Histoire de la Bretagne et des Bretons t2. Des Lum

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Devenue française en 1532, la Bretagne n'a jamais cessé d'être elle-même. Son identité s'impose, par-delà les lieux communs, de la "Celtie" idéalisée des druides et des chevaliers du Graal, jusqu'à Bécassine.


Dans ce livre-somme, Joël Cornette, Breton et historien, retrace l'aventure mouvementée d'un territoire singulier, depuis ses plus lointaines origines jusqu'à l'aube du XXIe siècle.


Voici la Bretagne restituée, "en majesté": des menhirs de Carnac à la fin du dernier millénaire, en passant par les effervescences de 1789; de l'ère viking à la "révolution verte" de l'agriculture; de la grande à la petite histoire, avec la foule des Bretons anonymes mais aussi les personnages illustres, les ruptures fondatrices comme les révolutions silencieuses, vécues au quotidien.


Ce livre ne s'inscrit pas dans la lignée du nationalisme régional; il ne réduit pas non plus l'histoire de l'Armorique à un simple sous-ensemble de la "nation France".


À l'heure d'une Europe ouverte et plurielle, cette province si ancienne, passionnément bretonne et éminemment française, offre le modèle politique inédit d'une alliance apaisée entre région, nation et continent.



Publié le : mardi 25 mars 2014
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EAN13 : 9782021164817
Nombre de pages : 732
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Histoire de la Bretagne et des Bretons
TOME 2 Des Lumières auXXIesiècle
D U M Ê M E A U T E U R
Un révolutionnaire ordinaire. Benoît Lacombe, négociant (1759-1819) avant-propos d’Emmanuel Le Roy Ladurie Champ Vallon, 1986
Le Roi de guerre. Essai sur la souveraineté dans la France du Grand Siècle Payot, 1993 ; rééd. en éd. de poche, Payot, 2000
L’État classique (1652-1715). Regards sur la pensée politique de la France dans le secondxviiesiècle en codirection avec Henry Méchoulan Vrin, 1996
Chronique du règne de Louis XIV SEDES, 1997
La France de la monarchie absolue (1610-1715) (coordination et participation) Seuil / L’Histoire, 1997
La Mélancolie du pouvoir. Omer Talon et le procès de la raison d’État Fayard, 1998
Le Livre et le glaive. Chronique de la France auxviesiècle Armand Colin / SEDES, 1999
Versailles, le palais du roi Louis XIV Sélection du Reader’s Digest, 1999
Le XVIIesiècle. Histoire artistique de l’Europe sous la direction de Georges Duby et Michel Laclotte Seuil, 1999
Les Années cardinales. Chronique de la France (1599-1652) Armand Colin, 2000
La Monarchie entre Renaissance et Révolution. Histoire de la France politique, t. 2 (direction et participation) Seuil, 2000
Palais et pouvoir. De Constantinople à Versailles en codirection avec Marie-France Auzépy Saint-Denis, Presses universitaires de Vincennes, 2003
L’Affirmation de l’État absolu (1515-1652). Histoire de la France Hachette Supérieur, Carré Histoire, 4eéd. revue et augmentée, 2004
Absolutisme et Lumières (1652-1783). Histoire de la France Hachette Supérieur, Carré Histoire ; 4eéd. revue et augmentée, 2005
1515 et les grandes dates de l’histoire de France sous la direction d’Alain Corbin (participation) Seuil, 2005
J O Ë L C O R N E T T E
Histoire de la Bretagne et des Bretons
T O M E 2
Des Lumières auXXIesiècle
O U V R A G E P U B L I É AV E C L E C O N C O U R S D U C E N T R E N AT I O N A L D U L I V R E
ÉDITIONS DU SEUIL e 25, bd RomainRolland, Paris XIV
CE LIVRE EST PUBLIÉ DANS LA COLLECTION L’ UNI VE R S HI S T OR I QUE fondée par Michel Winock dirigée par Laurence Devillairs
Les cartes ont été réalisées par « Légendes Cartographie » 40 rue des Vignobles 78400 Chatou
isbn978-2-02-116480-0 (isbn: 2-02-054890-9)édition générale
©éditions du seuil, septembre2005
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QUATRI ÈME PARTI E
Lumières et Révolution
CHAPI TRE 37
La conspiration du marquis de Pontcallec (17181720)
A PRÈS LA MORT DE LOUIS XIV,la Bretagne engagea contre le pouvoir central, notamment par la voix et l’action de ses institutions pro-vinciales, une lutte pour la défense de ses « libertés ». Cette lutte se prolongea jusqu’à la Révolution. Elle prit la forme d’incessantes rivalités entre les états et le parlement bretons d’une part, entre les états et les agents du pouvoir monarchique d’autre part. Évoquant les intendants de Bretagne, Henri Fréville souligne que tous ces « commissaires départis », généralement étrangers à la province, ayant le plus souvent exercé d’importantes fonctions en d’autres régions du royaume antérieurement à leur arrivée à Rennes, ont été frappés par le particularisme affiché de la majorité des Bretons : ils y ont vu une volonté d’opposition à un gouvernement sans doute bien présent, voire impérieux, mais en réalité plus centralisateur qu’autoritaire1. Dans cet attachement pour les « libertés bretonnes », la noblesse joua un rôle de ferment et de moteur : animé par une vive conscience de caste et le désir de faire respecter le « contrat de la reine Anne », le deuxième ordre se méfie de toute « novelleté » émanant du gou-vernement, notamment administrative et fiscale. Cette réaction nobiliaire, contenue, on l’a vu, non sans peine au temps de Louis XIV, s’exprima avec éc lat sous la Régence (période toujours propice à l’expression de frustrations). Les états, dominés par la noblesse,
1. Henri Fréville,L’Intendance de Bretagne (1689-1790). Essai sur l’his-toire d’une intendance en pays d’états auXVIIIesiècle, Rennes, Éditions Plihon, t. I, 1953, p. 183.
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L U M I È R E S E T R É V O L U T I O N
profitèrent en effet de l’affaiblissement de la monarchie pour affir-mer leur rôle de défenseurs des droits de la province et pour lutter contre les prérogatives de l’intendance, en particulier en matière d’impôts. Cette affirmation des privilèges bretons alla même jus-qu’au complot et à la conspiration à laquelle le nom du marquis de Pontcallec est resté attaché. Les principales étapes de cette « conspi-ration » révèlent les champs de forces politiques en Bretagne à l’aube du siècle des Lumières.
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RÉUNIS À DINAN,DANS LÉGLISE DES CORDELIERS,le 15 décembre 1717, les états refusèrent de voter le don gratuit de 2 millions de livres exigé par le nouvel intendant, Paul-Esprit Feydeau de Brou, issu d’une vieille noblesse parlementaire, venu de la généralité d’Alençon, nommé en février 1716 : « Le parti de la noblesse est pris, écrit-il aussitôt au duc de Noailles, ayant fait consister leur honneur à résister et à refuser le don gratuit au commencement des états, voulant rentrer, disaient-ils, dans leurs privilèges2. » Cette résistance inattendue des états s’expliquait en partie par la diffusion d’un factum daté du 1erseptembre 1717 à Londres, écrit en fait par un gentilhomme breton, M. de Talhouët de Bona-mour. Il présentait un tableau noir de la situation financière de la province : 5 millions de livres de recettes normales, pour faire face à 9 millions de dépenses ordinaires. En conséquence, le budget ne pouvait être bouclé que par des emprunts ruineux et la dette se montait à 35 millions de livres. Le remède proposé paraissait simple : réduction du don gratuit, suppression de la capitation et du dixième et, pour obtenir tout cela, refus du vote du don gratuit et réclamation du respect des privilèges de la Bretagne, outrageuse-ment violés3Le 18 décembre, l’assemblée frondeuse était dissoute sur ordre du maréchal de Montesquiou, commandant en chef de la province
2. Lettre du 18 décembre 1717, citée par A. Le Moy,deLe Parlement Bretagne et le pouvoir royal auXVIIIesiècle, Angers, 1909, p. 109. 3. Cité par Edmond Durtelle de Saint-Sauveur,Histoire de Bretagne des origines à nos jours, Paris, Éditions Plon, t. II, 1936, p. 125.
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