Les Intellectuels en Europe au XIXe siècle. Essai d'histoire comparée

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Pour la première fois en français, cet ouvrage offre une histoire comparée des intellectuels européens au XIXe siècle, période capitale pour l'émergence de l'identité et de la fonction de ce groupe. Pour en rendre compte, Christophe Charle tente une approche globale combinant les apports de l'histoire sociale, de l'histoire culturelle et de l'histoire politique. Si, dans tous les pays, une constante apparaît tout au long du siècle, celle de la lutte pour l'autonomie et la liberté, ses modalités et ses résultats ne peuvent être compris sans replacer les intellectuels des diverses parties de l'Europe dans les configurations spécifiques de chaque société et de chaque culture.


L'approche comparée permet de formuler des hypothèses explicatives nouvelles sur les spécificités des intellectuels de chaque canton de l'Europe, mais aussi de mettre en valeur des cycles et des rythmes communs, des influences réciproques et des transferts entre traditions nationales.


L'histoire des luttes, des persécutions, des censures, l'antagonisme entre l'universalisme et le nationalisme, et le combat entre les Lumières et les intolérances, entre les pouvoirs et l'opinion, entre les avant-gardes et les intellectuels établis, forment la trame du XIXe siècle intellectuel européen.


Publié le : mardi 25 mars 2014
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EAN13 : 9782021164770
Nombre de pages : 370
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Les intellectuels en Europe e auXIXsiècle
Christophe Charle
Les intellectuels en Europe e auXIXsiècle
Essai d’histoire comparée
Édition augmentée d’une postface inédite de l’auteur
Éditions du Seuil
COLLECTION«POINTS HISTOIRE» FONDEE PAR MICHEL WINOCK DIRIGEE PAR RICHARD FIGUIER
La première édition de cet ouvrage est parue en 1996, dans la collection « L’UNIVERS HISTORIQUE ».
ISBN9782021164763 re (ISBN2020239574, 1 publication)
© Éditions du Seuil, mai 1996, juin 2001 pour la postface
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Cet essai est dédié à tous les intellectuels e persécutés duXXsiècle.
J’ai appris au cours de philosophie, disaitil, qu’élever des frontières équivaut déjà à les franchir. Ce fut toujours mon cas. Adrien Leverkühn, compositeur, inThomas Mann,Le Docteur Faustus, Livre de poche, p. 599.
Avertissement à la première édition
La genèse compliquée de cet ouvrage en éclaire les ambitions et les limites. A l’origine, le projet est né d’une commande d’un éditeur allemand pour une collection d’histoire européenne. Comme cette sollicitation répondait à l’orientation de mes recherches en cours, j’ai accepté de relever le défi d’une synthèse malgré des contraintes contradictoires : un cadre limité sur un sujet et un espace où, par définition, le raccourci et le survol sont générateurs des défauts majeurs de tout travail historique, l’anachro nisme, le manque de nuances et l’insuffisance de la base documentaire. Le risque principal de l’entreprise était de céder aux facilités de l’essayisme contre lesquelles tous mes travaux antérieurs, s’ils ont un seul mérite, est de s’ef forcer de réagir. Le mot essai figure bien pourtant en sous titre de cette version étendue, approfondie et remaniée. Mais il doit être pris dans son sens premier de tentative provisoire pour poser une question générale et fournir des pistes préliminaires d’analyse. Il refuse en revanche la dissertation approximative à la française où le choc des idées et le poids des formules économisent la recherche et l’explicitation. En histoire contemporaine, tout historien qui travaille à une échelle plus étendue que le cadre national et quelques décennies doit s’en remettre, pour le plus gros de sa base documentaire, à ses collègues ou à ses prédécesseurs. Aussi toute synthèse comparative, surtout si elle englobe un siècle,
e 10Les Intellectuels en Europe auXIXsiècle ne peutelle être qu’un essai, c’estàdire une proposition d’interprétation ouverte à la discussion, destinée à baliser de nouvelles recherches ou à faire un point temporaire. Ce fut sans doute ma première motivation pour relever le défi proposé. J’en ajouterai trois autres, plus décisives peutêtre. Dans cette entreprise, je ne partais pas totalement désarmé puisque non seulement j’avais déjà abordé le sujet dans le cadre français mais surtout, dès la fin de Naissance des « intellectuels »,j’avais entrepris, seul ou en collaboration, des recherches comparatives, en particu lier sur les universitaires et plus généralement sur les intellectuels en France, en Allemagne et dans d’autres pays d’Europe. Mais n’étaitce pas inverser la démarche habituelle de l’historien, prendre une photo de l’édifice avant d’avoir terminé le chantier ? Je m’abriterai ici encore sous la protection du terme essai. Je ne prétends pas faire une histoire des intellectuels en Europe comme on faisait, en d’autres temps, une histoire des civilisations ou des idéologies. Beaucoup d’historiens actuels affirment que cette prétention n’est plus de mise, à moins de revenir au principe de la commode décrit par la plume mordante de Lucien Febvre. En revanche, face à l’état actuel d’ato misation des recherches et d’anomie des paradigmes historiographiques – masqué par des rhétoriques épisté mologiques d’autant plus sophistiquées qu’elles n’em braient souvent sur rien –, je plaide pour la nécessité de livres reposant sur des problématiques d’ensemble et tâchant de rendre compte de manière systématique des recherches en cours sur un thème. Trop souvent, notam ment dans le cas des intellectuels, les travaux s’ignorent parce qu’ils relèvent de disciplines différentes comme l’histoire culturelle, la sociologie, l’histoire des idées, l’histoire de l’art, l’histoire de la littérature, des sciences ou de la philosophie. Le deuxième élément qui m’a fait prendre le risque d’une
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