Jersey 2013 Petit Futé

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Les Country Guides du Petit Futé sont des guides pour tous les voyageurs. Ils proposent une synthèse équilibrée d'informations pratiques et culturelles et sont conçus pour que les lecteurs puissent effectuer le voyage qui leur convient, seuls ou en groupe.
Publié le : dimanche 23 septembre 2012
Lecture(s) : 47
EAN13 : 9782746965621
Nombre de pages : 205
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couverture
Table des matières

INVITATION AU VOYAGE

Sai l'beinv'nu !

Fiche technique

DÉCOUVERTE DES ILES ANGLO-NORMANDES

Les îles en 20 mots-clés

Survol des îles

Histoire

Politique et économie

Population et langues

Mode de vie

Arts et culture

Festivités

Cuisine locale

Jeux, loisirs et sports

Enfants du pays

JERSEY

SAINT-HELIER

SAINT-LAWRENCE

SAINT-BRELADE

SAINT-PETER

SAINT-OUEN

SAINT-MARY

SAINT-JOHN

TRINITY

SAINT-MARTIN

SAINT-SAVIOUR

GROUVILLE

SAINT-CLEMENT

LES ÉCREHOUS ET LES MINQUIERS

LES ÉCRÉHOUS

LES MINQUIERS

ORGANISER SON SÉJOUR

Pense futé

S'informer

Comment partir ?

Rester

Galerie photos

Galerie cartes

INVITATION AU VOYAGE

INVITATION AU VOYAGE - Les îles Anglo-Normandes

© Petit Futé

Sai l'beinv'nu !

Les Français ont souvent tendance à oublier les îles Anglo-Normandes, ces petits bouts d’Angleterre à quelques brasses de nos côtes. Pourtant, chacune d’entre elles est une destination à part entière, dépaysante et proche à la fois. Toutes ont en commun le charme des côtes bretonnes, le calme de la campagne normande et un mode de vie très british. Mais aucune ne se ressemble vraiment. Jersey, la plus étendue, offre logiquement la plus grande variété de paysages et d’activités. Les amateurs de sports nautiques pourront y surfer ou y faire du char à voile le long de ses immenses plages. Il n’est pas rare de se perdre dans d’étroits chemins ruraux. Des événements culturels sont organisés en permanence. Et Saint-Hélier sera apprécié pour ses pubs animés et chaleureux et ses rues commerçantes aux vitrines alléchantes. Mais le plus agréable dans ces îles est peut-être ce plaisir que l’on a à saluer, par un simple sourire, les gens que l’on rencontre en chemin et l'ambiance conviviale qui y règne en permanence.

Fiche technique
Argent

Monnaie

La livre sterling. Jersey et Guernesey frappent leur propre monnaie (la livre jersiaise et la livre guernesiaise) en parité avec la monnaie anglaise. La monnaie anglaise est acceptée librement.

£1 = 1,24 € • 1 € = £0,81 • £1 = 1,47 CHF (franc suisse) • 1 CHF = £0,68 • £1 = 1,60 CAN$ (dollars canadiens) • 1 CAN$ = £0,62 (avril 2012).

Une livre comprend 100 pence. Il existe des pièces de 1, 2, 5, 10, 20, 50 penceet 1 livre. Les billets suivent le même principe que ceux de l'Angleterre, mais contrairement à la Grande-Bretagne, Jersey et Guernesey éditent encore des billets de 1 livre.

Idées de budget

Le coût de la vie est, en général, équivalent à celui de la Grande-Bretagne. Cependant, les produits frais et d’usage sont plus chers que sur le continent. Autrement dit, la vie est chère sur les îles. Ces budgets s’entendent par personne pour un séjour de trois jours.

Petit budget : 120 € comprenant la traversée en bateau, la visite d’une seule île, nuits en camping ou auberge de jeunesse à Jersey, repas simples, transport en bus ou/et location d’un vélo. Dans cette gamme de budget, comptez au moins 35 € par jour.

Budget moyen : 400 € comprenant une traversée en bateau, la visite de deux îles, nuitées en hôtel classique, visite de musées, location d’une voiture, repas dans des restaurants de moyenne gamme. Dans cette gamme de budget, comptez 90-100 € par jour.

Gros budget : avec 600 €, vous pourrez profiter de toutes les opportunités possibles offertes par les îles – voyage en avion, visite de plusieurs îles, hôtels de bon standing, location d’une voiture, trajets en taxi, repas dans des restaurants réputés, visite de musées, promenades organisées en compagnie d’un guide. Dans cette gamme de budget, comptez 200 € par jour.

Les îles en bref

Les îles en bref

Un millier d’îles, d’îlots et de récifs sont dispersés dans la vaste baie que dessinent les côtes normandes et bretonnes. Certains émergent au gré des marées et ne servent qu’au repos des oiseaux. Les 5 îles principales se situent entre 20 et 50 km des côtes françaises et à plus de 100 km des côtes anglaises.

Superficies. Jersey : 116 km², Guernesey : 78 km², Aurigny (Alderney) : 8 km², Sercq (Sark) : 5,5 km², Herm : 1,7 km².

Langue officielle : anglais.

Capitales. Saint-Hélier à Jersey (32 000 habitants), Saint Peter Port à Guernesey (16 000 habitants).

Religions : anglicans, protestants et une minorité de catholiques.

Régime politique : les îles possèdent un gouvernement autonome. Elles font partie de la Grande-Bretagne, mais pas du Royaume-Uni. Elles sont divisées en 2 bailliages, celui de Jersey et celui de Guernesey. Le pouvoir appartient à des Parlements élus au suffrage universel. La défense et la politique étrangère sont du ressort du gouvernement de Westminster.

Population totale : 166 000 habitants environ.

Jersey : 97 857 habitants.

Guernesey : 65 345 habitants.

Aurigny : 2 401 habitants.

Sercq : 610 habitants.

Herm : 60 habitants.

Téléphone

Indicatifs internationaux. A partir de la France, de la Belgique ou de la Suisse, faites précéder le numéro de votre correspondant par 00 44 1534 pour Jersey, 00 44 1481 pour Guernesey, Sercq, Aurigny et Herm.

Pour appeler des îles vers la France : 00 33, la Suisse : 00 41, la Belgique : 00 32.

Du bailliage de Jersey vers celui de Guernesey : 01481.

Du bailliage de Guernesey vers celui de Jersey : 01534.

Renseignements internationaux : 155

Renseignements téléphoniques : 192

Décalage horaire

Lorsqu’il est midi à Jersey, il est 13h à Paris. Dans les îles, en été comme en hiver, le décalage est toujours d’une heure par rapport à la France.

Formalités

Un passeport ou une carte nationale d'identité (pour les ressortissants de l'Union européenne) en cours de validité est nécessaire. Si vous effectuez une traversée en ferry avec un véhicule, vous devez être en mesure de présenter un permis de conduire national, une carte grise, une carte verte.

Climat

Grâce au climat océanique, les écarts de température entre été et hiver sont peu importants. L’ensoleillement avoisine les 2 000 heures par an, soit plus de 8 heures par jour en été. La présence du Gulf Stream réchauffe les eaux, qui atteignent 19 °C sur la côte en été. Attention cependant, les nuits sont souvent fraîches, même à la belle saison.

Saisonnalité

La haute saison commence en mai et se termine en septembre.

Les drapeaux des îles

Les drapeaux des îles sont présents un peu partout. Symboles des lieux, ils flottent sur les bâtiments officiels, représentent les îles à l’étranger ou sur les autres îles britanniques. Ils sont fièrement hissés à l'occasion des Island Games ou des jeux du Commonwealth, figurent sur les timbres et les cartes postales. Bref, ils véhiculent l’identité propre de chacune des îles.

Jersey

C’est l'unique drapeau des îles à arborer la croix rouge de saint Patrick (et non de saint Georges) sur un champ blanc. Il existe depuis bien longtemps, mais ne fut considéré comme officiel qu’en 1979. Dans le triangle du haut, figure l’écusson de Jersey (fond rouge, 3 lions d’or), surmonté de la couronne anglaise, celle des Plantagenêt. La croix rouge vient du drapeau des Fitzgerald, adopté par le royaume d’Irlande, puis par les chevaliers de saint Patrick, avant d’être intégré à l’Union Jack. C’est au XVIIIe siècle qu’elle aurait été associée à Jersey.

Guernesey

Champ blanc et croix de saint Georges rouge. Cette croix est surmontée par une autre dorée à 4 branches égales élargies. Cette dernière appartient à Guillaume le Conquérant. Le drapeau ne fut curieusement officialisé qu’en 1985, lors de la commémoration des 40 ans de la libération de l’île.

DÉCOUVERTE DES ILES ANGLO-NORMANDES
Les îles en 20 mots-clés
Anglo-Normand

Jusqu’au début du XXe siècle, les îles étaient des territoires de langue française. Deux dialectes dérivés du français s’y côtoient. Le jèrriais et le guernesiais sont des dérivés du vieux parler normand, qui n’est transmis que par tradition orale. Aujourd’hui, ils sont parlés par moins de 2 % de la population et compris par 15 %. Certains parlent encore ces dialectes en Gaspésie au Québec. Certains îliens se sont regroupés en société pour la défense de la langue. Malgré la prédominance de la culture anglaise dans les îles, les habitants ne se considèrent pourtant pas comme des Anglais mais comme des Normands. Lorsqu’ils racontent l’histoire de la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant, ils aiment préciser que ce sont « eux » qui ont conquis l’Angleterre. Lorsqu’il y a un toast, la tradition veut que celui-ci soit porté au duc de Normandie et non pas à la reine d’Angleterre.

Aviron

L’espace sur terre étant plutôt limité, la mer est le principal terrain de jeux des habitants de l’archipel. Dès que les beaux jours arrivent, les bateaux et les rames sont de sortie et les courses se succèdent. Les participants s’affrontent dans des compétitions interîles, autour des îles ou encore entre les îles et la côte normande. Certains rament à bord de doris, de lourdes embarcations en bois autrefois utilisées par les pêcheurs locaux pour attraper la morue au large de Terre-Neuve.

Branchage

En juillet et en septembre, ont lieu les inspections semestrielles appelées « les visites du branchage » . A cette occasion, vous pourrez croiser, lors d'une promenade, un groupe d'hommes méticuleux, des responsables de la paroisse tenus de mesurer avec soin la hauteur des branches depuis le sol. Ils doivent s’assurer qu’aucune branche ne se trouve à moins de 8 pieds (2,50 m) d’un trottoir et à moins de 12 pieds (3,65 m) d’une route. En cas de non-respect de la loi, le propriétaire fautif est officiellement condamné à payer une amende de 50 p. En raison d’une augmentation de ce phénomène, l’amende peut désormais atteindre £500.

Clameur de haro (lé cliâme dé haro)

L’indépendance des îles leur permet de conserver leur jurisprudence et leurs lois séculaires. Parmi celles-ci, une tradition ancienne de l’île, importée de Normandie, accorde le droit à toute personne qui se considère victime d’un préjudice foncier, de se rendre à l’endroit supposé du délit, nu-tête et en présence de 2 témoins, et de prononcer ces paroles : « Haro, Haro, à l'aide mon Prince, on me fait tort. »

Dès que l’appel a été lancé, la personne supposée délictueuse doit immédiatement interrompre son action jusqu’à ce que la Cour royale de l’île statue sur l’affaire. L’expression « Haro » viendrait de la contraction d’O Rollo, le premier duc de Normandie au Xe siècle. Aujourd’hui, l’appel s’adresse à la reine d’Angleterre. Bien que cette procédure soit rarement utilisée à Jersey, elle est encore d’usage courant dans les plus petites îles, comme à Aurigny.

Détaxe

Même si les îles ne sont pas une zone franche, il n'y a pas de TVA et chaque île établit sa propre législation. Les produits de luxe sont donc souvent proposés à des prix intéressants. Vous trouverez un choix considérable d’alcools, que les îliens, à la fibre commerciale, proposent même « à la tirette » , pour un meilleur prix ! Mais attention, cigarettes, parfums et cosmétiques ne sont pas toujours meilleur marché qu’en France. Certains touristes, plus particulièrement des Anglais, n’hésitent pas à faire un aller-retour rapide dans la journée pour profiter des magasins duty free sur le bateau, surtout au moment des fêtes de Noël. Grâce à la situation particulière de Jersey et de Guernesey et à leur réputation de havre fiscal, les îles sont devenues des centres financiers off shore. Des banques du monde entier s’y implantent pour profiter des conditions légales favorables. Les riches particuliers y trouvent aussi leur compte puisque les impôts sur les revenus sont peu élevés et limités à 20 % ; il n’existe pas d’impôts de succession sur les gains de capital ni de TVA. Lors du retour, la franchise douanière en France est de £115. Ceux qui dépassent cette limite doivent acquitter la TVA.

Fleurs

Fleurs - Champ de narcisses.

© BDLM – Iconotec

Les îliens entretiennent une véritable passion pour le jardinage et chaque coin de verdure des îles est fleuri. Le climat très doux permet d’ailleurs aux fleurs de pousser toute l’année, mais c’est au printemps que les îles resplendissent des couleurs les plus chatoyantes. A son arrivée à Guernesey avec Victor Hugo, sa fille Adèle écrivit : « C'est un jardin en fleurs baigné par la mer, c'est un bouquet trempé par la mer, c'est un bouquet trempé par l'océan qui a le parfum de la rose et l'amertume de la vague. » L’horticulture est devenue l’un des moteurs de l’économie îlienne. Ainsi, Guernesey exporte près d’un million de caisses de fleurs coupées chaque année, dont les deux tiers sont des freesias vendus au Royaume-Uni : 10 % des fleurs vendues sur le marché anglais proviennent de Guernesey.

Fortifications

Au cours de leur histoire millénaire, les îles de la Manche ont dû faire face à des envahisseurs bien plus dangereux que les pacifiques touristes d’aujourd’hui. L’histoire mouvementée de la région a justifié la construction intensive, et à toutes les époques, d’édifices militaires chargés de protéger la population contre les ennemis. L’histoire de l’archipel se lit dans les fortifications médiévales qui protégeaient les îliens des attaques des Vikings, lesquels ravageaient les côtes normandes et anglaises au IXe siècle.

Au XVIe siècle, les îles sont devenues une ligne de défense contre le continent, ennemi de l’Angleterre. Mais la menace résidant surtout dans la présence des Français à proximité, les îles renforcèrent leur dispositif de défense en construisant les tours Martello, au début du XIXe siècle. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, ce furent les Allemands qui cherchèrent à construire le mur de l’Atlantique, dont les îles devaient former un avant-poste indestructible.

Granit

Tout comme en Bretagne, le granit est ici visible et utilisé partout. Les dolmens et les menhirs, les murs qui bordent les chemins ruraux, les maisons anciennes, les grosses bornes à l’entrée des routes, sont autant d’exemple de son utilisation à travers les âges. Les îliens aiment à préciser que le granit est rose à Jersey et gris à Guernesey.

Joaillerie

Jersey et Guernesey se sont taillé une réputation solide en matière de confection de bijoux. De nombreux artistes et artisans basés sur ces deux îles imaginent de superbes bagues et colliers de luxe ou plus classiques, élégamment présentés dans les magasins chics des rues commerçantes de Saint Peter et Saint-Hélier. A Jersey, l’atelier de joaillerie le plus célèbre est celui de Catherine Best. Jersey Goldsmiths s’est spécialisé quant à lui dans le bijou en or. Ces deux îles importent également chaque année plusieurs centaines de tonnes d’huîtres perlières d’Asie (Chine essentiellement). L’entreprise Jersey Pearl propose ainsi à ses visiteurs, pour un prix modique, de choisir dans un bac une huître perlière et de l’ouvrir afin d’y découvrir soi-même le précieux trésor.

Laine

L’utilisation du mot « jersey » pour désigner un pull tricoté trouve son origine dans l’association qu’entretiennent les îles, depuis quelque 400 ans, avec l’industrie du tricot. Les chandails traditionnels de pêcheurs y sont toujours confectionnés. Les îles importent la laine d’Angleterre et y exportent des vêtements tricotés, des bas et des chaussettes. Cet artisanat, auquel toute la population participait au détriment des travaux des champs, a pris une ampleur telle que les Etats de Jersey ont interdit, en 1606, le tricotage pendant les moissons et durant la période de récolte du varech, utilisé pour la cuisine et le chauffage. Les chandails de Guernesey sont portés par les équipages des bateaux de sauvetage opérant le long des côtes. Ils sont traditionnellement tricotés avec de la grosse laine bleu marine et n’ont pas de motifs. Plus fins, les pulls de Jersey sont fabriqués en diverses couleurs.

New Jersey

L’Etat du New Jersey aux Etats-Unis tient son nom de la petite île de la Manche. Pendant la guerre civile anglaise, le roi Charles II se réfugia à Jersey. La loyauté de l’île fut récompensée par le don de l’île de Smith et de quelques îlots environnants, au large de la Virginie, à son gouverneur, Sir George de Carteret, lequel rebaptisa cette île New Jersey.

Occultisme

Jadis, les îles Anglo-Normandes étaient un foyer de magie et de sorcellerie. A Guernesey, les légendes de l’île sont consignées dans 2 livres de sorcellerie originaux : Le Grand Albert et Le Petit Albert, ouvrages toujours gardés sous les verrous, à l’abri des regards indiscrets. La légende raconte qu’ouvrir ces livres équivaut à donner son âme au diable et que leur possession est une malédiction. Si on les brûle ou si on les jette à l’eau, ils réapparaissent aussitôt. La seule manière de s’en débarrasser serait de les donner, mais encore faut-il trouver preneur. C’est d’ailleurs à Jersey que Victor Hugo s’est découvert une passion pour le spiritisme. Après la mort de sa fille, il se mit à fréquenter des groupes occultes. La description de sa maison sur l’île témoigne de son attirance pour le mysticisme : « Pour tout paysage la mer, les rochers dantesques, un dolmen et un cimetière voisin pour égayer le tout ! D'ailleurs la plage, si l'on fait foi aux habitants du pays, est hantée. » Il est vrai que les rapides changements de temps donnent aux îles différents visages. Lors de tempêtes, les dolmens, pierres philosophales et cimetières prennent un aspect fort impressionnant…

Pirates

La mer fournissait des revenus illicites aux îliens. Pour les gens de l’archipel situé au croisement de la plus grande route maritime d’Europe, la piraterie et la contrebande sont apparues comme des moyens faciles de gagner leur vie. Sercq fut longtemps un repaire de bandits, jusqu’à sa conquête au XVIe siècle. Les grottes dissimulées dans les côtes découpées de l’île servaient de cachettes pour le butin. On peut encore y voir la grotte des Boutiques, là où les habitants des îles faisaient leurs emplettes auprès des contrebandiers. Les navires capturés étaient consciencieusement pillés et dépouillés de tous leurs objets de valeur. Les maisons de nombreux habitants de l’archipel possédaient des meubles et des coffres en bois exotiques, de la vaisselle fine, de la faïence hollandaise ou de la porcelaine de la Compagnie des Indes. Au XIXe siècle, pendant la guerre d’Indépendance américaine, la Révolution française puis l’Empire, le trafic a atteint son apogée !

Plaisance

Plus de 200 km de côtes, 60 km de plages, c’est un bonheur pour les navigateurs de plaisance ! Les îliens sont avant tout un peuple de la mer, qui pêchait, se battait et commerçait par la mer. Lorsque les beaux jours arrivent, de nombreux plaisanciers européens viennent mouiller leurs voiliers dans les baies abritées des îles Anglo-Normandes, alors que les îliens se rendent sur les côtes du continent. Pourtant, la navigation dans ces eaux est à déconseiller aux craintifs et aux inexpérimentés. La visite des nombreux musées d’Histoire maritime et des épaves vous familiarisera avec l’histoire des habitants des îles de la Manche, dont les côtes ont été façonnées par la puissance de la mer. A l’exemple des rochers d’Hanois à Guernesey, surnommés par Victor Hugo « les assassins de la mer » , les falaises acérées aux rochers meurtriers ont mis en péril de nombreux navires. Elles ont été le théâtre de nombreux naufrages, comme en témoignent leurs noms, tel le bien nommé Passage de la déroute entre la côte normande et Jersey. La pêche a conduit naturellement les îliens à se tourner vers la construction navale. Au XIXe siècle, les chantiers d’Havelet et de Saint Sampson à Guernesey et ceux de la baie de Saint Aubin à Jersey étaient très réputés.

Pub (Public House)

Pub (Public House) - Enseigne de pub.

© BDLM – Iconotec

La culture anglaise ayant pris le dessus sur les origines normandes des îles, ce ne sont pas les cafés qui fleurissent à chaque coin de rue mais les pubs. Des pubs qui se remplissent du soir au matin d’une population hétéroclite venue pour boire un verre ou pour y manger. Le meilleur moment pour y rencontrer les locaux est celui de l'after work. En fin d’après-midi, nombreux sont les banquiers assis au bar, la cravate un peu lâche et une pinte de bière à la main.

Rivalité

La proximité géographique des îles Anglo-Normandes en fait de véritables sœurs ennemies. A commencer par Jersey et Guernesey, que l’histoire a souvent séparés. Au XVIe siècle, Jersey fut condamné pour avoir engagé des prêtres que le gouverneur de Guernesey venait de renvoyer. En 1642, lorsque la guerre civile éclata en Angleterre, Guernesey prit le parti de Cromwell alors que Jersey resta fidèle au roi Charles Ier. Souvent, les hommes bannis de Jersey trouvaient refuge à Guernesey. Ce fut le cas de Victor Hugo, mais aussi avant lui de saint Patrick, le protecteur de l’Irlande. Une légende raconte que ce dernier, ayant été reçu par des jets de pierre à Jersey, s’était enfui à Guernesey. Pour remercier les habitants de leur accueil chaleureux, saint Patrick leur proposa de les débarrasser de tous leurs animaux nuisibles. Il prit un grand sac, le remplit de serpents, de rats, de souris et de crapauds, et partit à Jersey où il déversa le contenu du sac aux 4 coins de l’île. Depuis, les Jersiais sont surnommés crapauds. En contrepartie, les Guernesiais se font appeler ânes par leurs voisins, en raison de leur caractère entêté. Chaque année, les îles entretiennent en toute cordialité cette inimitié autour de matchs de football amicaux lors de la Coupe Muratti (Muratti Vase). La petite île d’Aurigny, qui y participe aussi, ne se trouve pas pour autant à l’abri des sarcasmes, méprisée comme elle est par les grandes qui la considèrent comme un caillou habité par 2 400 ivrognes. Elle se défend en répondant qu’elle est la Cendrillon des îles, désargentée mais très belle… ce qui laisse à entendre qu’elle a deux bien vilaines sœurs.

Tennerfest

C’est le nom d’un festival qui a lieu en automne et auquel participent la plupart des restaurants des îles. Le nom vient de ten ( « dix » ), puisque, à l’origine, les menus fixes coûtaient £10. Désormais les menus coûtent £10, £12,50 ou £15. C’est l’occasion de manger dans les meilleurs établissements de l’île, sans se ruiner. Le soir, les réservations sont impératives, car les locaux sont les premiers à profiter de ces promotions. Après la haute saison touristique (l’été), il fallait bien trouver une idée pour maintenir un semblant d’activité. Et ça marche !

Trislanders

Vous remarquerez vite ces petits avions à 3 hélices : une sur chaque aile, une sur la queue. Ils font partie des flottes d’Aurigny Airlines et Blueislands, les 2 compagnies qui relient les îles entre elles. Le Britten Norman BN2A Mk. III Trislander (c’est son nom complet) était fabriqué à Bembridge, sur l’île de Wight. Il peut voler à 243 km/h maximum et transporter 15 passagers. Voler à bord de ces petits avions est une expérience inoubliable. Il n’y a qu’une rangée de 2 sièges, pas d’allée, et l’installation des passagers se fait progressivement. On est assis directement derrière le pilote dont on peut suivre tous les faits et gestes. On peut contempler le paysage à travers de larges hublots, avec la même vue que le pilote. Le Trislander est l’un des plus petits avions des flottes de lignes régulières. Le premier appareil vola le 6 mai 1971. Son succès dans les îles Anglo-Normandes est justifié par sa capacité à voler par grand vent, de face, de côté, de dos. Le trajet dans de telles conditions est impressionnant. Le Trislander Joey de la compagnie Aurigny Air Service a une bouche et des yeux peints sur la carlingue.

Voitures

Leur absence à Herm et Sercq est un véritable enchantement. Leur omniprésence à Jersey, Guernesey et Aurigny pose un vrai problème. Dans les 2 plus grandes îles on compte environ 2 voitures par habitant, ce qui représente un record. Sans parler des 4x4 énormes des nouveaux riches, qui encombrent les routes étroites ou les ruelles des villages.

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