Inde du Sud 5 - Andhra Pradesh

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Publié le : jeudi 13 février 2014
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EAN13 : 9782816144048
Nombre de pages : 170
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Andhra Pradesh

Dans ce chapitre

Hyderabad

Nagarjunakonda

Warangal

Environs de Warangal

Visakhapatnam (Vizag)

Environs de Visakhapatnam

Vijayawada

Environs de Vijayawada

Tirumala et Tirupathi

Environs de Tirumala et de Tirupathi

Le top des restaurants

Les trésors cachés

Pourquoi y aller

L’Andhra Pradesh ne vante pas ses charmes comme le Rajasthan ou le Tamil Nadu. On est parfois seul à déambuler dans les luxueux palais, les tombes et les mosquées des anciennes familles royales d’Hyderabad, comme dans les ruines de monastères qui accueillaient autrefois des moines de l’Asie entière. Pour peu que vous ne croisiez personne et que le site soit isolé – souvent dans l’Andhra –, vous croiriez presque l’avoir découvert.

Voyager dans cette terre d’histoire méconnue, c’est pénétrer au cœur des marchés multiséculaires et des rizières, partir à la chasse aux trésors, escalader d’immenses collines et sentir le vent libérateur de l’inattendu qui souffle dans les contrées reculées.

Quand partir

Hyderabad

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Déc-jan La température (20-25°C) est idéale pour découvrir les monuments d’Hyderabad.

Juin-juil Partagez avec les habitants le haleem, l’un des plats favoris du ramzan (ramadan).

Juin-sept La mousson complique les trajets, mais les conditions sont idéales pour surfer à Vizag.

ACCÈS PRINCIPAUX

Aéroport international de Rajiv Gandhi, gares de Nampally, de Secunderabad et gare routière Mahatma Gandhi (Imlibun) sont les principaux points d’accès à Hyderabad.

Chaque mois, des ferrys partent de Visakhapatnam vers Port Blair, dans les îles Andaman.

En bref

  • Population : 84,7 millions
  • Superficie : 276 754 km2
  • Capitale : Hyderabad
  • Langues principales :
    télougou, ourdu, hindi
  • Prix des hébergements :

    $ moins de 1 000,
    $$ de 1 000 à 3 000,
    $$$ plus de 3 000

Nos conseils

Si le thé gagne du terrain, le café reste la boisson traditionnelle de l’Andhra. Préférez, si possible, le café filtre au chai.

Sites Internet

  • APTDC ( www.aptdc.in)
  • Deccan Chronicle ( www.deccanchronicle.com )
  • Full Hyderabad ( www.fullhyderabad.com )
  • Zomato ( www.zomato.com )

Saveurs

Hyderabad est réputée pour son amour de la bonne chère et ses habitants sont fiers de leurs spécialités. La cuisine de l’Andhra Pradesh est marquée par deux influences majeures : celle des Moghols, avec les biryani (riz cuit au four avec légumes, viande, épices et noix), le haleem (blé concassé épicé avec de la chèvre ou du mouton) et les kebabs ; et celle des Andhra, dont les mets végétariens, très épicés, sont renommés dans tout le pays. Si vous voyagez à Hyderabad durant le ramadan (ou ramzan), repérez les fours d’argile appelés bhatti. Vous les entendrez sans doute avant de les voir : des hommes se rassemblent autour des bhatti et écrasent au pilon le haleem dans des mortiers. À la nuit tombée, la cuisson est achevée et le festin commence. En 2010, une “indication géographique protégée” a été déposée, officialisant la passion que suscite le “haleem hyderabadi”. On ne peut servir ce plat qu’à condition de respecter un mode de préparation strict.

LES INCONTOURNABLES

On vient généralement dans cette région pour l’architecture somptueuse des royaumes d’Hyderabad – en place du XVIe siècle jusqu’à l’indépendance de l’Inde en 1947. Les constructions de la dynastie des Qutb Shahi – Charminar, le fort de Golconde et leurs opulentes sépultures, les tombeaux des Qutb Shahi – sont magistrales. Hyderabad resplendit du faste des nizam, dont témoignent notamment le palais de Chowmahalla, le Nizam’s Museum et le palais de Falaknuma, aujourd’hui transformé en hôtel époustouflant. La quiétude qui imprègne les vestiges des monastères de Nagarjunakonda, de Guntipalli et de Sankaram témoigne, elle, de l’influence du Bouddha, bien antérieure à celle des princes fortunés.

Le top des fêtes et des festivals

  • Sankrantih(jan, dans tout l’État). Cette importante fête télougou, qui marque la fin de la moisson, s’accompagne de compétitions de cerfs-volants ; les femmes décorent le pas de leur porte de kolam (ou rangoli) colorés ; les hommes peignent les cornes de leur bétail et le parent de clochettes.
  • BrahmotsavamhCliquez iciPujadarshan
  • Muharramh(oct/nov ; Hyderabad, Cliquez ici). Commémoration du martyre du petit-fils de Mahomet. Les shiites endeuillés s’habillent de noir et affluent au Badshahi Ashurkhana.
  • Visakha Utsavh(déc/jan, Visakhapatnam, Cliquez ici). Grande fête de Visakhapatnam (Vizag), avec des danses classiques et folkloriques et des concerts ; certaines manifestations ont lieu sur la plage.
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À ne pas manquer

1Les palais et édifices royaux d’Hyderabad, entre jardins d’agrément et poésie (Cliquez ici)

2Les ruelles chargées d’histoire et de couleurs du Laad Bazaar (Cliquez ici)

3L’atmosphère mystique insufflée par des siècles de méditation à Sankaram (Cliquez ici), à Bavikonda (Cliquez ici), à Thotlakonda (Cliquez ici) et à Guntupalli (Cliquez ici), étapes d’un parcours monastique de 2 300 ans

4La dévotion saisissante des milliers de pèlerins hindous affluant à Tirumala (Cliquez ici)

5Le voyage en train jusqu’à Araku (Cliquez ici), à travers les splenides paysages des Ghats orientaux

6L’enchevêtrement hypnotique des motifs et des couleurs des kalamkari de Sri Kalahasti (Cliquez ici)

7La diversité culturelle de l’Andhra exposée dans les musées ethniques d’Hyderabad (Cliquez ici) et d’Araku (Cliquez ici)

Histoire

Les souverains Satavahana (également appelés Andhra) régnèrent sur le plateau du Deccan à partir du IIIe siècle av. J.-C. Ils étaient les descendants des Andhra, peuple dravidien dont la présence dans le sud de l’Inde remonterait à 1000 av. J.-C. Le bouddhisme s’enracina très tôt dans la région. Les Andhra l’adoptèrent, construisant d’imposants édifices en son honneur ; au cours des siècles qui suivirent, ils développèrent une civilisation prospère, qui s’étendit à travers l’Inde du Sud, de la côte ouest à la côte est.

Du VIIe au Xe siècle, la région fut dominée par les Chalukya, dont l’architecture de style dravidien s’épanouit notamment le long du littoral. Les dynasties Chalukya et Chola se fondirent au XIe siècle, avant d’être renversées par les Kakatiya, qui introduisirent les temples à colonnes dans l’architecture religieuse de l’Inde du Sud. Par la suite, les Vijayanagar prirent de l’importance et finirent par fonder l’un des empires les plus puissants de l’Inde.

Au XVIe siècle, la dynastie musulmane des Qutb Shahi s’empara de la cité d’Hyderabad ; elle en fut chassée en 1687 par l’empire moghol d’Aurangzeb. Les souverains postmoghols d’Hyderabad, appelés nizam, conservèrent une suprématie relative au XVIIIe siècle. Puis leur pouvoir s’affaiblit progressivement, alors que les Britanniques et les Français rivalisaient pour contrôler le commerce. La région intégra à contrecœur l’Inde indépendante en 1947. L’État de l’Andhra Pradesh, réunion de régions de langue télougou et d’une capitale majoritairement ourdou, fut créé en 1956.

Le 30 juillet 2013, le gouvernement central, dirigé par le Parti du Congrès, a acté la partition de l’Andhra Pradesh en deux États. Le Télangana est ainsi devenu le 29e État de l’Union, avec Hyderabad comme capitale commune aux deux états : Andhra Pradesh et Télangana.

Hyderabad

%040 / 6,81 MILLIONS D’HABITANTS

Hyderabad, la cité des Perles, a des airs de vieille princesse parée de bijoux inestimables, mais à l’éclat terni. Jadis la capitale des puissantes et riches dynasties des Qutb Shahi et des Asaf Jahi, la ville a connu plusieurs siècles de grande prospérité et d’innovation. La “vieille ville” a conservé une remarquable concentration de monuments islamiques séculaires et d’autres merveilles encore plus anciennes. La ville est émaillée de joyaux architecturaux – tombeaux ornés, mosquées, palais et demeures d’antan – tantôt patinés et enchanteurs, tantôt restaurés et étincelants.

Les années 1990 virent l’ascension du quartier ouest d’Hyderabad. “Cyberabad”, aux côtés de Bangalore et de Pune, constitue le siège d’un empire informatique indien. Nouvelles cuisines et lounges huppés apparurent alors, dans le sillon de cet essor.

Au nord de l’Hussain Sagar, Secunderabad recouvre l’ancien cantonnement britannique. Son immense gare ferroviaire attire désormais les voyageurs.

La circulation difficile rend les distances même les plus courtes longues à parcourir.

Histoire

Hyderabad doit son existence à une pénurie d’eau à Golconde, à la fin du XVIe siècle. Mohammed Quli, de la dynastie des Qutb Shahi, et la famille royale durent en effet abandonner le fort de Golconde pour s’installer sur les rives de la Musi. Là, ils fondèrent Hyderabad et firent construire le Charminar en son centre.

L’empereur moghol Aurangzeb s’empara de la cité en 1687. Dès lors, Hyderabad fut dirigée par des vice-rois, nommés par l’administration moghole de Delhi.

En 1724, le vice-roi Asaf Jah profita du déclin de la puissance moghole pour déclarer l’indépendance d’Hyderabad et en faire son propre État. Ce fut le début de la dynastie des nizam d’Hyderabad, sous laquelle s’épanouirent les traditions musulmanes. La ville favorisa les arts, la culture et l’enseignement, et devint le centre de l’Inde musulmane. L’abondance de pierres et de minerais précieux – le fameux Koh-i-Nor des joyaux de la Couronne britannique provient de la région – rapporta en outre aux nizam des richesses considérables. Le Moghol blanc (Noir sur Blanc, 2005), de William Dalrymple, brosse un portrait fascinant de la ville à cette époque.

Lors de l’Indépendance, en 1947, le nizam Osman Ali Khan envisagea le rattachement au Pakistan, avant d’opter pour la souveraineté. Les tensions entre musulmans et hindous s’accrurent. Après l’intervention de l’armée, Hyderabad finit par rejoindre l’Union indienne en 1948.

La ville est toujours en proie aux tensions. En comptant ceux de la Mecca Masjid, les attentats firent 55 morts en 2007. Fin 2012, le projet d’extension d’un temple hindou à proximité du Charminar – monument musulman iconique d’Hyderabad – provoqua des protestations causant plusieurs blessés, des feux de voitures et un blocus policier de la vieille ville pendant plusieurs jours. En 2013, deux bombes explosèrent dans des zones commerçantes, tuant 16 commerçants et usagers des transports.

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1À voir

oCharminar

MONUMENT, MARCHÉ

Plan offlineGoogleMaps

(carte Cliquez ici ; Indien/étranger 5/100 ;h9h-17h). Le principal monument d’Hyderabad fut édifié par Mohammed Quli Qutb Shah en 1591 pour célébrer la fondation de la ville et la fin des épidémies causées par la pénurie d’eau à Golconde. Haute de 56 m, cette structure raffinée, à quatre colonnes surmontées de minarets, comporte quatre arches orientées vers les différents points cardinaux. Le deuxième étage, qui abrite la plus ancienne mosquée d’Hyderabad, ainsi que le haut des colonnes sont fermés au public. Le monument est illuminé entre 19h et 21h.

Avec ses trottoirs débordant de parfums, d’ustensiles de cuisine et de noix de coco, les ruelles engorgées des environs du Charminar – quartier lui-même dénommé Charminar – constituent l’endroit parfait pour s’égarer. Les plus débrouillards dénicheront peut-être le marché aux oiseaux et les ateliers où le varakh (feuille d’argent) est écrasé pour confectionner certaines confiseries. À l’ouest du monument, le Laad Bazaar (carte Cliquez ici) est célèbre dans toute l’Inde du Sud pour ses saris de mariage et ses bijoux. Le quartier est aussi le carrefour du marché de la perle en Inde et les connaisseurs y feront d’excellentes affaires.

L’ÉTAT AU BON KARMA

Avec sa discrétion habituelle, l’Andhra Pradesh s’abstient de promouvoir sa richesse archéologique et spirituelle. Pourtant, l’État offre une concentration d’impressionnants vestiges de son riche passé bouddhique. Seuls quelques-uns de ses 150 stupas, monastères, grottes et autres sites ont été fouillés, mais ils ont permis de mettre au jour de rares reliques du Bouddha accompagnées d’offrandes, telles des fleurs dorées.

Ces vestiges remontent à l’époque où l’Andhra Pradesh – ou Andhradesa – était un foyer d’activité bouddhique. Des moines du monde entier affluaient pour apprendre des plus célèbres maîtres et les moines indiens descendaient les fleuves Krishna et Godavari vers le Sri Lanka et l’Asie du Sud-Est pour diffuser les enseignements du Bouddha.

La civilisation bouddhique de l’Andhradesa, soutenue par la sangha (communauté de moines et de nonnes), les laïcs et les hommes d’État, se perpétua durant environ 1 500 ans à partir du VIe siècle av. J.-C. Certains affirment que le Bouddha lui-même serait venu dans la région, mais il n’existe aucune preuve historique de sa visite.

Les premiers bouddhistes de l’Andhradesa furent sans doute des disciples de Bavari, un ascète qui vivait sur les rives de la Godaravi et qui envoya ses fidèles au nord pour en rapporter les enseignements du Bouddha. Le dharma (loi universelle régissant l’ordre du monde, ou ensemble des enseignements du Bouddha) ne commença toutefois à se développer qu’au IIIe siècle av. J.-C., sous Ashoka. Celui-ci expédia des moines dans tout son empire, pour convertir les habitants et construire des stupas destinés à renfermer des reliques du Bouddha (leur proximité devait aider les fidèles à progresser sur le chemin de l’Éveil).

Après Ashoka, les Satavahana puis les Ikshvaku soutinrent également le bouddhisme. À Amaravathi, leur capitale, les Satavahana ajoutèrent d’élégants ornements au modeste stupa d’Ashoka. Ils construisirent des monastères dans la vallée de la Krishna et exportèrent le dharma grâce à leur important réseau maritime.

C’est aussi durant le règne des Satavahana que vécut Nagarjuna. Considéré par beaucoup comme le père du bouddhisme mahayana, ce moine éminent pratiquait à la fois la logique, la philosophie et la méditation. Il écrivit plusieurs ouvrages majeurs qui façonnèrent la pensée bouddhiste de son époque. Au cours des siècles suivants, la région vit naître d’autres moines philosophes qui firent de l’Andhradesa une sorte de patrie bouddhique du Sud.

Aujourd’hui, on peut explorer nombre de sites de cet État ; même en ruine, on visualise les imposants stupas, les ensembles monastiques tentaculaires, on saisit la vie des moines, dormant dans des grottes et recueillant l’eau de pluie dans des citernes de pierre. Les paysages marins ou agrestes de ces lieux sont souvent d’une impressionnante beauté.

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