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L'intégration des jeunes

De
365 pages

Notre société est obsédée par les jeunes de cité. Cette peur sociale va de pair avec une ambition politique : assimiler à la nation les mineurs " mal nés ". Enfants naturels sous la Révolution, jeunes délinquants au début du XIXe siècle, enfants abandonnés sous la Troisième République, jeunes de banlieue aujourd'hui, tous sont condamnés à une réhabilitation physique et morale susceptible d'effacer leurs origines imparfaites.


Emblématique des idéaux républicains, cette utopie intégratrice est l'une des plus anciennes politiques publiques en France. Or le " modèle français d'intégration " se révèle plutôt un contre-modèle, non seulement parce qu'il échoue à insérer les jeunes dans la société, mais aussi et surtout parce qu'il postule l'inégalité des individus.


Depuis les " bâtards " de l'an II jusqu'aux " racailles " des années 2000, l'État-nation démocratique s'est confronté à toutes les figures de l'altérité juvénile, qu'il a contribué à stigmatiser en voulant les sauver. C'est cette longue entreprise que retrace Ivan Jablonka, dans un ouvrage essentiel pour comprendre notre société actuelle.



Ivan Jablonka est maître de conférences en histoire contemporaine à l'université du Maine, chercheur associé au Collège de France. Il a publié plusieurs livres sur l'enfance, la jeunesse et les politiques sociales, ainsi qu'une biographie familiale, Histoire des grands-parents que je n'ai pas eus (Seuil, 2012).


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couverture

Du même auteur

Les Vérités inavouables de Jean Genet

Seuil, « XXe siècle », 2004

Ni père ni mère

Histoire des enfants de l’Assistance publique (1874-1939)

Seuil, « XXe siècle », 2006

Enfants en exil

Transfert de pupilles réunionnais en métropole (1963-1982)

Seuil, « L’Univers historique », 2007

Jeunesse oblige

Histoire des jeunes en France (XIXe-XXIe siècle)

En collaboration avec Ludivine Bantigny

PUF, « Le Nœud gordien », 2009

DANS LA COLLECTION
L’UNIVERS HISTORIQUE

(derniers titres parus)

sous la direction de

Alain Corbin, Jean-Jacques Courtine, Georges Vigarello

HISTOIRE DU CORPS

3. Les mutations du regard. Le XXe siècle

Volume dirigé par Jean-Jacques Courtine

2006

Histoires grecques

par Maurice Sartre

2006

Violence et Révolution

Essai sur la naissance d’un mythe national

par Jean-Clément Martin

2006

Autour du Front Populaire

Aspects du mouvement social au XXe siècle

par Antoine Prost

2006

La Maison Dieu

Une histoire monumentale de l’Église au Moyen Âge

v. 800-v. 1200

par Dominique Iogna-Prat

2006

Histoire de la décolonisation

au XXe siècle

par Bernard Droz

2006

Histoire du débarquement en Normandie

des origines à la libération de Paris

1941-1944

par Olivier Wieviorka

2007

L’Islam et la Fin des temps

L’interprétation prophétique des invasions musulmanes

dans la chrétienté médiévale

par Jean Flori

2007

Nourritures canailles

par Madeleine Ferrières

2007

Batailles

Scènes de guerre de la Table ronde aux tranchées

par Hervé Drévillon

2007

Le Saint chez le sultan

La rencontre de François d’Assise et de l’islam

Huit siècles d’interprétation

par John Tolan

2007

Enfants en exil

Transfert de pupilles réunionnais en métropole (1963-1982)

par Ivan Jablonka

2007

Histoire de la conquête amoureuse

De l’Antiquité à nos jours

par Jean Claude Bologne

2007

Pourquoi la France ?

Des historiens américains racontent

leur passion pour l’Hexagone

sous la direction de Laura Lee Downs

et Stéphane Gerson

2007

Pouvoir et Poison

Histoire d’un crime politique de l’Antiquité à nos jours

par Franck Collard

2007

Nos ancêtres les Gaulois

par Jean-Louis Brunaux

2008

Les Années de persécution

L’Allemagne nazie et les Juifs (1933-1939)

par Saul Friedländer

2008

Les Années d’extermination

L’Allemagne nazie et les Juifs (1939-1945)

par Saul Friedländer

2008

Aristote au Mont-Saint-Michel

Les racines grecques de l’Europe chrétienne

par Sylvain Gouguenheim

2008

Le Moment 68

Une histoire contestée

par Michelle Zancarini-Fournel

2008

Catastrophes

Une histoire culturelle (XVIe-XXIe siècle)

par François Walter

2008

La Crise des sociétés impériales

Allemagne, France, Grande-Bretagne, 1900-1940

Essai d’histoire sociale comparée

par Christophe Charle

2008

Une histoire de la violence

par Robert Muchembled

2008

Sous le croissant et sous la croix

Les Juifs au Moyen Âge

par Mark R. Cohen

2008

Quelle heure est-il là-bas ?

Amérique et islam à l’orée des Temps modernes

par Serge Gruzinski

2008

L’Enfant juif de Varsovie

Histoire d’une photographie

par Frédéric Rousseau

2009

Le Camp du Natzweiler-Struthof

par Robert Steegmann

2009

Sois un homme

par Anne-Marie Sohn

2009

Choix fatidiques

Dix décisions qui ont changé le monde (1940-1941)

par Ian Kershaw

2009

Préhistoire

La fabrique de l’homme

par François Bon

2009

La Méthode Coué

par Hervé Guillemain

2010

Introduction


Notre société s’est inventé un ennemi : le jeune de cité. On lui impute toutes sortes de méfaits : il encombre les halls d’immeuble et défonce les boîtes aux lettres ; rebuté par l’effort, mais désireux de profiter de la société de consommation, il trafique à l’abri des regards ; il force ses sœurs à porter le tchador et agresse les autres filles ; lors des émeutes, il brûle les voitures et pille les magasins ; quand on lui construit une salle de sport, il y met le feu avec une stupéfiante ingratitude ; il siffle l’hymne national dans les stades. Extrapolées à partir de faits réels, simplifiées à l’extrême et généralisées à des dizaines de milliers d’individus, ces séquences ne sont qu’un amas de clichés. Mais l’important est ailleurs : le jeune de banlieue incarne si parfaitement l’anti-France qu’il est devenu aujourd’hui l’un des protagonistes de notre société – son coupable.

De fait, on ne parle des jeunes de cité qu’en mal (ou, ce qui revient au même, à l’occasion des délits qu’ils commettent), sauf, cas exceptionnel, si l’un d’entre eux devenu célèbre rapporte une médaille à la France, triomphe au cinéma ou dans la haute couture. De même, on les dit immanquablement « issus de l’immigration » ; non que cette assertion soit inexacte en tant que telle, mais d’autres la méritent tout autant, moi par exemple, dont les grands-parents juifs polonais sont arrivés en France à la fin des années 1930, et pourtant l’on ne m’en gratifie jamais. Or, quel que soit le propos, on n’omet jamais de préciser qu’ils sont « d’origine maghrébine ». Fait étrange, car l’ethnicité n’a, paraît-il, pas droit de cité en République.

Mes recherches m’ont porté vers les jeunes délinquants et les enfants abandonnés au XIXe siècle. Pour moi, il n’y avait aucun rapport entre les pupilles de l’Assistance publique cheminant vers l’école avec leur pèlerine bleue et les sauvageons à nos portes, même si les uns et les autres connaissent la misère, sont stigmatisés et condamnés à une espèce de superfluité sociale. Peu à peu, j’ai cru déceler dans la situation des jeunes de cité, à l’état de traces ou comme dans un rêve, tel objet familier est inexplicablement transposé d’un lieu à un autre, des problèmes qui s’étaient déjà présentés il y a cinquante ou deux cents ans. À l’inverse, en me replongeant le matin dans mes livres ou mes archives, j’avais comme une impression de déjà-vu. Les siècles semblaient dialoguer.

Enfants trouvés, Gavroche, surineurs de faubourgs, jeunes de banlieue : à toutes les époques, ces mineurs obnubilaient la société. Les gens étaient à la fois effrayés par leur présence et indifférents à leur sort. On répondait par la haine à une intense vulnérabilité. Les appréciations émises à leur endroit n’étaient pas des opinions, mais les bribes d’un discours tout fait, un agencement de stéréotypes. On se penchait sur leur cas tout le temps et partout, on discourait avec passion, mais sans jamais savoir de qui on parlait exactement. En évoquant les enfants « malheureux » ou « sans famille », les mineurs « déviants » ou « à problèmes », les « jeunes de banlieue » ou « issus de l’immigration », avec tout cet appareil de généralités vagues et de guillemets, on acceptait de se repasser, comme de la fausse monnaie, un propos épistémologiquement nul ; et cette malhonnêteté était d’autant plus regrettable que des questions d’une importance extrême s’y perdaient – la nature du contrat social, la définition de la nation, l’avenir de la République.

Mais le disque continuait à tourner, avec les sempiternelles accusations contre les jeunes de cité, agrémentées d’un verbiage sur la « crise des banlieues ». Les problèmes de mon temps étaient-ils si absolument nouveaux et si déroutants qu’on ne pût, les abordant, que répercuter à l’infini l’apparence de leur énoncé, ainsi que deux miroirs disposés face à face ? Convaincu avec Marc Bloch que le présent est aveugle quand il a la faiblesse de se croire investi d’un « privilège d’auto-intelligibilité », j’ai voulu au contraire perdre de vue ces évidences et partir au loin, sans autre viatique qu’une intuition. Et si les jeunes de cité n’avaient qu’un lien indirect avec les banlieues, l’immigration, le colonialisme ? Et s’ils étaient les produits et les héritiers d’une histoire qui sinue depuis le XVIIIe siècle ?

C’est cette histoire que je voudrais retracer ici. Il ne faut pas croire que les disputes et les solutions conçues dans la fièvre, en 1789 ou en 1850, n’ont plus rien à voir avec les nôtres. Au contraire, les jeunes qui polarisent l’attention – hier la « mauvaise graine », aujourd’hui la « racaille » – peuvent tous être rassemblés sous une même figure : celle du mineur qui, né et élevé dans des conditions jugées anormales, doit être réhabilité physiquement et moralement avant de pouvoir prétendre au statut de citoyen. La tâche est assumée essentiellement par l’État, une fois la famille éliminée. C’est seulement en comprenant la place primordiale de cette utopie qu’on peut, par contrecoup, déchiffrer l’obsession dont ses bénéficiaires font l’objet.

DE ROUSSEAUÀ GENET

En 1728, fuyant la calviniste Genève, un garçon de seize ans qui répond au nom de Jean-Jacques Rousseau se rend à Turin pour se convertir au catholicisme. À l’hospice du Saint-Esprit, on abreuve le catéchumène de leçons, après quoi on le baptise et l’Inquisition l’absout du crime d’hérésie. Le garçon ainsi sauvé, on le jette à la rue. Deux siècles plus tard, un adolescent qui s’apprête lui aussi à écrire sur les injustices de son temps, Jean Genet, s’évade d’une école d’apprentissage où l’Assistance publique le préparait au métier d’ébéniste. Arrêté, il est placé en observation et confié à divers patronages dont il s’échappe. Un tribunal envoie le vagabond dans la colonie agricole pénitentiaire de Mettray, où, de seize à dix-huit ans, on tente de corriger ses mauvais penchants. Libéré en 1929, il s’engage dans l’armée.

Deux adolescents sans attaches à convertir ; le sauvetage d’âmes à moitié damnées. Dans les deux cas, le jeune coupable, un peu trop indépendant pour son âge, mène une vie d’errance et de misère : Jean-Jacques arrive à Turin « sans habits, sans argent, sans linge », et Genet va à l’aventure, affamé et malade. Puis la porte de l’institution se referme sur eux. L’abjuration à laquelle on accule le petit dévoyé est d’autant plus aisée que ses parents ont disparu (lancé sur ses traces, le père de Rousseau renonce à rattraper son fils, et Genet a été abandonné par sa mère à l’âge de sept mois). Elle consiste à extirper ses vices, à lui faire répudier tout un passé d’erreurs. À Turin, les prêtres tentent de circonvenir le jeune esprit, tandis qu’un évêque rappelle aux colons de Mettray que, dans cette « maison de Dieu », ils doivent « lutter avec le démon » qui les habite. L’adolescent, à la merci des adultes, s’efforce de leur résister en un combat inégal – joutes oratoires d’un côté, sournoiserie de l’autre –, tandis qu’il est contraint de vivre dans un climat d’angoisse, livré aux appétits des plus forts. Enfin vient la cérémonie de la purification. Le jeune protestant est « mené processionnellement à l’église métropolitaine de Saint-Jean pour y faire une abjuration solennelle et recevoir les accessoires du baptême » et, dans l’univers inversé de Genet, le jeune délinquant initié dans l’ordre du mal adore son nouveau Christ, l’assassin d’enfants dont les chaînes se transforment sous ses yeux en une guirlande de roses. La régénération a eu lieu, le miracle a opéré, et cette révélation donne son sens à l’enfermement. Quand enfin le garçon est relâché dans la nature, il a incontestablement changé, mais pas dans le sens qu’attendaient les alchimistes dont il a été le jouet.

Pourtant, un élément fondamental distingue ces expériences. Ce n’est pas tant que l’instruction de Rousseau à l’hospice des catéchumènes dure en tout et pour tout un mois, alors que la sollicitude de ses tuteurs, depuis l’agrarienne Assistance publique jusqu’aux rudes bataillons d’Afrique en passant par les patronages, les tribunaux, la prison et la colonie de Mettray, s’exerce sur Genet pendant plus de vingt ans. Le grand changement, dans l’existence de ces adolescents fourvoyés, c’est qu’en l’espace de deux siècles l’État-nation leur est, si je puis dire, tombé dessus. Non seulement les religieux et les philanthropes ont cédé opérationnellement la place aux juristes et aux bureaucrates, mais, d’un point de vue moral, le salut du mineur est devenu une responsabilité de l’État de droit – un passage obligé vers la démocratie.

L’Église a longtemps assumé cette tâche. Dans toute l’Europe latine, ses institutions régulent les abandons. L’Italie du XVe siècle invente l’hospice pour enfants trouvés, cet établissement « soigneusement organisé, moderne, civique, discret et mortel ». En France, Vincent de Paul prend en pitié les nouveau-nés qu’on lui amène, aussi fragiles que l’Enfant Jésus, et tente au moins de sauver leur âme. Dans la seconde moitié du XVIIe siècle, l’abbé Fillipo Franci fonde à Florence un hospice pour les garçons qu’il a trouvés mendiant et musant dans les rues ; des patrons se chargent de surveiller leur éducation et de les placer auprès d’artisans. À la demande des familles, Franci installe dans l’établissement des cellules destinées à mener à résipiscence les jeunes pécheurs. En 1703, le pape Clément XI établit une maison de correction dans l’hospice Saint-Michel de Rome ; les jeunes détenus travaillent en commun et en silence, avant d’être séparés pour la nuit.

L’Église s’intéresse de près aux petits protestants comme Rousseau. Entre les années 1660 et le début du XVIIIe siècle, des enfants sont placés de force (et aux frais de leur famille) dans des établissements catholiques. Des couvents reçoivent, pour en faire de « nouvelles converties », des fillettes et des jeunes filles dont les parents sont partis au Refuge contre les ordres du roi. En 1750, une ordonnance de Louis XV oblige les couples calvinistes à faire baptiser leurs enfants par un curé, faute de quoi ils deviennent des bâtards. Jusqu’à l’édit de 1787 qui donne aux protestants un état civil propre, le pari consiste à gagner les enfants (fût-ce au prix d’un enlèvement) là où l’on désespère de convaincre les parents. De même, l’Église reconnaît pour siens les enfants juifs illicitement baptisés ; des enlèvements sont signalés au XVIIIe siècle, notamment en Alsace.

Ces opérations de bienfaisance ou de conversion forcée ne relèvent de l’État que marginalement. Certes, des édits royaux, par exemple dans les années 1680, visent les enfants des hérétiques et Choiseul affirme en 1762 que les bâtards protestants « appartiennent au Roy et à l’État et non à leurs pères et mères », en conséquence de quoi ils doivent recevoir une éducation catholique ; mais le roi ne fait qu’appuyer l’initiative du clergé lorsque celui-ci s’avise de sauver l’âme des plus jeunes. Certes, à partir du XVIe siècle, la loi donne un tuteur aux orphelins qui possèdent des biens et certains officiels comme le procureur fiscal veillent à ce qu’ils ne soient pas spoliés ; mais cet encadrement légal, réservé aux classes privilégiées, ne vise au fond qu’à reconstituer la famille après la mort d’un parent. Au bas de l’échelle sociale, la solution la plus courante consiste à enfermer les enfants abandonnés ou délinquants. Les petits pauvres végètent dans les dépôts de mendicité, tandis que les hospices se débarrassent des enfants trouvés en les confiant au premier venu ou en les envoyant mendier sur les routes, suivre les convois funèbres, quêter à la sortie des églises et aux enterrements. En 1670, Louis XIV rattache l’hospice des Enfants-Trouvés, organisé trente ans plus tôt par Vincent de Paul, à l’Hôpital général, mais les enfants n’échappent à ce mouroir que pour être confiés à des meneurs et des nourrices qui les font souvent disparaître, par cupidité ou par ignorance ; les survivants reviennent à Paris vers quatre ans et y connaisssent la misère. De leur côté, les armées d’Europe enrôlent bâtards et orphelins pauvres parce que, dénués de toute attache sur la terre, ils sont réputés ne pas craindre la mort.

Fondamentalement, l’enfance n’est pas une affaire qui intéresse la puissance publique. Des privilégiés, elle ne souhaite que protéger le patrimoine. Des laissés-pour-compte, elle ne souhaite que se défaire, même si, au siècle des Lumières, les réformateurs et les philosophes, de Buffon à Voltaire en passant par Diderot, Mably, Necker et l’abbé Jaubert, militent en faveur de la conservation des petits enfants au motif qu’un État puissant requiert une population nombreuse. Dans une lettre aux intendants, Choiseul se réjouit que le règlement de 1761 confiant les enfants trouvés à des paysans ne manquera pas d’« augmenter la population des provinces et [de] favoriser la culture des terres ». Exploiter ces êtres superfétatoires tout en se gardant de la menace qu’ils représentent, tel est le but des projets qui fleurissent au XVIIIe siècle : on propose de s’en servir pour défricher les marais, construire des routes, renflouer la troupe et la marine, coloniser les terres lointaines ou encore peupler les campagnes afin que, devenus laboureurs, ils s’acquittent « d’une partie de leurs dettes en procurant des sujets à la patrie ». Dans les cahiers de doléances, des nobles suggèrent d’employer les filles dans les filatures et de transférer les garçons sur les littoraux « pour les disposer […] au service maritime, sous la dénomination d’Enfants de l’État ».