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L'Europe en enfer (1914-1949)

De
640 pages

Été 1914. L'Europe plonge dans une guerre dévastatrice qui va ébranler le système politique et les valeurs d'un continent entier. Une génération plus tard, alors que les survivants du premier conflit mondial sont encore choqués d'avoir vu sombrer dans la barbarie une civilisation qu'ils considéraient comme un modèle, l'Europe s'achemine vers une déflagration plus inhumaine encore : une guerre où le massacre de civils occuperait une place centrale et dont le point culminant serait le génocide des Juifs.


Le grand historien du nazisme Ian Kershaw livre une synthèse magistrale de ce premier xxe siècle européen ensanglanté par deux guerres mondiales et poursuit le récit de cette ère d'autodestruction jusqu'au moment où le continent émerge de ses ruines, recomposé en deux blocs, divisé par la guerre froide. Sa lecture restitue toute la cohérence de l'histoire européenne avec une maîtrise, une profondeur de vue et une vivacité inégalables, mettant notamment l'accent, pour rendre compte de cet enchaînement catastrophique, sur quatre facteurs : l'explosion du nationalisme ethnique, la virulence des révisionnismes territoriaux, l'acuité des conflits de classe et la crise prolongée du capitalisme.


Incisif, brillamment écrit, L'Europe en enfer est le livre de référence pour comprendre cette séquence fondatrice de notre présent.


Traduit de l'anglais par Aude de Saint-Loup et Pierre-Emmanuel Dauzat.


Ian Kershaw est l'auteur d'une monumentale biographie de Hitler (Flammarion, 2000 et 2001) et a publié au Seuil : Choix fatidiques. Dix décisions qui ont changé le monde (2009, " Points Histoire ", 2012) et La Fin, Allemagne 1944-1945 (2012, " Points Histoire ", 2014).





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couverture
4eme couverture
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DU MÊME AUTEUR EN FRANÇAIS

L’Opinion allemande sous le nazisme

Bavière 1933-1945

CNRS Éditions, 1995

 

Hitler

Essai sur le charisme en politique

Gallimard, 1995

 

Qu’est-ce que le nazisme ?

Problèmes et perspectives d’interprétation

Gallimard, « Folio », 1992

nouvelle édition augmentée et mise à jour, 1997

 

Hitler

1889-1936 : Hubris

Flammarion, 1999

 

Hitler

1936-1945 : Némésis

Flammarion, 2000

 

Le Mythe Hitler

Image et réalité sous le IIIe Reich

Flammarion, 2006

 

Hitler

Flammarion, 2008

 

La Chance du diable

Le récit de l’opération Walkyrie

Flammarion, 2009

 

Choix fatidiques

Dix décisions qui ont changé le monde

1940-1941

Seuil, 2009 ; Points, 2012

 

La Fin

Allemagne (1944-1945)

Seuil, 2012 ; Points, 2014

Liste des cartes


1. L’Europe en 1914

2. Nouvelles frontières après la Première Guerre mondiale

3. L’Europe sous le nazisme, fin 1942

4. Nouvelles frontières après la Seconde Guerre mondiale

5. L’Europe en 1949

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Remerciements


Un livre de cette nature nécessite, davantage que la plupart, les suggestions et encouragements des autres – parfois sans qu’ils aient conscience de leur aide. À divers titres ma reconnaissance va à Joe Bergin, Richard Bessel, John Breuilly, Franz Brüggemeier, Chris Clark, Paul Corner, David Dilks, Christopher Duggan, Richard Evans, Detleff Felken, Jürgen Förster, Norbert Frei, Elke Fröhlich, Mary Fulbrook, Dick Geary, Robert Gerwarth, Christian Göschel, Mike Hannah, Joe Harrison, Julia Hoffmann, Dov Kulka, Eberhard Jäckel, Margit Ketterle, Peter Liddle, Klaus A. Maier, Michael Mann, Andy Marrison, aux membres du Cambridge Modern History Seminar, ainsi qu’à Hans Mommsen, Bob Moore, Irene Nielsen, Frank O’Gorman, Peter Pulzer, Aron Rodrigue, Mary Vincent, George Wedell, Hans-Ulrich Wehler, Frieder Weitbrecht, Charlotte Woodford, Hans Woller, Jonathan Wright et Benjamin Ziemann.

Je suis redevable à Gerhard Hirschfeld de m’avoir envoyé la remarquable et incontournable encyclopédie de la Première Guerre mondiale qu’il a codirigée et qui est ensuite parue dans une magnifique édition anglaise. Bernt Hagtvet a été plus que généreux en me procurant deux volumes extrêmement utiles et riches en informations que je ne trouvais pas et qui méritent d’être mieux connus : le recueil d’essais publiés sous la direction de Dirk Berg-Schlosser et Jeremy Mitchell sur les crises de la démocratie en Europe dans l’entre-deux-guerres, et celui de Stein Ugelvik Larsen sur la transition du fascisme à la démocratie après 1945. Je suis aussi reconnaissant à Norman Davies de m’avoir indiqué un certain nombre de récits de première main des événements en Pologne, dont les fascinants Mémoires d’un maire de village, Jan Słoma, et à Andreas Kossert de m’avoir renvoyé à d’autres sources polonaises.

J’ai une gratitude particulière envers un certain nombre de personnes qui m’ont fait part de leurs commentaires critiques sur le texte. Beverley Eaton a effacé maintes erreurs typographiques. Traude Spät m’a fait d’excellentes suggestions (Ulrich et elle m’ont accueilli avec leur habituelle générosité lors de mes séjours à Munich). Pour ce qui est de l’expertise, je remercie chaleureusement David Cannadine (directeur de la collection Penguin History of Europe), Laurence Rees et Nicholas Stargardt, dont les critiques constructives m’ont été fort précieuses. Après les moutures successives, Richard Mason a fait un magnifique travail de préparation.

À différentes occasions, j’ai eu grand plaisir à travailler avec l’excellente équipe de Penguin. Simon Winder a toujours été un éditeur exemplaire. Maria Bedford et lui ont aussi été d’une grande aide pour rechercher et choisir les illustrations, tandis que Richard Duguid a suivi la fabrication avec son efficacité coutumière. Mes remerciements s’adressent aussi à Auriol Griffith-Jones, qui a établi l’index avec une grande finesse. Je suis comme toujours reconnaissant à Andrew Wylie, agent littéraire sans pareil, mais aussi, au sein de la Wylie Agency de Londres, à James Pullen et Sarah Chalfant, pour leur aide indéfectible et leurs conseils.

Betty, David et Stephen ont été tout du long de mon travail une source inépuisable de soutien et d’encouragements. Betty a soulevé un certain nombre de questions pertinentes sur des points de détail dans le texte, et les discussions autour des diverses moutures avec David au Royal Oak de Didsbury ont été aussi plaisantes que constructives. Enfin, nos cinq petits-enfants, Sophie, Joe, Ella, Olivia et Henry n’ont cessé d’être une distraction joyeuse et merveilleuse de l’histoire lugubre que je devais raconter ici. Espérons qu’eux-mêmes et leur génération jouissent d’une Europe future qui puisse exister sans les divisions, les rancœurs et les haines qui ont assombri son passé.

Je souhaite remercier chaleureusement aux éditions du Seuil toutes les personnes qui ont rendu possible la publication de l’édition française de mon livre, et exprimer mon admiration et ma gratitude aux traducteurs, Aude de Saint-Loup et Pierre-Emmanuel Dauzat, pour leur remarquable travail.

Ian Kershaw
Manchester, mai 2015

Préface


Voici le premier des deux volumes consacrés à l’histoire de l’Europe de 1914 à nos jours. C’est de loin le livre le plus difficile que j’aie entrepris. Chacun de mes ouvrages a été, en un sens, un essai pour mieux comprendre un problème du passé. En l’occurrence, le passé récent contient une multiplicité de problèmes extrêmement complexes. Quelles que soient les difficultés cependant, la tentation d’essayer de mieux comprendre les forces qui, dans le passé récent, ont façonné le monde actuel était irrésistible.

Bien entendu, il n’y a pas une seule manière d’aborder l’histoire du XXe siècle en Europe. Il existe déjà d’excellentes histoires, avec des interprétations et des structures diverses, et un point de vue à chaque fois différent sur le siècle : ainsi des ouvrages de Eric Hobsbawm, Mark Mazower, Richard Vinen, Harold James et Bernard Wasserstein. Ce volume et le suivant proposent nécessairement une approche personnelle de ce siècle capital. Et comme dans tout effort pour couvrir un vaste panorama sur une période aussi longue, j’ai dû m’en remettre largement aux recherches pionnières d’autres auteurs.

J’ai bien conscience qu’à chacune de mes phrases ou presque répond une pléthore d’ouvrages spécialisés, souvent de grande qualité. Je ne prétends avoir accompli des recherches de première main que pour certains aspects, essentiellement relatifs à l’Allemagne entre 1918 et 1945. Ailleurs, j’ai dû m’en remettre à l’excellent travail d’autres chercheurs, dans de nombreux domaines. Même avec une plus grande compétence linguistique que la mienne, cela eût été inévitable. Aucun chercheur isolé n’aurait pu accomplir des recherches en archives à travers l’Europe et puisque les spécialistes de chaque pays et champs historiques spécifiques ont déjà accompli ce travail, il eût été absurde d’essayer.

La charte de la Penguin History of Europe interdit de renvoyer aux nombreux ouvrages de recherche indispensables dont je me suis servi : monographies, éditions de documents contemporains, analyses statistiques et études spécialisées sur tel ou tel pays. La bibliographie donne une idée de mes dettes les plus importantes. Les auteurs me pardonneront, je l’espère, de n’avoir pu renvoyer à leurs ouvrages en note, et reconnaîtront combien j’apprécie leurs grands travaux. Il ne saurait donc y avoir d’originalité de ma part que dans la construction et l’interprétation : la façon dont l’histoire s’écrit et la nature du raisonnement.

L’introduction, « Europe : l’ère de l’autodestruction », expose le cadre interprétatif de ce volume tout en indiquant l’approche du second – qui reste à écrire. Pour ce qui est de la construction, j’ai divisé les chapitres qui suivent l’ordre chronologique en subdivisions thématiques. Ce choix reflète mon souci de prêter une attention particulière à la manière précise dont le drame s’est déroulé et à la tournure des événements en me concentrant sur des périodes assez courtes tout en traitant nécessairement à part, au sein de ces périodes, des forces divergentes. Il n’y a donc pas de chapitres consacrés à l’économie, à la société, à la culture, à l’idéologie ou à la politique en tant que telles, bien que tous ces thèmes trouvent leur place dans les chapitres.