Malaisie, Singapour et Brunei 7ed - Melaka

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Publié le : jeudi 14 novembre 2013
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EAN13 : 9782816140712
Nombre de pages : 66
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Alors que Kuala Lampur n’était encore qu’un marécage où sévissait le paludisme, et que Penang n’était pas encore devenue “la Perle de l’Orient”, Melaka (Malacca en anglais) était déjà l’un des plus grands ports commerciaux d’Asie du Sud-Est. Supplantée avec le temps par Singapour, elle devint alors une ville tranquille à côté de ses grandes sœurs rattrapées par la fortune… Cette perte de vitesse a permis la conservation d’une grande partie de l’ancienne architecture et des modes de vie traditionnels. Aujourd’hui, Melaka est de retour sur la scène touristique grâce à son inscription, en 2008, sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.

Son charme provient en grande partie du patrimoine malais, chinois, indien et européen de la ville, et des paisibles kampung (villages) disséminés à travers les forêts tropicales, les champs cultivés et les plages de l’État. Au fil des générations, cette diversité culturelle s’est traduite par de délicieuses variations sur la cuisine traditionnelle, dont la fameuse cuisine sino-malaise nonya, qui devraient suffire à vous convaincre de visiter cette région.

Quand partir


Jan-fév Nouvel An chinois, températures élevées et pluies éparses.

Avr-juil Températures les plus fraîches et quantité de festivals.

Nov-déc Noël et Deepavali sont célébrés en grande fanfare.



À ne pas manquer

Les fabuleux restaurants qui servent dim sum au petit-déjeuner, cuisine nonya le midi et tandoori pakistanais le soir

Une promenade dans le Chinatown historique pour entrevoir la splendeur de l’ancien comptoir

Le marché nocturne de Jonker Walk , ses en-cas et ses bibelots

L’attraction la plus kitschissime de Melaka : les trishaws décorés de façon loufoque et bercés par la musique des années 1980

Le musée du Patrimoine Baba-Nonya pour une immersion dans la culture des premiers Chinois des Détroits

Les nombreuses galeries d’art de Chinatown, où l’on peut discuter avec les artistes

Le labyrinthe que forment les trois centres commerciaux du centre et la découverte d’un spectacle local

Une pause sur le sable blanc de Tanjung Bidara en regardant les cargos se diriger vers le détroit de Malacca


Histoire

L’histoire de l’État de Melaka est indissociable de celle de la ville-État éponyme. Jusqu’à la fin du XIVe siècle, Melaka était un simple village de pêcheurs.

La ville fut fondée par Parameswara, un prince hindou venu de Sumatra. Sous son impulsion, Melaka ne tarda pas à devenir un port d’escale pendant les moussons, ainsi qu’un lieu de ravitaillement des navires marchands transitant par le stratégique détroit de Malacca (Selat Melaka en malais) : situé entre la Malaisie péninsulaire et l’île de Sumatra, il relie la mer d’Andaman, mer bordière de l’océan Indien, à la mer de Chine méridionale. À mi-chemin entre la Chine et l’Inde, offrant un accès facile vers les îles indonésiennes riches en épices, Melaka attira des négociants venus de tout l’Orient.

En 1405, l’amiral chinois Cheng Ho se rendit à Melaka avec des cadeaux de l’empereur Ming et une promesse de protection contre les Siamois. Les colons chinois arrivèrent dans son sillage et se mêlèrent aux Malais. Ainsi naquirent les Baba-Nonya (ou Baba-Nyonya), également appelés Chinois des Détroits ou Peranakan. À la mort de Parameswara, en 1414, Melaka était devenue un puissant État marchand. L’adoption de l’islam comme religion officielle de l’État au milieu du XVe siècle renforça sa suprématie.

Les Portugais arrivèrent en 1509, attirés par les épices et les comptoirs de la Chine. Alfonso de Albuquerque s’empara de la ville en 1511. La forteresse d’A’Famosa fut érigée sous la domination portugaise, tandis que les missionnaires catholiques commençaient l’évangélisation des populations. Si les Portugais n’eurent aucun mal à conquérir Melaka, ils ne purent empêcher les marchands arabes et indiens de s’implanter dans d’autres ports de la région, comme à Demak sur l’île de Java, qui fit bientôt de l’ombre à Melaka.

Le port continua à décliner, victime des assauts répétés des États voisins de Johor et de Negeri Sembilan, mais aussi de l’État musulman d’Aceh, à Sumatra. Les Hollandais s’emparèrent de la ville en 1641 après un siège de huit mois. Ils y régneront durant 150 ans. Melaka redevint alors le centre du commerce péninsulaire, mais les Hollandais s’investirent davantage dans leurs possessions en Indonésie.

Lorsque les Français occupèrent la Hollande, en 1795, les Anglais (alliés des Hollandais) administrèrent provisoirement les colonies hollandaises. En 1824, Melaka fut définitivement cédée aux Anglais en échange du port de Bencoolen (l’actuel Bengkulu), à Sumatra.

Avec Penang et Singapour, Melaka fut intégrée aux comptoirs des Détroits (Straits Settlements), les trois territoires britanniques d’où l’empire s’étendit dans la péninsule. Sous l’autorité de la Couronne, Melaka resta toutefois le parent pauvre des comptoirs, bientôt dépassée par la croissance rapide de Singapour. Hormis une brève période de croissance au début du XXe siècle grâce à la culture du caoutchouc, Melaka sombra dans la léthargie jusqu’à son actuelle renaissance sous l’impulsion du tourisme.

MELAKA (MELAKA CITY)

06

Le classement de son Chinatown au patrimoine mondial de l’Unesco en 2008, est venu confirmer que la ville est bien l’une des destinations touristiques les plus recherchées de Malaisie. Le développement qui a suivi est ahurissant. Malheureusement, la “préservation du patrimoine” se traduit souvent par l’apparition de boutiques criardes, d’étals sur le marché de nuit vendant des babioles bon marché plutôt que de l’artisanat authentique du Melaka, tandis que de grosses entreprises du bâtiment sont à l’œuvre dans le quartier historique. Chinatown a cependant toujours beaucoup de charme, incarné par les artistes locaux, les cuisiniers et les trishaws créatifs. La ville, qui compte la mosquée, l’église catholique et le temple bouddhique les plus anciens du pays, respire la tolérance, cela depuis plusieurs siècles ; elle accueille des touristes de toutes confessions et leur réserve des moments inoubliables. Mais toute cette agitation moderne se fond encore dans la superbe architecture peranakan, portugaise et hollandaise.

Sans oubier la cuisine. Des mets peranakan à la cuisine luso-eurasienne, en passant par les restaurants indiens et leurs feuilles de bananier, les multiples saveurs que concocte la ville ajoutent aux couleurs de la mosaïque culturelle qui fait de Melaka une destination étonnante.

En semaine, le calme permet aux voyageurs de ressentir l’ancienne magie de la ville (et d’obtenir une table dans les restaurants les plus appréciés), mais le week-end, les touristes affluent armés d’appareils photo et l’on se croirait au premier rang d’un concert rock.

À voir

Les sites suivants sont classés par ordre géographique ; vous pourrez les suivre pour une promenade à pied : dirigez-vous d’abord vers le nord-ouest dans Jln Tun Tan Cheng Lock, suivez la carte pour aller vers le sud-est dans Jln Tokong et finissez en repartant vers le nord-ouest dans Jln Hang Jebet.

CENTRE HISTORIQUE

Ce quartier abrite un grand nombre de musées regroupés dans Jln Kota. Le Musée islamique (Muzium Islam Melaka ; 1 RM ; 9h-17h30 mer-dim), le musée d’Architecture (Muzium Seni Bina Malaysia ; 2 RM ; 9h30-17h mar-dim), axé sur l’architecture locale, et le Muzium Rakyat (musée du Peuple ; adulte 2 RM ; 9h-17h30 mer-lun), où l’on peut voir aussi bien des gasing uri (toupies) que des exemples de mutilations traditionnelles à des fins esthétiques. Tous trois méritent la visite si vous avez du temps devant vous. Les autres musées se résument souvent à des dioramas sans grand intérêt, où l’on se perd dans un dédale de commentaires beaucoup trop détaillés.

MUZIUM SENI BINA MALAYSIA

Stadthuys      HÔTEL DE VILLE

(Town Sq ; 282 6526 ; adulte/enfant 5/2 RM ; 9h-17h30 sam-jeu, 9h-12h15 et 14h45-17h30 ven, visite guidée du Musée historique et ethnographique 10h30 et 14h30 sam-dim). L’imposant hôtel de ville et résidence du gouverneur, de couleur rose, est le monument le plus emblématique de Melaka et le meilleur endroit pour prendre un trishaw. Considéré comme l’édifice hollandais le plus ancien en Asie, il fut construit peu après la conquête hollandaise de Melaka, en 1641. C’est une reproduction de l’ancien Stadhuis (hôtel de ville) de la ville frisonne de Hoorn, aux Pays-Bas.


LES GALERIES D’ART DE MELAKA

Presque cachées par les boutiques criardes de bibelots et les petits commerces locaux, les nombreuses galeries d’art de la ville permettent de découvrir des œuvres éclectiques. Les heures d’ouverture sont irrégulières, mais la plupart tentent d’ouvrir de 10h à 18h et beaucoup sont fermées le mercredi. Les galeries suivantes, parmi nos favorites, sont classées en fonction de leur emplacement. Vous pouvez donc les inclure dans une promenade à pied de la ville :

Paku Pakis Collection (21 Jln Tukang Besi). Œuvres d’art de Leong Hock Khoon inspirées des Baba-Nonya, qui vont du réalisme au moderne et au stylisé.

Shih Wen Naphaporn Artist Studio (14 Jln Tuna Tan Cheng Lock). Un duo mari-femme. Chiang Shiwen est né à Melaka et crée des œuvres cubo-futuristes tandis que Naphapone Phanwiset, thaïlandaise, s’inspire des poissons, des fruits et des formes féminines pour réaliser de merveilleuses installations dans les tons neutres.

Tham Siew Inn Artist Gallery (49 Jln Tun Tan Teng Lock). Than Siew peint principalement des aquarelles, tandis que son fils réalise des sceaux chinois traditionnels en pierre (sur commande, à partir de 60 RM).

Kim Hai Gallery (42 Jln Tun Tan Cheng Lock). Cet artiste peint des pommes, avec lesquelles il réalise des mosaïques de couleurs.

Titi Art Gallery (4 Jln Tokong). Titi Kawok peint des villages de pêcheurs et des paysages côtiers dans un style moderne.


À l’intérieur du Stadthuys se trouve le Musée historique et ethnographique (Muzium Sejarah dan Ethnografi ; visite guidée 10h30 et 14h30 sam-dim), joliment présenté. D’un intérêt moindre, le musée de la Littérature (Literature Museum), consacré aux écrivains malaisiens, fait aussi partie du complexe. Les droits d’entrée à ces deux musées, ainsi qu’à la résidence du gouverneur (Governor’s House) et au musée du Gouvernement démocratique (Democratic Government Museum), sont compris dans le billet du Stadthuys.

Porta de Santiago      VESTIGES

(A’Famosa ; Jln Bandar Hilir). La Porta de San-tiago, incontournable à Melaka, fut construite en 1511 par les Portugais. Les Hollandais avaient entrepris de détruire cette forteresse lorsque sir Stamford Raffles intervint en 1810 pour sauver ce qu’il en reste aujourd’hui.

En 2006, une autre partie du fameux mur fut mise à jour lors de travaux sur la tour pivotante Menara Taming Sari. La tour fut déplacée à l’intérieur des terres et les restes de la forteresse furent reconstruits pour accueillir une réplique haute de 13 m de la roue à aubes du sultanat malais de Melaka. La roue originale aurait servi aux XVe et XVIe siècles à canaliser les eaux du fleuve à l’intention des marchands qui affluaient alors dans la ville.

Église Saint-Paul      VESTIGES

L’église Saint-Paul (St Paul’s Church), un sanctuaire venteux construit en 1521 par un capitaine portugais, est perchée en haut d’un escalier raide au sommet de Bukit St Paul, offrant une vue magnifique sur Melaka. Saint François-Xavier venait souvent ici et, après sa mort en Chine, son corps y fut enterré pendant neuf mois avant d’être transféré à Goa, où il repose encore aujourd’hui. Au centre de l’église, on peut observer son ancienne tombe (entourée d’un grillage) et sa statue de marbre contemplant la ville d’un air nostalgique.

L’édifice fut abandonné lorsque les Hollandais achevèrent, en 1590, leur propre église, Christ Church, au pied de la colline. Sous la domination anglaise, l’église Saint-Paul fut dotée d’un phare et servit d’entrepôt de poudre à canon. L’édifice est en ruine depuis plus de 150 ans.

Plan rapproché sur les pages suivantes

Palais du Sultan      MUSÉE

(Sultanate Palace ; Jln Kota ; 3 RM ; 9h-18h). Abritant un musée culturel, cette réplique en bois du palais de Mansur Shah, le fameux sultan qui a dirigé Melaka de 1456 à 1477, a été édifiée d’après les descriptions du palais original figurant dans les Sejarah Melayu (Annales malaises ; chroniques de l’établissement du sultanat malais et de 600 ans d’histoire malaise). Il a été construit sans un seul clou.

Musée maritime et Musée naval      MUSÉE

(Maritime Museum & Naval Museum ; Jln Quayside ; 5 RM ; 9h-17h30 dim-jeu, 9h-21h ven et sam). Le Musée maritime, installé dans une immense reconstitution du Flora de la Mar, un vaisseau portugais qui sombra au large de Melaka, mérite le détour. Grimpez à bord pour étudier l’histoire de Melaka à travers une exposition un peu désuète. La visite du musée se poursuit dans le bâtiment attenant, qui renferme d’autres pièces captivantes comme des vaisseaux locaux, notamment l’incroyable Kepala Burung (un bateau sculpté à l’image d’un oiseau) et une collection d’instruments de navigation.

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