n e servent qu’au repos des oiseaux. Les 5 îles principales se situent entre 20 et 50 km des côtes françaises et à plus de 100 km des côtes anglaises. Superficies.Jersey : 116 km², Guernesey : 78 km², Aurigny (Alderney) : 8 km², Sercq (Sark) : 5,5 km², Herm : 1,7 km². Langue officielle :anglais.
Capitales.Saint-Hélier à Jersey (32 000 habitants), Saint Peter Port à Guernesey (16 000 habitants).
Religions :anglicans, protestants et une minorité de catholiques.
Régime politique :les îles possèdent un gouvernement autonome. Elles font partie de la Grande-Bretagne, mais pas du Royaume-Uni. Elles sont divisées en 2 bailliages, celui de Jersey et celui de Guernesey. Le pouvoir appartient à des Parlements élus au suffrage universel. La défense et la politique étrangère sont du ressort du gouvernement de Westminster. Population totale :166 000 habitants environ. Jersey :97 857 habitants. Guernesey :65 345 habitants. Aurigny :2 401 habitants.
Sercq :610 habitants.
Herm :60 habitants.
Téléphone Indicatifs internationaux. A partir de la France, de la Belgique ou de la Suisse, faites précéder le numéro de votre correspondant par 00 44 1534 pour Jersey, 00 44 1481 pour Guernesey, Sercq, Aurigny et Herm.
Pour appeler des îles vers la France :00 33, la Suisse : 00 41, la Belgique : 00 32.
Du bailliage de Jerseyvers celui de Guernesey : 01481.
Du bailliage de Guerneseyvers celui de Jersey : 01534.
Renseignements internationaux :155
Renseignements téléphoniques :192
Décalage horaire Lorsqu’il est midi à Jersey, il est 13h à Paris. Da ns les îles, en été comme en hiver, le décalage est toujours d’une heure par rapport à la France.
Formalités Un passeport ou une carte nationale d'identité (pou r les ressortissants de l'Union européenne) en cour s de validité est nécessaire. Si vous effectuez une traversée en ferry avec un véhicule, vous devez être en mesure de présenter un permis de conduire national, une carte grise, une carte verte.
Climat Grâce au climat océanique, les écarts de températur e entre été et hiver sont peu importants. L’ensolei llement avoisine les 2 000 heures par an, soit plus de 8 heures par jour en été. La présence du Gulf Stream réchauffe les eaux, qui atteignent 19 °C sur la côte en été. Atte ntion cependant, les nuits sont souvent fraîches, m ême à la belle saison.
Saisonnalité La haute saison commence en mai et se termine en septembre.
Les drapeaux des îles Les drapeaux des îles sont présents un peu partout. Symboles des lieux, ils flottent sur les bâtiments officiels, représentent les îles à l’étranger ou sur les autres îles britanniques. Ils sont fièrement hissés à l'occasion des Island Games ou des jeux du Commonwe alth, figurent sur les timbres et les cartes postales. Bref, ils véhiculent l’identité propre de chacune des îles. Jersey C’est l'unique drapeau des îles à arborer la croix rouge de saint Patrick (et non de saint Georges) sur un champ blanc. Il existe depuis bien longtemps, mais ne fut considéré comme officiel qu’en 1979. Dans le triangle du haut, figure l’écusson de Jersey (fond rouge, 3 lions d’or), surmonté de la couronne anglaise, celle des Plantagenêt. La croix rouge vient du drapeau des Fitzgerald, adopté par le royaume d’Irlande, e puis par les chevaliers de saint Patrick, avant d’être intégré à l’Union Jack. C’est au XVIII siècle qu’elle aurait été associée à Jersey. Guernesey Champ blanc et croix de saint Georges rouge. Cette croix est surmontée par une autre dorée à 4 branches égales élargies. Cette dernière appartie nt à Guillaume le Conquérant. Le drapeau ne fut curieusement officialisé qu’en 1985, lors de la commémoration des 40 ans de la libération de l’île.
DÉCOUVERTE DES ILES ANGLO-NORMANDES
Les îles en 20 mots-clés
Anglo-Normand e Jusqu’au début du XX siècle, les îles étaient des territoires de langue française. Deux dialectes dérivés du français s’y côtoient. Le jèrriais et le guernesiais sont des dérivés du vieux parler normand, qui n’est transmis que par tradition orale. Aujourd’hui, ils sont parlés par moins de 2 % de la population et compris par 15 %. Certains parlent encore ces dialectes en Gaspésie au Québec. Certains îliens se sont regroupés en société pour la défense de la langue. Malgré la prédominance de la culture anglaise dans les îles, les habitants ne se considèrent pourtant pas comme des Anglais mais com me des Normands. Lorsqu’ils racontent l’histoire de la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquéran t, ils aiment préciser que ce sont « eux » qui ont conquis l’Angleterre. Lorsqu’il y a un toast, la tradition veut que celui-ci soit porté au duc de Normandie et non pas à la reine d’Angleterre.
Aviron L’espace sur terre étant plutôt limité, la mer est le principal terrain de jeux des habitants de l’archipel. Dès que les beaux jours arrivent, les bateaux et les rames sont de sortie et les courses se succèdent. Les partici pants s’affrontent dans des compétitions interîles, autour des îles ou encore entre les îles et la côte normande. Certains rament à bord de doris, de lourdes embarcations en bois autrefois utilisées par les pêcheurs locaux pour attraper la morue au large de Terre-Neuve.
Branchage En juillet et en septembre, ont lieu les inspections semestrielles appelées « les visites du branchage » . A cette occasion, vous pourrez croiser, lors d'une promenade, un groupe d'hommes méticuleux, des responsables de la paroisse tenus de mesurer avec soin la hauteur des branches depuis le sol. Ils doivent s’assurer qu’au cune branche ne se trouve à moins de 8 pieds (2,50 m) d’un trottoir et à moins de 12 pieds (3,65 m) d’une route. En cas de non-respect de la loi, le propriétaire fautif est officiellement condamné à payer une amende de 50 p. En raison d’une augmentation de ce phénomène, l’amende peut désormais atteindre £500.
Clameur de haro (lé cliâme dé haro) L’indépendance des îles leur permet de conserver leur jurisprudence et leurs lois séculaires. Parmi celles-ci, une tradition ancienne de l’île, importée de Normandie, accorde le droit à toute personne qui se considère victime d’un préjudice foncier, de se rendre à l’endroit su pposé du délit, nu-tête et en présence de 2 témoins , et de prononcer ces paroles : « Haro, Haro, à l'aide mon Prince, on me fait tort. » Dès que l’appel a été lancé, la personne supposée d élictueuse doit immédiatement interrompre son actio n jusqu’à ce que la Cour royale de l’île statue sur l ’affaire. L’expression « Haro » viendrait de la con traction d’O e Rollo, le premier duc de Normandie au X siècle. Aujourd’hui, l’appel s’adresse à la reine d’Angleterre. Bien que cette procédure soit rarement utilisée à Jersey, elle est encore d’usage courant dans les plus petites îles, comme à Aurigny.
Détaxe Même si les îles ne sont pas une zone franche, il n'y a pas de TVA et chaque île établit sa propre législation. Les produits de luxe sont donc souvent proposés à des p rix intéressants. Vous trouverez un choix considéra ble d’alcools, que les îliens, à la fibre commerciale, proposent même « à la tirette » , pour un meilleur prix ! Mais attention, cigarettes, parfums et cosmétiques ne so nt pas toujours meilleur marché qu’en France. Certa ins touristes, plus particulièrement des Anglais, n’hés itent pas à faire un aller-retour rapide dans la jo urnée pour profiter des magasins duty free sur le bateau, surt out au moment des fêtes de Noël. Grâce à la situati on particulière de Jersey et de Guernesey et à leur ré putation de havre fiscal, les îles sont devenues de s centres financiers off shore. Des banques du monde entier s’y implantent pour profiter des conditions légales favorables. Les riches particuliers y trouvent aussi leur compte puisque les impôts sur les revenus sont peu élevés et limités à 20 % ; il n’existe pas d’impôts de succession sur les gains de capital ni de TVA. Lors du retour, la franchise douanière en France est de £115. Ceux qui dépassent cette limite doivent acquitter la TVA.
Fleurs
Fleurs - Champ de narcisses. ©BDLM – Iconotec Les îliens entretiennent une véritable passion pour le jardinage et chaque coin de verdure des îles es t fleuri. Le climat très doux permet d’ailleurs aux fleurs de po usser toute l’année, mais c’est au printemps que le s îles resplendissent des couleurs les plus chatoyantes. A son arrivée à Guernesey avec Victor Hugo, sa fille Adèle écrivit : « C'est un jardin en fleurs baigné par la mer, c'est un bouquet trempé par la mer, c'est un bouquet trempé par l'océan qui a le parfum de la rose et l'amertume de la vague. » L’horticulture est devenue l’un des moteurs de l’économie îlienne. Ainsi, Guernesey exporte près d’un million de caisses de fleurs coupées chaque année, dont les deux tiers sont des freesias vendus au Royaume- Uni : 10 % des fleurs vendues sur le marché anglais proviennent de Guernesey.
Fortifications Au cours de leur histoire millénaire, les îles de l a Manche ont dû faire face à des envahisseurs bien plus dangereux que les pacifiques touristes d’aujourd’hui. L’histoire mouvementée de la région a justifié la construction intensive, et à toutes les époques, d’édifices mili taires chargés de protéger la population contre les ennemis.
L’histoire de l’archipel se lit dans les fortifications médiévales qui protégeaient les îliens des attaques des Vikings, e lesquels ravageaient les côtes normandes et anglaises au IX siècle. e Au XVI siècle, les îles sont devenues une ligne de défense contre le continent, ennemi de l’Angleterre. Mais la menace résidant surtout dans la présence des França is à proximité, les îles renforcèrent leur disposit if de e défense en construisant les tours Martello, au début du XIX siècle. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, ce furent les Allemands qui cherchèrent à construire le mur de l’Atlantique, dont les îles devaient forme r un avant-poste indestructible.
Granit Tout comme en Bretagne, le granit est ici visible e t utilisé partout. Les dolmens et les menhirs, les murs qui bordent les chemins ruraux, les maisons anciennes, les grosses bornes à l’entrée des routes, sont auta nt d’exemple de son utilisation à travers les âges. Les îliens aiment à préciser que le granit est rose à Jersey et gris à Guernesey.
Joaillerie Jersey et Guernesey se sont taillé une réputation solide en matière de confection de bijoux. De nombreux artistes et artisans basés sur ces deux îles imaginent de su perbes bagues et colliers de luxe ou plus classique s, élégamment présentés dans les magasins chics des rues commerçantes de Saint Peter et Saint-Hélier. A Jersey, l’atelier de joaillerie le plus célèbre est celui d e Catherine Best. Jersey Goldsmiths s’est spécialis é quant à lui dans le bijou en or. Ces deux îles importent égalem ent chaque année plusieurs centaines de tonnes d’hu îtres perlières d’Asie (Chine essentiellement). L’entreprise Jersey Pearl propose ainsi à ses visiteurs, pou r un prix modique, de choisir dans un bac une huître perlière et de l’ouvrir afin d’y découvrir soi-même le précieux trésor.
Laine L’utilisation du mot « jersey » pour désigner un pull tricoté trouve son origine dans l’association qu’entretiennent les îles, depuis quelque 400 ans, avec l’industrie du tricot. Les chandails traditionnels de pêcheurs y sont toujours confectionnés. Les îles importent la laine d’Anglet erre et y exportent des vêtements tricotés, des bas et des chaussettes. Cet artisanat, auquel toute la population participait au détriment des travaux des champs, a pris une ampleur telle que les Etats de Jersey ont interdit, en 1606, le tricotage pendant les moissons et durant la période de récolte du varech, utilisé pour la cuisine et le chauffage. Les chandails de Guernesey sont portés par les équipages des bateaux de sauvetage opérant le long des côtes. Ils sont traditionnellement tricotés ave c de la grosse laine bleu marine et n’ont pas de motifs. Plus fins, les pulls de Jersey sont fabriqués en diverses couleurs.
New Jersey L’Etat du New Jersey aux Etats-Unis tient son nom d e la petite île de la Manche. Pendant la guerre civ ile anglaise, le roi Charles II se réfugia à Jersey. La loyauté de l’île fut récompensée par le don de l’île de Smith et de quelques îlots environnants, au large de la Virg inie, à son gouverneur, Sir George de Carteret, leq uel rebaptisa cette île New Jersey.
Occultisme Jadis, les îles Anglo-Normandes étaient un foyer de magie et de sorcellerie. A Guernesey, les légendes de l’île sont consignées dans 2 livres de sorcellerie origin aux :Le Grand Albert etLe Petit Albert, ouvrages toujours gardés sous les verrous, à l’abri des regards indiscrets. La légende raconte qu’ouvrir ces livres équivaut à donner son âme au diable et que leur possession est une ma lédiction. Si on les brûle ou si on les jette à l’e au, ils réapparaissent aussitôt. La seule manière de s’en d ébarrasser serait de les donner, mais encore faut-il trouver preneur. C’est d’ailleurs à Jersey que Victor Hugo s’est découvert une passion pour le spiritisme. Après la mort de sa fille, il se mit à fréquenter des groupes occ ultes. La description de sa maison sur l’île témoig ne de son attirance pour le mysticisme : « Pour tout paysage la mer, les rochers dantesques, un dolmen et un cim etière voisin pour égayer le tout ! D'ailleurs la plage, si l'on fait foi aux habitants du pays, est hantée. » Il est vrai que les rapides changements de temps donnent aux îles diffé rents visages. Lors de tempêtes, les dolmens, pierr es philosophales et cimetières prennent un aspect fort impressionnant…
Pirates La mer fournissait des revenus illicites aux îliens . Pour les gens de l’archipel situé au croisement d e la plus grande route maritime d’Europe, la piraterie et la contrebande sont apparues comme des moyens faciles de e gagner leur vie. Sercq fut longtemps un repaire de bandits, jusqu’à sa conquête au XVI siècle. Les grottes dissimulées dans les côtes découpées de l’île serva ient de cachettes pour le butin. On peut encore y v oir la grotte des Boutiques, là où les habitants des îles faisaient leurs emplettes auprès des contrebandiers . Les navires capturés étaient consciencieusement pillés et dépouillés de tous leurs objets de valeur. Les m aisons de nombreux habitants de l’archipel possédaient des meubles et des coffres en bois exotiques, de la vaisselle fine, e de la faïence hollandaise ou de la porcelaine de la Compagnie des Indes. Au XIX siècle, pendant la guerre d’Indépendance américaine, la Révolution française puis l’Empire, le trafic a atteint son apogée !
Plaisance Plus de 200 km de côtes, 60 km de plages, c’est un bonheur pour les navigateurs de plaisance ! Les îliens sont avant tout un peuple de la mer, qui pêchait, se battait et commerçait par la mer. Lorsque les beaux jours arrivent, de nombreux plaisanciers européens viennent mouille r leurs voiliers dans les baies abritées des îles A nglo-Normandes, alors que les îliens se rendent sur les côtes du continent. Pourtant, la navigation dans ces eaux est à déconseiller aux craintifs et aux inexpérimentés. La visite des nombreux musées d’Histoire maritime et des épaves vous familiarisera avec l’histoire des habitants des îles de la Manche, dont les côtes ont été façonnées par la puissance de la mer. A l’exemple des rochers d’Hanois à Guernesey, surnommés par Victor Hugo « les assassins de la mer » , les falaises acérées aux ro chers meurtriers ont mis en péril de nombreux navires. Elles ont été le théâtre de nombreux naufrages, comme en témoignent leurs noms, tel le bien nommé Passage de la déroute entre la côte normande et Jersey. La pêche a conduit naturellement les îliens à se tourner ver s la e construction navale. Au XIX siècle, les chantiers d’Havelet et de Saint Sampson à Guernesey et ceux de la baie de Saint Aubin à Jersey étaient très réputés.
Pub (Public House)
Pub (Public House) - Enseigne de pub. ©BDLM – Iconotec La culture anglaise ayant pris le dessus sur les or igines normandes des îles, ce ne sont pas les cafés qui fleurissent à chaque coin de rue mais les pubs. Des pubs qui se remplissent du soir au matin d’une pop ulation hétéroclite venue pour boire un verre ou pour y man ger. Le meilleur moment pour y rencontrer les locau x est celui de l'after work. En fin d’après-midi, nombreux sont les banquiers assis au bar, la cravate un peu lâche et une pinte de bière à la main.
Rivalité La proximité géographique des îles Anglo-Normandes en fait de véritables sœurs ennemies. A commencer p ar e Jersey et Guernesey, que l’histoire a souvent séparés. Au XVI siècle, Jersey fut condamné pour avoir engagé des prêtres que le gouverneur de Guernesey venait d e renvoyer. En 1642, lorsque la guerre civile éclat a en er Angleterre, Guernesey prit le parti de Cromwell alo rs que Jersey resta fidèle au roi Charles I . Souvent, les hommes bannis de Jersey trouvaient refuge à Guernesey. Ce fut le cas de Victor Hugo, mais aussi avant lui de saint Patrick, le protecteur de l’Irlande. Une légende raconte que ce dernier, ayant été reçu par des jets de pierre à Jersey, s’était enfui à Guernesey. Pour remercier les habitants de leur accueil chaleureux, saint Pa trick leur proposa de les débarrasser de tous leurs animaux nuisibles. Il prit un grand sac, le remplit de serpents, de rats, de souris et de crapauds, et partit à Jersey où il déversa le contenu du sac aux 4 coins de l’île. Dep uis, les Jersiais sont surnommés crapauds. En contrepartie, les Guernesiais se font appeler ânes par leurs vois ins, en raison de leur caractère entêté. Chaque année, les îles entretiennent en toute cordialité cette inimitié autour de matchs de football amicaux lors de la Coupe Muratti (Muratti Vase). La petite île d’Aurigny, qui y participe aussi,
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