Histoire des colonisations. Des conquêtes aux indé

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Pour la première fois, un historien présente et analyse l'ensemble des phénomènes de la colonisation depuis leur origine jusqu'à leur fin - voire leur survivance.


Marc Ferro traite de toutes les pratiques coloniales des Européens, russes y comprises, mais également de la colonisation arabe, turque, japonaise, pour établir leurs points communs, leurs différences. Le point de vue des ex-colonisés est présenté, et pas seulement la vision européo-centrique de l'histoire ou celle des vainqueurs - avec les silences des uns et des autres...


Mettant l'accent sur le nouveau type de sociétés et d'économies nées de cette expansion puis de ce repli, l'auteur montre enfin comment les mouvements d'indépendance ont eu leurs effets télescopés par la mondialisation de l'économie, et plus récemment par un phénomène qu'il appelle l'impérialisme multinational.


Publié le : mercredi 25 février 2015
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EAN13 : 9782021244793
Nombre de pages : non-communiqué
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Du même auteur
La Révolution de 1917 1. La chute du tsarisme et les origines d’Octobre 2. Octobre, naissance d’une société Eubier-Montaigne, 1967-1976, rééd. en un volume, Elbin Michel, 1997 La Grande Guerre (1914-1918) Gallimard, 1969 ; rééd., « Folio Histoire », 1990 L’Histoire de 1871 à 1971 (direction) Centre d’étude et de promotion de la lecture, 1971 De la Russie à l’URSS L’histoire de la Russie de 1850 à nos jours (avec René Girault) Nathan, 1974 Analyse de films, Analyse de sociétés Hachette, 1976 Cinéma et Histoire Denoël, 1977, rééd., Gallimard, « Folio Histoire », 1993 Les Révolutionnaires communistes à la conquête du pouvoir L’espoir d’un siècle (avec Jean Rous et Jean-Marcel Bichat) Romorantin, Martinsart, 1978 Des Soviets au communisme bureaucratique Les mécanismes d’une subversion Gallimard/Julliard, « Erchives », 1980 Comment on raconte l’histoire aux enfants à travers le monde entier Payot, 1981, rééd., « Petite Bibliothèque Payot », 1992, 2004 L’Occident devant la Révolution soviétique L’histoire et ses mythes Bruxelles, Éditions Complexe, 1981
Questions sur la Seconde Guerre mondiale Casterman, 1993 Bruxelles, Complexe, 2007 Suez, naissance d’un tiers-monde Bruxelles, Complexe, 1982 et nouv. éd., 2006 Film et Histoire (collectif) ÈHÈSS, 1984 L’Histoire sous surveillance Science et conscience de l’histoire Calmann-Lévy, 1985 ; rééd., Gallimard, « Folio Histoire », 1987 Pétain Fayard, 1987 Révoltes, Révolutions, Cinéma (collectif avec C. Delage et B. Fleury-Vilatte) Éd. Centre Pompidou, 1989 Dictionnaire de la Glasnost (co-direction avec Youri Efanassiev) Payot, 1989 Culture et Histoire (co-direction avec Sheila Fitzpatrick) ÈHÈSS, 1989 Histoires de Russie et d’ailleurs (avec Jules Chancel et Jean-François Sabouret) Balland, 1990 Les Origines de la Perestroïka Ramsay, 1990 Nicolas II Payot, 1990 et « Petite Bibliothèque Payot », 1991 L’Information en uniforme Ramsay, 1991 Chronologie universelle du monde contemporain (1801-1992) (direction)
Nathan, 1993 L’État de toutes les Russies Les États et les nations de l’ex-URSS (direction, avec la collaboration M.-H. Mandrillon) La Découverte, 1993 Revivre l’histoire (choix des lettres et présentation, en collaboration avec Claire Babin) L. Lévi, 1995 Naissance et effondrement du régime communiste en Russie LGF, « Le Livre de poche », 1997 Les Médias et l’Histoire (avec Jean Planchais) CFPJ, 1997 e Dix Leçons sur l’histoire du XX siècle Vigot, 1997 Les Sociétés malades du progrès Plon, 1998 Nazisme et Communisme Deux régimes dans le siècle Hachette Littératures, « Pluriel », 1999 Que transmettre à nos enfants ? (en collaboration avec Philippe Jeammet) Seuil, 2000 Histoire de France Odile Jacob, 2000 ; rééd., « Odile Jacob poche », 2003 Les Tabous de l’histoire Nil Éditions, 2002 et Pocket, « Presses Pocket », 2003 Cinéma, une vision de l’histoire Éd. du Chêne, 2003 Le Livre noir du colonialisme e e XVI -XXI siècle De l’extermination à la repentance (direction) Robert Laffont, 2003 ; rééd., « Pluriel », 2004
e Les Individus face aux crises du XX siècle L’histoire anonyme Odile Jacob, 2005 Russie, peuple et civilisation (co-direction avec M.-H. Mandrillon) La Découverte, 2005 Le Ressentiment dans l’histoire Comprendre notre temps Odile Jacob, 2007 Ils étaient sept hommes en guerre 1918-1945 Histoires parallèles Robert Laffont, 2007 e Le XX siècle expliqué à mon petit-fils Seuil, 2007 11 novembre 1918 Perrin, 2008 L’Ancien Régime raconté en famille Plon, 2008 Le Siècle de Luther et de Christophe Colomb raconté en famille Plon, 2008 Le mur de Berlin et la chute du communisme expliqués à ma petite-fille Seuil, 2009 De Gaulle expliqué aujourd’hui Seuil, 2010 Les Révolutions et Napoléon racontés en famille Plon, 2010 Le Retournement de l’histoire Robert Laffont, 2010 La Faucille et le Drapeau e Le XIX siècle Plon, 2011 Autobiographie intellectuelle
(avec G. Jorland) Perrin, 2011 Mes histoires parallèles Entretiens avec Isabelle Veyrat-Masson (avec I. Veyrat-Masson) Carnets Nord, 2011
La première édition de cet ouvrage
a paru dans la collection « L’Univers historique »
ISBN 978-2-02-124479-3
re (ISBN 2-02-018381-1, 1 publication)
© Éditions du Seuil, septembre 1994
Cet ouvrage a été numérisé en partenariat avec le Centre National du Livre.
Ce document numérique a été réalisé parNord Compo.
Ela mémoire de Jean Cohen avec qui, à Oran, aux temps deFraternité algérienne(1954-1956), nous nous interrogions sur le destin des colonisations.
A l’ami qui de la politique passa à la poétique, auteur, en 1966, d’un chef-d’œuvre,Structure du langage poétique.
Ouverture
Du temps des colonies, on présentait la vie en rose… Certes, le colon y travaillait dur : avant de partir, persécuté dans son propre pays, il était venu s’installer là où Dieu l’avait conduit ; il entendait y cultiver la terre, croître, s’y multiplier. Mais « il lui avait fallu se défendre contre les agresseurs, rebelles et autres salopards ». Qu’elle avait été grande sa gloire, et méritoire la souffrance d’être un conquérant ! Aujourd’hui, le ton a changé ; la mauvaise conscience a pris la relève. Cantonné à l’extrême gauche en France, chez les anciens libéraux outre-Manche, l’anticolonialisme occupe désormais tous les gradins. Peu de fausses notes. Devant le tribunal de l’Histoire passent en jugement, chacun leur tour, les horribles forfaits de la traite, le bilan tragique du travail forcé, que sais-je ? Bilan de la présence française ou hollandaise, ou anglaise, il n’est pas une orange qui ne fût souillée, une olive surie. Ainsi, pour une ultime exigence d’orgueil, la mémoire historique européenne s’est assuré un dernier privilège, celui de parler en noir de ses propres méfaits, de les évaluer elle-même, avec une intransigeance inégalée. Pourtant, cette audace fait problème. Lorsque la tradition anticolonialiste affirme que, s’il n’y eut pas de pousse-pousse à l’Exposition de 1931, ce fut « grâce » à l’action de laLigue des droits de l’homme, je m’interroge. Quelques années plus tôt, à la Foire de Marseille, les Annamites n’avaient-ils pas fait le serment de ne pas y jouer les coolies « et que, si on les y obligeait, ils flanqueraient le feu au Parc des Expositions » ? Bref, ces Annamites, ces Noirs, ces Arabes, ils ont joué un rôle aussi. Il convient de leur donner la parole, car, s’ils se souviennent des forfaits qu’on a dits, ils se rappellent aussi avec émotion leur instituteur et leur toubib, la malaria et les Pères Blancs. Car la colonisation, ce fut cela aussi. De même la lutte pour l’indépendance ne fut pas seulement une « décolonisation ». Traditionnellement, en effet, les histoires de la colonisation expriment les différents points de vue de la métropole. Comme l’estimait déjà Frantz Fanon, « parce qu’elle est le prolongement de cette métropole, l’Histoire que le colon a écrite n’est pas celle du pays dépouillé mais l’Histoire de sa propre nation ». Or, nous voudrions adopter ici un dispositif différent. D’abord, il semble nécessaire, en effet, de prendre en compte le passé de ces sociétés, car le rapport entre colonisateurs et colonisés en a largement dépendu. On ne juge plus, aujourd’hui, comme on le faisait hier, que ces peuples n’ont pas eu d’Histoire ; on ne parle plus de « siècles obscurs », mais plutôt de « siècles opaques » (Lucette Valensi), parce que inintelligibles à ceux qui entraient en rapport avec eux.
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