Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 1,49 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : EPUB

sans DRM

La mort de Louis XIII

De
20 pages

15mn d'Histoire : une collection numérique de textes courts pour apprendre et comprendre l'Histoire en 15 minutes !
De son père, Louis XIV n'aura guère eu que l'image peu séduisante d'un malade maussade, puis d'un agonisant ; pourtant, il semble avoir développé un réel attachement affectif à ce vieillard stoïque ; et de cette fidélité filiale témoignera le respect qu'il portera au petit château de Versailles, si cher à Louis XIII... Voici le récit des derniers jours de Louis XIII, qui décéde des suites de graves inflammations intestinales, le 14 mai 1643.



Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

couverture

Hildesheimer Françoise

La mort de Louis XIII

LE FIGARO HISTOIRE/PERRIN

 





© Le Figaro Histoire/Perrin, un département d’Édi8, 2014

12, avenue d’Italie
75013 Paris
Tél. : 01 44 16 09 00
Fax : 01 44 16 09 01

ISBN : 9782262049805

La courte année du roi Louis XIII
1642-1643

Trente-trois ans déjà ! Le 14 mai 1610, jour de l’assassinat d’Henri IV, Louis était devenu roi, le treizième du nom, à l’âge de neuf ans. Trois jours plus tard, le 17 mai, sa nourrice qui couchait dans son lit lui avait demandé ce qu’il rêvait : « Doudou, c’est que je voudrais bien que le Roi mon père eût vécu encore vingt ans, ha ! le méchant qui l’a tué ! » Et, le jour suivant, l’enfant dit à Mme de Montglat : « Mamanga, je voudrais bien n’être pas si tôt roi et que le Roi mon père fût encore en vie » [Héroard]. Le 15 juin, on le conduit dans la chambre funèbre, une salle basse du Louvre, pour donner l’eau bénite au cadavre, et l’image terrifiante s’inscrit dans son cerveau d’enfant. Pendant plusieurs mois, il a peur de coucher dans le grand lit royal, craignant la présence des esprits… C’est dire le drame affectif et la détresse du petit roi privé soudainement d’un père aimé et admiré, qui allait vivre sous la tutelle d’une mère autoritaire et peu encline à la tendresse, Marie de Médicis, qui, devenue régente du royaume, exercerait le pouvoir jusqu’à ce que son hostilité à la politique de Richelieu la condamne à l’exil.

Et, à la fin de sa vie, quand il apprend la mort de cette dernière, toujours en exil à Cologne, le 3 juillet 1642, il ne peut pourtant retenir son émotion : « Quoiqu’il la crût coupable, la nature et le sang ne laissèrent pas de l’attendrir en cette occasion » [Brienne].

Malades d’État

À ce moment, le roi, ce sentimental refoulé et dépressif, avait été crucifié par la trahison, puis par l’exécution de son favori, le grand écuyer Cinq-Mars, et devait encore et toujours supporter le tyrannique cardinal de Richelieu, dont il avait grand besoin à ses côtés pour mener la politique française et poursuivre la guerre ; mais nul n’aurait pu dire combien de temps pourrait encore durer leur accord au sein du régime de gouvernement appelé « ministériat », ni même lequel, du roi ou du ministre, ces deux malades d’État, pourrait être le dernier survivant…

Or, le jeudi 4 décembre 1642, le tyrannique ministre, que tant de conspirateurs et d’ennemis avaient rêvé de faire périr de mort violente, s’éteint très chrétiennement dans son lit. À cette annonce, Louis XIII, qui attendait la nouvelle « sans faire paraître ni joie ni tristesse », « se contenta de dire à quelques-uns qui étaient auprès de lui : “Il est mort un grand politique.” [Brienne]. Une oraison funèbre aussi juste que peu chaleureuse ! Tous les contemporains sont d’ailleurs d’accord sur l’ambivalence des sentiments du roi à l’endroit du défunt, dont un mémorialiste, le futur maréchal d’Estrées, donne l’analyse suivante : « Il est aisé à juger que, dans l’état où il [Richelieu] était avec le roi, Sa Majesté eut plus de joie que de déplaisir de sa mort ; car, encore que le roi eût perdu en la personne du cardinal un sujet si capable et si digne, il ne put s’empêcher de se réjouir, en effet, quoiqu’il n’en fît rien connaître en apparence, de se voir délivré de la défiance que lui donnaient les grands établissements de ce premier ministre » [Estrées]. Montglat enfonce le clou : « Mais en son âme, il en était fort aise, et fut ravi d’en être défait ; il ne le nia point à ses familiers » [Montglat].

Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin