Les Dieux égyptiens expliqués à mon fils

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Les dieux égyptiens expliqués à mon fils



Pascal Vernus



Moitié homme, moitié chacal, mi-scarabée, mi-lion, les dieux égyptiens fascinent. Quels sont leurs pouvoirs ? Comment les hommes les priaient et les adoraient-ils ? Quelle est la religion des pharaons ? Quelle est la véritable histoire d'Osiris ?


Avec humour et rigueur, l'égyptologue Pascal Vernus décrypte le monde des hiéroglyphes et restitue la civilisation du Nil dans sa vérité et sa magie, loin des clichés mais dans tout son mystère.




Publié le : mardi 25 mars 2014
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EAN13 : 9782021178500
Nombre de pages : 112
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Les dieux égyptiens expliqués à mon fils
Du même auteur
Athribis Textes et documents relatifs à la géographie, aux cultes, et à l’histoire d’une ville du Delta égyptien à l’époque pharaonique Institut français d’archéologie orientale, 1978
Le Surnom au Moyen Empire Répertoire, procédés d’expression et structures de la double identité e e du début de la XII dynastie à la fin de la XVII dynastie Biblical Institute Press, 1986
Chants d’amour de l’Égypte antique Imprimerie nationale, 1992
Affaires et Scandales sous les Ramsès La crise des valeurs dans l’Égypte du Nouvel Empire Pygmalion, 1993, rééd., « J’ai lu », 2001
L’Égypte des pharaons Hachette, « En savoir plus », 1994
Essai sur la conscience de l’histoire dans l’Égypte pharaonique Honoré Champion, 1995
Dictionnaire des pharaons en collaboration avec J. Yoyotte Agnès Viénot, 1996, rééd., Perrin, « Tempus », 2004
Dieux de l’Égypte photographies d’E. Lessing Imprimerie nationale, 1998
Sagesses de l’Égypte pharaonique Imprimerie Nationale, 2001
Le Papyrus secret Rocher, 2005
Bestiaire des pharaons en collaboration avec J. Yoyotte Perrin, 2005
Dieux et Pharaons d’Égypte First, 2006
Pascal Ver nus
Les dieux égyptiens expliqués à mon fils
Éditions du Seuil
ISBN9782021178494
© Éditions du Seuil, janvier 2009
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LES DIEUX À L’ŒUVRE LES MYTHES
– À ma sortie du musée du Louvre comme à mon retour d’Égypte, mille sensations se bousculent en moi : l’émerveillement, la fascination. Et puis, l’éton nement face à la place que tient la religion. L’écra sante majorité des objets et des monuments qu’on admire tant ont, d’une manière ou d’une autre, une motivation religieuse. Estce bien vrai ? – Sans doute, avec une réserve toutefois. La prépondérance écrasante du religieux dans les monuments et les objets, exposés dans les musées ou encore visibles en Égypte, ne reflète pas exactement la réalité. Les Égyptiens étaient faits de chair et d’os. Loin de penser « religion » jour et nuit, ils avaient aussi les soucis de la
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vie quotidienne et des préoccupations terre à terre, triviales, comme le reste de l’humanité. Seulement les produits matériels de ces pré occupations se composaient le plus souvent de matériaux fragiles. Par exemple, les textes de la pratique administrative et judiciaires étaient inscrits sur des supports périssables comme les tablettes (en bois généralement), lesostraca(tessons de poteries ou éclats de calcaires pré sentant une surface assez lisse pour qu’on puisse écrire à l’encre dessus), et surtout le papyrus. De l’immense quantité d’archives – registres de comptabilité, bordereaux de recensement, cadastres fiscaux, minutes de procès, etc. – pro duites en trois millénaires par la société pha raonique, extrêmement bureaucratique et paperassière, fort peu nous est parvenu. En revanche, pour tout ce qui relevait du sacré et de la religion, les anciens Égyptiens choisissaient autant que possible des maté riaux solides et en principe durables, comme la pierre, parfois le bois, le métal, afin de mieux résister au temps. De fait, ce sont eux qui ont le mieux résisté, malgré de conséquents dom mages et de très lourdes pertes.
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– Autrement dit, l’image que nous avons del’Égypte pharaonique est une image un peu défor mée ? – Oui, c’est parce que l’on a retrouvé beau coupplusdevestigesreligieuxquedevestiges profanes. Mais ne nous leurrons pas. Si le jugement d’Hérodote est sans doute un peu excessif quand il affirme que les Égyp tiens « étaient de beaucoup les plus religieux des hommes », il n’est pas dépourvu de tout fondement.
– Il y aurait donc eu beaucoup de religion dans la vie des Égyptiens. En tout cas, j’ai l’impression qu’ils avaient un nombre incalculable de dieux. Il y en a tant que je m’y perds complètement ; c’est comme si j’étais submergé par une marée humaine – je veux dire une marée divine. Estce seulement dû à mon ignorance et à mon incapacité à maîtriser les informations qu’on me donne ? – Pas du tout. Dans l’Égypte pharaonique, les divinités fourmillent, pullulent, ou, si on préfère éviter ces verbes à étymologie ani malière, foisonnent avec une telle luxuriance
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qu’elle finit par obscurcir le champ de vision, comme la végétation d’une jungle tropicale. Chaque région comporte moult lieux de cultes et beaucoup abritent non seulement une divinité majeure, mais aussi une farandole de divinités qui lui sont plus ou moins asso ciées. S’y ajoutent de nombreuses autres, sans culte particulier, mais présentes aussi bien dans les croyances populaires que dans les construc tions sophistiquées des théologiens. – Tu parles de l’Égypte des pharaons. Quand commence la civilisation pharaonique ? – La période pharaonique, celle où l’Égypte est gouvernée par des souverains égyptiens, s’étend de 3000 avant J.C., environ, jusqu’à la conquête d’Alexandre le Grand (331 avant J.C). Mais la civilisation pharaonique, carac térisée notamment par sa vision religieuse du monde, se prolonge après cette date, d’abord sous les maître grecs de l’Égypte, les Ptolémées, jusqu’en 30 avant J.C., puis sous ses maîtres romains. – Peuton dénombrer les divinités que cette civilisation a honorées ?
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DÀLŒ U V L E S I E U X R E
– C’est impossible. Nous ne disposons que d’une faible partie de la documentation néces saire pour un comptage exhaustif. Il eût fallu que tous les temples, tous les sanctuaires, tous les monuments funéraires, toutes les biblio thèques sacerdotales nous fussent parvenus intacts. Or ce n’est pas le cas, tant les temps et les hommes ont causé de dommages et de destruction. Même pour les anciens Égyptiens, c’eût été une entreprise… pharaonique que de répertorier tous les dieux. Toutefois, quelques indications donnent une idée de ce foisonnement. Prenons la com munauté des artisans travaillant sur les tombes royales de laVallée des Rois. Ses effectifs peuvent varier,mais elle compte en moyenne une soixan taine de travailleurs, avec leurs familles, et un petit personnel subalterne. Une communauté restreinte, assurément : quelques centaines d’in dividus, à en juger par les arasements de leur village, sur le site de Deir elMédina, qui ne comprenait guère que soixantedix maisons. Or l’inventaire des divinités de cette com munauté est déjà fort abondamment fourni. Les grands dieux apparaissent sous plusieurs
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formes. Faisaient aussi l’objet de dévotion Phrê, Harakhtès, Horus, Montou, Thot et le dieu lune Iâh, Osiris, Khonsou,Anubis, Isis, et puis les universellement populaires Thoueris, Bès, Ermouthis, Hâpy. S’y ajoutent des divinitésdes régions voisines, sans doute amenées là à l’occasion de déplacement ou de migration :la triade d’Eléphantine et d’autres, ainsi que des divinités d’origine étrangère. Les artisans avaient aussi reconnu la marque du divin dans de grands er pharaons plus récents, comme Amenhotep I , décliné sous diverses formes Amenhotepdu parvis, Amenhotepdelaville, Amenhotep dujardin, ainsi que sa mère AhmèsNéfertary. Bien plus, ils célébraient même leurs ancêtres les plus prestigieux, voire certains de leurs proches récemment disparus.
– Tant de divinités pour seulement deux cents personnes, c’est impressionnant ! Connaîton d’autres exemples de ce foisonnement ? – Assurément ! Les répertoires dressés par les spécialistes de l’époque en science sacer dotale dans des sommes théologiques, com pilées dans les archives ou sacralisées sous forme
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